Celle qui perd

Je prend mon carnet pour écrire quelque chose de bien déprimant et voilà que je suis encouragée dans mon action par le grand Ray Charles et son Born to lose (la semaine sera Ray Charles ou ne sera pas!). Comment lutter contre le sentiment négatif qui m’envahit si même mon iPod s’y met ?

OK, prenons le sous cet angle : certains sont ils nés pour perdre ? Une peine en rappelle une autre et une autre et on finit par se demander si ce sera toujours ainsi. Si notre cœur ne s’éveillera que pour des désirs qui ne peuvent être assouvis. Comment on en arrive là ? Un problème psy ? L’éducation ? Pourquoi ?

Faire des compromis, on en passe tous par là. Dans la vie, avec nos proches, tout le temps ou presque. C’est normal et tant que ça ne remet pas cause nos convictions profondes, qu’on ne s’oublie pas trop, pas de soucis. Mais quand la vie n’est que compromis, quand ce n’est même plus d’un second choix qu’on doit se contenter mais du … inutile de compter, comment être satisfait ?

J’ai compris que je devais faire une croix sur une vie professionnelle épanouissante. Ca tombe plutôt bien puisque finalement je suis tellement perdue que je ne sais plus ce qui me plairait et où je pourrais me sentir bien. Je cherche juste à ne pas me sentir trop mal. J’avais un peu listé ici, les projets, pistes que j’avais pu avoir au cours des années et qui ont été annihilé par la réalité, par Pole Emploi ou autres. Je suis donc à de nombreux compromis dans ce domaine.
J’ai fait des compromis lorsque je me suis formée. Pas pour le DAEU, ça restera un de mes plus beaux souvenirs. Cette années là, j’ai fait ce que je voulais et c’était vraiment très bien. Mais pour le BTS, j’ai du en faire parce que si en théorie, sur le papier, celui que j’ai fait pouvait m’amener là où je voulais (en Théorie, tout est toujours génial), en réalité, seuls mes premiers choix m’assuraient la voie de la réussite niveau insertion pro. Mais n’ayant pas gagné au Loto, financer trois années d’études m’était impossible.
Après le BTS, j’aurais bien fait une licence pro, il y en avait des pas mal. Mais pareil, niveau budget, ça ne collait pas trop.

Et il y a en amour. Je ne parle pas de faire des compromis au sein du couple, c’est inévitable et nécessaire. Non, je parle de faire des compromis avec son cœur. Etre avec quelqu’un quand on en à un autre dans le cœur.Se dire que l’amour, le vrai, n’est que pour les autres. On peut se rassurer en se disant que ce n’était pas la bonne personne, que ça va venir. Ca fonctionne un temps, l’argument perd en force au fil du temps. On finit par ne plus croire aux miracles.
C’est peut-être ce que j’ai voulu faire ces derniers mois, croire aux miracles. J’avais oublié les leçons du passé. La vie s’est chargée de me concocter un cours de rattrapage.

Pourtant, je ne veux plus de compromis. Je veux des évidences, dans tous les domaines, chaque jour. Je ne veux plus me poser de questions, je veux agir avec certitude. Avec confiance. On revient à cette histoire de confiance. Je lutte avec moi-même pour faire, pour avoir, confiance actuellement. Je voudrais que ça vienne plus naturellement, que ce ne soit pas une bataille interne.
Je voudrais ne plus avoir peur. Je voudrais croire, non savoir, que le meilleur est sur le point d’arriver et l’accueillir sereinement, sans doute.
Je ne veux plus être celle qui perd à tous les coups.

Born to lose, I’ve lived my life in vain
Every dream has only brought me pain

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L’espoir

(Ecrit le 1/10/17)

Malgré mes articles qui transpirent le désespoir, la mélancolie, la déprime, bref, qui reflètent ma joie de vivre au quotidien, je ne peux que constater que l’espoir est tenace. Parce qu’il est là, même si il est pour le moment tapis tout au fond … de je ne sais pas quoi, il est là. Il survit, il se maintient et il attend son heure. Je me demande : est-ce bien raisonnable ?

Oui, l’espoir est difficile à tuer. On ne s’en débarrasse pas comme ça. J’alterne donc les moments de profond désespoir où tout me semble moche, injuste, à jamais noir et déprimant et les moments certes plus faibles et moins fréquents où l’espoir se fait une joie de s’engouffrer dans une brèche et me dit d’y croire, que tout est possible et que ça va le faire. Mon cœur et mon cerveau travaillent alors de concert pour me faire rêver un maximum, soufflent à mon inconscient de merveilleux rêves qui reviennent parfois bercer mes nuits de façon très réelle (et cruelle car le réveil est inévitable). Cette petite voie qui dit que le destin est capricieux mais qu’il nous réserve malgré tout de belles surprises parfois alors pourquoi pas, pourquoi pas pour moi la prochaine fois ? Je pense souvent le contraire mais au final, je ne le mérite pas moins qu’une autre ce bonheur qui éclaire le ciel.

Bien sur, la descente est inévitable. Retour à la réalité. On s’est pris le mur une fois bien violemment et, ça, ce sont les répliques. Moins fortes mais effrayantes et douloureuses malgré tout. Reviennent tout les « c’est impossible » et les « ce n’est pas pour toi » qui sont bien plus réalistes. Il faut donc recommencer tout le travail de deuil, enfouir de nouveau autant que possible les sentiments, redevenir raisonnable, se ré-ancrer dans la réalité, … Retenir les larmes, écrire pour évacuer un peu de ce qui pèse, un peu, pas beaucoup.

Alors, est-il raisonnable de se laisser aller à l’espoir ? Faut il choisir ses espoirs ? Peut on espérer pour tout ? Les espoirs non vain vont-ils de pairs avec la confiance en soi (si oui, je suis mal barrée) ? Comment encaisser les échecs ? Comment faire pour savoir quand espérer et quand il faut abandonner la bataille ?

Nuit compliquée

Il y a des nuits plus compliquées que d’autres. Cette nuit est compliquée. La solitude était moins pesante ces derniers temps mais ce soir, je sens son envie de me tenir compagnie.

C’est peut-être parce que je lis une romance (du genre comme je déteste : l’amour au premier regard, tout ça. Beurk ! Mais c’est plutôt bien écrit). Il y a des choses pour lesquelles je ne suis pas prête. Écouter Hearts don’t break around here par exemple. Je m’en suis abreuvée durant des semaines et depuis … j’ai du mal. Cette chanson me donne envie d’être amoureuse et l’écouter est un rappel de ce qui n’est pas.
Lire une romance n’est pas une bonne idée non plus visiblement. Il va falloir que je fasse une liste des choses à ne pas faire.

C’est une petite rechute. Je me doutais que le projet tatouage occupait mon esprit, la peur l’accaparait un peu. Mais maintenant, c’est fait et mon esprit a retrouvé un peu de liberté et il repart dans ses questionnements incessants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit la nuit. Enfin, peut-être pas si longtemps que ça.

J’espère juste ne pas me remettre à pleurer. J’ai déjà versé trop de larmes. Ca n’en vaut pas la peine. En plus je devrais être habituée, ça se passe toujours comme ça. Moi craquer pour un type, lui craquer pour une autre.Hop, désillusion suivante.
Ma vie n’est qu’une succession de désillusions. Je ne sais pas, ça dois venir de moi, de mon manque de confiance. Je dois envoyer trop de signaux : ne m’approche pas trop, je n’ai pas confiance ». Ca ne donne pas envie c’est sur.

Bref, c’est une mauvaise nuit où les peut-être, les pourquoi, les parce que se confondent, où les envies se réveillent et où le vide se fait plus inquiétant.

« Je fais comme Dumbo » (en tout cas j’aimerais bien)

Après le tatouage, il fallait que je trouve un truc vraiment balèze comme défi. Je me suis même dit que j’allais arrêter là le lançage de défi à la con parce que j’allais me retrouver à sauter à l’élastique ou en parachute sous peu et je n’y survivrais pas. Non, vraiment, inutile d’y penser.
Mais, j’ai trouvé quelque chose. Le truc vachement bien, c’est qu’à priori ça ne va pas me couter un rond (pour ce qui est de se jeter dans le vide par contre …). Par contre ça va me prendre beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Et je ne suis pas sure d’y arriver un jour. C’est un défi illimité dans le temps.

2017, ça aura été plus de sorties, ça aura été faire un peu plus de sport (faut pas abuser, pas trop non plus), ça aura été se triturer le cerveau pour avancer, progresser, ranimer (parfois involontairement) quelques fantômes et quelques démons pour les les affronter (en cours). Comprendre les pourquoi je réagis comme ça ou comme ci (y’a encore du boulot). Me connaître mieux, laisser place à celle que je suis. C’est un combat qui n’est pas vraiment gagné mais j’y travaille.

Il manque quelque chose là dedans. Une chose essentielle, je le sais. Mais que je n’arrive pas à faire. Se connaître mieux, c’est bien. Ça aide. Peu à peu en l’imposant au monde c’est pas mal aussi (en apprenant à jouer de la guitare par exemple, qu’importe les réactions provoquées).
Et si j’ajoutais un ingrédient dans la potion ? Et si j’apprenais à m’aimer ? C’est un peu bizarre de devoir apprendre à s’aimer. Ça devrait être naturel mais ça ne l’est pas.

Ca va être compliqué, je ne sais pas trop comment je vais m’y prendre. Raccourcir la liste de mes défauts, allonger celle de mes qualités. Ne plus me sentir inutile, incapable, moche, stupide, inintéressante, désespérante, niaise, nunuche, chiante, égoïste, lunatique, immature, gourde, … Un peu moins de « je me déteste », de « je ne suis rien », « je ne suis personne », …
Remplacer tout ça par des choses positives sur moi, par des choses valorisantes. Je ne suis pas sure d’y arriver. Ça va me prendre des mois. Des années surement.
Je pensais peut-être utiliser le livre L’esprit papillon d’Agnès Ledig. Je ne sais pas si ça peut m’aider dans cet objectif là mais ça ne peut pas faire de mal. Quoi de mieux que la bienveillance d’Agnès Ledig de toute façon ? Il va falloir que je réfléchisse à d’autres actions à mener pour réussir ce challenge.

Ce sont souvent les autres qui nous renvoient une image négative de nous, je le perçois comme ça en tout cas. Les critiques, le manque d’encouragement de nos proches, dès l’enfance parfois. Qui peut perdurer avec les amis, les profs, … Je me lance donc dans un combat où je vais devoir lutter contre cette image que j’ai perçu de moi et que j’ai fait mienne, le faire en solitaire puisque je n’ai pas l’impression que je trouverais qui que ce soit autour de moi pour me faire un compliment de temps à autre. Il va donc falloir en même temps que j’apprenne à être forte, seule, et parfois c’est compliqué. Parce que je ne suis pas forte, parce que je suis souvent sur le point de m’effondrer (moins ces temps ci, ça va mieux). Parce que ça fait beaucoup de batailles à mener de front, seule. Parce qu’avoir une épaule sur laquelle se reposer de temps à autre, ça doit être pas mal mais que pour le moment, cette épaule n’existe que dans mes rêves. Alors je n’ai pas le choix, c’est seule qu’il faudra le faire.

Depuis quelques années maintenant, je tente de travailler sur moi, j’ai évolué sur certaines choses, d’autres sont encore à travailler.
Cette année, j’ai débuté une reconquête de mon corps, parce que je ne le supporte plus tel qu’il est.
L’étape d’après, je crois que c’est d’apprendre à s’aimer. Ca aurait peut-être dû être l’étape d’avant mais c’est maintenant que ça vient. J’imagine qu’il ne suffit pas de se planter devant la glace en se lançant des mots d’amour. Alors si vous avez des idées, des pistes qui pourraient m’aider dans ce défi, elles sont les bienvenues.

Je ne sais pas trop si je vais réussir mais sur le chemin de la confiance en soi, je crois que cette étape est incontournable.
(Notez bien que j’ai pensé à ce « défi » en pleine phase d’optimisme, phase qui ne durera pas donc. Autant dire que ce challenge est voué à l’échec).

Le bonheur

Le bonheur, c’est ce que nous cherchons tous. Même quand nous sommes au plus mal, même quand nous nous y prenons comme des pieds, c’est le but que nous cherchons à atteindre. Mais c’est une chose rare le bonheur, il se cache bien souvent. Parfois nous arrivons à le voir dans les petites choses du quotidien, ça permet d’entretenir l’espoir. Mais ce que nous cherchons, c’est celui qui embellit chaque journée sans même qu’on ait besoin de se forcer, d’y penser. Celui qui fait sourire, qui rend léger.

A-t-on tous droit au bonheur ? Surement, il n’y a pas de raison. Chacun de nous mérite d’être heureux, de vivre heureux, de vivre selon ses souhaits, tant qu’il ne met pas en danger les autres. On a tous le droit d’être entouré de gens qu’on aime et qui nous aiment. De faire un métier qui nous convient, à défaut d’être épanouissant.
Rencontrer les bonnes personnes, être bien entouré, évoluer pas professionnellement mais en tant que personne. Se sentir aimer, j’en ai parlé un peu ici, à sa place, sur le bon chemin. On le mérite tous.

Le mérite suffit-il ? Non, le mérite ne suffit pas. Dans la vie en général, le mérite ne signifie rien. La chance, le coup de piston, être un sacré veinard, oui, ça, ça aide. On peut s’aider un peu en exigeant peu, en trouver des petits bonheurs mais le grand bonheur, si il a décidé de déserter votre route, vous n’y pouvez rien.
Certains trouveront le bout du tunnel, et d’autre non. Je reste sur mon idée que le (grand) bonheur est un gâteau qui se partage entre quelques élus. Ces élus peuvent changer mais, tout le monde ne peut pas être heureux en même temps. Les croyances ont la vie dure, qu’elles soient limitantes ou pas. Même si j’essaie de la combattre, elle me reste en tête et je ne m’en défait pas totalement.

Le bonheur se partage-t-il ? Quand vous êtes heureux, vous voulez en faire profiter les gens autour de vous. C’est sympa. Mais le bonheur ne se partage pas, il se vit. Les gens seront contents pour vous, mais le fait que vous soyez heureux ne va pas bouleverser leurs vies à eux. C’est votre bonheur, votre vie. Pas celle des autres. Vous pouvez rayonner aussi fort que vous voulez, ça ne se propagera pas au monde entier, ce serait vraiment bien mais ça ne marche pas.
Le bonheur c’est quelque chose d’intime, de précieux, de personnel, si il se voit sur notre visage, sur la façon dont on voit la vie, il se vit en nous. Pas parce qu’on est sa propre source de bonheur, même si ça aide, mais parce que c’est notre vie qui est impacté par ce bonheur.
C’est un peu pareil avec le chagrin. Les autres peuvent compatir, consoler, mais à 3h du matin quand votre oreiller est trempé de larmes, c’est seul qu’il faut affronter ça.

Le bonheur est donc un sentiment précieux, rare, qui éclaire une vie et rend tout un peu plus beau. Mais il n’est pas contagieux. Vous pouvez l’étaler autant que vous voulez, ce n’est pas pour autant qu’il touchera la vie des autres. Parce que c’est votre bonheur.

Je voudrais être River Song

Pour ceux qui ne connaissent pas Doctor Who, forcément, la référence ne va pas être très parlante. River Song, quelle femme. Forte, intelligente, ingénieuse, un brin hors la loi certes, sure d’elle, avec de l’humour, sexy, … bref, tout ce que je ne suis pas. Je ne suis même pas Amy Pond, parce qu’Amy est courageuse, déterminée, pétillante. Et elle a son centurion (oui, oui, c’est sa qualité première. C’est évident).

Je suis Amelia Pond. A ceux qui me diront que c’est la même personne qu’Amy, je répond non ! Amélia, c’est la petite fille qui attend toute la nuit que son homme débraillé vienne la chercher, celle qui va attendre 12 ans, celle que sera toujours un peu Amy ensuite, elle gardera cette part d’elle (la fille qui attend) on est d’accord, mais je suis Amélia et pas Amy.
Je fais semblant d’être Amy, quand je suis Angie. Mais Angélique est définitivement Amélia, une petite fille qui attend que le Docteur vienne la chercher pour vivre une vie trépidante.

Mais dans la vraie vie, il n’y a pas de Docteur, il n’y a pas d’aventures au bout de l’espace dans le TARDIS. Il n’y a pas un homme fou dans une boite qui arrange toujours tout. Il n’y a pas de magie, les fez ne sont pas cool (mais les nœuds papillons un peu quand même), on évite aussi les Daleks et les Cybermen vous me direz et c’est pas plus mal (quoique, moi, perso, les Daleks, ils me font rire).

Et bien que je voudrais être forte comme River Song, je reste une petite fille rêveuse comme Amélia Pond et j’attend encore que le miracle se produise et qu’un vieux fou dans une boite vienne me chercher pour me faire vivre des aventures incroyables, pour me faire grandir et devenir la femme que je devrais être.

Et je sais que si vous ne connaissez pas Doctor Who, ce que je raconte vous parait certainement complètement obscur. Les vrais auront remarqué que je suis restée dans la période Eleven (le seul, le vrai Docteur. Le mien en tout cas).

Indélébile

Nous sommes mardi soir, 17h16 et depuis à peine plus de deux heures, le projet secret n’est plus un projet. Il est réalisé. Et vu le titre, vous avez surement deviné de quoi il s’agit. Mais je vais me la jouer mystérieuse jusqu’au bout.

Quand j’étais enfant, ma mère m’a fait percé les oreilles, comme de nombreuses mamans ont fait à de nombreuses petites filles. J’ai donc les lobes percés depuis … toujours dans mes souvenirs.
Quand j’ai eu 11 ou 12 ans, j’ai eu envie de me faire percer à nouveau les oreilles. Je savais que je le ferais dès que je serais en âge de décider seule ou en tout cas dès que j’en aurais l’opportunité. C’est comme ça que lorsque j’ai eu 17 ans, je me suis retrouvée chez le bijoutier pour réaliser cette envie de gosse. J’ai donc les lobes percés deux fois d’un coté, trois fois de l’autre et un piercing à l’hélix. Je les ai depuis si longtemps qu’ils font pleinement partis de moi, et j’aime particulièrement celui à l’hélix en fait.

J’avais une autre envie que je ne pensais pas réaliser un jour. Trop douillette, trop ci ou pas assez ça. Puis trop loin, personne ne le faisait dans les environs, trop de trajet à faire donc, … Tout un tas d’excellentes excuses.
Puis on en parle pas mal sur le forum, y’a un passionné. Alors j’ai regardé si autour de chez moi ça se faisait ou pas maintenant. Et oui. Je regarde le Facebook du type, je regarde son travail et je dois dire que ça me plaisait plutôt pas mal.

J’ai décidé de le faire après la sortie au V&B (j’arrête la bière promis). J’ai pris mes premiers renseignements sur Facebook. Et le 19 septembre (jour particulier pour moi en plus) je suis allée sur place pour qu’on en parle un peu plus. J’ai ensuite réfléchi (merci les filles d’avoir réfléchi avec moi), modifié un peu mon projet, et la semaine dernière, je suis allée prendre rendez vous. J’avais écris un petit texte le jour même d’ailleurs, que je n’ai pas publié mais je vous le met ici :

Mardi 3 octobre 2017 :
Aujourd’hui, je suis allée en ville avec un objectif précis. Et comme je ne suis pas super bien depuis quelques jours, je me suis dit que ça me changerait les idées en plus.

Le premier truc que je veux faire avant quoi que ce soit d’autre, c’est retourner voir le type pour ce fameux projet secret. Je me gare, et … je me dégonfle. Je n’étais pas bien, la frousse et tout. Bref, je me suis dit que si c’était pour pleurer là bas, ce n’était pas la peine. Donc je suis allée faire quelques magasins avec pour objectif de me poser un long moment entre 12 et 14h pour y réfléchir correctement.
Je me suis trouvée nulle, froussarde. J’avais emmené mon carnet, du coup j’ai écrit. Je me suis vidée la tête, je crois que ça m’a aidé.

Après avoir fini de faire le tour des boutiques qui m’intéressaient, je me suis posée la grande question :
–      Tu n’y vas pas, ok, mais tu admets que tu ne peux pas le faire et c’est tout. On en parle plus.
–      Tu relèves ce défi là aussi, tu y penses depuis longtemps, et il y a des chances que si tu ne le fais pas, tu regrettes et que tu te détestes encore plus pour ta lâcheté.
Je sais me motiver ^^
J’y suis donc retournée. J’avoue avoir prié pour ne pas trouver de place pour me garer, mais il y en avait. Pas d’excuse. Du coup, aux alentours de 15h30, j’étais devant la boutique, la peur au ventre mais je suis entrée. Et j’ai eu un rendez-vous pour la semaine d’après.

On est mardi 3 octobre à 16h51, j’ai une semaine à cogiter, avoir peur, flipper grave et m’enfuir loin peut-être. Mais dans une semaine, à cette heure là, je devrais être ravie. J’espère.
Pour le moment, j’ai juste très très peur et j’angoisse.

J’ai stressé toute la semaine, hier (lundi donc) j’en tremblais même. Je me suis demandée si j’allais pouvoir le faire vraiment. J’ai alterné les moments où je laissais le mental l’emporter totalement, me disant que j’étais stupide de faire ça, et les moments où je me disais qu’il fallait que j’affronte ma peur que je serais surement très heureuse une fois que ce serait fait.

Ma matinée a été affreuse. J’étais dans le brouillard, peur, envie, peur, envie, peur, peur, peur. Puis l’heure de mon rendez vous est arrivée et j’y suis allée, j’ai inspiré un bon coup. Et si la peur était toujours là, l’envie de lui dire merde était bien présente aussi. Alors je lui ai dit merde et je me suis fait tatouer.

Le type est vraiment rassurant, posé, il parle bien et met en confiance, prend le temps. Vraiment super sympa. Il m’a montré les motifs qu’il avait fait avec les éléments que je lui avais donné, un m’a plu tout de suite. On a revu la taille ensemble, que ça me convienne. Et c’était parti.
Je me suis vraiment détendue à la moitié du tatouage. Il était temps ! Ca ne fait pas aussi mal que je le craignais. Et j’étais vraiment stressée et tendue, du coup j’ai surement ressenti plus intensément les choses. A mon avis, en y allant décontracté, ça passe tout seul.
Je dirais que ça a pris à peine trois quart d’heure. C’est un tatouage pas trop gros, discret, comme je le voulais. J’ai à peine regardé pour être honnête mais parfois je jetais un œil sur la progression et c’était assez marrant de voir le motif s’encrer peu à peu sur ma peau. Dans ma peau.

Je l’ai fait, j’ai réussi. Une autre envie s’est réalisée aujourd’hui. Maintenant que c’est passé, j’ai l’impression que c’était une évidence de le faire. Bon, à mon prochain vaccin ou ma prochaine prise de sang (dans très très longtemps si possible), je vais avoir du mal à avoir l’air crédible dans le rôle de la nana qui a peur des aiguilles et pourtant, j’en ai une véritable phobie.

J’ai désormais une clé de sol et un papillon qui ornent ma peau, réuni dans un joli motif que je n’aurais pas pu imaginer moi-même. Et ça me paraît faire totalement parti de moi. Un symbole de ce que je suis, de mon année 2017, des années à venir.

Raconter une histoire

Il y a peu, j’ai refait mon CV. Il était temps, je me dois d’admettre que l’ancien était vraiment moche. C’est quand même chiant de refaire son CV, se replonger dans son passé professionnel. Surtout quand il est aussi moche que le mien, si rempli de trous et de choses pas super intéressantes. Quelqu’un m’a dit que je devais raconter une histoire à travers mon CV. Je ne suis pas sure que l’histoire soit vraiment très intéressante à lire mais soit, j’ai compris le concept. Je me suis dit que ça ne racontait qu’une petite partie de l’histoire surtout. Nous sommes jugés sur une petite partie de nos vies réduite à une feuille au format A4.

Parce que sur un CV, on n’indique finalement que les démarches qui ont abouti. Un poste occupé, une formation suivie, un diplôme obtenu. Sur le mien, il y a plein de trous et forcément, la première réaction est de se dire : mais qu’est ce qu’elle a foutu durant tout ce temps ?
On ne voit pas les CV envoyés et qui n’ont pas obtenu de réponse, on ne voit pas les entretiens passés où on s’est planté, on ne voit pas les heures à rechercher des offres, les nuits à réfléchir à de nouvelles solutions, on ne voit pas les larmes versées parce qu’on se sent au bout du bout.

C’est un peu pareil dans la vie en général. On ne voit que les actes qui ont abouti. Et ce coup-ci, que ce soit échec ou réussite. Surtout les échecs en fait. Je me souviens avoir eu très peu de félicitations quand j’ai repris mes études et obtenu mes diplômes. Ils ne sont pas grands choses ces diplomes, mais j’ai lutté pour entrer en formation, c’est une recherche de plusieurs années, ce sont des heures passées à fouiller de nombreuses possibilités. Et je sais que si je n’avais pas eu la conseillère à Pole Emploi que j’avais à ce moment-là, tout aurait pu foirer.
Mais je n’ai pas eu de félicitations ou si peu. Ce n’est pas grave en soi. J’étais fière de moi de l’avoir fait, d’avoir réussi. Mais quand même, un petit mot sympa des proches, ça fait toujours plaisir.
Surtout que pour pointer les échecs, ils ne se gênent pas en général. Je me suis souvent pris par les dents ma recherche d’emploi infructueuse à une époque. Moins maintenant puisque je fuis autant que possible ces gens.

De l’extérieur, on voit des vies qui stagnent, des situations qui perdurent, il est facile de se dire que la personne ne fait rien, ne cherche pas à progresser. On ne voit pas les débats intérieurs, on remarque à peine les petits pas accomplis ou on s’étonne parfois d’un changement qui dérange peut-être un peu (« Tu sors beaucoup en ce moment », oui, c’est du vécu. J’ai 15 ans parfois vous savez. Souvent, toujours).
On ne remarque pas les tentatives avortées, les tristesses et les chagrins qui s’expriment essentiellement dans l’intimité de la chambre. Les heures à débattre avec soi-même pour se donner des coups de pieds au fesses.

Les trous ne s’expliquent pas. Sur un CV, dans la vie, ils sont pourtant remplis de petites choses qui nous construisent ou nous détruisent. Des petites choses qui ne sont pas concrétisées par un diplôme, un contrat, une naissance, un mariage, … Ce sont des choses intangibles bien souvent, mais nécessaire à notre progression. La manière dont ces évènements vont nous impacter va déterminer les chemins que nous allons prendre ensuite et les batailles que nous auront à mener.

Il faut apprendre à aimer ces trous, ces espoirs déçus, les portes qui se ferment, celles qu’on n’a pas vu s’ouvrir, … Ils en disent autant que les réussites que l’on peut afficher.

Faire tomber les barrières

Je pensais être prête, mais en fait pas du tout. Elles sont bien en place et pas prêtes à bouger. Ancrées dans le sol qui m’entoure, solidement et durablement. Ces foutues barrières, renforcées par mes peurs, mes doutes et mes craintes. Alimentées par le manque de confiance. Je croyais pouvoir dépasser ça et je réalise que ce n’est pas encore pour tout de suite.

La distance constitue pourtant déjà une bonne protection. On habite à 120km l’un de l’autre environ. On discute depuis environ 15 jours sur AUM, il m’a l’air tout à fait civilisé, sympa, cultivé, il sait écrire sans faire trois fautes par mots (il pourrait me donner des cours). Ca reste un mec et parler littérature n’est pas ce qui l’intéresse le plus mais à quoi s’attendre d’autre? Malgré tout, monsieur « je ne cherche pas à me mettre en couple » reste plus convenable que monsieur « tu veux des enfants ?» et « tu peux déménager comme t’as pas de taf ».

Pourtant, quand il a voulu qu’on passe aux SMS, j’ai dit que je préférais continuer sur le site. Aussi peu pratique soit-il. Le site est ma protection. Si je ne veux pas être « envahie », je ne me connecte pas et voilà. On n’a même pas parler rencontre, on sait tous les deux que la distance constitue un frein. C’est juste une discussion plus ou moins innocente pour le moment. On sait aussi qu’on ne cherche probablement pas la même chose.

Pourquoi est-ce si dur de faire confiance ? Au-delà de la peur de me planter (ce ne serait pas la première fois), de souffrir (on ne va pas en reparler), il y a ce soucis de confiance. Je n’y arrive pas. J’y pense depuis hier en fait (ou avant-hier). Pourquoi je n’y arrive pas ? J’attends quoi ? Une révélation divine ? Que tout s’éclaire dans ma tête ? Ben je vais attendre un sacré bout de temps !

J’ai peur des gens. Peur de les laisser entrer, peur de les laisser sortir. Peur. Je souffre de la solitude mais j’ai peur des gens. Un pas de trop et hop, les barrières montent plus haut, je m’enferme dans mon monde. A l’écrit, c’est facile, on se cache derrière des mots. Je me cache derrière des mots. Même si je suis sincère, si je dis ce que je ressens, je suis des mots, on ne me voit pas moi. Ce n’est pas moi qu’on « juge », ce sont des mots.

S’inviter sur mon téléphone, c’est déjà franchir une barrière. Même par SMS. Je ne suis plus une fille sur un site, je suis un numéro de téléphone, joignable à tout instant, au quotidien. C’est le risque d’être appelée, de devoir parler. Je ne parle pas, j’écris. Je ne sais pas parler. Je bafouille, je ne trouve pas mes mots.

Je pensais pouvoir franchir cette barrière. L’abaisser un peu tout au moins. C’est une barrière plus facile à franchir en rencontrant quelqu’un en face à face finalement. On n’a pas le choix, il faut se lancer. Enfin, pas le choix. On peut s’enfuir dans son petit monde intérieur. Fâcheuse tendance que je peux avoir aussi. Je me désespère moi-même.

J’en déduis que je ne suis pas prête. Le serais-je un jour ? Je commence à en douter.

Septembre est enfin passé !

Courant septembre, j’avais écrit un mini texte pour dire à quel point je déteste ce mois. Et finalement, il a fini à la corbeille, avec bien d’autres. Maintenant qu’on est bien ancré en octobre, je me rend compte comme c’est un soulagement que septembre soit derrière nous. Je ne pensais pas y trouver un tel soulagement.

Une des premières choses que je déteste en septembre, c’est que c’est la rentrée des classes. C’est une époque de projets, j’ai l’impression que tout le monde en a et moi je suis comme une gourde, les bras ballants, à ne pas savoir quoi faire de ma carcasse.
J’envie les lycéens et les étudiants qui retrouvent les bancs de leurs classes, la promesse d’apprendre des tas de choses (oui, bon, on pourrait épiloguer sur le système scolaire, on va se la jouer idéaliste).
Je me souviens quand j’ai repris mes études, comme j’étais impatiente que les cours débutent. Faire quelque chose que j’avais choisi, apprendre, espérer que ça porterait ses fruits ensuite (bon, non, mais bref, c’était bien quand même).

Septembre, c’est surtout le mois où j’ai perdu deux personnes que j’aimais beaucoup. Pas la même année, heureusement. Depuis, tous les ans, il y a ces deux dates toutes proches dans le calendrier et elles me font mal au cœur. Ces personnes me manquent beaucoup et si elles avaient été parmi nous plus longtemps, certaines choses auraient pu être différentes.

Une de ces personnes doit m’en vouloir, parce que je n’ai pas fait ce qu’elle souhaitait. Je suis désolée, j’espère qu’elle comprend pourquoi de là où elle est. Le matériel, on s’en fichait, nous ce qu’on a aimé, c’était l’avoir avec nous et savoir qu’elle a passé sa dernière journée en notre compagnie, ça c’est précieux. Ca vaut tellement plus que ce que certains ont pu récupérer.

L’autre personne … C’est au delà du manque. Le jour où elle est partie, je suis un peu morte aussi. Elle doit m’en vouloir d’avoir gâché ma vie comme ça, d’avoir perdu espoir. Ce jour là, j’ai perdu la personne à qui je me confiais encore un peu, qui faisait l’effort de me comprendre. C’est après que j’ai arrêté d’écouter de la musique, de chanter, d’écrire. Et arrêter tout ça, c’était un peu mourir pour moi. Certains y ont juste vu un changement, je grandissais. C’est drôle comme les personnes qui pensent nous connaître le mieux se trompent totalement. J’ai tout simplement arrêter de me projeter dans l’avenir. C’est passé inaperçu je crois. L’important, c’était de trouver du boulot de toute façon, selon leurs règles, selon leurs codes.

Chaque année, sans même que je m’en aperçoive, septembre est une épreuve à passer. Je suis plus angoissée, plus triste encore, je ne vois que ces deux dates et les mauvais souvenirs qui s’y rapportent. Je les revis comme si ça se passait encore et encore.
Cette année, j’aurais pourtant une raison de me réjouir sur une de ces dates. Je n’y arrive pas. C’était « sa » date, ça le restera. Ca va être dur d’y associer un autre événement aussi heureux soit-il.

Je me rend compte qu’il y a des deuils que je n’ai pas fait encore. Je les porte encore d’une certaine manière, après plus de 10 ans. Ils sont un poids que je traine. Je me demande si d’autres les portent aussi, où si je suis la seule à vivre avec un poids aussi lourd. Si je suis la seule à ressentir encore le manque. Je crois que je pourrais prendre le téléphone et me souvenir de ce numéro que j’ai tellement composé. Je serais à peine étonnée qu’elle me réponde.

Septembre est le mois que je déteste le plus. Les autres mois me sont indifférents, mais septembre, je ne peux pas le vivre normalement. C’est inscrit en moi.

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