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Ces personnes qui ne se questionnent pas

Depuis que je l’ai lu, je pense à cet article de Marie et sa question finale : « Pourquoi je me pose toujours autant de questions ? ».
Ce n’est pas un secret, je suis comme ça aussi, je me pose toujours beaucoup de questions. Mais dernièrement, j’ai croisé dans ma vie des personnes qui ne s’en posent que très peu, voir pas du tout. C’est pour ça que je disais en commentaire à Marie que ces gens là me font peur. Et je vais expliquer pourquoi. En tout cas, je vais essayer.

J’ai conscience de me poser trop de questions, de réfléchir sur tout, souvent n’importe quoi, sur des détails à n’en pas douter pour des yeux extérieurs. Des broutilles. Mais je suis comme ça. Il y a un amas de conneries qui me tournent dans la tête, qui s’agitent, forment des assemblages plus ou moins cohérents et font germer des questions. C’est un peu comme ça que je finis par écrire pour le blog.
Le bon coté de ça, c’est en premier lieu d’écrire, parce qu’écrire c’est génial et que ces derniers mois mon cerveau était occupé à autre chose et moins à écrire et ça m’a manqué. Et je me rend compte que quelque chose qui m’éloigne d’une activité que j’aime tant, c’est suspect. Ensuite, se questionner ça permet d’avancer. En 2017, je me suis beaucoup disséquée, j’ai beaucoup appris sur moi, vous avez eu la joie de lire tout ça. Et je n’aurais pas vécu l’expérience que j’ai vécu ensuite si je n’avais pas fait ce travail là. Expérience qui m’a permis de progresser aussi, d’apprendre encore plus sur moi, de me dépasser non plus par la réflexion mais par l’action. Il y a sûrement de nombreux autres bons cotés à réfléchir autant, mais il y en a aussi des mauvais.
Se prendre la tête pour pas grand chose souvent. Avoir une tendance à dramatiser, voir le négatif, chercher la petite bête (mais ça, c’est bien aussi). Ca peut empêcher d’agir parfois, de profiter de l’instant, à force de tout disséquer, observer, mémoriser, être en retrait. Ca file mal au crane aussi, de longues nuits d’insomnies. Et il y a ces moments où c’est tellement le bazar là haut que ça ne forme rien de cohérent, que c’est une vraie bouillie et qu’on a beau chercher un fil sur lequel tirer, rien ne vient, rien ne dépasse, tout est confus. Ces moments sont vraiment très frustrant.
Ca peut me rendre très chiante aux yeux des personnes à qui je vais finir par poser des questions. Parce que parfois, on ne peut pas trouver les réponses seules, il faut un œil extérieur. Alors quand ces personnes sont de celles qui ne se questionnent pas, forcément elles ont du mal à comprendre que chez nous ça chauffe dur dans le cerveau et que la plupart du temps, on ne contrôle pas le phénomène. Mais j’ai besoin de comprendre (autant que possible), ça fait parti du processus nécessaire pour me rassurer.

Malgré tout les désavantages, je pense que je préfère être de ces personnes qui se questionnent un minimum sur la vie, leur vie, sur tout. Parce que lorsque je vois les personnes qui ne se questionnent pas, je le redis, ça me fait peur.
Pour elles, rien n’est jamais grave. Alors, oui, souvent, je vais faire un foin de pas grand chose, je l’admet. Mais, quand même, on ne peut pas passer sa vie à trouver que rien n’est grave, de son propre point de vue, sans tenter d’avoir une vision plus globale et moins égocentrée afin de se questionner sur l’impact de la situation sur les autres par exemple.
Je les envie parfois, pour cette capacité à prendre la vie telle qu’elle se présente, avec légèreté, sans inquiétude apparente, sans avoir peur de poser le pied sur une pierre bancale. A ne pas se questionner sur ce que l’autre en face pense vraiment, à croire en la vie, aux autres de façon spontanée, en apparence de façon généreuse. Elles ne doutent pas de leurs valeurs ces personnes, elles ne doutent pas de leurs capacités, elles avancent avec confiance. En ça, je les envie fortement.
Et pourtant, comme tout le monde, elles croisent forcément des gens pas très honnêtes, des personnes qui jouent, des situations où la prudence est de mise. Et là, se questionner un peu ne peut pas faire de mal. Parce que si c’est un fardeau de voir le monde comme un champs de mines, ne pas tenir compte de la réalité de la vie, de l’être humain et des peaux de banane qui jalonnent le chemin, ce n’est pas forcément mieux.

Voilà pourquoi les personnes qui ne se posent pas de questions me font peur. Voilà pourquoi finalement je préfère m’en poser un peu trop. Parce que si prendre la vie en souriant m’apparaît comme nécessaire aujourd’hui, bien que difficile à appliquer chaque jour, me questionner et tirer des enseignements de ce que je vis, vois, ressens me paraît tout aussi indispensable. Parce que je suis comme ça et que si on doit m’aimer, il faut savoir accepter cette part de moi comme j’apprends à l’accepter aussi.

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13 réflexions au sujet de « Ces personnes qui ne se questionnent pas »

  1. Bonjour, Angie,

    Il y a certainement des gens qui ne se questionnent pas. Et tu as raison : elles font peur.

    Mais il y a aussi des personnes qui se posent des questions différemment. A elles-mêmes. Qui cherchent en elles-mêmes les réponses.

    Me croiras-tu si je te dis qu’il y a une façon de poser des questions qui est en fait une façon de ne pas les poser vraiment ?

    …et je parle d’expérience.

    Bonne journée.

    Aimé par 3 personnes

    1. Ah! mais on est d’accord qu’il n’y a pas qu’une façon de se questionner. On est tous différent. Je parle des gens qui ne remettent rien en question, pour qui leur vision est la seule et unique, qui pense que leur expérience de vie vaut tellement plus que celles des autres que leur point de vue prime sur tout.

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  2. Je préfère de lui être celle qui a un hamster qui court sans répit dans la tête que le contraire. Fatiguant des fois mais au moins ça te permet de te poser des questions et de rectifier ton tir au besoin. Ça m’arrive d’envier ses personnes “zen” dans la partie supérieure de leur corps quand tout devient bordelique dans ma tête mais au final ça dure le temps de quelques minutes.
    Très beau billet. Merci et belle journée Angie!

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  3. Parfois je me fatigue moi même. Mais comme tu le dis au bout du compte ce sont les questions qui nous permettent d’avancer, d’y voir clair. Il ne faut pas que ça devienne des ruminations, ça on finit vite par le sentir…
    Quand à cette phrase « Et je me rend compte que quelque chose qui m’éloigne d’une activité que j’aime tant, c’est suspect », j’y adhère à 100%. C’est le genre d’indice qui met la puce à l’oreille.
    Bonne journée Angie (en tous cas je suis très contente de te relire plus régulièrement).

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    1. Merci Marie, je suis contente d’écrire à nouveau. J’avais de la bouillie qui n’arrivait pas sortir ces dernières semaines. Je peux tirer les enseignements de tout ça aujourd’hui et il ne sont pas tous négatifs, loin de là.

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  4. Article très intéressant ! Car je fais parti des ces gens qui ne se posent jamais de questions, qui foncent, qui agit avec spontanéité sans réfléchir aux conséquences, des fois je me fais avoir, mais au moins je découvre des choses, j’apprends des choses que peut-être je n’aurais jamais vu ou apprise si j’avais été prudente.

    Néanmoins, je n’ai pas toujours été comme ça. J’ai eu une période très difficile au collège où je me posais énormément de questions. Puis au lycée, j’ai douté de ce que je représentais aux yeux du monde. Alors j’ai travaillé pour prendre confiance en moi, ça a été tout un travail. Mais maintenant même si j’ai du mal à accorder ma confiance aux autres, je vis la vie comme elle vient, j’agis sans réfléchir car j’adore l’imprévu, j’adore l’adrénaline qu’il y a à ne pas savoir ce qui va arriver. J’ai une facilité à très vite relativiser et à voir le bon côté dans le mauvais. Et en trois ans depuis que j’ai pris confiance en moi, je n’ai jamais regretté ce qui s’est mal passé, ça m’a permis de grandir.

    Mais bien entendu, je comprends que les personnes comme moi font peur, car j’ai tendance à faire des trucs sur des coups de tête et des fois c’est compliqué de me suivre. Mais les personnes de mon entourage s’adaptent et des fois elles savent me freiner, enfin pas pour très longtemps car le naturel revient au galop comme on dit haha. -Ludivine

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    1. Je ne le voyais pas comme ça. Je ne te vois pas comme une personne qui ne se questionne pas. Tu vas tirer des enseignements de ton vécu, tu en tires le bon, donc tu dois bien te questionner un petit peu. D’une façon différente de moi, mais on est tous différent. C’est ce qui rend la vie intéressante, on s’ennuierait si on était tous pareil.
      J’ai un coté impulsif aussi tu sais, quand je suis agacée surtout. J’agis sans réfléchir beaucoup avant.
      Je faisais plus allusion aux personnes qui ne se questionnent pas sur la portée de leurs actions. Jamais. Sur eux, sur les autres, sur tout.

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  5. Je te comprends tout à fait. Je vis sensiblement les choses de la même manière. 🙂 j’apprends aussi à me recréer mon monde et ça passe aussi par un processus. C’est long mais ça vaut le coup. 🙂
    Merci à toi pour cet article.
    Jessica

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  6. Salut angie, j’adore l’article! Bravo!

    Je pense que même si certains ont un caractère plus fort que d’autres, parfois l’entourage et les expèriences font que la remise en question fait plutôt loi au lieu de l’affirmation de soi.

    J’ai une de mes cousines que je pourrais classer dans la,catégorie « sure d’elle » mais quand je compare nos 2 parcours je me dit comment ne pas en être arrivé à là?! Elle vient d’une famille plutot soudée, elle a grandi dans beaucoup d’amour et à eu pas mal de soutien dans ses choix ‘notamment lorsqu’elle est partie étudié à l’étranger), tandis que moi j’ai grandi avec père absent, mère maniaco dépressive, j’ai vécu avec les difficulttés financières comme barre de direction, alors je n’ai,pas vraiment eu des bases solides pour grandir me developer et je ne parle même pas m’épanouir,

    Pareil, pour l’école, tout c’est passé plus ou moins sans encombre car elle est plutôt jolie alors que moi j’ai connu la HAINE quotidienne à chaque instant, tout les noms d’oiseau « shrek » « vachette » « boudin au pommes », alors comment s’affirmer quand les autres vous renvoient une image de vous si immonde. Surtout que j’étais si jeune, vers 10 ou 15 ans recevoir tout sa en pleine figure, comment en sortir indemme?

    Alors même si comme toi, je préfère me remettre en question, je dois dire que pour mon passé, présent et futur, j’aurais aimé savoir m’affirmer, prendre une décision et y aller sans tourner autour du pot les 50 eventualités possibles. J’aurais aimé avoir le minimum de confiance pour me dire que je peux le faire et surtout avec la positivité vitale à croire que tout va bien se passer….

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  7. J’adhère à ton texte Angie.
    Je pense (beaucoup) trop, j’aimerais être plus légère mais je n’y arrive pas…
    Et pour moi, ceux qui ne se remettent pas en question et donc ne se posent pas de questions sont « dangereux »… Encore que je pense que chacun fait son cheminement intérieur, sans penser se poser des questions mais on change et on avance tous dans la vie, à sa façon!

    Aimé par 1 personne

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