Parlons lecture

Le jour où je me suis aimé pour de vrai de Serge Marquis

On va parler lecture aujourd’hui et je vous le dis tout de suite, je ne sais pas trop comment chroniquer ce livre, j’expliquerais surement pourquoi plus tard. Je tiens tout d’abord à remercier Babelio pour m’avoir sélectionné lors de l’opération Masse Critique et les Editions de La Martinière pour m’avoir fait parvenir ce livre.

Ce roman est un livre de développement personnel, un peu dans la lignée de ce que peut faire Laurent Gounelle par exemple. Il est là pour vous amener à vous questionner, à remuer des choses dans la caboche. Et pour le coup, je dois dire qu’il y arrive. Et surtout, il parle au cœur.
On va suivre les aventures de Charlot, de Maryse, de Marie Lou, Hamid et de quelques autres. Dans ce roman, ce sont les enfants qui sont les maitres, comme dans la vraie vie en fait, sauf qu’on n’y fait pas attention.

Maryse est la maman de Charlot. Neuropédiatre réputée, c’est une belle femme, bref, elle a tout pour être heureuse. Il y a Charles, dit Charlot, qui a hérité du physique de son père parti avant la naissance même du petit. Maryse est sur d’elle, sure de tout savoir, sur de son physique, sur d’avoir réussi et de réussir encore plus. C’est Charlot qui va remettre sa vie en question quand il va lui poser des questions auxquelles finalement elle ne saura pas répondre. Charlot qui va vivre des épreuves assez dures avant même d’avoir 16 ans.

Charlot a une maladie qui le rend aveugle. Ce qui lui vaudra d’être la cible de moqueries et de violences à l’école. Il a deux amis. Hamid qui est venu en France avec sa mère suite à la mort de son père, en martyre. Hamid se fait également harceler parce que son père était un terroriste et qu’il a des vêtements trop grands. Marie Lou est muette, elle s’exprime uniquement en langue des signes. Elle devrait pouvoir parler mais ne le fait pas. Ces trois enfants vont vivre une amitié particulière et faire preuve d’une sagesse immense face à leur doutes, leurs questions et leurs manières de voir le monde.

C’est assez compliqué d’expliquer plus sans révéler ce qui se passe dans le roman. Donc, je ne dirais rien, ce serait dommage. Sachez simplement que ces trois enfants sont sources de questionnements et de remise en question pour les adultes qui les entourent. Et pour le lecteur aussi du coup.
J’ai vraiment du mal à parler de ce roman tout simplement parce qu’il se lit et il se vit. Il faut ressentir les choses en les lisant, se laisser toucher par la beauté de certains passages, y réfléchir, les intégrer.

J’ai beaucoup pleuré durant ma lecture. Parce que ce qui est évoqué est juste, profond. Mais parfois aussi de tristesse car il y a des passages vraiment terribles, des évènements tragiques mais qui poussent aussi à la réflexion.

On vit le récit sous les yeux de Maryse principalement et je trouve ça bien pensé. On aurait pu vivre tout ça du point de vue de Charlot mais ce petit bonhomme est déjà bien sage malgré tout ces questionnements. Du coup, vivre le récit sous le regard de Maryse et de voir ses certitudes tomber, de la voir se questionner comme on se questionne, permet une certaine identification.

Personnellement, j’ai été touché par le personnage de Marie Lou. Son calme dans l’acceptation de ce qui lui arrive, c’est magnifique. C’est elle qui nous apprend finalement à profiter du moment présent. Je ne vais pas pouvoir m’empêche de penser « reviens ici » maintenant, ça va être associé à l’idée d’être présent dans l’instant. C’est lié à l’égo, ces films qu’il fait dans notre tête, le petit hamster qui s’agite.

Vraiment un beau roman, pas facile à chroniquer. Je pense vraiment qu’il faut le lire et le ressentir. Il m’a bouleversé, je n’aurais pas eu besoin de mon paquet de Kleenex sinon.

Parlons lecture

Bilan lecture du mois de mai

Tout petit bilan lecture pour mai. « Petite » lectrice pour le coup.

Je crois que je l’avais mis sur le mois d’avril déjà, car je l’avais fini le premier jour de mai. La dernière étoile de Rick Yancey, dernier tome de La 5ème vague. Saga coup de coeur.

Ensuite j’ai lu Le cheval et son écuyer, tome 3 des Chroniques de Narnia. Faudrait que je trouve la suite en occasion maintenant. J’aime beaucoup même si c’est pas un coup de coeur. Ce se lit facile, les tomes sont assez court. C’est de la littérature pour enfants quoi. C’est reposant.

Petite relecture du tome 4 de Féli, Les anges sont sans merci. Je m’attarde pas hein, Stan, tout ça. Bref.

Dans le défi « Je finis mes sagas » que je me suis tacitement lancée à moi-même, j’ai lu le dernier tome du Cycle des Dieux de Werber, Le mystère des dieux. Alors, ça explique peut être le « petit » mois, parce que j’ai beau adoré Werber, l’univers tout ça, ça me prend toujours au mois 10 jours pour finir un de ses livres.

J’ai ensuite lu Les papillons rêvent-ils d’éternité de Sandra Labastie. Sympa mais sans plus. Un peu bizarre.

Et ma relecture de Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain dont je vous parle plus en longueur ici.

J’ai débuté le tome 2 de la saga de Deborah Harkness, Le livre perdu des sortilèges, L’école de la nuit. Un peu comme pour Werber, ça me prend un temps de folie et en plus c’est un bon gros pavé de 900 pages. J’adore le contexte, l’histoire, la mythologie mise en place mais le style de l’auteur, bon sang, que c’est lourd. J’ai mis en pause cette lecture pour me plonger dans Le jour où je me suis aimé pour de vrai de Serge Marquis que j’ai eu grasse à l’opération Masse Critique de Babélio (Donc merci Babelio et les édition de la Martinière) et dont je dois faire une critique sous 30 jours.

Voilà où j’en suis niveau lecture ^^

Etats d'âme

Avoir honte de soi?

Avez-vous parfois honte de vous ? De ce que vous faites, de ce que vous aimez, de ce que vous ne faites pas aussi ? Je crois que ça va de pair avec le manque de confiance en soi. Souvent j’ai honte de moi, je me trouve ridicule. Même si ça va mieux, je ne suis pas totalement guérie. J’ai eu envie de parler de ça de façon très con.

Depuis toujours j’ai honte de ce que je suis, de ce que j’aime, bref, je vais pas reprendre ce que je dis plus haut. Parce qu’on s’est moqué de moi souvent, parce qu’on ne m’a jamais vraiment fait de compliment et que sur le terreau d’un manque de confiance déjà bien fertile, ça n’a fait pousser cette mauvaise graine que plus fort. J’étais déjà très solitaire aussi et je gardais déjà beaucoup pour moi. Ca n’a encré que bien plus ces trait dans mon caractère.

J’ai dépassé certaines choses. J’assume désormais par exemple totalement d’avoir été une très grande fan de Mariah Carey durant mon adolescence (oui, mes amis de l’époque m’ont fait comprendre que c’était pas très cool d’être fan de Mariah). J’assume d’aimer lire et je m’en fiche si je suis la nana qui a toujours un livre à la main (ce qui est faux, là, j’ai un clavier, c’est pas pareil. Et je ne lis pas, j’écris. Nah!)
Il y a d’autres choses que je n’assume pas bien sur. Mon physique, qui n’est pas joli. Ma vie qui est vide et sans intérêt. Avoir plus de 30 ans et de n’avoir jamais rien fait de ma vie, c’est pesant.

Mais je me rend compte qu’il y a des choses dont j’ai honte alors que je ne devrais pas. Je ne fais rien d’illégal en dormant en t-shirt/shorty. Alors pourquoi passer un pantalon pour aller satisfaire une envie pressante ? Si ma mère tombe sur moi dans cette tenue, ça fait quoi ? J’aime pas qu’on me regarde faire du « sport » sur ma console, je suis pas très gracieuse, pas très sportive mais bon, je fais ce que je peux. J’en refais depuis peu, il faut du temps avant de reprendre un peu d’endurance et tout. C’est pas dramatique, c’est même plutôt positif que je tente à nouveau de faire un peu d’exercice, même si c’est pas la première fois et que généralement j’abandonne.

J’ai simplement peur d’avoir droit à une réflexion. Pas forcément méchante mais qui moi va me marquer. Je suis comme ça. Ma vie est conditionnée par des petites réflexions qui paraissent rien à ceux qui les disent mais qui m’impacte beaucoup. Peut-être que si on avait pointé des choses positives autant que de pointer du négatif, ça n’aurait pas le même effet. J’aurais peut-être moins l’impression de faire tout mal et du coup de devoir me cacher pour faire les choses.

C’est un long travail de se défaire du jugement des autres et de faire passer son propre avis en premier. Juste faire ce que l’on aime, ce que l’on veut sans se soucier de ce qu’untel ou untel en dira.

Actu

Travail : bonheur et liberté?

Il y a environ dix jours, je suis tombée sur la rediff de Radio Brunet durant une nuit d’insomnie. Je ne me souviens pas de ce qui a été dit, je ne sais pas si le replay est encore dispo, bref, peu importe. Dans son Brunetmétrie, Brunet invitait à voter sur cette affirmation : « J’en ai marre du discours sur la souffrance au travail. Pour moi le travail, c’est la liberté et le bonheur. » On pouvait trouver un sondage aussi sur son fil Twitter, j’ai fait une petite capture, assez rassurante au niveau du résultat. Enfin, rassurante, ce n’est pas le terme, on va dire plus proche de la réalité d’une grande partie des travailleurs français.

Dans l’idéal, je voudrais être d’accord avec Mr Brunet. J’aimerais que le travail soit synonyme de bien-être, de bonheur, qu’on s’y sente bien. Je pense qu’en société auto-proclamée évoluée, c’est vers cela que l’on devrait tendre, en effet. On devrait combattre la souffrance, où qu’elle se trouve et donc au travail aussi. Mais dans les faits, le monde du travail, c’est pas les bisounours. N’en déplaise à Eric Brunet.

On peut trouver en son travail une source de liberté et de bonheur quand celui-ci nous plait, quand il nous correspond. Mais de combien de personne est ce le cas aujourd’hui ? Ou encore, si on est assez bien rémunéré pour que ce soit une source de liberté financière, qu’on n’aie pas de question à se poser en fin de mois sur l’état de son compte en banque. Mais là encore, combien de personne ont cette liberté ?

Peut être que lorsqu’on est chroniqueur sur une grande radio nationale et que son travail est de préparer une émission qui nous plait, sur des thèmes que l’on aime, qu’on a la liberté plus ou moins relative de mener son émission comme on le veut, peut-être que oui, là, le travail peut-être source de bonheur et de liberté. Pas de soucis, c’est très bien, j’en suis ravie pour Eric Brunet si c’est le cas.
C’est un peu plus compliqué d’avoir ce même constat quand on enchaine les emplois subi, peu épanouissants, payés au minimum légal et qu’on peine à finir ses fins de mois.

Ce Brunetmétrie m’a terriblement agacé. Heureusement, les réactions que j’ai pu entendre et lire (sur Twitter) semblent fortement remettre les choses dans la réalité subie par un grand nombre de personnes.

Nous voulons bine que le travail soit source de bonheur et de liberté mais dans ce cas, il va falloir faire évoluer le marché de l’emploi dans le bon sens et ce n’est pas ce qui se passe actuellement. On stigmatise les demandeurs d’emploi, on veut nous coller n’importe où, même sur des offres à 3H/Semaine, on met de plus en plus de pression sur les salariés pour qu’ils fassent plus en moins de temps et avec moins de moyens. Les gens semblent avoir de plus en plus de mal à s’en sortir mais son de plus en plus sollicité à consommer. Voilà comment on voit les individus : des outils de travail et des consommateurs. Où est l’épanouissement ici ? Ou est la liberté ?

Donc, non, Monsieur Brunet, dans le monde que vous défendez, le travail ne peut pas être synonyme de bonheur et de liberté et si on parle de plus en plus de souffrance au travail, c’est peut être parce qu’elle est de plus en plus répandue. Tout simplement.

Parlons lecture

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Si vous avez déjà lu les quelques avis que j’ai posté sur mes lectures, le titre de celui-ci ne laisse place à aucun suspense. Une ode à Sophie Jomain se profile. On ne lutte pas contre l’amour !

Quand la nuit devient jour est le deuxième roman de Sophie Jomain que j’ai eu entre les mains. J’avais découvert sa plume peut avant, en janvier je crois, avec le tome 1 des Etoiles de Noss Head et quand j’ai croisé la route de ce livre là, je me savais que je le lirais peu après sa sortie. Le sujet m’intéressait fortement même si j’avais un peu peur car il est difficile à traiter : soit c’était une totale réussite et je tombais totalement en amour, soit … j’aimais moins et bon, ça aurait été dommage quand même.
Et comme il n’y a pas de suspense, vous savez que je ne suis pas loin de créer un culte au talent de Sophie Jomain. On parle de la maman de Stan quand même, pardonnez-moi mais … voilà quoi ! (oui, il fallait que je le ramène sur le tapis, un peu de légèreté ne fait pas de mal).
Si je vous parle de Quand la nuit devient jour aujourd’hui, c’est qu’un an environ après ma première lecture, je me suis replongée dans ce roman bouleversant.

Pas de Stan ou d’équivalent (quoique) dans ce roman. Nul besoin de ça pour faire battre notre cœur et rendre le récit attractif (c’est pas que Feli en a besoin hein, mais Feli sans Stan, c’est une glace au chocolat sans chocolat quand même). On est, pour moi, face à un roman audacieux qui traite d’un fait de société pas évident à aborder, un sujet tabou : l’euthanasie.
On va suivre Camille dans son parcours jusqu’au jour de sa mort par euthanasie volontaire assistée.

Les premières cinquante pages du roman plantent le décors, Camille nous raconte son enfance, son adolescence, le malaise qu’elle ressentait déjà à cette époque, ses prises et pertes de poids, ses premiers amours et surtout ses chagrins d’amour, et par dessus tout la haine qu’elle a d’elle même sans savoir l’expliquer mais qui loin de ne lui causer qu’un mal-être moral entraine des réactions physiques violentes. Camille nous plonge dans sa dépression.
Et ce prologue est déjà terriblement percutant. Je ne vais pas prétendre savoir ce que ressent Camille, mais comme beaucoup de personnes malheureusement, je ne m’aime pas beaucoup non plus. Alors quand elle nous explique son mal-être, je ne peux m’empêcher d’avoir beaucoup d’empathie pour elle. Le fait de ne pas s’estimer beaucoup, les proches probablement de bonne volonté mais terriblement maladroits, se sentir en décalage, avoir la certitude qu’être heureuse n’est pas possible, … Je la comprend.
Ici, le bases sont posées, Camille nous explique le parcours qui la mène à prendre la décision de mourir. Et ça soulève déjà pas mal de questionnements, ça remue pas mal de choses.

J’ai toujours été incapable de me trouver un quelconque intérêt. Le jugement que je portais sur moi depuis toujours était bien trop dur, sévère et intransigeant.

(Je ne choisis pas ce passage au hasard. Oui, il m’a touché. Oui, je peux le prendre à mon compte)

La premier chapitre s’ouvre sur le moment où Camille va devoir annoncer sa décision à ses parents. Comme elle s’y attend, les réactions seront violentes. Ses deux parents sont dans l’incompréhension, ce qui est normal. Le plus difficile à gérer sont leurs réactions : sa mère la rejette, refuse de lui parler. Et son père, et c’est pire que tout pour elle, garde espoir. Cette confrontation va la pousser à prendre la décision qui sera le cadre du reste du roman : Camille trouve refuge dans la clinique où elle sera euthanasiée et nous allons donc suivre ses dernières semaines à vivre dans ce lieu.

Du reste, il a raison, j’ai eu l’enfance qu’il soupçonne : idéale au yeux des hommes. De l’amour, de la tendresse, des jeux… Mais le vide en moi s’étirait chaque jour davantage. J’étais comme étrangère à ce monde, à ce qui m’entourait, perdue quelque part, cachée dans un corps qui ne me semblait pas être le mien. Aux questions innocentes sur l’existence, sont venues se greffer de véritables réflexions. Pourquoi étais-je née, à quoi servais-je? Quel était le but de la vie si tout avait une fin? Se lever, manger, travailler, dormir, cent fois, mille fois, dix mille fois, et mourir un jour. A quoi bon? Il m’arrivait d’espérer que la terre disparaisse. Qu’il ne reste plus rien. Parce que je n’étais rien. Je détestais vivre.

L’équipe qui va la suivre n’aura pas pour but de la faire changer d’avis (contrairement à ce que son père avait pu espérer). Mais son interlocuteur principal sera le docteur Peeters. Elle sera déroutée par ce jeune médecin aux méthodes peu communes, qui saura même plaisanter avec elle. Il l’aidera à renouer avec ses parents, à gérer ses crises. Sans chercher à la faire changer d’avis, toujours avec bienveillance et dans une relation un peu ambiguë qui va au-delà de celle patient/médecin. Parce que oui, c’est aussi ça Quand la nuit devient jour, un petit brin de romance qui ne vient pas écraser le sujet principal du livre. Au fil des chapitre, l’attirance entre Camille et Marc sera de plus en plus palpable, le jeune médecin, bien que troublé par la jeune femme, ne tentera jamais d’influencer son choix. Il y a un grand respect et une grande bienveillance dans leur relation.
Camille a peut-être trouvé dans ce centre ce qu’elle a cherché durant de longues années de suivi médical. Des médecins qui ne cherchent pas forcément à comprendre mais qui sont là en soutien. Elle est finalement entourée de gens qui ne lui servent pas les lieux communs sur la dépression : c’est une question de volonté, c’est dans ta tête, … Des gens qui acceptent sa souffrance, la respecte, et qui veulent juste être présent pour facilité la vie, pas pour guérir.

Le livre amène a s’interroger sur la manière dont notre société perçoit les maladies psychologiques, on peut même étendre aux maladies invisibles en général. Si ça ne se voit pas, pour beaucoup, c’est dans la tête. Et là, vous avez droit à ce que j’évoquais plus haut : des sermons sur le fait qu’il ne faut pas se laisser aller, qu’il faut de la volonté pour s’en sortir, qu’on a tout pour être heureux, que c’est dans la tête, c’est une souffrance imaginée, il ne faut pas être si sensible, …
Alors que parfois dans la vie, on a juste besoin d’un ami qui vous fait un gros câlin et qui ne cherche pas à comprendre, à verbaliser, qui n’a pas besoin d’explications mais qui est là, tout simplement avec bienveillance. Et c’est ce que je ressens à l’égard du personnel du centre qui entoure Camille. On est surtout confronté au Dr Peeters bien sur, mais le reste des personnages croisés est tout aussi respectueux du choix de Camille. Et ce simple respect lui permet de vivre sereinement ces dernières semaines sur terre.

La fin est un déchirement. Ou pas. Ca dépend des jours. C’est une fin ouverte, très ouverte. On ne sait pas ce qui se passe. On laisse Camille avec les médecins qui vont procéder à son euthanasie. Mais la porte est ouverte, un élément nous donne espoir que peut-être … Mais ça c’est au lecteur de se l’imaginer.

Voilà, c’est un livre dur. Honnêtement, je ne suis pas sure d’avoir été aussi touché lors de ma première lecture. J’ai du arrêter de lire souvent, j’étais en larmes, ébranlée, remuée à l’intérieur. C’est un peu excessif mais comme si la souffrance de Camille venait me frapper de plein fouet. J’avais souvenir d’un livre qui interroge, qui malmène, mais pas à ce point. On se fait l’opinion que l’on veut sur l’euthanasie, c’est à la discrétion de chacun. Mais on ne peut pas nier les souffrances de Camille et quand on prend conscience qu’elles sont vécues par des personnes bien réelles, que ce n’est pas juste un fiction, je sais pas, je pense qu’on réalise à quel point à l’intérieur une personne peut souffrir. Et que ce n’est pas parce que la maladie ne se voit pas qu’elle n’existe pas.

Inclassable

J’implore votre indulgence

Ok, voilà un petit moment que je voulais faire ça. Je m’étais dit que pour mes un an de guitare ça aurait été cool, puis c’est l’époque où j’ai eu des entretiens, où je me suis perdue, j’étais pas bien du tout. Bref. J’ai pas vraiment trouvé le courage de le faire depuis même si l’idée ne m’a jamais quitté.

Je vais faire appel à toute votre indulgence et à votre bienveillance. Je me livre un peu plus ici. Toujours pas de photos en vue, juste ma guitare et ma voix. J’espère que ça va fonctionner, j’ai uploader sur Soundcloud et je connais pas vraiment le site.

Je ne joue pas très bien, je ne chante pas (plus) très bien. Mon anglais est ignoble. Mais j’adore ce titre de Kelly Clarkson.
Je m’entraine mais je n’arrive pas à retrouver l’assurance que j’avais ado dans la voix. Je suis punie pour avoir laissé le chant de coté trop longtemps.

Aller, je poste avant de changer d’avis!

Etats d'âme·Ma vie de chomeuse

Bilan suite mes derniers entretiens

Ces dernières semaines, j’ai eu quelques entretiens. Il y avait des offres en administratif, du coup, j’ai eu quelques retours. Voilà, plutôt positif au final. Mais, comme je l’exprime ces derniers temps sur ce blog, j’ai changé, j’ai évolué, même si c’est imperceptible pour beaucoup, moi je le ressens. Et cette évolution a forcément un impact sur ma manière d’aborder les entretiens. J’en avais déjà un peu parlé je crois.

J’avais déjà du mal à jouer un rôle avant. Vous savez le rôle de la candidate supra motivée pour le poste, qui en a rêvé limite toute ça vie et tout ça. J’y arrivais déjà peu avant, c’est pas dans ma nature de base mais depuis quelques mois ça n’est encore plus difficile. Dire que ci ou ça ne me dérange pas sur un poste, je ne peux plus. Alors forcément, ça me grille d’office, mais j’arrive pas à être juste la gentille candidate toute lisse que l’on veut. Oh ! Lisse, je le parais surement de l’extérieur. Comme pour beaucoup, c’est dedans que ça s’agite. Mais j’arrive plus à donner l’apparence que justement ça ne s’agite pas trop dedans.

Vu mon CV, les postes auxquels je peux postuler sont des postes de bases dans lesquels il y a très souvent de l’accueil à réaliser. Avant, j’arrivais à me la jouer que ça ne me dérange pas. Maintenant je n’y arrive plus. C’est un fait, faire l’accueil me ferait chier. Je l’ai fait un mois en cabinet dentaire et c’était déjà chiant alors accueillir des personnes en difficulté, peut être souvent énervées, agressives dans un Pole Emploi ou un centre social, ben je sais que je ne pourrais pas. Sauf que des postes où on ne fait plus que du back office, ben, c’est rare. Surtout à mon niveau. Donc quoi ?

Lors de mon dernier entretien, la recruteuse m’a parlé formation. On peut se former à l’accueil. Oui, on peut apprendre des techniques en effet. M’enfin, si de nature on est pas trop à l’aise avec les gens (et les gens bourrés puisqu’il était question de ça ici), ben on peut se former, ça ne changera pas grand chose.
J’ai changé, j’ai évolué, mais j’ai pas changé ce que je suis : une nana plutôt réservée, qui observe plus qu’elle n’agit, qui a du mal à avoir de la répartie et qui est terriblement peureuse. J’aimerais être autrement, ma vie serait surement plus facile, ça cogiterait surement moins là haut dans ma caboche mais voilà, je suis comme je suis.

Du coup, il faudrait vraiment que j’arrive à me repositionner en terme de recherche d’emploi, savoir où je peux aller et où je veux aller (même si le but ultime est de devenir riche sans rien faire, s’exiler dans un coin quasi désertique avec une bonne pile de livres, une guitare, un ukulélé et de vivre sans emmerdes. Si le prince charmant veut me rejoindre, il est le bienvenu). Parce qu’au final, on va finir par me dire que je ne cherche pas vraiment de taf à être si peu encline à défendre ma place en entretien. Mais je n’ai jamais su. Et comme je suis en phase de recherche de moi-même, faut que je me trouve aussi sur le plan professionnel (tout en sachant que je ne pourrais jamais exercer les métiers qui m’auraient profondément motivés).

Je ne sais pas trop comment y parvenir. Je pourrais demander une prestation à mon conseiller PE, qui serait ravi, j’en suis sure, de me caler chez un de leur partenaire pour un petit Activ’emploi ou Activ’projet ou une merde du genre. Mais j’ai peu fois en ces prestations.
Seule, je tourne en rond. Je suis perdue, je ne sais plus comment faire pour avancer un peu sur le plan professionnel. Sur le plan perso, c’est pas ça non plus, mais bref ça le monde s’en fout. Ce qui les intéresse tous, c’est qu’on trouve un foutu job, pas qu’on soit bien dans nos baskets.