Coté coeur·Etats d'âme

Je ne suis rien

C’est ce que je pensais de moi déjà avant. Rien, néant, un gâchis de place. La sensation s’est atténuée quelques mois, de délicieuses semaines où j’ai gouté des joies toutes simples mais tellement importantes. Avoir simplement quelqu’un qui pense à soi, semble penser à soi en tout cas, ça flatte l’égo, ça réchauffe le cœur. Même si ce n’est pas le genre de relation dont on rêve, c’est toujours ça.
Je me suis senti être un peu quelqu’un, un peu. Faire partie de la journée de quelqu’un autant qu’il faisait parti de mes journées. J’ai aimé ça.

Je fais face à un silence assourdissant désormais. Alors même que sa santé me cause plus d’inquiétude qu’avant, alors que je voudrais en savoir plus. J’en sais moins. Je ne fais plus partie de ses journées, je ne suis plus assez amusante peut-être. Il a d’autres choses à penser sûrement, les traitements, le moral qui est surement mauvais, je peux comprendre. Mais moi, très égoïstement je ne parle encore que de moi, je suis attachée à lui, plus que je ne le voudrais, plus que je n’oserais l’avouer, et ne pas savoir, ne pas lui parler comme avant ça me fait mal.

La sensation de n’être plus rien, alors que mon dernier séjour chez lui s’était si bien passé, me déroute, m’inquiète, me fait mal. Lui en parler ? Avant j’aurais osé. Maintenant ? Je ne sais pas si c’est utile. Je ne suis pas idiote, je sais que les sentiments ne sont pas partagés, encore une fois. C’est une habitude, il faut que je cesse de tomber amoureuse, c’est une catastrophe à chaque fois. Je ne lui demande pas d’être amoureux de moi. Je ne m’attend pas à ça. Je veux juste redevenir ce que j’étais il y a peu, quelque soit le terme qu’il mette là dessus.

Je ne veux plus m’inquiéter parce que je suis des jours sans nouvelles, je ne veux plus me demander où j’en suis, où on en est, ce qui se passe, ce qui ne se passe pas, … Je ne veux plus être rien. Je veux compter, je veux exister.
La raison voudrait sûrement que je lache prise, que je m’éloigne, que j’abandonne. Je ne peux pas. Il y a toujours cette force qui me retient à lui, un peu la même que celle qui a fait que cet appel a été si facile à passer un soir de novembre. Parce que je n’y arrive pas avec d’autres. Je bloque. Ca n’a marché qu’avec lui et je ne sais toujours pas pourquoi. Je ne sais pas si il a conscience de ça. De mon coté, je comprend que j’ai aimé ses mots, sa manière de s’exprimer dès le début. Je n’ai pas aimé sa voix tout de suite, elle s’est imposée peu à peu. Puis j’ai été prise au piège.

Je devrais tirer un trait sûrement mais je ne peux pas. Je le veux dans ma vie et je voudrais faire partie de la sienne. Je voudrais compter un peu. Mais je commence à douter de rencontrer un jour quelqu’un pour qui je compte réellement. Et là, dans les longues journées solitaires, ça me fait peur. Parce que j’avais espéré, parce que j’avais envie, parce que j’avais sauté le pas, osé, tenté, avec lui et pas un autre.

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14 réflexions au sujet de « Je ne suis rien »

  1. J’ai envie de te dire que chacun trouvera son bonheur. Difficile d’y croire lorsque l’on a vécu cela… mais on se relève et remarche. On se détache petit à petit pour mieux vivre avec soi-même. 🙂
    Chaque chose en son temps, mais tu y arriveras. Il n’y a pas de raison. Chacun son rythme.
    Très bonne soirée à toi,
    Jessica

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  2. Je voudrai te rassurer en te disant que le bon arrive mais je n’en sais rien. Je te le souhaite. Mais à force de se prendre des murs dans la tronche, on a plus envie de rien et les larmes c’est tout ce qui nous reste.

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  3. Salut angie, j’avais espoir,pour,toi tes derniers articles étaient pleins d’espoir et je voyais en toi la même histoire que l’une de mes amies qui en 1 mois a trouver quelqu’un emménager et …tombé enceinte. Bon du coup, en un mois je les perdues, elle est partie d’installer en bretagne et je ne l’ai plus jamais ni parler alors que l’on était amie depuis la sixième. Je ne sais pas si je peux te conseiller mais j’ai envie de dire ne reste pas trop longtemps dans les non dits les silences les doutes, je,crois qu’il faut dialoguer crever l’abcses car je pense que cela ne sera pas vivable pour toi de rester indéfiniment dans l’attente être le deuxième choix .

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      1. Et quand bien même tu ne serais pas un deuxième choix, cela ne doit pas faire de toi « un rien ». Tu es un être humain a part entière, tu as le droit au respect et à la dignité. Tu n’es pas moins que personne. Et à mon avis cela passe par des explications.

        Après je te dis ça, mais je suis moi même convaincue d’être une pauvre merde, un déchet de la société, un détritus que l’on prend et que l’on jette au gré de ses envies. C’est pour cela que je te dis çà, c’est des paroles que j’aurais aimé entendre de la part de mes proches et que je n’ai jamais entendu. Je pense que cela passe par l’estime de soi, apprendre à s’aimer ou du moin ne pas se détester. être bienveillant avec soi même, devenir son meilleur ami. Plus facile à dire qu’à faire, même si je pense que c’est peut-être la recette magique, impossible de l’appliquer à moi même.

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  4. J’ai la certitude que mes mots ne t’apporteront aucun soutien. Toutefois je pense que tu devrais oser. Qu’est-ce qui a changé? Qu’est-ce qui te fait penser qu’il n’a pas de sentiments pour toi? Est-ce que pour toi c’est viable sur le long terme? Ou bien tu souffres trop et dans ce cas mettre un terme à cette relation est nécessaire?
    Avec le recul tu verras tout ce qu’il t’a apporté, tous ces pas en avant que tu as fait et qui font que tu n’es plus celle que tu étais hier. Ce qui est gagné l’est pour aujourd’hui et demain Angie…

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    1. On ne laisse pas quelqu’un qu’on aime sans nouvelles. Mais si j’arrête d’etre egocentrée 5 minutes, il commence un nouveau traitement sous peu (ce qui veut dire que le précédent n’a pas fonctionné) et qu’il a surement de quoi ruminer.
      Il me manque, je ne peux pas mettre un terme a ça et perdre le fil qui me lie a lui.
      Je déteste le dire mais je l’aime crois. Je ne peux pas dire stop. Je souffre d’une manière ou dune autre. (Je suis celle qui perd, pour reprendre le titre d’un précédent article).

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      1. Détrompe toi Angie. On peut parfois laisser quelqu’un qu’on aime sans nouvelle, justement parce qu’il y a un trop plein ailleurs. Ce qui est le cas.
        Je comprends que tu ne puisses pas mettre un terme à cette relation – les sentiments sont bel et bien ancrés en effet.
        La souffrance de l’instant et la souffrance sur le long terme ne sont pas les mêmes. Au final tu sais ce qui est le mieux pour toi aujourd’hui.

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