Coté coeur·Evolution

Ma vision de … la soumission (sujet du moment)

Visiblement, aborder le BDSM, la soumission entraîne beaucoup de débats, de peurs, de craintes. Et je le conçois. Nous avons tous notre vécu et celui-ci nous amène à voir les choses différemment. Comme je le disais je ne sais plus où en commentaire, si nous étions tous pareil, la vie serait bien triste. Ce sont nos différences qui font la richesse de nos échanges.
Quand on a vécu certaines expériences, envisager l’idée de se soumettre renvoie évidemment au plus mauvais sens du terme. C’est une réaction on ne peut plus légitime. On ne parle pas de la même chose pourtant, loin de là.
Je vais tenter d’expliquer ce qui m’a plus dans la vision des choses qu’on m’a présenté et ce que j’ai expérimenté, et pourquoi finalement, parfois, on se soumet un peu, sans le savoir, dans une relation on ne peut plus « vanille ».
(Si je dis des conneries, je demande l’indulgence de Sweet Things 😉 Tu me corrigeras dans ton article).

Etre soumise, ce n’est pas être esclave. On a le droit de dire non. En très mauvaise soumise que je suis, je peux même dire que je lui ai infligé de réguliers moments de ralage, de moments de rebelle attitude, qui ont permis la discussion. A son avantage parfois mais au mien aussi.
On n’est donc pas à la merci de Monsieur, et il se doit d’être à l’écoute de ce que ressent la soumise, de ses craintes, appréhensions et peurs. Sinon, fuyez ! (Je vous renvoie aux trois dernières semaines de mon expérience).
Non seulement il faut du dialogue mais on commence aussi par fixer des limites. Alors, on a différentes sorte de limites. Celles qui peuvent évoluer au fil du temps, « oui, ça peut-être mais pas tout de suite ». Et d’autres qui sont immuables, jamais, on en parle même pas, c’est non. Les limites que j’ai au bout de ces quatre mois ne sont définitivement pas les mêmes que celles que j’avais en novembre (je n’aurais jamais aprlé aussi ouverte sexe en novembre. Un tabou est tombé). Parce que je suis plus à l’aise avec mon corps, parce que j’ai moins honte de mes envies, parce que j’ai envie d’expérimenter des choses qu’on n’a pas eu le temps de faire lui et moi.

S’abandonner à l’autre. C’est lui le chef après tout (ou presque), moi j’obéis dans les limites du cadre établi (et donc pas à tout et n’importe quoi, qu’on soit bien d’accord). Lacher prise, ne plus réfléchir, vivre, oser, apprécier ou pas et le dire ensuite. Moi qui réfléchis à tout, d’un coup, j’ai décidé de juste lui faire confiance. De ne pas penser à si ce que je faisais était bien ou pas, si j’avais raison ou pas. Juste une chose importante : le plaisir. J’en ressens ? Oui, cool, on valide. Non, c’est que je ne suis pas prête ou que ça ne me convient pas.
Dans une relation vanille, ne s’abandonne-t-on pas aussi à l’autre sans s’en rendre compte ? Ca choque moins. Pourquoi ? Parce qu’on enlève cette notion de soumission qui fait peur. Quand on aime l’autre, on lui abandonne notre corps, on est simplement réceptif aux sensations, on ne se demande pas si on est soumise, si on est au contraire aux commandes, on savoure l’instant.

Ok, je pousse le bouchon un peu plus loin. Parlons position (hou là, elle se lâche Angie là ! Je n’ai pas bu promis). Mesdames, vous aimez la levrette ? Vous la pratiquez sans être dans une relation D/s ? Vous de dos, lui derrière vous, pas de jeux de regards, vous plutôt passive, pas de caresses possible, rien. C’est monsieur qui mène la danse. Vous lui faites confiance. C’est même bien pratique cette position parce qu’il ne voit pas la sale tête que vous faites quand vous avez du plaisir. Parfait. C’est le moment de se lâcher d’autant plus.
Vous ne lui trouvez pas un coté dominant/dominé à cette position ? Pourtant, elle est plutôt très agréable. Et même si les interactions sont limitées, elle n’empêche pas la complicité, ni d’être pratiquée avec amour et tendresse.
Et combien d’autres pratiques peuvent prendre place dans une relation vanille mais effrayer dès qu’on leur colle une étiquette de soumission ? Finalement, c’est le terme qui fait peur, pas l’action.

Je n’ai pas eu la chance de vivre cela au sein d’une relation amoureuse. Je pense que ça rend la découverte d’autant plus facile, agréable et les concertations aisées. Parce que l’enjeu n’est pas simplement la réussite d’une relation D/s mais bien la pérennité du couple. Quand on partage des sentiments avec la personne qui nous initie, le chemin doit être d’autant plus savoureux. Et quand la personne qui vous initie vous aime, il est d’autant plus attentif à ne pas vous brusquer, à votre bien-être et à vous amener au plaisir.
Et oui, je le dis, ça m’a beaucoup apporté, ça m’a permis de dépasser mes limites, et malgré ses mensonges et sa négligence sur la fin, sur la pratique elle-même, il a toujours été respectueux et ne m’a jamais forcé à rien.
Et si l’occasion se représente, dans le cadre d’une vraie relation de préférence, je retenterais l’expérience parce que j’ai aimé et qu’il me reste tellement à découvrir. Et croyez bien que si j’accepte d’assumer le coté soumise en moi, je n’en perd pas pour autant mon coté rebelle, impulsif, j’ai même gagné en respect pour moi (j’aborde plus ou moins ça jeudi normalement) et n’oublie pas que je suis une personne à part entière avant d’être la partenaire de jeu de quelqu’un. Je m’appartiens avant tout, corps, esprit et âme et j’attends de la personne face à moi qu’elle ne l’oublie pas.

Le but n’est pas de faire changer d’avis qui que ce soit. Chacun pratique ce qu’il veut, aborde les choses comme il veut. Je le redis, on a tous notre vécu, nos envies, nos limites.
J’avais juste envie d’en parler un peu plus, éventuellement si vous avez lu mon billet (et pas fui aux termes bdsm et soumission) vous faire découvrir ce qui m’a plu, tenter de vous faire ressentir pourquoi ça m’a plu. Avec un peu de chance, dédramatiser le terme aussi. Il m’a fait peur au début également. Soumission ? Non, je ne me soumet pas, je suis une insoumise moi, libre, je n’appartiens à personne. BDSM ? Douleur, violence, irrespect. Non ce n’est pas pour moi. Et on découvre que ce n’est tellement pas ça. Qu’il n’y a pas une pratique mais des pratiques, de la plus douce à la plus extrême (chacun fait ce qu’il veut encore une fois).
Il ne me reste plus qu’à retrouver un partenaire de jeu. Amoureux et tout dévoué à mon plaisir bien sur !

(C’est quand on écrit des articles comme ça qu’on prie pour être vraiment anonyme, que maman ne tombe pas là dessus, ni le frangin, ni personne. Pitié, faites que je sois bien anonyme derrière mon petit ordinateur).
(Parlant ordi, si quelqu’un à une astuce pour que Windows cesse de me faire perdre ma connexion wifi, ce serait cool, parce que je pense que l’ordi risque de connaître un défenestrage violent à terme).
(Dernier message perso du coup : Mac OS, tu me manques. iOS aussi d’ailleurs).

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8 réflexions au sujet de « Ma vision de … la soumission (sujet du moment) »

  1. Joli résumé 😉
    Tu me fais passer pour un expert que je ne suis peut-être pas…
    Comme tu l’écris bien il faut définir des limites, se mettre d’accord sur un mode d’arrêt instantané mais avant tout se respecter et se faire confiance.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ton partage Angie (j’en reviens à peine d’avoir lu ton article jusqu’au bout). Il est clair que cette expérience t’a énormément apporté – ça se sent dans une écriture plus fluide, plus libérée sur un sujet qui n’est pas toujours facilement abordable.
    Comme pour toute relation et toute interaction, la confiance et les respect sont essentiels. A chacun en effet de faire le choix qui lui convient. Heureusement que nous n’aimons pas tous les mêmes choses!
    J’avoue que j’ai une aversion particulière pour le mot (au-delà peut-être de la « pratique »)

    Aimé par 2 personnes

    1. C’est que je n’ai pas trop mal mené mon sujet alors si tu as pu aller jusqu’au bout. Petite fierté pour moi ^^
      Le mot n’est qu’un mot. Change-le si ça te permet de voir les choses autrement.

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        1. Oui j’avais remarqué et je comprend tes réserves, elles sont légitimes au vu de ton vécu. Et encore une fois, ce n’est pas parce que ça semble plaire de plus en plus que ce genre de pratiques doit être adopté par tous. Il y a de nombreuses façon de s’éclater, se découvrir, d’évoluer sexuellement (ou pas sexuellement) sans en passer par là.

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