Nuit compliquée

Il y a des nuits plus compliquées que d’autres. Cette nuit est compliquée. La solitude était moins pesante ces derniers temps mais ce soir, je sens son envie de me tenir compagnie.

C’est peut-être parce que je lis une romance (du genre comme je déteste : l’amour au premier regard, tout ça. Beurk ! Mais c’est plutôt bien écrit). Il y a des choses pour lesquelles je ne suis pas prête. Écouter Hearts don’t break around here par exemple. Je m’en suis abreuvée durant des semaines et depuis … j’ai du mal. Cette chanson me donne envie d’être amoureuse et l’écouter est un rappel de ce qui n’est pas.
Lire une romance n’est pas une bonne idée non plus visiblement. Il va falloir que je fasse une liste des choses à ne pas faire.

C’est une petite rechute. Je me doutais que le projet tatouage occupait mon esprit, la peur l’accaparait un peu. Mais maintenant, c’est fait et mon esprit a retrouvé un peu de liberté et il repart dans ses questionnements incessants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit la nuit. Enfin, peut-être pas si longtemps que ça.

J’espère juste ne pas me remettre à pleurer. J’ai déjà versé trop de larmes. Ca n’en vaut pas la peine. En plus je devrais être habituée, ça se passe toujours comme ça. Moi craquer pour un type, lui craquer pour une autre.Hop, désillusion suivante.
Ma vie n’est qu’une succession de désillusions. Je ne sais pas, ça dois venir de moi, de mon manque de confiance. Je dois envoyer trop de signaux : ne m’approche pas trop, je n’ai pas confiance ». Ca ne donne pas envie c’est sur.

Bref, c’est une mauvaise nuit où les peut-être, les pourquoi, les parce que se confondent, où les envies se réveillent et où le vide se fait plus inquiétant.

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Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Anna Gavalda et moi, ce n’est pas l’amour fou. J’ai tenté, je n’accroche pas, ça arrive. J’ai apprécié Billie. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet, c’est la solitude. La briser, l’oublier, être le quelqu’un de quelqu’un.

La solitude est, je l’ai déjà dit, une amie fidèle. Parfois appréciable et pourtant on aimerait souvent qu’elle soit moins présente. On aimerait qu’elle soit remplacée par une présence humaine, chaleureuse, réconfortante. Un(e) ami(e), un amoureux, quelqu’un à qui parler, même à 2h du matin quand l’insomnie et les larmes s’invitent en soirée pyjama. Des bras dans lesquels se blottir. Une oreille compatissante pour écouter nos peines.

On voudrait que quelqu’un pense à nous, s’inquiète pour nous, se soucie de notre bien-être. On voudrait savoir qu’on a marqué le cœur de quelqu’un nous aussi. Comme le notre est marqué. On voudrait compter, tenir quelqu’un éveillé et si possible la bonne personne. Celle qui nous provoque des insomnies, des papillons dans le ventre (parfois agréable, parfois moins). On voudrait que quelqu’un nous attende quelque part.
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part.

Mais à ce que je sache, ce n’est pas le cas. Un jour peut-être, je l’espère. J’espère surtout qu’on ne s’attendra pas trop longtemps. J’espère que je saurais laisser de coté mes peurs, ma méfiance, mon armure et mes barrières. J’espère que je saurais faire confiance à la bonne personne.

Ca fait beaucoup de « j’espère ». Il va falloir que je fasse une sacré réserve d’espoir. Il faudrait que je sois moins peureuse surtout et que j’ose exprimer, ailleurs qu’ici, ce que je ressens. Mais ce n’est pas mon fort. Je garde pour moi, je ressasse, je rumine, je débat avec moi-même. Et ça débat dur, vraiment.

J’ai trop peur d’être rejetée, peur de me tromper (c’est la vie je sais), peur d’être ridiculisée. Je sais que c’est comme ça que l’on avance, en faisant des expériences. Jusque là, ça m’a plutôt muré dans ma tour. Je ne sais pas encaisser les coups.

On aimerait tous savoir que quelqu’un nous attend quelque part. On aimerait surtout ne plus s’attendre et se trouver.

(Une pensée pour Lampy, qui utilise souvent cette expression, je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part)

L’aptitude au bonheur

Face au chagrin, à la douleur, nous sommes toujours seul. Même si on  est très entouré, si les amis sont là, on est les seuls aptes à gérer nos émotions et pouvoir avancer.
Des bras qui réconfortent (ce que je n’ai pas), des mots gentils et compréhensifs, ça fait toujours plaisir, ça fait du bien. Temporairement. Mais quand cesse le moment où on noie ce qui fait mal sous les occupations, quand la solitude vient frapper à notre porte, quand tout ce que l’on a pas se fait plus absent, c’est seul qu’il faut affronter la douleur et essuyer les larmes.
Ecrire sur le manque, sur l’absence, sur le besoin et l’envie, c’est tout ce que je peux faire. Mais ça ne résout pas le problème.
Ca ne remplace pas ce qui manque dans ma vie, ça n’efface pas les années gâchées, ça n’exorcise pas les fantômes et les démons tapis dans l’ombre.

Un cas désespéré, voilà ce que je suis. Je l’ai toujours dit, je n’ai pas menti. Je suis dans des sables mouvants, je voudrais en sortir mais je n’y arrive pas. J’ai trouvé un endroit où je ne m’enfonce pas trop alors peut-être que je m’y sens bien. En sécurité. Une sécurité toute relative mais en sécurité quand même.
Parce que je constate que lorsque je fais un pas, c’est pour m’enfoncer. Alors je recule et je retourne là où je me sens « bien ».

Je ne suis pas assez forte pour encaisser les coups. C’est peut-être pour ça que j’ai terriblement besoin et envie de bras pour me soutenir, me protéger. Là, je sortirais peut-être des sables mouvants. Peut-être. En espérant ne pas tomber dans un autre piège.

J’aspire au bonheur, comme tout le monde. Le grand, celui qui rend un ciel gris magnifique, celui qui fait qu’on passe entre les gouttes de pluie. Je l’ai peu connu. J’ai parfois l’impression de ne pas avoir été élevée pour le bonheur. A-t-on tous la capacité d’être heureux ?

Une des croyances limitantes dont j’essaie de me défaire est que pour que certains soient heureux, il faut que d’autres soient malheureux. Le bonheur serait un gâteau qu’on ne multiplie pas à l’infini et qu’il faut donc partager entre quelques privilégiés.
J’ai l’impression d’avoir passé une grande partie de ma vie dans la mauvaise catégorie. D’approcher le bonheur, le gouter trop peu de temps et le voir s’enfuir vers quelqu’un d’autre.
Aujourd’hui, j’ai envie de croire que le bonheur est possible pour tout le monde mais je me prend une claque quand je crois que ce coup-ci ça va le faire.
Je ne parle pas juste en amour, bien que mes derniers écrits concernaient ce sujet. Ca concerne aussi l’emploi. Je ne digère pas d’avoir bataillé si dur durant des années pour réussir à me former, d’avoir tenté ce qui était possible et d’en être encore au même point, postuler à des emplois sans grand intérêt. Sans passion, sans motivation. Juste l’appât du salaire. Je sais que c’est le quotidien d’une majorité. Je n’arrive pas à m’y résoudre.

Je n’étais pas plus heureuse quand ma vie se résumait à la recherche d’emploi. Mais au moins, les autres domaines de ma vie, vide, ne me faisaient pas souffrir parce qu’ils étaient en sommeil, j’avais enfouit profondémment mes envies pour une vie complète et satisfaisante.
Ce réveil me paraît de plus en plus douloureux.

Avant, j’aimais la nuit


Avant, j’aimais quand arrivait le moment de se mettre au lit. J’aimais la quiétude que j’allais y trouver, j’aimais savoir qu’autour tout ou presque était endormi. Je me sentais plus libre en m’imaginant presque seule au monde. Je savourais ma solitude, sachant que personne ne viendrait la troubler.

Avant, j’étais pressée de me mettre sous la couette, d’attraper un bon livre et m’y perdre. Je ne me souciais pas de l’heure, souvent je ne la voyais pas défiler. Je relevais la tête des pages qui m’avaient fait voyager très loin pour constater qu’il était 3h du matin, parfois plus. Et je n’avais pas vu passer le temps.

Maintenant, je crains la nuit. Je crains la solitude. Mon cœur s’est réveillé totalement et il a besoin de compagnie. Je n’aime plus me sentir seule dans mon lit, je n’aime plus savoir que c’est fait pour durer. Je ne trompe plus ma solitude par de jolis rêves, ces rêves sont devenus des rappels de tout ce qui n’est pas réel.

J’ai perdu ma concentration, je ne lis plus beaucoup. Je ne voyage plus à travers les mots des autres. Mais les miens veulent sortir. J’ai besoin d’écrire ce que mon cœur ressent. Alors, quand je vois défiler les heures, je prend un carnet et j’écris. J’écris à en vomir, j’écris pour oublier tout en sachant que l’apaisement est temporaire.

Le matin est difficile, il faut affronter une autre journée, faire semblant, jouer un rôle. Puis finalement la journée ne se passe pas si mal. Je met au propre ce que j’ai écris, je décide si je le publie ou non, si je le conserve ou pas ou si ça avait juste besoin de sortir. Et les heures passent, puis la nuit approche à nouveau et l’angoisse d’être seule revient.

Quand l’espoir refait un peu surface, je me dis qu’il y a quelqu’un, quelque part, dans son lit, qui est dans le même état que moi. Il a besoin de compagnie, il ne dort pas, il ne se concentre plus aussi bien sur ce qui trompait sa solitude auparavant. Et j’espère, je prie, pour que nos chemins se croisent, qu’on se reconnaissent et que la peur de se tromper, la peur de se dévoiler ne gâche pas notre chance d’apprivoiser à nouveau la nuit.

Où sont les hommes?

Où sont les hommes, les vrais. Les patients, les tendres, les poètes, les créatifs, les protecteurs, les sentimentaux, les romantiques, les un peu fou, les empathiques, les artistes, les pas compliqués, les câlins, les honnêtes, les fidèles, les sincères, les tolérants, les compréhensifs.

Où sont les hommes qui prennent soin des femmes, qui voient au-delà des défauts, qui donnent confiance, qui apprivoisent, pas pour jouer mais pour aimer.

Ne reste-t-il que les menteurs, les infidèles, les joueurs, les dragueurs, les impatients, les déjà pris, les indécis, les coups d’un soir, les beaux parleurs ?

Où sont les hommes avec qui on peut être soi, librement, sans crainte, sans honte. Ceux qui acceptent nos lubies, nos peurs, nos hésitations, nos questionnements, nos silences, nos monologues, notre mélancolie. Qui apaisent les insomnies, chassent les fantômes, soutiennent l’inspiration, sèchent les larmes ?

Où sont les Guillaume, les Roméo (Pars avec lui), les Olivier (Marie d’en haut), les Peeta (Hunger Games), les Nath et les Hayden (Flammes) et les Will (Avant toi) de ce monde ?
(Et les Stan, bien sur).

Où est l’amour ?

« And everybody wants to be loved »

J’avais commencé à écrire quelque chose sous ce titre hier et je n’ai pas fini parce que je crois que l’émotion n’était plus assez vivace pour être exprimée. Mais il y a eu cette nuit. Courte nuit. Encore. Ca devient une habitude. Ce qui l’est moins, ce sont les larmes qui coulent, à la fois libératrices et dévastatrices. Laisser couler la peine, se délester d’une partie, mais la rendre bien réelle, palpable sur un oreiller mouillé. Ce sont juste les émotions de ces derniers temps qui ont débordé, ces émotions qui ont entrainé les derniers articles où je m’apitoie sur moi, encore et toujours. Ce que je fais à nouveau finalement. Tant pis, je l’écris quand même.

Source : Kinesiologie Marseille

Cette nuit, c’est le vide et le manque qui sont venus me submerger. D’un coup, comme ça. Après la tempête que j’avais dans la tête et dans le cœur ces derniers temps, les choses, une fois calmées, paraissent plus claires. Le vide, le néant, l’incapacité à remplir ma vie de choses positives, ne plus savoir où on est, se sentir perdue et sans appuie pour rebondir.

Le titre (tiré de If I ain’t got you de Kelly Clarkson) fait référence à l’amour. Il y a l’amour romantique, mais on peut voir les choses de façon plus universelles. Il y a des milliers de façons d’aimer et d’être aimé. Si ce n’est pas plus. Quand on se sent à sa place, je pense qu’on a se sentiment d’être aimé. Quand on est entouré d’amis qui nous apprécie pour ce que nous sommes et pas ce qu’on peut leur apporter ou pour la façon dont ils veulent que l’on soit. Quand ils nous permettent d’être nous, vraiment. Et bien sur, quand on aime quelqu’un et qu’il nous aime aussi en retour. Quand on partage des moments complices et l’envie de construire une vie à deux.

Cette nuit, le manque de tout ça m’a rattrapé. Ca allait pourtant pas si mal dans la journée. D’ailleurs le premier jet que j’avais fait de cet billet était plutôt sur une ligne rigolote et même plus généraliste que centré sur ma petite personne. Mais voilà, hier, je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout, il y avait bien une raison.

Je ne me sens pas à ma place et, le pire est je ne sais pas où se trouve ma place. Je parlais de faire taire son cœur pour entrer dans le moule. Mais, on est d’accord que ce n’est pas ma place non plus. Je suis trop sensible (et je ne sais pas si je dois le prendre positivement ou négativement) pour me couler tranquillou dans le moule. Pas dans le moule qu’on semble me réserver en tout cas.
Si je savais où aller, ce serait moins terrifiant parce que je saurais quelles actions poser pour paver mon chemin. Mais je navigue dans un grand flou et je suis lasse de chercher des solutions. Parce que ça ne paraît pas, mais longtemps j’ai cherché des solutions quand même.

Je n’ai pas d’amis. Je n’ai pas su cultiver les amitiés que j’avais et elles se sont fanées. Finalement, les gens que je croise sur internet sont ce qui ressemblent le plus à des amis dans ma vie. C’est peut-être ce qui me convient. L’écran sert de protection, il permet de retrouver sa solitude quand on en a envie, de s’éloigner pour prendre du recul sur une situation quand on est perdu. Ca ne remplace pas une présence physique, des amis avec qui aller boire un verre, aller à un concert ou autre mais vu que je n’ai pas su cultiver les amitiés dans la vie réelle, ben, c’est de ma faute. C’est à la fois plus facile de se passer, tout en maintenant, cette protection dans des relations virtuelles.

Je n’ai pas d’amoureux. A une époque de ma vie, c’était un souhait (et putain, celui-ci, l’Univers l’a bien reçu alors que celui de gagner gros au Loto s’est perdu dans le cosmos!). Il y a donc eu un vidage de spécimens masculins autour de moi. Je vous assure, j’ai beau faire une activité, elle sera quasi exclusivement féminine (quasi parce qu’il y a bien quelques retraités qui ont besoin de s’occuper), c’est assez impressionnant. Je devrais me mettre à la boxe peut-être ?
Je n’ai jamais été une grande séductrice. Je ne sais pas faire. C’est assez logique me direz vous vu l’image assez pitoyable que j’ai de moi, aussi bien physiquement que niveau caractère, intelligence, psychologique, … bref, vous avez saisi l’idée. J’ai attiré à une époque, quand j’étais jeune et moins grosse, comment je ne sais pas mais si je regarde objectivement le passé, des hommes ont eu envie d’être avec. L’ont été. Bref.

Entre temps, j’ai donc souhaité qu’il n’y ait plus d’homme dans ma vie (pour des raisons que je n’évoquerais pas ici), j’ai souhaité être transparente, j’ai souhaité qu’on ne m’emmerde pas. Mission accomplie ! Notez que tout ça, ça peut aussi être appliqué au niveau amical finalement.
Et aujourd’hui, je me retrouve seule comme la gourdasse que je suis et sans aucune idée de comment m’y prendre pour renouer avec les autres puisque ça implique de se faire une place parmi un/des groupe(s) qui existe(nt) déjà. Et je ne suis pas douée pour me faire une place, pour dire « Oh ! Je suis là, ne m’oubliez pas ». Non, moi je suis douée pour faire oublier que j’existe. Je n’attire pas par ma beauté, ni par mon éloquence, ni par … je ne sais pas, peu importe. Je ne sais pas faire.

Et c’est ça qui m’a terrassé cette nuit, parce que même si je ne sais pas faire, même si je suis une solitaire, même si je reste dans mon coin, comme tout le monde j’ai besoin d’être aimé. Comme tout le monde j’ai envie d’aimer. Profondément. Sans fard, sans me forcer. Aimer des amis, aimer un chéri, aimer la vie. J’ai l’impression qu’on a oublié de me fournir le manuel pour savoir faire ça. Qu’il me manque un programme qui n’a pas été chargé à la naissance. Et je me demande si c’est possible de réparer cette erreur.

(suis désolée de faire encore ma pleureuse)

Se protéger, c’est souffrir aussi

Attention, je m’engage dans un truc, je ne sais pas où ça va finir ! Bref, mon cerveau carbure toujours et, en tache de fond, il a décidé de se questionner sur ma solitude, le vide que j’ai fait autour de moi depuis des années et ma difficulté à nouer de nouvelles relations. Il a fini par conclure que c’était avant tout une manière de se protéger. Il aura fallu du temps pour le comprendre.

Finalement, ce n’est peut-être pas uniquement parce que les gens me font chier. Même si ça joue. Non, l’explication tient aussi de l’envie de ne plus se laisser avoir par les mauvaises personnes. Ces gens qui se disent vos amis mais qui profitent de vos petites et grandes faiblesses. Cette tendance à avoir été prise pour une bonne poire durant des années. A ne pas avoir su m’affirmer. Bref, à avoir fait confiance aux mauvaises personnes. Au final, l’isolement aura été une protection. Ne plus donner sa confiance à qui que ce soit pour ne plus être trahie, pour ne plus être un simple faire valoir ou ce genre de chose.

Ca a cultivé ma tendance à la solitude et durant des années, je crois que ça ne m’a pas fait souffrir tant que ça. J’ai même entretenu ce mur autour de moi. De toute façon, chaque nouvelle rencontre confirmait ce que je pensais : les gens sont là tant qu’ils ont besoin de vous mais se barrent dès que ce n’est plus le cas. Que vous passiez votre temps à les écouter, pas de soucis. Mais bizarrement, ça ne fonctionne pas en sens inverse. Au début, on se dit que c’est parce qu’on a pas de vrais problèmes, on a pas de soucis, on n’a pas à se plaindre. Puis, on comprend aussi qu’une personne qui tient un peu à nous, ben elle prend quand même le temps d’écouter, même si ce qu’on a sur le cœur paraît futile.

Alors, je n’ai surement pas rencontré les bonnes personnes. Ou c’est moi qui suis trop … asociale. Trop sensible, trop anormale. Ayant déjà une difficulté à me lier, à savoir comment être « sociale », le fait de m’isoler n’aide pas à travailler sur cela. Du coup, je me suis enfermée dans cet état. Et aujourd’hui, je ne sais pas comment rencontrer de nouvelles personnes. Je ne suis pas sure de pouvoir accorder ma confiance non plus. Je suis devenue méfiante, craintive. Je me protège encore et toujours.

Finalement, ça fait souffrir aussi. Surtout lorsqu’on souhaite en finir avec ce cycle de solitude. Ce n’est pas que je veuille déborder d’amis et d’activités. Je reste une solitaire avant tout avec le besoin de calme et d’espace qui va avec. Mais rencontrer des personnes avec qui échanger et partager, ça pourrait être sympa et ça pourrait m’aider à évoluer aussi. Mais j’ai peur et je sens que cette peur et un frein.

Ca m’a pris un peu de temps pour savoir le formuler ainsi. J’en avais surement conscience mais pas aussi clairement. Ca prendra du temps pour penser et agir autrement aussi. Je ne sais pas si c’est possible en fait. Je n’ai pas l’impression d’avoir le contrôle sur ça. Je me referme comme une huitre quand je me sens menacée. Menace fictive bien sur, mais menace quand même. Imaginez si quelqu’un perçait la carapace, il trouverait quoi derrière ? Je ne suis pas sure d’avoir envie de le découvrir. Ca pourrait être une déception pour cette personne comme pour moi.

C’est tellement plus facile et rassurant de se cacher dans les pages d’un livre.

Le coeur en vrac

J’aimerais dire qu’il y a une raison précise pour ça mais même pas. Ca fait des jours que je le sens arriver, ce coup de mou, le moral qui flanche, le cœur qui pèse. J’avais du mal à arrêter mes pensées et ça a conduit à ça. Ca doit être un effet de réaliser tout ce qui aurait pu être et qui n’est pas et de tout ce qui est et qui fait mal. De se sentir enfermer, sans issue, sans rien.

Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. Ca n’empêche pas que ça fasse mal. On n’en prend pas l’habitude. Le poids du manque qui après une période de pas trop mal vient peser directement sur soi. Le manque de quoi ? D’une présence indéniablement. Le manque de sens dans la vie. De projets. D’envie. D’espoir.

Je vivrais seule, je pleurerais un bon coup, j’aurais peut-être même passer mon dimanche (ou une autre journée, peu importe) enroulée dans mes draps. Une bonne journée à ne pas se soucier de paraître bien, de sourire, à s’habiller, … Ma mauvaise humeur a bien causé un léger drame mais c’est bon, ça semble réglé.
Mais bon, voilà, faut faire bonne figure au max sinon il faudrait expliquer et je n’ai rien à expliquer. Je ne sais pas l’expliquer. Y’a trop de causes, définies ou non. C’est un ensemble de tout.

Ca va passer. Ca passe toujours. Et ça ira mieux jusqu’à la prochaine fois. Je me dis que ça ne peut pas faire de mal de mettre ça par écrit et de le publier, maintenant que c’est écrit de toute façon. Ca fait deux ou trois jours que ça veut sortir autant aller au bout.

Et demain, ça ira mieux.

La solitude

solitude
Ca me fait bizarre de me lancer à écrire sur ce sujet. C’est personnel, intime, c’est donc prendre le risque de s’exposer plus qu’on ne le souhaite. Mais tant pis, en 2017, prenons des risques. Mais pas trop quand même.

Depuis quelques semaines, je sens le poids de la solitude dans ma vie. Je n’ai jamais été super entourée, je suis de nature solitaire et je me suis souvent mis volontairement en retrait. C’est assez dérangeant dans une société où pour compter il faut se montrer, user et abuser, j’ai presque envie de dire être dans un show permanent, se vendre. Je suis du genre à trouver qu’une soirée réussi est une soirée tranquille à la maison avec un bouquin, une série ou de la musique, … J’ai toujours été comme ça, depuis petite. Je n’aime pas la foule, ça me fait tourner la tête. Je pense que n’étant pas à l’aise avec les relations sociales, ça me fait trop de données à « traiter » et j’ai du mal à savoir comment agir. Du coup, quand pour la plupart des personnes (de mon entourage en tout cas) une bonne soirée c’est se bourrer la gueule en boite, s’insérer devient compliqué. Je ne suis pas contre sortir, mais dans des conditions plus calmes (ciné, restau) ou un autre contexte (concert). Mais ce genre de sortie m’était rarement proposée et quand on habite à 30 km de tout et qu’on a pas de véhicule, (et pas le permis de toute façon quand on est mineur), c’est dur de faire les choses seule.

Bref, en grandissant, le chômage aidant, les amis s’éloignent, les connaissances restent des connaissances, on s’isole encore un peu plus parce que chacun a sa vie à gérer. On se hait de plus en plus de ne pas y arriver, de ne pas être comme tout le monde, de ne pas savoir s’adapter à la société. Les occasions de sortir, déjà rares, se font inexistantes. On se barricade un peu aussi, pour cacher sa honte du vide de notre vie qu’on ne cesse de nous rappeler dès qu’on croise quelqu’un (« Alors, toujours pas de taf ? »). Ce n’est pas valorisant, c’est humiliant et on aimerait être vu autrement que par ce qui manque dans nos vies et plus par ce que l’on est. Mais ça aussi on finit par le perdre au bout d’un moment. Et je me demande si il n’est pas plus dur de nouer de véritables amitiés passé 20 ans qu’à l’époque scolaire.

Et un jour, alors que tout allait pas si mal avant à ce niveau là, on se prend la solitude en pleine tronche. On peut combler un peu le manque avec Internet, mais une présence physique, réelle, ça fait du bien parfois. Quelqu’un avec qui prendre un café, parler d’un livre qu’on a lu. Quelqu’un qui nous ouvre l’esprit, qui respecte la personne que l’on est, ce que l’on aime, ce que l’on veut, … l’absence d’une (ou de) personne(s) comme ça vient toquer à la porte à un moment ou un autre. Et on se demande si on aurait pas du se forcer à être quelqu’un d’autre à une époque de sa vie, si on aurait pas pu y trouver quelques bienfaits. Ou peut être que ça n’aurait rien changé. Mais c’est dur de savoir où rencontrer de nouvelles personnes. Je vais chaque semaine à un court de sport mais je suis tellement handicapée des relations sociales que je n’y ai noué aucune amitié (y’a pas vraiment de personnes de mon age non plus en fait, bref).
Puis avec mes idées idéalistes à la con, mon ennui de certains propos (les gens qui te rabâchent les mêmes banalités sur le chômage, la recherche d’emploi, pitié!!!!), c’est difficile de nouer des liens sans paraitre trop excessive.

N’en déplaise à nos hommes politiques, je ne me sens pas plus sociabilisée lorsque je travaille. Au contraire. Les gens qui parlent de ce qu’ils ont regardé la veille à la télé, de leurs dernières vacances, du prochain écran plat qu’ils vont acheter ou qui se racontent des ragots sur machin et machine, … Ben ça me donne envie de me planquer en fait. Je suis pourtant sure d’avoir croiser des gens tout à fait intelligents lors de mes contrats mais la vie sociale est emplie d’une telle banalité à laquelle toute le monde se prête que c’est dur d’y trouver un intérêt.

Je suis à un moment de ma vie où il me faut donc trouver un nouvel équilibre, une nouvelle façon d’accepter ce que j’ai construit parce que j’ai l’impression que c’est ce qui m’attend jusqu’à la fin. La solitude.

La solitude est une chose bien étrange.
Elle vous envahit, tout doucement et sans faire de bruit, s’assoit à vos coté dans le noir, vous caresse les cheveux pendant votre sommeil. Elle s’enroule autour de vous, vous serre si fort que vous pouvez à peine respirer, que vous n’entendez presque plus la pulsation du sang dans vos veines, tandis qu’elle file sur votre peau et effleure de ses lèvres le fin duvet de votre nuque. Ele s’installe dans votre cœur, s’allonge près de vous la nuit, dévore comme une sangsue la lumière dans le moindre recoin. C’est une compagne de chaque instant, qui vous serre la main pour mieux vous tirer vers le bas quand vous luttez pour vous redresser.
Vous vous réveillez le matin et vous vous demandez qui vous êtes. Vous n’arrivez pas à vous endormir le soir et tremblez comme une feuille. Vous doutez vous doutez vous doutez.
Je dois
Je ne dois pas
Je devrais
Pourquoi je ne vais pas
Et même quand vous êtes prêt à lâcher prise. Quand vous êtes prêt à vous libérer. Quand vous êtes prêt à devenir quelqu’un de nouveau. La solitude est une vieille amie debout à votre coté dans le miroir ; elle vous regarde droit dans les yeux, vous met au défi de mener votre vie sans elle. Vous ne pouvez pas trouver les mots pour lutter contre vous-même, lutter contre les mots qui hurlent que vous n’êtes pas à la hauteur, que vous ne le serez jamais vraiment, jamais vraiment.
La solitude est une compagne cruelle, maudite.
Parfois, elle ne veut simplement pas vous abandonner.

Ne m’échappe pas, Tahereh Mafi

Être seule

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Être seule. Vaste sujet, vaste question. Qu’est ce que j’entend par là ? Pourquoi j’ai envie d’aborder cela aujourd’hui sur le blog ? Ai-je finalement basculé dans la folie ? Bon je retire cette dernière question, il est évident que c’est fait depuis longtemps. Soyons sérieux. Ce n’est pas un secret, je suis une solitaire. Et j’en prend vraiment de plus en plus conscience en ce moment et je me demande si je suis bien normale.

Ce mois d’octobre, je travaille. C’est pas un emploi « youpi, hourrah » mais j’ai déjà connu pire. Je bosse à l’abris, l’ambiance est pas trop mauvaise, je touche enfin un foutu ordi dans le cadre de mon travail, le petit gramme d’optimisme qui me reste a presque envie de croire qu’on est sur la bonne voie lui et moi (il abuse toujours un peu). En fait, tant qu’aucune des « supérieures » ne se prend l’envie de me coller des taches à la con, le boulot est plutôt tranquille. Je pense avoir pigé correctement mes taches principales et donc être autonome et du coup pouvoir bosser plus ou moins dans mon monde. Sauf qu ‘on est tous dans un grand espace façon open space et que toute la journée c’est le brouhaha, les allés et venus de certains (y’en a qui passent plus de temps à se balader qu’à bosser je crois), le téléphone des uns et des autres quand c’est pas leurs portables. Mon seul refuge : les WC. Un endroit paradisiaque où règne le (presque) silence. Qu’est ce que j’aimerais avoir un bureau dont je pourrais pousser la porte de temps à autre afin d’être tranquille. J’ai vraiment du mal à gérer durant 7h d’être entourée par une dizaine de personne dont on se prend les énergies en pleine tronche.
C’est donc un peu compliqué parce que le monde du travail c’est ça, supporter les collègues, leurs blagues à la con (parfois sexistes, raciste, …), c’est bosser en équipe, c’est être social. Je ne le suis pas vraiment. J’aime voir des gens, parfois, de temps à autre. Pas 7h sans option de repli.

On pourrait donc se dire que j’attend avec impatience le moment où j’arrive chez moi. Parce que là, on est tranquille en général. Oui, en général. En temps normal, j’y suis très bien chez moi. Même si j’habite avec ma mère, j’arrive à avoir des moments seule à la maison, ça me permet de garder l’équilibre. Sauf qu’en ce moment, en bossant, avoir ces petits moments de solitude totale devient assez compliqué aussi.
J’adore ma mère, c’est pas le soucis mais on a des modes de vie assez différents en fait. Etre seule quand elle est boulot (et que moi je suis au chomage) me permet de vivre ma vie comme je le veux sans avoir à lui imposer. Non, je ne torture pas de petits chats, j’ai pas de pratiques déviantes (je crois pas en tout cas lol), rien d’illégal ou que sais je.
Rien qu’au niveau des repas, on est incompatible. J’aurais plutôt une tendance au végétarisme et elle aime la viande (le sacro saint foutu poulet du dimanche, bordel, j’en péterais un câble). Le matin au réveil, j’ai besoin d’être tranquille. Genre, vaut mieux éviter de me parler avant le petit dej et la douche, surtout pour des futilités. Elle est maniaque du ménage (genre passer l’aspiro une heure, ça la gène pas, moi perso ça me donne envie de le balancer par la fenêtre le truc).
Bref, du coup quand je suis seule, ben je bouffe ce que je veux, je me réveille tranquille, je fais le ménage comme je l’entend (je suis pas une crado non plus) et au delà du moment du petit déj, j’allume pas la télé. Les chiens font bien un peu suer parfois, mais ils engagent rarement la discussion sur machine qui a fait ci ou ça. Si j’ai un peu de bol, ma peluche est dans un jour câlin et ça même au réveil c’est plutôt cool.
Puis parce que ma mère, elle a le don de venir me demander un truc quand j’entame quelque chose. Vous savez, genre vous glandez depuis 1h ou 2 sur Internet à ne rien faire de productif (c’est chronophage les trucs pas utiles sur Internet, les vidéos de chatons mignons, tout ça) et vous vous décidez enfin à prendre un livre, faire une séance de méditation/relaxation/yoga/…, et paf, elle a un truc à vous demander. C’est jamais urgent, sauf que maintenant qu’elle a interrompu l’énergie créatrice qui vous pousser à agir, ben, voilà quoi.

Ca me fait ça aussi quand je décide d’aller en ville faire des courses. La foule, ça bouffe l’énergie je trouve. Parfois j’arrive à être dans ma bulle et du coup à me préserver un peu. Je tente de faire abstraction (dans les limites qui sont exigées pour la sécurité de tous) des autres. Je les vois, je les entend mais ma bulle de protection fait que on énergie reste autour de moi, elle n’est pas pompée. Ca paraît con comme ça, mais avant que je m’intéresse à la sophrologie, la relaxation et la méditation, pratiques qui font souvent appel finalement à une bulle de protection lors des exercices, ben j’étais systématique vidée le lendemain d’une journée où j’allais en ville pour faire quelques courses.
Depuis que j’ai chopé ce truc et que je l’applique plus ou moins consciemment lors de mes sorties, j’ai moins de mal à me remettre de ces balades dans le monde. Mais j’avoue que je ne fais plus ces exos à la maison et que je commence à ne plus trop savoir me protéger.
(Bon ça y est, vous devez me trouver tarée maintenant si ce n’état pas déjà fait lol)

Bref, j’ai besoin de moment de solitude totale, sans être humain pour m’interrompre, pour recharger mes batteries. Et en ce mois d’octobre, ces moments sont trop rares. Du coup, j’ai l’impression d’être à plat, vidée, irritable même, tendue, … Je ne me sens pas normale d’aimer à ce point être seule, d’en avoir besoin. Mais c’est ce que je suis, depuis toujours en fait. Ca me fait peur parce que j’aime être seule mais j’aimerais avoir de la compagnie aussi parfois. Est ce qu’on peut être en groupe et avoir une énergie assez calme pour quelqu’un comme moi ? J’imagine qu’il suffit de rencontrer les bonnes personnes. J’ai jamais été à l’aise dans les foules. Je me souviens il y a plusieurs années avoir dit à une de mes amies que je n’étais pas à l’aise en groupe. Jusqu’à 4 personnes ça peut aller (et encore) au delà, c’est une foule. A une époque où il faut être social, avoir 3 millions d’amis sur Facebook, je fais un peu tache.

Une soirée réussie pour moi c’est un bon livre (pourquoi pas un film ou une série, je suis ouverte à différentes options), de la musique, un plaid et un chocolat chaud. Une mémé quoi. C’est pas super attractif quand on veut se faire des amis. Ils préfèrent généralement aller dans des endroits bruyants et remplis de monde.

Bref, suis je bonne à enfermer ? Suis totalement incompatible avec cette société ? Suis je récupérable ?

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