Coté coeur·Evolution

Prête

J’ai une expérience avec les hommes assez réduite. A l’age où on expérimente, j’étais très timide et n’osais pas exprimer mes envies. J’avais même honte du sexe en fait. C’était un sujet tabou, extrêmement tabou. On le fait parce qu’il faut le faire mais c’était sans passion, sans amour même, sans fantaisie. A l’heure où on s’explore et on se découvre, je me suis renfermée sur moi. S’en est suivi une longue période d’abstinence qui, avec le recul, était plus voulue que subie. Je m’étais mise en retrait du monde, pour m’en protéger. Sauf que la solitude pèse également. On se coupe des expériences qui nous forgent et nous font grandir en agissant comme je l’ai fait.

Le réveil a été lent, plein d’égarement. Le retour à la vie ne se fait pas en un claquement de doigts, il faut reprendre racine, reconstruire, se libérer des chaînes que l’on a soi même désiré à une époque.
Il faut se reconnecter à soi, se redécouvrir, se découvrir presque parce que si on a peu vécu on a malgré tout évolué et appris durant les années de sommeil. On est en lutte avec soi et avec l’entourage qui voit que l’on change, qu’on se libère. Ca peut faire peur, surtout quand les sources de changement de ne sont pas visibles extérieurement. Et elles le sont rarement finalement. C’est en soi que tout se passe, que le désir de vivre autrement prend racine.

Le réveil, vous l’avez vécu sur le blog. Il peut paraître avoir été rapide si on regarde les derniers mois, il fut pourtant long, douloureux, plein de chemins détournés et aura duré des années. Des questionnements à n’en plus finir, des envies qui semblaient ne pas pouvoir être réalisée. Une mésestime de soi assez prononcée, une peur du monde qui semblait insurmontable. Des envies plus intimes qui naissaient, bizarres, honteuses, inavouables. Ces envies qui m’auront conduite là où vous savez (enfin vous ne savez pas exactement non. Il ne vaut mieux pas). Là où je l’ai rencontré. Épisode nécessaire pour passer à la suite, pour me reconnecter à mon corps, pour apprendre à l’apprécier. Pour comprendre que mes kilos en trop et mes imperfections ne sont pas un frein au plaisir. Du mien et de l’autre surtout.
Episode nécessaire pour comprendre que certaines envies paraissent honteuses mais peuvent être vécues en toute sécurité.

J’aurais pu croire que ça s’arrêterait avec lui. Que je reviendrais aux basiques, qu’avec un autre je n’aimerais pas autant. Que même si les fantasmes restaient présents, ils n’étaient pas fait pour être revécus, approfondis, explorés à nouveau.
Et en fait si. Avec un autre c’est tout aussi bien. Mieux même peut-être. A la fois plus de douceur et plus de brutalité, plus d’initiatives (de toute part) et plus de vulnérabilité. Un homme qui n’a pas peur de se dévoiler, c’est beau. Ca met en confiance. Un homme qui n’a pas peur d’être touché, qui n’a pas peur d’un peu de tendresse, qui sait qu’il n’en perd pas son statut, au contraire. Un homme à la fois sur de lui et plein de « doutes ». Authentique. C’est la sensation que j’ai eu.
Un homme qui ne laisse pas sans nouvelles une fois l’affaire faite. Qui n’hésite pas à envoyer un petit message pour souhaiter une bonne journée.

Ma nouvelle vie de femme ne me laisse que peu de rencontres IRL. J’ai « pratiqué » pas mal de mâles sur les chats, les messageries, … avec certains ça ne colle pas du tout et on sait que ça n’ira pas plus loin, avec d’autres on aime juste discuter mais le feeling ne va pas au delà. Il y a ceux qui se démarquent un peu plus, on se dit peut-être que. Et il y a ceux qui savent vous toucher. Deux donc. Juste deux. A la fois si semblables et si différents. Non, totalement différents en fait.
Je ne sais pas où ça ira avec ce deuxième. Je n’anticipe pas. Je profite (pas dans le mauvais sens du terme, enfin j’espère) de sa gentillesse, j’apprécie nos échanges, j’espère (on espère toujours) d’autres rencontres. Ca fait une petite trotte, ce n’est pas tout proche. J’ai fait pire.

Je sais que je suis prête aujourd’hui. Il y a encore des barrières à ouvrir, il y a encore des peurs. Mais je sais que je suis prête. Je n’ai plus peur de mon corps (bon, moins, encore un peu, parfois), je n’ai plus peur du corps de l’autre. Je n’ai plus peur de l’autre tout court je crois (enfin un peu si, quand on va à la rencontre d’un presque inconnu). Je suis prête à oser. Je suis apte à le faire. Je suis prête à donner et à recevoir (et pas juste sur le plan physique). A apprendre et à dépasser mes limites. Alors je ne sais pas si c’est avec lui ou si un autre m’attend sur le chemin. Je sais que cette barrière du corps dépassée, celle des sentiments n’attend que la personne qui sera réceptive à ceux-ci.

Où, quand, comment, je ne sais pas. Est ce que je l’ai déjà rencontré ? Est ce qu’il va arriver vite ? Des questions dont les réponses arriveront en temps et en heure. Pour le moment, tout ce que je peux dire, c’est que je suis prête à le vivre.

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19 réflexions au sujet de « Prête »

  1. Salut angie, très beau texte merci de le partager!
    çà fait du bien de lire c’est ligne on sent beaucoup de soulagement et d’apaisement, comme si tu avais fait la paix avec le passé. Tu as beaucoup de recul sur ton histoire et on sent que tu ne regardes pas le verre à moitié vide et à moitié plein. Je suis très heureuse pour toi.

    Je suis a la « phase retrait du monde » alors j’espère que comme toi je saurais me liberer de tout ce qui me pèse pour entré en phase avec moi meme…

    Aimé par 1 personne

    1. Ecrire et partager m’a beaucoup aidé. Je n’en serais pas là sans le blog et les personnes qui ont commenté, conseillé, sans jugement mais avec bienveillance. Beaucoup de bienveillance et de patience.
      La partie n’est jamais gagné. On avance avec notre vécu, il est ce qu’il est. Il faut savoir se défaire de certaines choses pour aller à l’étape d’après. Le pardon, je crois que c’est un point clé. Je me rend compte que j’ai pardonné des choses de mon passé et que ça m’a permis d’avancer. Pas des évènements récents, des choses anciennes. Je crois que pardonné à mon père m’a permis d’aller de nouveau vers les hommes et renouer avec ma part féminine par la même occasion.

      Aimé par 2 personnes

      1. Comme je te comprends. Mon père a abandonné ma mère quand elle est tombé en enceinte. Je n’est jamais eu de contact masculin pendant l’enfance. Puis mes années lycées ou l’on m’a haïs, humiliée, moquée, on mis à plat l’estime de moi. Le premier pas est d’avoir un regard objectif sur son vécu, sans haine, culpabilité ni violence. C’est vrai que quand on a une échappatoire, comme toi l’écriture, c’est un bon moyen de faire un travail sur soi. Et aussi sur son entourage, car malheureusement, les personnes qui nous entourent ne sont pas toujours ce qu’il y a de mieux pour soi.

        Aimé par 1 personne

        1. On peut tous écrire. On est maladroit au début, on cherche les mots. C’est un travail de sportif de verbaliser les choses avec de plus en plus de précision.
          Libre à chacun de partager ensuite ou pas. Il y a des textes que je ne partage pas aussi. Moins ces derniers temps. Mais ça arrive. Je viens d’en écrire un que je ne partagerais pas, trop perso 😉
          Ecrire fait beaucoup de bien, tu devrais tenter. Je t’assure que c’est à la portée de tous.

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  2. Régler le passé nous aide à envisager l’avenir plus sereinement. Il est clair que nos barrières n’attendent qu’une chose, d’être dépassées Angie. Tu as réussi, bravo!
    Quant à son corps et au corps de l’autre, une fois qu’on est à l’aise avec, ce n’est que du bonheur!

    Aimé par 2 personnes

        1. Je pense que ça ne cesse jamais. On ouvre une barrière qui donne sur une autre et la vie en détruit et construit constamment. Travailler dessus, savoir les identifier, est déjà un grand pas de fait.

          Aimé par 1 personne

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