Evolution

Peur

Ce mois d’août, c’est le mois de la victoire de la peur. Ce que j’avais réussi à maîtriser (en partie tout du moins), parfois à dépasser, est de retour. La peur de la solitude, de ne pas trouver de solution pour vivre ma vie, la peur de me jeter dans le vide et de ne pas trouver de filer de sécurité, la peur de ne pas me jeter dans le vide et de rester bloquée où je suis.
Ca fait d’autant plus mal que lorsque je me suis résignée à demander de l’aide (assistante sociale, association, même mes rares connaissances qui peuvent s’apparenter le plus à des amies) je me suis retrouvée encore plus seule, sans personne apte à vraiment m’aider. (Une personne prend le temps de m’écouter mais je ne peux pas la déranger chaque fois que ça ne va pas. Souvent donc en ce moment).

Je voudrais prendre un appartement. La région de *****, c’est grand, avoir un emploi m’aurait aidé à fixer où m’installer exactement. Là, c’est un peu au pif que je regarde les annonces. J’ai envie mais j’ai peur. Mon plan, c’était vraiment d’avoir un emploi pour septembre, savoir qu’un salaire allait tomber et avoir une certaine sécurité financière. Le RSA, c’est dépendre de la CAF, des merdes qui peuvent arriver (me souviens encore de la fois où ma déclaration trimestrielle n’avait pas été prise en compte alors que j’avais toutes les preuves que je l’avais faite). Le délai qui pourrait survenir le temps que mon département refile le bébé à celui où je veux m’installer.
La peur de faire peur aux proprios quand je devrais dire que je n’ai pas d’emploi. Donc essuyer des échecs encore. Et encore. Et encore.
Je réfléchis encore à la chambre chez l’habitant, mais j’ai peur que la situation ne soit pas provisoire et du coup devoir encore renoncer à mon indépendance, ne pas pouvoir inviter qui je veux, quand je veux pour faire ce que je veux.
Donc j’ai peur de ne pas pouvoir assumer un appart, peur de ne pas savoir gérer les dépenses, peur que finalement ça ne m’aide pas à trouver d’emploi.
J’hésite sur ce petit meublé un peu moche mais pas trop cher et toutes charges comprises. Visiblement vraiment toutes. Donc c’est une solution pour gérer au mieux les dépenses. Y’a possibilité de se garer de façon sécurisé en plus, alors je me dis que je suis con d’hésiter, c’est peut être le petit appart que j’attends, celui pour avoir une adresse là bas, trouver un emploi et d’ici quelques temps trouver un autre logement.
(ajout en cours d’écriture, après un petit tour sur le site d’annonce, visiblement, d’autres n’ont pas hésité).

J’ai peur que finalement le fait d’être sur place ne me permette pas de trouver un emploi plus facilement. De faire face à une autre désillusion. La désillusion c’est de continuer à postuler en administratif de toute façon. Mais vu les possibilités de reconversion ici, peut-être que là-bas il y aura plus facilement autre chose. Ou pas, des aides à domicile il en faut partout.
Je postule, j’ai des réponses négatives à des candidatures envoyées il y a 2 mois. Ca y est, les gens reviennent de vacances !
J’avoue que coté administratif, la formation de la CCI aurait été une bonne option, mais voilà, je ne suis pas attractive en alternance pour une entreprise. J’hésite à appeler la responsable de formation pour lui rappeler que j’existe, voir si elle n’a pas des demandes d’entreprises de dernières minutes à qui elle pourrait proposer ma candidature.
Alors, je répond aux offres que je vois. Il y a en a quelques unes. J’ai un peu mal au cœur quand je vois repasser une offre à laquelle j’ai répondu et pour laquelle je n’ai pas eu de réponse. Oui, mon CV est pourri, oui, je suis loin, mais au bout d’un moment si personne ne m’embauche, on tourne en rond. Comme depuis mon inscription pour la première fois à l’ANPE en fait.

Ce mois d’août j’ai peur. J’ai peur parce que j’ai mis beaucoup d’énergie dans la recherche de taf sur les trois derniers mois, que rien de concret n’a pris forme, que dans ma tête en septembre, j’étais à ***** (ou pas loin) et qu’une fois installée, posée, à peu près sécurisée, j’aurais peut-être eu le courage de rentrer dans le vif du sujet avec vous savez qui qui n’aime pas les relations à distance.
Les jours raccourcissent, l’été se finit et je me vois passer l’hiver ici, en attente d’un miracle que je ne peux générer seule. Ou si, peut-être que prendre le risque de prendre un appart sera ce qui déclenchera du positif. Ou alors au contraire, je me mettrais dans la merde financièrement et je devrais digérer l’échec.
Trop d’incertitudes, de questions sans réponses, d’envies qui ne demandent qu’à être assouvies, trop de peurs qui me bloquent. Parfois des peurs illégitimes, non fondées, parfois des peurs cohérentes.

J’ai envie de construire, j’ai envie d’avancer, j’ai envie de vivre. Mais la peur est là parce que ces derniers mois, je me suis de nouveau pris des murs et que j’ai encore du mal à encaisser. Alors je pleure, j’espère encore un peu mais ne suis pas vraiment optimiste. Je m’en veux de manquer de courage (par rapport à hier), de ne pas avoir eu le cran d’encaisser une déception de plus.
Il faut que la roue tourne du bon coté, enfin, que je trouve la bonne voie à suivre. On ne peut pas vivre dans l’échec constant, je ne peux plus passer mon temps à pleurer. Je ne demande pas la lune, je veux juste vivre ma vie.

Publicités

16 réflexions au sujet de « Peur »

  1. Malgré la peur tu as tenté beaucoup de choses Angie.
    Parfois il faut réfléchir et parfois il faut foncer. Parce que la peur qui gagne du terrain, c’est le pire. Ça brise tout et ce serait dommage avec toute l’énergie que tu déploies pour t’en sortir.

    J'aime

    1. Les appart qui pourraient m’aller sont loués. Même là, je n’ai pas de chance.
      Ce que je voudrais être hier et l’avoir encore avec moi. Au moins, je ne pensais pas (ou peu) à tout ça. Bon, je pensais à lui demander si il avait un peu de sentiment pour moi et ça j’ai pas osé. Vaut mieux pas, ça alimenterait surement mes crises de larmes.

      J'aime

      1. Septembre annonce la reprise, d’autres appartements vont se libérer et peut-être qu’il ne faudra pas hésiter…
        Tu imagines sa réponse mais au fond tu ne sais pas. Hier c’était bien, alors si je peux me permettre un conseil, nourris toi de ces instant là pour aller de l’avant. On n’est jamais sur de rien dans la vie, c’est pourquoi le mieux est de vivre au jour le jour en se nourrissant de chaque petite merveille. Courage.

        J'aime

  2. Salut angie, comme je comprend chacune de tes lignes. Je pense te sortir le même collentaire bateau qui consiste à dire ne perd pas espoir, continue à frapper aux portes et au final il y en a une qui s’ouvrira.
    Mes je comprend ton parcours qui n’a pas été facile, alors c’est dur de se projeter en avant avec du positif. On se dit toujours ou est la tuile cachée quelque part.
    Pas facile non plus quand on a pas in entourage qui puisse nous encourager, ou du moin nous comprendre. J’ai le sentiment que c’est ce qui nous fait le plus défaut, avoir un groupe d’amis ou une famille avec qui l’on puisse partager cette nouvelle aventure sans que çà devienne un enfer intèrieur…

    J'aime

  3. Il y a des moments où on est pas en capacité de faire le pas (hier) mais tu sais que tu devras le faire pour pouvoir avancer.
    Courage à toi
    Et bravo pour tout ce dont tu as entrepris depuis plus d’un an !

    J'aime

  4. Je ne sais pas si tu as peur mais je sais tout ce que tu as eu le courage de faire, d’affronter, de renverser.
    Ton plan est prêt, des petites incertitudes, comme dans tous les plans…
    Qu’as tu a perdre ?

    Aimé par 1 personne

  5. Je ne comprends pas comment tu peux espérer signer un bail sans CDI. N’importe quel proprio exigera de voir ton contrat de travail et tes trois dernières fiches de paye (ou une seule s’il est très très compréhensif), sans compter que tu ne pourras pas non plus fournir les quittances de loyer de ton précédent logement.

    A chaque fois que j’ai changé de région pour trouver un travail, pour pouvoir me loger pendant les premiers mois, j’ai recouru aux systèmes suivants :
    – Les foyers de jeunes travailleurs, mais les places sont très limitées (en plus tu as passé l’âge).
    – Les sous-locations ou colocations non déclarées, sans bail officiel. Pour trouver ça, il faut avoir un réseau de connaissances sur place ou un gros coup de bol.
    – L’hôtel. Oui, c’est extrêmement cher. Aujourd’hui ça peut être moins cher avec Airbnb, surtout si tu te contentes d’une simple chambre.

    Dans tous les cas, il faut non seulement disposer d’économies conséquentes avant même de toucher son premier salaire, mais ça pose également des problèmes de ne pas avoir une adresse officielle avec des factures à son nom, ni même une boîte aux lettres pour recevoir son courrier.

    Désolée de ne t’apporter qu’un point de vue négatif et pas de solutions.

    J'aime

    1. Et bien qu’on euthanasie les chomeurs si il n’y a pas de solution, que veux tu que je te dise. PAs de taf là où je vis, si je ne peux pas en trouver ailleurs alors pas de solutions en effet.

      J’ai jamais dit que je voyais ça se faire facilement mais il faut bien tenter quelque chose.

      Merci de déverser la négativité ailleurs, j’en ai assez pour une armée.

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s