Sommes nous toujours seuls?

Quand j’arrête de me regarder le nombril cinq minutes et que je relis vos messages, que je lis/relis vos blogs, que je compile un peu tout ça dans mon pauvre petit cerveau qui a la lenteur d’un escargot, je constate une chose qui me paraît assez effrayante : nous sommes assez nombreux à nous retrouver seuls face à nos douleurs, nos chagrins et nos angoisses. Comment se fait il que nous soyons autant à nous sentir sans solutions de soutien dans les moments difficiles ? A ne pas pouvoir bénéficier d’une épaule compatissante sur laquelle pleurer et d’une oreille tolérante pour recueillir nos confessions ? Pourquoi, comment la solitude s’installe ?

On l’a souvent constaté, un entourage présent peut changer bien des choses. Le premier cercle reste la famille, sur laquelle on pense pouvoir compter, qui devrait être un repère, un phare, un cocoon. Et pourtant, au delà de mon propre petit cas personnel, je lis beaucoup de vos témoignages qui font écho du même manque de soutien de vos proches. Du même manque d’écoute et de compréhension. Alors, bien sur, ils ont leurs propres soucis, leurs propres douleurs, leurs propres vies à gérer. Ils ont leurs boulots, ils assument le quotidien. Ils ne sont probablement pas dénués de sensibilité, elle s’expriment différemment de la notre, et elle les fait souffrir aussi très surement.
Pourtant, quand on s’écroule, pourquoi personne ne le remarque ? Comment se fait il que le château de cartes que nous sommes puisse d’un coup de vent être balayé sans que ça fasse plus de remous que ça ? Un parent, un proche, devrait pouvoir remarquer ça non ?
Je conçois que la pudeur empêche parfois d’aller vers l’autre, j’ai tendance à être comme ça aussi. On ne veut pas déranger, que l’on soit celui qui est dans la peine et qui a besoin d’aide ou à l’inverse que l’on soit la personne qui aurait remarqué un trouble chez quelqu’un, on ne veut pas risquer de se tromper, de mettre mal à l’aise. Mais alors, quoi ? On laisse passer le mal, on lui permet de s’installer ? Comment on en arrive à être si éloigné les uns des autres au sein d’une famille ?

Si le cercle familial est défaillant, on pourrait se dire qu’il reste le cercle amical. Oui. Mais en fait, non. Enfin, visiblement non. Il faudrait avoir des amis proches pour ça. Des gens qui nous connaissent vraiment bien, qui ne se limitent pas aux apparences, qui savent voir au-delà du sourire de façade qu’on arrive à afficher en public. Qui voient les larmes qui pointent parfois au coin des yeux, qui voient les traits tirés par les insomnies, les sommeils trop légers pour être réparateurs.
Des connaissances, des personnes que l’on croisent plus ou moins régulièrement ne peuvent pas être capables de ça. Et on ne le leurs demandent pas au final. On ne veut pas se confier à « n’importe qui » mais à une personne qui sera de confiance. Qui gardera nos secrets comme on pourra garder les siens. Qui écoutera sans jugement. Qui ne donnera pas des conseils bateaux du genre « il faut se forcer », « il ne faut pas être si sensible », …
C’est rare les amis comme ça. J’ai cru en avoir à une époque. Je ne suis plus si sure que l’amitié était si sincère que ça. Mais comme on l’a déjà dit je ne sais plus où, j’ai envie de donner beaucoup et j’attend peut-être trop en retour. Alors je retiens aussi beaucoup ce que j’ai a donné. Pour pas que qui que ce soit en abuse, pour ne pas trop me dévoiler. Pour ne pas être trop faible (bon, c’est un peu loupé). Je ne sais pas si vous êtes pareil ?
Et puis finalement, la plupart des gens ayant déjà leurs problèmes à gérer et ça se comprend, ils n’ont juste pas envie de porter ceux des autres, même le temps d’un café, même le temps de pas grand chose. Chacun sa vie. Rigoler, s’amuser, oui, mais parler plus en profondeur, ça devient compliqué.

Alors on se retrouve dans le monde virtuel, on tient un blog, on en lit, on commente, on se retrouve ici ou là, on s’identifie. On soulage pour quelque temps la peine qui nous tient au cœur. Sans trop en dire parfois, en lâchant tout d’autres fois. On cherche les échanges, on cherche le soutien qu’il n’y a pas autour de nous. On cherche une épaule virtuelle sur laquelle verser nos larmes trop nombreuses à force d’être retenues.
Mais quand on ferme l’ordi, quand on éteint les lumières, c’est à nouveau seul que nous sommes. Sans avoir pu bénéficier d’un peu de chaleur humaine, sans avoir pu serrer quelqu’un dans nos bras. Sans avoir été cajolé, rassuré. En se disant que c’est une présence qu’il manque. La solitude revient toujours. Et encore plus par les journées pluvieuses qui s’annoncent.

Finalement, tromper la solitude est illusoire. Nous sommes toujours seuls.

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Nuit difficile numéro ?

Une petite rechute. Aie, ça fait mal. Je vais mieux, pas bien, mieux. Mais ce soir, c’est une petite rechute. Rien de grave, rien qui ne puisse égaler la violente douleur qui m’a terrassé durant des semaines. Des mois, non? Trois ou quatre, je ne sais plus. Je sais que la première fois où les larmes ont débordé franchement j’ai écrit And everybody wants to be loved et qu’avant c’était déjà pas la joie.

Et pourtant, j’ai presque envie de dire que ça aura été bénéfique. Le chagrin, la douleur, le mal être, physique et moral, m’ont poussé à écrire, analyser, travailler sur moi comme je ne l’aurais peut être pas fait sans cette période sombre. Donc tout n’est pas mauvais.

La solitude est moins effrayante mais il y a des soirs, comme ce soir, où l’envie d’une présence se fait presque un besoin. Une présence comme un phare pour venir me guider dans la nuit qui menace de m’engloutir à nouveau. Il y a des soirs où l’absence de ce qui n’a pas existé se fait plus douloureuse. Le manque prend ses aises.

Les larmes ne sont pas loin mais je gagne la bataille, pour le moment. D’ici quelques heures, elles auront surement l’avantage. Je les laisserais couler doucement, je ne les retiendrais pas. Je me permettrais de pleurer sur mes espoirs déçus, sur ma solitude, sur ce qui provoque encore du chagrin en moi.

Je vais mieux mais je ne suis pas guérie. 

Nuit compliquée

Il y a des nuits plus compliquées que d’autres. Cette nuit est compliquée. La solitude était moins pesante ces derniers temps mais ce soir, je sens son envie de me tenir compagnie.

C’est peut-être parce que je lis une romance (du genre comme je déteste : l’amour au premier regard, tout ça. Beurk ! Mais c’est plutôt bien écrit). Il y a des choses pour lesquelles je ne suis pas prête. Écouter Hearts don’t break around here par exemple. Je m’en suis abreuvée durant des semaines et depuis … j’ai du mal. Cette chanson me donne envie d’être amoureuse et l’écouter est un rappel de ce qui n’est pas.
Lire une romance n’est pas une bonne idée non plus visiblement. Il va falloir que je fasse une liste des choses à ne pas faire.

C’est une petite rechute. Je me doutais que le projet tatouage occupait mon esprit, la peur l’accaparait un peu. Mais maintenant, c’est fait et mon esprit a retrouvé un peu de liberté et il repart dans ses questionnements incessants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit la nuit. Enfin, peut-être pas si longtemps que ça.

J’espère juste ne pas me remettre à pleurer. J’ai déjà versé trop de larmes. Ca n’en vaut pas la peine. En plus je devrais être habituée, ça se passe toujours comme ça. Moi craquer pour un type, lui craquer pour une autre.Hop, désillusion suivante.
Ma vie n’est qu’une succession de désillusions. Je ne sais pas, ça dois venir de moi, de mon manque de confiance. Je dois envoyer trop de signaux : ne m’approche pas trop, je n’ai pas confiance ». Ca ne donne pas envie c’est sur.

Bref, c’est une mauvaise nuit où les peut-être, les pourquoi, les parce que se confondent, où les envies se réveillent et où le vide se fait plus inquiétant.

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Anna Gavalda et moi, ce n’est pas l’amour fou. J’ai tenté, je n’accroche pas, ça arrive. J’ai apprécié Billie. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet, c’est la solitude. La briser, l’oublier, être le quelqu’un de quelqu’un.

La solitude est, je l’ai déjà dit, une amie fidèle. Parfois appréciable et pourtant on aimerait souvent qu’elle soit moins présente. On aimerait qu’elle soit remplacée par une présence humaine, chaleureuse, réconfortante. Un(e) ami(e), un amoureux, quelqu’un à qui parler, même à 2h du matin quand l’insomnie et les larmes s’invitent en soirée pyjama. Des bras dans lesquels se blottir. Une oreille compatissante pour écouter nos peines.

On voudrait que quelqu’un pense à nous, s’inquiète pour nous, se soucie de notre bien-être. On voudrait savoir qu’on a marqué le cœur de quelqu’un nous aussi. Comme le notre est marqué. On voudrait compter, tenir quelqu’un éveillé et si possible la bonne personne. Celle qui nous provoque des insomnies, des papillons dans le ventre (parfois agréable, parfois moins). On voudrait que quelqu’un nous attende quelque part.
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part.

Mais à ce que je sache, ce n’est pas le cas. Un jour peut-être, je l’espère. J’espère surtout qu’on ne s’attendra pas trop longtemps. J’espère que je saurais laisser de coté mes peurs, ma méfiance, mon armure et mes barrières. J’espère que je saurais faire confiance à la bonne personne.

Ca fait beaucoup de « j’espère ». Il va falloir que je fasse une sacré réserve d’espoir. Il faudrait que je sois moins peureuse surtout et que j’ose exprimer, ailleurs qu’ici, ce que je ressens. Mais ce n’est pas mon fort. Je garde pour moi, je ressasse, je rumine, je débat avec moi-même. Et ça débat dur, vraiment.

J’ai trop peur d’être rejetée, peur de me tromper (c’est la vie je sais), peur d’être ridiculisée. Je sais que c’est comme ça que l’on avance, en faisant des expériences. Jusque là, ça m’a plutôt muré dans ma tour. Je ne sais pas encaisser les coups.

On aimerait tous savoir que quelqu’un nous attend quelque part. On aimerait surtout ne plus s’attendre et se trouver.

(Une pensée pour Lampy, qui utilise souvent cette expression, je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part)

L’aptitude au bonheur

Face au chagrin, à la douleur, nous sommes toujours seul. Même si on  est très entouré, si les amis sont là, on est les seuls aptes à gérer nos émotions et pouvoir avancer.
Des bras qui réconfortent (ce que je n’ai pas), des mots gentils et compréhensifs, ça fait toujours plaisir, ça fait du bien. Temporairement. Mais quand cesse le moment où on noie ce qui fait mal sous les occupations, quand la solitude vient frapper à notre porte, quand tout ce que l’on a pas se fait plus absent, c’est seul qu’il faut affronter la douleur et essuyer les larmes.
Ecrire sur le manque, sur l’absence, sur le besoin et l’envie, c’est tout ce que je peux faire. Mais ça ne résout pas le problème.
Ca ne remplace pas ce qui manque dans ma vie, ça n’efface pas les années gâchées, ça n’exorcise pas les fantômes et les démons tapis dans l’ombre.

Un cas désespéré, voilà ce que je suis. Je l’ai toujours dit, je n’ai pas menti. Je suis dans des sables mouvants, je voudrais en sortir mais je n’y arrive pas. J’ai trouvé un endroit où je ne m’enfonce pas trop alors peut-être que je m’y sens bien. En sécurité. Une sécurité toute relative mais en sécurité quand même.
Parce que je constate que lorsque je fais un pas, c’est pour m’enfoncer. Alors je recule et je retourne là où je me sens « bien ».

Je ne suis pas assez forte pour encaisser les coups. C’est peut-être pour ça que j’ai terriblement besoin et envie de bras pour me soutenir, me protéger. Là, je sortirais peut-être des sables mouvants. Peut-être. En espérant ne pas tomber dans un autre piège.

J’aspire au bonheur, comme tout le monde. Le grand, celui qui rend un ciel gris magnifique, celui qui fait qu’on passe entre les gouttes de pluie. Je l’ai peu connu. J’ai parfois l’impression de ne pas avoir été élevée pour le bonheur. A-t-on tous la capacité d’être heureux ?

Une des croyances limitantes dont j’essaie de me défaire est que pour que certains soient heureux, il faut que d’autres soient malheureux. Le bonheur serait un gâteau qu’on ne multiplie pas à l’infini et qu’il faut donc partager entre quelques privilégiés.
J’ai l’impression d’avoir passé une grande partie de ma vie dans la mauvaise catégorie. D’approcher le bonheur, le gouter trop peu de temps et le voir s’enfuir vers quelqu’un d’autre.
Aujourd’hui, j’ai envie de croire que le bonheur est possible pour tout le monde mais je me prend une claque quand je crois que ce coup-ci ça va le faire.
Je ne parle pas juste en amour, bien que mes derniers écrits concernaient ce sujet. Ca concerne aussi l’emploi. Je ne digère pas d’avoir bataillé si dur durant des années pour réussir à me former, d’avoir tenté ce qui était possible et d’en être encore au même point, postuler à des emplois sans grand intérêt. Sans passion, sans motivation. Juste l’appât du salaire. Je sais que c’est le quotidien d’une majorité. Je n’arrive pas à m’y résoudre.

Je n’étais pas plus heureuse quand ma vie se résumait à la recherche d’emploi. Mais au moins, les autres domaines de ma vie, vide, ne me faisaient pas souffrir parce qu’ils étaient en sommeil, j’avais enfouit profondémment mes envies pour une vie complète et satisfaisante.
Ce réveil me paraît de plus en plus douloureux.

Avant, j’aimais la nuit


Avant, j’aimais quand arrivait le moment de se mettre au lit. J’aimais la quiétude que j’allais y trouver, j’aimais savoir qu’autour tout ou presque était endormi. Je me sentais plus libre en m’imaginant presque seule au monde. Je savourais ma solitude, sachant que personne ne viendrait la troubler.

Avant, j’étais pressée de me mettre sous la couette, d’attraper un bon livre et m’y perdre. Je ne me souciais pas de l’heure, souvent je ne la voyais pas défiler. Je relevais la tête des pages qui m’avaient fait voyager très loin pour constater qu’il était 3h du matin, parfois plus. Et je n’avais pas vu passer le temps.

Maintenant, je crains la nuit. Je crains la solitude. Mon cœur s’est réveillé totalement et il a besoin de compagnie. Je n’aime plus me sentir seule dans mon lit, je n’aime plus savoir que c’est fait pour durer. Je ne trompe plus ma solitude par de jolis rêves, ces rêves sont devenus des rappels de tout ce qui n’est pas réel.

J’ai perdu ma concentration, je ne lis plus beaucoup. Je ne voyage plus à travers les mots des autres. Mais les miens veulent sortir. J’ai besoin d’écrire ce que mon cœur ressent. Alors, quand je vois défiler les heures, je prend un carnet et j’écris. J’écris à en vomir, j’écris pour oublier tout en sachant que l’apaisement est temporaire.

Le matin est difficile, il faut affronter une autre journée, faire semblant, jouer un rôle. Puis finalement la journée ne se passe pas si mal. Je met au propre ce que j’ai écris, je décide si je le publie ou non, si je le conserve ou pas ou si ça avait juste besoin de sortir. Et les heures passent, puis la nuit approche à nouveau et l’angoisse d’être seule revient.

Quand l’espoir refait un peu surface, je me dis qu’il y a quelqu’un, quelque part, dans son lit, qui est dans le même état que moi. Il a besoin de compagnie, il ne dort pas, il ne se concentre plus aussi bien sur ce qui trompait sa solitude auparavant. Et j’espère, je prie, pour que nos chemins se croisent, qu’on se reconnaissent et que la peur de se tromper, la peur de se dévoiler ne gâche pas notre chance d’apprivoiser à nouveau la nuit.

Où sont les hommes?

Où sont les hommes, les vrais. Les patients, les tendres, les poètes, les créatifs, les protecteurs, les sentimentaux, les romantiques, les un peu fou, les empathiques, les artistes, les pas compliqués, les câlins, les honnêtes, les fidèles, les sincères, les tolérants, les compréhensifs.

Où sont les hommes qui prennent soin des femmes, qui voient au-delà des défauts, qui donnent confiance, qui apprivoisent, pas pour jouer mais pour aimer.

Ne reste-t-il que les menteurs, les infidèles, les joueurs, les dragueurs, les impatients, les déjà pris, les indécis, les coups d’un soir, les beaux parleurs ?

Où sont les hommes avec qui on peut être soi, librement, sans crainte, sans honte. Ceux qui acceptent nos lubies, nos peurs, nos hésitations, nos questionnements, nos silences, nos monologues, notre mélancolie. Qui apaisent les insomnies, chassent les fantômes, soutiennent l’inspiration, sèchent les larmes ?

Où sont les Guillaume, les Roméo (Pars avec lui), les Olivier (Marie d’en haut), les Peeta (Hunger Games), les Nath et les Hayden (Flammes) et les Will (Avant toi) de ce monde ?
(Et les Stan, bien sur).

Où est l’amour ?