Evolution

Et si je n’étais pas …

J’ai parlé de nombreuses de fois de l’impact que le regard de nos proches a sur nous. Ces choses qu’ils imaginent de nous, qu’ils veulent que l’on soit. Parfois elles sont vraies. Pas toujours. Mais même lorsqu’elles sont fausses, elles finissent par nous conditionner. On les fait notre. On les intègre à notre personnalité en quelque sorte. On répond à leurs attentes. Pour leur plaire, par manque de confiance en nos forces, par honte de ne pas correspondre à un modèle jugé acceptable par la société. On s’oublie, on se bride, on rentre dans un moule qui ne correspond pas à ce que nous sommes. Comment être heureux de cette manière ? Comment se découvrir quand on est déjà pas soi, quand ce déni de notre être dure depuis des années ?

Et si je n’étais pas celle qu’on m’a toujours fait croire que j’étais ? Si finalement on m’avait enfermé dans un rôle de petite fille sage, prude, craintive, sauvage, qui n’ose pas, qui ne vit pas. Si tout cela n’était pas vrai ? Et si des aspect de moi avait été nié, par moi avant tout, depuis longtemps, depuis toujours ? Dans de nombreuses situations, je suis cela. Je ne vais pas, par défit ou par contradiction tout nier. Je suis craintive, je suis pudique, je suis peu sure de moi, j’ai peur de vivre, j’ai peur de me tromper, je suis réservée, introvertie, je suis cette nana qui a besoin d’être rassurée… je suis tout ça. Et tellement d’autre choses.

Je suis créative (fiou, j’en aurais mis du temps), je suis passionnée, je suis curieuse, je suis amoureuse (pas forcément d’une personne. De la musique, des livres, de ma guitare, …), je suis celle qui ose parfois et qui aime ça, je suis celle qui a décidé il y a environ un an de s’autoriser à devenir pour peut-être un jour être. Ca m’a pris du temps. Ca en prendra encore. Il y a eu des larmes et il y en aura encore. Et finalement, l’accepter, c’est déjà un pas de fait. On est en constante évolution, j’ai passé un palier, j’en gravi un autre. Celui de l’extérieur. L’action et l’apparence.

C’est assez marrant parce que j’ai eu un commentaire ce matin sur l’article où je me demandais ce qu’est la féminité. Pourquoi marrant ? Parce que je ne me suis pas sentie aussi femme depuis longtemps et je m’en faisais la remarque ces derniers temps. Est ce que je m’étais sentie femme avant ? Il aura suffit de quelqu’un qui me pousse à me découvrir, à ne pas avoir peur de mes désirs, à les assumer, à ne pas avoir honte (même si ça, ce n’est pas gagné). Quelqu’un qui me donne envie de rester des heures au téléphone, sans peur, sans honte, sans retenue (pardon maman). Est-ce que j’ai déjà autant ri en si peu de temps ?
Je ne me sens toujours pas très à l’aise avec mon corps mais il y a des progrès. Et parce qu’il y a des progrès, je me sens un peu plus femme.

Et si je n’étais pas tout à fait celle que j’ai été ces dernières années ? Et si je ne me bridais plus ou moins ? Et si j’arrêtais de vouloir me justifier, plaire, rentrer dans le rôle que l’on attend de moi ?
Comme le disait mon article de vendredi, il faut que je reconstruise un peu, que je m’adapte à mes nouvelles envies. Et autour de moi ben, il faudra qu’ils s’adaptent aussi. Ou se taisent !

Au moment opportun,
Je tuerais mes démons un par un
Fort et serein je ne serais plus …

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16 réflexions au sujet de « Et si je n’étais pas … »

  1. Très juste. J’en suis là aussi Angie.
    Je me rends compte que je suis rentrée dans un moule, moi qui déteste ça. J’ai adhéré à des idées, une façon d’être (tout en essayant de résister, ce qui a créé en moi beaucoup de déséquilibres et un besoin de tout contrôler).
    Ma mère en a de plus en plus conscience. Elle me disait récemment que j’avais été l’enfant dont elle avait rêvé. Mais qu’elle ne m’avait pas laissé la place d’être moi, parce que mon tempérament, mon caractère lui faisaient peur.
    A 37 ans j’apprends doucement à être moi, à m’accepter et à vivre ma vie. En me détachant des attentes des autres. C’est loin d’être un cap facile. Mais il devient nécessaire et vital!

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    1. Mais tu as toute la latitude pour le faire Marie, je vis encore sous ce regard au quotidien. C’est chaque jour que chaque petit geste d’émancipation est scruté, potentiellement critiqué, remis en cause.
      Si je prend l’exemple du tatouage : tant que j’en parlais, c’était super, puis j’ai pris rendez-vous et là j’ai l’impression qu’on a viré au « tu n’oseras pas le faire », et je l’ai fait et j’ai l’impression d’avoir fait un truc totalement fou.
      Acte banal : hier je me prépare pour aller laver mon pare-brise. Je croise ma mère, qui me regarde comme si j’étais équipée pour aller tuer quelqu’un. J’avais juste un rouleau d’essuie tout et un spray de lave vitre dans les mains.
      Imagine comment je vais être reçu si je lui dis que je me barre en week-end à 3h de route. Même pas besoin de dire que je vais rencontrer quelqu’un. Rien que sur les 3h de route je vais avoir droit à la litanie de coté négatif de la force.
      Je suis enfermée dans ce role pour le moment, même si je tente de déformer le moule, et ce ne sont pas les taf auxquels je postule qui vont me permettre de prendre mon envol.

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      1. Tu sais ce regard je l’ai aussi au jour le jour, même si ça fait un an que mes parents ne vivent plus avec nous – ils sont les seules personnes qui m’aident pour mon fils. Donc je les vois tous les jours, au moins un des deux.
        Quand j’émets le souhait de vouloir changer de travail, j’ai le droit à « tu n’es jamais satisfaite de ce que tu as ». Dès que j’émets une envie, c’est toujours considéré comme quelque chose d’insensé – pas pour le moment. Quand je prends un jour off je dois toujours rendre des comptes – idem pour les vacances. Quand je choisis de prendre une baby-sitter pour un soir, j’ai le droit à un remontage de bretelle, comme une gosse…
        Chaque jour j’essaye de m’affranchir de ça. A petits pas.
        Tu tentes de déformer le moule, ça prend du temps Angie. Certains ont plus de latitude que d’autres en la matière. Ca ne dépend pas seulement de l’enfance, mais des limites de nos proches, de leur façon d’envisager « notre » vie (et la leur aussi). Plus on est dans le moule, plus ça les rassure.

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        1. Mais quand on ne vit plus avec eux, nos parents ont-ils besoin de tout savoir?
          Si tu veux changer de travail, fais-le, n’en parle pas, fais. Ne te justifie pas, ne cherche pas leur approbation, même si ça fait toujours plaisir d’avoir le soutien de nos proches. Ont ils besoin de savoir que tu prends une baby sitter? Alors ton fils peut le leur dire, ça complique la donne. Mais tu as le droit de prendre une baby sitter, point.
          En habitant chez ma mère, c’est ne pas pouvoir recevoir un courrier sans qu’elle le sache (merci les points relai quand on veut un peu de discrétion, mais bon, c’est pas la solution idéale non plus, faire 30km pour retirer un colis, ça va 5 minutes), ne pas pouvoir sortir sans qu’elle le sache, c’est ne pas avoir d’intimité ou si peu. C’est aussi être dans son incertitude financière en plus de la mienne, avoir peur que dès qu’elle veut me demander un truc ce soit du fric. C’est avoir son jugement quand j’achète de la lingerie un peu plus sympa que d’habitude en ayant l’impression d’un coup d’être une dépravée pour oser un peu de dentelle et plus le traditionnel coton, … Tout un tas de choses que je pourrais vivre librement si j’étais indépendante.

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          1. Je me reconnais beaucoup de se que tu dis. Mes amies recoivent autant de critiques-remarques-réflexion et pourtant çà leur passe au dessus de la tête, alors que moi j’ai l’impression de fondre, de n’être plus rien.

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          2. Tu le disais dans un commentaire plus haut, l’éloignement nous donne plus de latitude.
            Cela fait des années que j’essaye de couper les liens, de ne plus me sentir oppressée par leur regard. C’est juste plus difficile pour moi que ça ne le serait pour quelqu’un d’autre.
            Les personnes à l’extérieur ne comprennent pas pourquoi je n’arrive pas à m’affranchir de tout ça. J’ai toujours l’impression de « décevoir ». Je devrais m’en foutre royalement. Je n’y arrive pas encore.
            C’est comme toi, certaines personnes vont te dire de faire ta vie, de ne pas t’occuper de ce que pense ta mère. Sauf que pour toi aujourd’hui c’est difficile…

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            1. C’est dur de faire sa vie en vivant sous le toit de quelqu’un. On peut se défaire de nos propres freins, mais c’est plus dur de se défaire de ceux imposés par les autres, alors en vivant avec ces autres (cet autre ici), c’est compliqué. C’est pas le mode de fonctionnement qu’on a eu jusque là, et si moi j’évolue, elle non. Je peux dépasser certaines choses (aller à un concert, sortir pour une soirée, …) je n’ai pas encore la force ou les moyens de faire plus.
              Si je n’habitais pas avec elle, j’aurais plus de liberté de mouvement.

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  2. Bonjour Angie, c’est vrai que nous sommes conditionnés énormément par notre famille, nos amis et la société en général. Pour la famille, je pense qu’il y a la crise d’adolescence qui sont bénéfiques, on sort du cadre familial pour devenir un individu en tant que tel avec ces propres valeurs et idées. Il y a aussi la notion de « tuer le père » (cf amelie nothomb), il faut détruire en quelques sorte notre éducation pour reconstruire quelque chose de nouveau qui nous correspond. Cela renvoi à ton précédent article. Après, il y en a qui on plus de facilités que d’autres avec une éducation épanouissante.

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    1. Pour certains, cela ce fait naturellement, avec quelques échecs mais il y a une certaine évolution. Moi j’ai le sentiment d’un blocage dans le processus.

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  3. Je rêve ou j’ai vu une liste de qualités ? 😉
    Se rendre compte que nous ne sommes pas ce que les autres attendent de nous et l’assumer… Deux belles étapes !

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