Ce corps que je n’aime pas

Ca fait quelques jours que je pense à écrire sur le rapport que j’ai avec mon corps. Et je remettais. Je me disais que ça ne valait pas le coup. Et comment expliquer ? C’est finalement encore plus difficile que de parler de ce qu’on ressent, de ce qui fait souffrir. Comme il est difficile de dire pourquoi on ne s’aime pas de façon globalement, c’est difficile de parler de ce qu’on n’aime pas dans notre corps. C’est à la fois tout et rien. Des détails et un ensemble.

Je ne crois pas avoir déjà aimé mon corps. Au mieux, il m’était indifférent lorsque j’étais plus jeune. Ni une fierté, ni un soucis. Juste un corps. Dont je n’ai jamais eu conscience au final. Ca fait bizarre de dire ça. Comment peut on ne pas avoir conscience de son propre corps ?
Enfant, j’étais plutôt mince. Il parait que c’était un soucis d’ailleurs (qu’est ce qui ne l’était pas?) . Pour m’habiller. Taille fine, longues jambes (ouais), rien ne m’allait, bla bla bla. J’en ai entendu.
Je crois que jusqu’au lycée, j’ai gardé cette tendance à être mince. J’ai ensuite grossi peu à peu. Insidieusement. Sans que ce soit vraiment flagrant. Ca n’était pas vraiment gênant à l’époque. Ca a continué comme ça jusqu’à cette période dont je parle souvent, où je me suis oubliée. Corps, esprit et âme.

Maintenant que je me réveille, que je voudrais plaire à nouveau, je ne vois qu’un corps que je déteste. Je ne vois qu’un corps qui ne peut que repousser. Un corps que je ne peux pas mettre en valeur.
Il n’y a rien de féminin dans ce corps. Il n’y a rien de beau. Il n’y a rien d’attirant. Tout est gros, disgracieux, difforme. Le manque de fermeté, les kilos en trop, tout. Les cicatrices, la cicatrice surtout, pas imaginaire, bien présente, visible, laide.
Je peux trouver de quoi dire sur chaque partie mais rien de bien. Je suis la fille ronde, moche, fade, sur laquelle on ne s’attarde pas.
J’ai perdu un peu de poids, je me suis un peu raffermie, mais ce n’est pas assez. Je ne sais pas si j’y arriverais un jour. Est ce que je pourrais avoir un ventre moins gros, des fesses plus fermes, des cuisses plus fines ? Est ce que j’en suis capable ? Est ce que ce sera suffisant ?

Je voudrais être comme ces femmes à la silhouette agréable, qui paraissent toujours féminines, toujours élégantes, ces femmes que les hommes regardent, que les hommes désirent. Ces femmes qui n’ont à rougir de rien.
Je voudrais me trouver belle, je voudrais pouvoir me regarder dans un miroir et ne pas avoir envie de fuir, de pleurer, sans me dire que personne ne voudra jamais toucher ce corps. Ce corps qui voudrait être aimer pourtant.
Je voudrais que mon corps ne soit plus un frein, plus une barrière, plus une barricade. Qu’il ne soit plus une source de dégoût. Peut-être même qu’il soit attirant. Désirable, en capacité d’être aimé. Que je sois en capacité d’être aimer.
Vendredi, ma monitrice de Tai chi m’a dit : quand vas tu prendre soin de ton épaule ? Ayant débuté ce texte le matin même, je me suis dit que vraiment, ce jour là, c’était un questionnement sur mon rapport à mon corps. Un questionnement sur mes douleurs. Sur ce que je retiens et qui me fait mal. Ce que je retiens sans en avoir conscience.
J’ai répondu assez spontanée que j’en prendrais soin quand je saurais prendre soin de moi. Mais je ne sais pas prendre soin de moi. Qui a déjà pris soin de moi en fait ? Vraiment ? Avec bienveillance ? Personne ne m’a appris, je ne sais pas comment on fait. Je ne sais pas comment apprendre.

Un jour je voudrais me sentir bien avec ce que je suis. Avec mon corps, ma façon d’être, mon caractère, mes faiblesses, mes failles, mes doutes et mes peurs. Voir au milieu de tout ça ce qu’il y a de bon, de beau peut-être.

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Mon mode de fonctionnement

Je vais tenter quelque chose d’assez difficile, tenter d’expliquer ce qui se passe dans ma tête la plupart du temps. Comment ça fonctionne là-haut pour que ce soit si perturbé. Je n’ai pas tout compris moi-même mais faire le point pourrait être un plus pour avancer. Je ne sais pas trop dans quoi je m’engage cela dit, je n’ai pas de plan, à peine une vague idée de ce que je veux dire. En fait, j’ai juste envie d’écrire et c’est ça qui me vient.
La racine de tout, c’est l’enfance. Ca a déjà été dit mille fois, je crois que vous commencez à cerner plus ou moins l’ambiance familiale dans laquelle j’ai grandi. Ce n’était pas si terrible que ça mais on fait mieux pour élever un enfant épanoui et confiant dans la vie. D’autant plus que j’ai toujours été assez sensible et que j’ai toujours eu cette sensation de prendre tout puissance 1000 dans la tête (dans le cœur).
Ce n’était pas positif chez nous. Les disputes, l’absence, le manque d’intérêt, le fatalisme déjà ambiant, j’ai déjà dit que les phrase que j’ai le plus entendues c’est « on ne fait pas ce que l’on veut dans la vie, mais ce que l’on peut », et autres petites choses de ce type. Ca pose le décor : n’en demande pas trop, fond toi dans le moule, trouver un boulot même si ça ne te plait pas, ne cherche pas à être heureuse, et basta.
Quand on est enfant, adolescent, on a encore quelques forces pour résister. Un brin d’espoir qui persiste. On a nos refuges qui comptent plus que tout : écrire, chanter, je l’ai dit aussi, c’était mes échappatoires. Les amis, les premiers amours (même ceux qui foirent), on vit et la vie reste pleine de promesses malgré un départ peu réjouissant.
C’est finalement quand on rentre, quand je suis rentrée, dans le monde du travail que j’ai commencé à perdre le peu d’espoir d’être heureuse que j’avais. J’ai arrêté le lycée un peu bizarrement, sur un coup de tête, parce que j’étais pas très douée et parce qu’il se passait des choses pas réjouissante chez moi. Je … voulais y être présente, je ne voulais pas rester loin de la maison. Début du lien d’attachement.
Mes premières expériences pro n’ont pas été très rassurantes quand à mon avenir, la situation familiale se dégradait peu à peu, nous enfonçant toujours un peu plus vers une vision négative plus ou moins forcée de la vie. Comment voir du positif quand c’est juste la grosse merde absolue ?
J’avais encore des amis à ce moment là, j’avais une vie sociale relativement basique mais presque normale. Mais bon, quand les potes continuent leurs études et que toi tu bosses ou que tu cherches du taf, que tu soutien comme tu peux à la maison, c’est compliqué visiblement de faire comprendre que non, là, tu vas rester tranquille chez toi parce que tu es crevée d’avoir déjà fait des trajets en voiture, d’avoir attendu dans le froid et que tu veux juste dormir. Ca m’a amené peu à peu à cette période où j’ai coupé les ponts, ou j’ai cessé de vivre, période atteignant son sommet suite l’événement qui m’a fait mourir un peu.
Je n’étais à ce moment là qu’une chercheuse d’emploi. Oublié la femme qui se construit, oublié l’enfant pleine de rêves que j’étais, oublié l’artiste que j’aurais voulu être (que je ne serais jamais du coup), oublié tout ça. Des démarches pour trouver un emploi, le moins précaire possible, le moins contraint possible. Et des portes bloquées. Même pas qui se ferment, bloquées.
Il m’aura fallu presque cinq ans pour oser sortir des clous et reprendre mes études. Cinq ans après ce fameux jour où je suis morte. Où elle est morte. Et ce n’était que la demandeuse d’emploi qui osait, pas la femme, pas moi entièrement. Pas vraiment. Mais c’était une étape. On ne va pas se mentir, si j’ai réussi à obtenir les diplomes, ça ne s’est pas concrétiser par un retour à l’emploi. Ni rapide ni plus lent. Des petits jobs, pas d’entretien pour quoi que ce soit d’intéressant et à l’époque il y avait des offres pourtant. Plus qu’aujourd’hui en tout cas. Ma vague d’espoir et de fierté d’avoir bougé mes fesses n’a pas duré longtemps. Elle s’est vite fracassée contre la réalité.
Je pourrais continuer comme ça jusqu’à aujourd’hui, une vie qui n’est qu’une succession d’espoir déçu. Quelques années après la fin de mes études, j’ai commencé à réfléchir sur moi, sur la place que je voulais dans la société ou la place que je ne voulais pas. Ca m’a poussé vers le développement perso, bref, j’en ai déjà parlé et on arrive peu à peu à cette année 2017 où c’est le gros chamboulement par un effondrement complet tout en ayant envie de bouger, de tester, d’expérimenter. De découvrir de moi autre chose que la nana qui cherche un taf.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que c’est ce qui fait ce que je suis aujourd’hui : je n’ai pas confiance, je suis méfiante, j’ai un regard sceptique sur tout, je remet en question tout et toujours, je suis comme ça, je suis une personne qui se questionne en permanence. Et sur tout, absolument tout. Et j’ai toujours eu cette tendance, déjà enfant. Et mon vécu fait que je ne me questionne pas positivement. Rarement.
Je lis un livre, je me questionne, je vois un film, idem, je lis un blog, l’actu, je discute avec un(e) ami(e)s (merde, il semblerait que j’ai des amis maintenant. Peut être même que je vous aime un peu), on me fait un compliment je le relativise, je le fais beaucoup moins avec une critique, … je me questionne non stop. Le blog en est le reflet. Quand je répond à vos commentaires, c’est pareil. Je me questionne. Je relativise. Je vois le coté négatif du positif, c’est comme ça.
Je n’agis jamais sans avoir réfléchis mille ans avant. Filer mon numéro de téléphone par exemple. Il n’y a que récemment où je n’ai pas trop réfléchis avant de tenter un truc mais je ne sais pas trop où ça peut aller alors je me questionne maintenant. J’avoue que j’envisage déjà le … post mortem (c’est ça ?), avant que ça ait vraiment commencé (ce que je ne dirais pas, c’est quoi ? Qu’est ce qui n’a pas commencé? Ou peut-être que ça a commencé, allez savoir. Par chance, je ne dis pas tout ici).

Je ne crois pas au bonheur, je ne crois pas aux belles choses. Je n’en ai pas vraiment connu dans ma vie. Ca a toujours été la galère, les désillusions, des batailles. J’ai cessé d’y croire totalement depuis longtemps. Il reste toujours une parcelle d’espoir, parce que sinon on cesse de vivre, mais elle n’est pas assez puissante pour illuminer ma vision des choses. Alors j’anticipe oui, et pas pour voir le beau coté que pourraient prendre les événements, je m’analyse et pas pour me trouver des qualités, je ne crois plus aux miracles ni aux contes de fée même si j’ai écrit une lettre au Prince Charmant, je crois plus aux amours impossibles, aux histoires sans espoirs. Je crois que je suis inintéressante, sans talent, sans charme parce que c’est comme ça.
Ca fonctionne comme ça dans ma tête, le négatif vient en premier et il envahit tout. Les questions, les peurs, prennent le contrôle avant que j’ai pu prendre plaisir dans l’instant. Trop de mauvaises expériences, trop de conditionnements négatifs. Je ne suis pas sur de pouvoir changer ça un jour.
C’est aussi un processus qui me permet d’essayer de comprendre. Non, je ne peux pas accepter une situation sans que rien ne se passe dans ma tête. Si je n’analyse pas sur l’instant ce sera après. Toujours.

Je crois que les moments de ma vie où j’ai le plus laissé mon cerveau tranquille, c’est lorsque je chantais beaucoup. Je me laissais porter par la musique, les mots, l’émotion. Mais du coup, qui dit émotion dit que l’envie d’écrire peut surgir à tout instant. Donc le repos du hamster dans la tête n’est pas complet, il est toujours là. Tout est inspiration, tout éveille les mécanismes de la réflexion. Tout, absolument tout. La plus insignifiante petite chose peut devenir source de réflexion. Pas forcément sur l’instant, mais dans les jours qui suivent, ou plus tard encore. Il faut juste que ça infuse dans ma tête.
Je ne sais pas arrêter le mécanisme, ça n’est pas possible. Vous non plus je suis sur, vous avez juste l’intelligence de le gérer mieux que moi. Alors je sais que je ne suis pas une petite marrante, mais je suis comme ça. Je ne l’ai jamais caché je crois. J’ai toujours été clair sur ce que je suis. Et encore, si vous saviez à quel point j’ai pu progresser. J’ai passé six ans de ma vie dans un déni de …vie en fait, créer un blog et m’y exprimer était un sacré pas aussi mine de rien pour une personne qui pensait ne rien avoir à dire.

Et là je blablate parce que mon cerveau se questionne sur quelque chose et se demande si il faut le faire ou pas. Oui, je me questionne beaucoup, oui je suis négative, oui ça m’empêche d’agir souvent. Pas toujours.

Ajout :

J’ai envie et j’ai besoin …

… de tendresse, de douceur, d’attention, de patience, d’amour, de câlins (pas fantôme), d’être dorlotée, d’être écoutée, d’être comprise, d’être aidée, d’être entourée, d’être seule, de m’exprimer, d’exister, de respirer, d’être libre, d’être guidée, d’amitié, de faire confiance,

… d’écouter, de comprendre, d’aimer, d’aider, d’être là pour quelqu’un, de donner, de dorloter, de câliner, de faire du bien, de dire je t’aime, le redire encore et encore et de savoir que ça a de l’importance,

… de râler, d’être en colère, d’être insoumise, d’être idéaliste, de révolutionner, de changer les choses, de tout casser pour reconstruire, de dire merde, d’être bousculée, de repousser mes limites,

… d’écouter de la musique, d’écrire, de lire (ok, pas en ce moment), de rêver, de pleurer, de chanter, de crier,

… d’oublier, de passer à autre chose, de construire quelque chose de beau, de grand, de bon, de vrai,

… d’être moi.

Et parce qu’il fallait que j’arrive à le caser quelque part un jour ou l’autre, câlin fantôme ^^

Mes refuges

On a tous des refuges, des activités, des lieux, des personnes même peut-être, qui nous permettent de trouver du réconfort, de couper d’avec le monde quand on ne peut vraiment plus le supporter, quand une situation est trop compliqué, stressante, angoissante. Ils peuvent changer au fil des années ou rester les mêmes. Se manifester autrement aussi. Dans tous les cas, ils sont nécessaire à notre bien-être, à notre équilibre. Je pense en avoir deux principaux actuellement. Le troisième est en sommeil.

Le premier refuge, depuis toujours, depuis enfant, c’est la musique. En écouter puisque je n’ai pas pu apprendre à en jouer quand j’étais enfant. J’aurais vraiment aimé pourtant. J’ai toujours rêvé de piano et de guitare, mais pourquoi pas d’autres instruments, ils sont tous tellement beau. Mais voilà, ce n’était pas possible. Alors, j’en ai écouté à en saouler le monde entier je crois ! Ce qui m’était accessible, rien de très poussé, rien de très pointu. Ce qui passait à la radio. Ce qui provoquait une émotion, des frissons. Et chanter. Chanter les mots des autres pour exprimer mes maux à moi.
Ado, je mettais le son assez fort. Vous savez, ça couvre bien les disputes, les mots plus haut que les autres. Et ça crée un monde où on est seul. Donc la musique bien fort et moi qui chantait par dessus. C’était mon refuge quand j’étais ado. J’envie les gosses d’aujourd’hui qui peuvent emporter des milliers de titres dans leurs poches avec un lecteur MP3. Je ne sais pas si je serais aller en cours si j’avais eu ça à l’époque, j’aurais pu passer ma journée à tout écouter et chanter.

Mon autre refuge, c’est l’écriture. J’écrivais déjà ado. Des poèmes, des textes de chansons (qui auraient tous eu besoin d’être retravaillé bien sur, et qui sont d’un niais), mais j’écrivais assez souvent, tout le temps, tous les jours. Chez moi ou en classe. Dans la cour, en salle d’étude, peu importe. Je prenais un bout de papier, j’écrivais dans la marge de mon cour, l’intérieur de mon classeur, tout ce qui pouvait recueillir ce qui me passait par la tête. Alors, oui, je ne suivais pas très bien ce que disaient les profs, désolée, mais il fallait que ça sorte, déjà à l’époque.
Tout était source d’inspiration, un rien pouvait déclencher l’envie, le besoin, le besoin urgent même. Je n’avais pas une réflexion très poussé, je n’étais pas vraiment encouragée par ma famille, pas du tout même. Pour eux, c’était inutile, ça ne servait pas à trouver un métier plus tard. Ils savaient que j’écrivais mais ne s’y intéressaient pas plus que ça. C’était insignifiant. Comme le besoin de musique en fait. Ca provoquait plus de « mais qu’est ce qu’on va faire de toi ? » que de compliments.

Le troisième, qui est en sommeil en ce moment, c’est la lecture. Se perdre dans un autre univers, une autre histoire. Ca rejoint un peu l’écriture, sauf qu’au lieu de se perdre dans nos mots à nous, on voyage avec ceux des autres.
J’ai un peu de mal en ce moment, légère, grosse en fait, panne de lecture. On ne peut pas écrire et lire en même temps aussi, il faut être réaliste.
Mais ça me manque de ne plus me plonger dans un livre à en oublier tout autour de moi. Avoir envie de le rouvrir parce qu’on est pressé de savoir ce qui arrive ensuite, parce qu’on s’attache aux personnages.

Durant cette longue période où je me suis oubliée, où j’ai « dormi », j’ai mis ces refuges de coté. Je n’écoutais plus ou presque de musique, je n’écrivais plus. Je lisais mais je m’interdisais de lire trop parce que les livres sont chers. Je me rend compte maintenant à quel point c’était me nier, me brider, m’enfermer dans ce que je ne suis pas.
J’ai besoin de la musique. J’écris, je lis, avec la musique. C’est la première chose que je fais quand je m’installe devant le PC en fait : je branche mon lecteur MP3 aux enceintes et je lance le mode aléatoire en général et je laisse les titres défiler. J’ai besoin de ma guitare. Je joue mal, je ne sais pas si je progresserais un jour mais si je ne la touche pas un peu dans la journée, il me manque quelque chose. Malgré mon manque de culture, mon manque de connaissances, la musique fait partie de moi, totalement.
Écrire aussi. Ca fait du bien de mettre des mots précis sur ses pensées, ça évite qu’elles tournent de façon informe dans notre cerveau. Et vu que depuis quelques mois j’ai vraiment pris l’habitude d’écrire chaque jour, et bien ça me manque si rien ne vient. Je ressens l’appel du papier, de la sensation du stylo qui glisse pour y inscrire les idées.

C’est comme ça, je n’essaie plus de comprendre pourquoi, d’où ça me vient, ayant grandi dans une famille où personne ne lit, personne n’écoute vraiment de musique, personne n’écrit. C’est comme ça, c’est moi, c’est tout. Ca ne m’a pas été transmit, c’est né en moi. C’est parfois difficile de ne pas pouvoir trouver de soutien parmi mes proches, ado surtout quand j’aurais voulu pouvoir faire un métier d’un de ces aspects de moi. Je voyais trop grand surement.
Maintenant ce sont des loisirs, des refuges, des passes-temps. Même si finalement ce sont eux qui me définisse plus qu’une éventuelle profession, qu’un emploi accepté faute de mieux, ce sont ces choses que je fais instinctivement qui font que je suis moi. Ou que je suis elles.

Page blanche

Il n’est pas loin de 4h30, réveillée depuis une bonne heure. Les chiens, c’est pire que les gosses en fait (surtout quand c’est pas le votre!). Il faut que je me note ça quelque part pour ne pas oublier. Ouais, qui va croire que ça me dissuadera d’avoir un chien un jour ? Je ne suis pas crédible, on sait tous que j’ai du mal à vivre sans eux. Il faut bien que j’ai un être vivant à câliner.
Comme toujours quand je suis réveillée, ou presque toujours, mon cerveau se met en action et c’est la tempête qui s’installe et chasse le sommeil. Et chaque tempête de cerveau n’est pas source d’inspiration. Parfois, ça ne veut pas sortir.

Et quand c’est comme ça, comme cette nuit, c’est frustrant. Je ne me fixe sur aucune idée, je vais de l’une à l’autre sans que rien ne se connecte ensemble pour former le début d’une réflexion cohérente. Ca me donne l’impression d’avoir une grosse bouillie douloureuse dans ma boite crânienne. Douloureuse oui, parce que ce défilement d’idée l’est. C’est un peu comme si tout voulait sortir en même temps. Une explosion d’idée, le bouquet final d’un feu d’artifice tellement fourni qu’on ne sait plus où regarder.

Une idée semble parfois plus forte que les autres. Elle tente de s’imposer, elle essaie de grossir, de se développer. De temps à autre, cette idée arrive à former un ensemble de ramification qui paraissent cohérentes et qui me donnent envie de prendre de quoi écrire, histoire de décharger le trop plein qu’il y a dans ma tête. Alors, même si il est presque 4h30 (on les a dépassé même depuis le début de ce texte), je prend mon carnet et un stylo et je laisse les mots aller de ma tête à ma main. C’est logiquement un grand soulagement d’être active, de ne plus simplement ruminer les pensées plus ou moins noires, de ne plus laisser mon cerveau en roue libre, de le fixer sur un sujet précis. Normalement, le début de mon texte s’est fait dans ma tête, je sais plus ou moins où je veux aller et finalement, ce sont les mots qui gagnent et qui prennent le contrôle. Je ne suis qu’un instrument soumis à leur volonté.

Cette nuit ne fait pas exception à la règle. Mon cerveau pensait avoir enfin une piste pour cette idée qui me poursuit depuis quelques jours. Elle semblait se mettre en place très précisément, je n’avais plus qu’à tout mettre par écrit pour pouvoir développer ensuite. C’est pour ça que j’ai allumé et attrapé de quoi écrire, pour avancer dans ce projet. Poser enfin des bases. Parce que soyons clair, j’ai beau m’être inscrite sur Nanowrimo, c’est un foirage complet ! Alors avoir enfin une piste pour avancer, débuter sérieusement, je ne pouvais pas passer à coté.

Mais comme souvent, après quelques mots, quelques phrases griffonnées, l’idée s’est enfuie avant que je l’ai couché sur le papier dans sa totalité. C’était très clair dans la bouillasse de mon cerveau mais elle n’a pas survécu à la réalité. Comme mes rêves. J’écris sous l’impulsion de l’émotion alors quand elle est passée, l’idée part avec elle. Et je me retrouve démunie face à une envie que je n’arrive pas à assouvir faute de maintenir l’émotion assez longtemps. Ou parce que je passe à une autre émotion, une autre idée.
Et au lieu d’écrire cette histoire qui me trotte dans la tête, je me retrouve à écrire un texte que je publierais sur le blog, je crois. Ce serait dommage de le laisser caché dans un cahier, non ? Oublions que j’ai des articles programmés jusqu’à vendredi et qu’hier je vous ai déjà enquiquiner avec deux textes.
Ecrire pour le blog ne me pose pas de soucis visiblement. Un projet plus long par contre, ça me paraît compromis. Je n’en suis peut-être pas capable. Encore un rêve irréalisable. Un de plus, je ne suis plus à ça près. Les idées sont là, pas tout à fait connectées entre elles, pas tout à fait précises. Elles sont retenues par je ne sais quoi qui les empêchent d’aller de ma tête à ma main, de glisser sur le papier pour m’apporter un peu de paix.

5h10, j’arrive au bout du texte je crois. Je paris que je vais mettre le double de temps à le recopier et le corriger un peu (qu’il est loin le temps où j’écrivais et je publiais quasi dans la foulée). J’espère pouvoir dormir maintenant que j’ai eu ma dose nocturne d’écriture.

Et si je faisais ma wishlist moi aussi?

C’est Lili qui m’en a donné l’envie avec son article. Alors je reprend l’idée, que j’ai trouvé bien sympa, en plus vu que Noël approche, le Père Noël traine peut-être dans le coin, on ne sait jamais ! (Pour recevoir, il faut demander il parait).

Qu’est ce que je voudrais ?

– progresser vraiment,
– que de belles choses se posent sur mon chemin,
– que de belles amitiés durables se nouent,
– avoir toujours l’inspiration pour écrire,
– et la trouver pour ce (ces) roman(s) qui me trotte(nt) encore trop vaguement dans la tête,
– progresser à la guitare,
– chanter comme quand j’étais ado,
– m’émerveiller comme une enfant,
– aimer la vie, aimer les gens, m’aimer. AIMER,
– sortir plus, ne plus avoir peur de le faire,
– trouver ma place …
– … ce qui passe aussi par trouver un emploi qui me convient (ou le créer?)
– découvrir comment être utile
– voler (plusieurs interprétations possible ici. Pensez musique)
– du bonheur partout autour de moi (ou version grosse idéaliste qui oublie les réalités : le bonheur partout sur terre)

Je suis une enfant de la société de consommation, ne vous en faites pas, voici la suite :
– un nouveau téléphone (pitié, un iPhone, je dois renoncer au Macbook déjà, c’est dur)
– la Funko Pop d’un de mes hommes, Rory (Doctor Who, pour les non initiés). Mon TARDIS s’ennuie.
– des tas de nouveaux CD
– des livres (je n’écoute plus les supplications de ma PAL)
– un ukulélé
– un nouveau tatouage. Oui, oui, j’y songe, pas pour tout de suite, mais j’y songe.
– des carnets (je trouverais bien où les ranger. Ou pas. Je ferais de la place)
– refaire ma garde robe mais bon, il vaut peut-être mieux attendre encore pour ça…
– … mais si tout de suite je pouvais trouver une petite robe noire sympa, ce serait cool.
– une maison (je peux toujours demander, ça ne coute rien)

Voilà voilà ^^ C’est amusant à faire, surtout avec Noël qui approche !

Je suis en colère!

Après une période assez courte un peu plus apaisée, c’est le grand retour de la colère. Puissance 10 en fait je crois. J’étais bien pourtant, plus sereine. Mais ça monte depuis quelques jours, ou ça redescend, ça dépend comment on tourne les choses. L’apaisement laisse place peu à peu à une vague de colère, de quasi haine que je n’arrive pas vraiment à controler. Un gros ras-le-bol de tout, mais pas le genre ras-le-bol je déprime dans mon coin, non, je ne me retiendrais pas, je casserais bien deux trois trucs.

Est ce que le stress de mon entretien à Pole Emploi a joué ? C’est possible. Je savais que je ne ressortirais pas sans une petite convocation sans un accompagnement ou un atelier ou un truc à la con à inscrire sur leur connerie de dossier. Bingo ! J’ai juste eu le droit de choisir ma punition. J’échappe à Activ’Emploi mais pas à leur ECCP. N’allez pas me demander ce que ça signifie, on est censé évaluer nos compétences pro.
Malgré les jolis compliments que j’ai eu (reprises d’études tout ça, merdasse quoi, pour ce que ça a servi), j’ai eu droit au couplet moralisateur comme quoi il faudrait faire quelque chose quand même, comprendre prendre n’importe quoi. Donc je ne suis pas épanouie dans ma vie perso mais je dois foncer gaiement dans le mur en prenant n’importe quel emploi. Cool la vie !

Je crois que c’est ça, je suis en colère contre la vie, le destin ou je ne sais quoi qui gouverne le chemin sur lequel on évolue. Ca fout quoi là haut, bordel !? Oh ! Y’a moyen d’avoir un brin de chance ou il faut vraiment tout laisser aux autres ? Y’a moyen de ne pas vouloir des choses irréalisables, d’avoir quelqu’un en tête qui pourrait m’avoir aussi dans sa tête ou ça aussi, c’est cadeau pour ma pomme de m’enticher de quelqu’un qui ne m’aimera jamais ? Trouver un taf pas trop pourri que la société soit contente que je sois une bonne petite citoyenne ?

La vie c’est de la merde. L’amour c’est de la merde. Le boulot, c’est de la merde. Cherchez pas, j’en ai marre de tout. J’en ai marre de croire que ça peut enfin s’arranger et puis non. J’en ai marre de me prendre des murs, des portes verrouillées. J’en ai marre de moi d’être comme ça, mais je ne sais pas être autrement.
Je me reprend à avoir envie d’hiberner très très très très longtemps. Mais vraiment longtemps. Eternellement en fait. Pour ce que la vie propose pour le moment, il n’y a pas grand chose à louper. 36 ans (37 bientôt, ça doit pas aidé à mon état en fait non plus) sur le même modèle, ça fait beaucoup à supporter.
Une vie pour rien, je me fais l’effet de prendre la place de quelqu’un qui aurait mieux mené sa barque que moi. Inutile, gaspillage de place, rien. Ca résume ce que je pense ou presque.

Je remercie au passage La Halle d’avoir éclairé ma journée en ne mettant pas ma réservation de coté. Ca valait le coup que je m’emmerde à la faire.

C’était le coup de gueule du soir et vous l’avez en quasi instantané celui-ci, ce n’est pas un article programmé!