Etats d'âme

Mon mode de fonctionnement

Je vais tenter quelque chose d’assez difficile, tenter d’expliquer ce qui se passe dans ma tête la plupart du temps. Comment ça fonctionne là-haut pour que ce soit si perturbé. Je n’ai pas tout compris moi-même mais faire le point pourrait être un plus pour avancer. Je ne sais pas trop dans quoi je m’engage cela dit, je n’ai pas de plan, à peine une vague idée de ce que je veux dire. En fait, j’ai juste envie d’écrire et c’est ça qui me vient.
La racine de tout, c’est l’enfance. Ca a déjà été dit mille fois, je crois que vous commencez à cerner plus ou moins l’ambiance familiale dans laquelle j’ai grandi. Ce n’était pas si terrible que ça mais on fait mieux pour élever un enfant épanoui et confiant dans la vie. D’autant plus que j’ai toujours été assez sensible et que j’ai toujours eu cette sensation de prendre tout puissance 1000 dans la tête (dans le cœur).
Ce n’était pas positif chez nous. Les disputes, l’absence, le manque d’intérêt, le fatalisme déjà ambiant, j’ai déjà dit que les phrase que j’ai le plus entendues c’est « on ne fait pas ce que l’on veut dans la vie, mais ce que l’on peut », et autres petites choses de ce type. Ca pose le décor : n’en demande pas trop, fond toi dans le moule, trouver un boulot même si ça ne te plait pas, ne cherche pas à être heureuse, et basta.
Quand on est enfant, adolescent, on a encore quelques forces pour résister. Un brin d’espoir qui persiste. On a nos refuges qui comptent plus que tout : écrire, chanter, je l’ai dit aussi, c’était mes échappatoires. Les amis, les premiers amours (même ceux qui foirent), on vit et la vie reste pleine de promesses malgré un départ peu réjouissant.
C’est finalement quand on rentre, quand je suis rentrée, dans le monde du travail que j’ai commencé à perdre le peu d’espoir d’être heureuse que j’avais. J’ai arrêté le lycée un peu bizarrement, sur un coup de tête, parce que j’étais pas très douée et parce qu’il se passait des choses pas réjouissante chez moi. Je … voulais y être présente, je ne voulais pas rester loin de la maison. Début du lien d’attachement.
Mes premières expériences pro n’ont pas été très rassurantes quand à mon avenir, la situation familiale se dégradait peu à peu, nous enfonçant toujours un peu plus vers une vision négative plus ou moins forcée de la vie. Comment voir du positif quand c’est juste la grosse merde absolue ?
J’avais encore des amis à ce moment là, j’avais une vie sociale relativement basique mais presque normale. Mais bon, quand les potes continuent leurs études et que toi tu bosses ou que tu cherches du taf, que tu soutien comme tu peux à la maison, c’est compliqué visiblement de faire comprendre que non, là, tu vas rester tranquille chez toi parce que tu es crevée d’avoir déjà fait des trajets en voiture, d’avoir attendu dans le froid et que tu veux juste dormir. Ca m’a amené peu à peu à cette période où j’ai coupé les ponts, ou j’ai cessé de vivre, période atteignant son sommet suite l’événement qui m’a fait mourir un peu.
Je n’étais à ce moment là qu’une chercheuse d’emploi. Oublié la femme qui se construit, oublié l’enfant pleine de rêves que j’étais, oublié l’artiste que j’aurais voulu être (que je ne serais jamais du coup), oublié tout ça. Des démarches pour trouver un emploi, le moins précaire possible, le moins contraint possible. Et des portes bloquées. Même pas qui se ferment, bloquées.
Il m’aura fallu presque cinq ans pour oser sortir des clous et reprendre mes études. Cinq ans après ce fameux jour où je suis morte. Où elle est morte. Et ce n’était que la demandeuse d’emploi qui osait, pas la femme, pas moi entièrement. Pas vraiment. Mais c’était une étape. On ne va pas se mentir, si j’ai réussi à obtenir les diplomes, ça ne s’est pas concrétiser par un retour à l’emploi. Ni rapide ni plus lent. Des petits jobs, pas d’entretien pour quoi que ce soit d’intéressant et à l’époque il y avait des offres pourtant. Plus qu’aujourd’hui en tout cas. Ma vague d’espoir et de fierté d’avoir bougé mes fesses n’a pas duré longtemps. Elle s’est vite fracassée contre la réalité.
Je pourrais continuer comme ça jusqu’à aujourd’hui, une vie qui n’est qu’une succession d’espoir déçu. Quelques années après la fin de mes études, j’ai commencé à réfléchir sur moi, sur la place que je voulais dans la société ou la place que je ne voulais pas. Ca m’a poussé vers le développement perso, bref, j’en ai déjà parlé et on arrive peu à peu à cette année 2017 où c’est le gros chamboulement par un effondrement complet tout en ayant envie de bouger, de tester, d’expérimenter. De découvrir de moi autre chose que la nana qui cherche un taf.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que c’est ce qui fait ce que je suis aujourd’hui : je n’ai pas confiance, je suis méfiante, j’ai un regard sceptique sur tout, je remet en question tout et toujours, je suis comme ça, je suis une personne qui se questionne en permanence. Et sur tout, absolument tout. Et j’ai toujours eu cette tendance, déjà enfant. Et mon vécu fait que je ne me questionne pas positivement. Rarement.
Je lis un livre, je me questionne, je vois un film, idem, je lis un blog, l’actu, je discute avec un(e) ami(e)s (merde, il semblerait que j’ai des amis maintenant. Peut être même que je vous aime un peu), on me fait un compliment je le relativise, je le fais beaucoup moins avec une critique, … je me questionne non stop. Le blog en est le reflet. Quand je répond à vos commentaires, c’est pareil. Je me questionne. Je relativise. Je vois le coté négatif du positif, c’est comme ça.
Je n’agis jamais sans avoir réfléchis mille ans avant. Filer mon numéro de téléphone par exemple. Il n’y a que récemment où je n’ai pas trop réfléchis avant de tenter un truc mais je ne sais pas trop où ça peut aller alors je me questionne maintenant. J’avoue que j’envisage déjà le … post mortem (c’est ça ?), avant que ça ait vraiment commencé (ce que je ne dirais pas, c’est quoi ? Qu’est ce qui n’a pas commencé? Ou peut-être que ça a commencé, allez savoir. Par chance, je ne dis pas tout ici).

Je ne crois pas au bonheur, je ne crois pas aux belles choses. Je n’en ai pas vraiment connu dans ma vie. Ca a toujours été la galère, les désillusions, des batailles. J’ai cessé d’y croire totalement depuis longtemps. Il reste toujours une parcelle d’espoir, parce que sinon on cesse de vivre, mais elle n’est pas assez puissante pour illuminer ma vision des choses. Alors j’anticipe oui, et pas pour voir le beau coté que pourraient prendre les événements, je m’analyse et pas pour me trouver des qualités, je ne crois plus aux miracles ni aux contes de fée même si j’ai écrit une lettre au Prince Charmant, je crois plus aux amours impossibles, aux histoires sans espoirs. Je crois que je suis inintéressante, sans talent, sans charme parce que c’est comme ça.
Ca fonctionne comme ça dans ma tête, le négatif vient en premier et il envahit tout. Les questions, les peurs, prennent le contrôle avant que j’ai pu prendre plaisir dans l’instant. Trop de mauvaises expériences, trop de conditionnements négatifs. Je ne suis pas sur de pouvoir changer ça un jour.
C’est aussi un processus qui me permet d’essayer de comprendre. Non, je ne peux pas accepter une situation sans que rien ne se passe dans ma tête. Si je n’analyse pas sur l’instant ce sera après. Toujours.

Je crois que les moments de ma vie où j’ai le plus laissé mon cerveau tranquille, c’est lorsque je chantais beaucoup. Je me laissais porter par la musique, les mots, l’émotion. Mais du coup, qui dit émotion dit que l’envie d’écrire peut surgir à tout instant. Donc le repos du hamster dans la tête n’est pas complet, il est toujours là. Tout est inspiration, tout éveille les mécanismes de la réflexion. Tout, absolument tout. La plus insignifiante petite chose peut devenir source de réflexion. Pas forcément sur l’instant, mais dans les jours qui suivent, ou plus tard encore. Il faut juste que ça infuse dans ma tête.
Je ne sais pas arrêter le mécanisme, ça n’est pas possible. Vous non plus je suis sur, vous avez juste l’intelligence de le gérer mieux que moi. Alors je sais que je ne suis pas une petite marrante, mais je suis comme ça. Je ne l’ai jamais caché je crois. J’ai toujours été clair sur ce que je suis. Et encore, si vous saviez à quel point j’ai pu progresser. J’ai passé six ans de ma vie dans un déni de …vie en fait, créer un blog et m’y exprimer était un sacré pas aussi mine de rien pour une personne qui pensait ne rien avoir à dire.

Et là je blablate parce que mon cerveau se questionne sur quelque chose et se demande si il faut le faire ou pas. Oui, je me questionne beaucoup, oui je suis négative, oui ça m’empêche d’agir souvent. Pas toujours.

Ajout :

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11 réflexions au sujet de « Mon mode de fonctionnement »

  1. Notre mental, notre capacité à raisonner peut devenir notre pire ennemi. Trop réfléchir empêche d’agir. Mais en effet difficile d’inverser la vapeur. d’un coup. Ca vient avec le temps, avec le travail que l’on fait sur soi. Tu progresses beaucoup en ce moment Angie. Pas à pas. C’est comme tout.
    Bonne journée et merci pour ton partage. Très authentique.

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    1. Je ne sais pas si on inverse la vapeur ou si on apprend à gérer, à canaliser de manière plus efficace. Je ne suis pas sure de faire taire les questionnements un jour.

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  2. Bonjour Angie.
    Je comprends ton monde de fonctionnement pour l’expérimenter moi aussi… et tu as toutes les bonnes cartes en main, je crois en toi!
    Et…. tu ES une artiste, même si ta confiance en toi t’ordonne de la faire taire.
    Un exemple juste flagrant pour moi: l’émotion que tu me donnes quand je te lis.
    Courage Angie.

    Aimé par 2 personnes

  3. Bonjour Angie, merci pour ton partage c’est très enrichissant. C’est incroyable à quels points nos parcours se ressemblent, dans les faits et dans les sentiments. Je pense que comme tu l’as dis on manque de bonnes expériences, de positivités. J’ai moi aussi été contraint d’aller bosser pour aider ma mère et comme tu l’écris « Oublié la femme qui se construit, oublié l’enfant pleine de rêves que j’étais ». Place à la dure réalité du monde du travail ou tu n’est jamais assez. Je crois que c’est mon plus grand regret dans la vie, ne pas avoir eu une période d’insouciance pour faire des choix qui me rendent heureuse et pas ceux que l’on fait par dépit. Aujourd’hui, je suis dans le même état d’esprit, je n’arrive à rien entreprendre par peur de me prendre à nouveau les pieds dans le tapis. Et j’ai beau regarder en arrière pour tenter de comprendre ce qui c’est passé « pourquoi », c’est stérile, il n’y a aucune réponse qui ressort. Alors que le présent n’est en rien épanouissant.

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  4. Si tu savais comme je te comprend, chez moi je me sens comme une sorcière chez des Moldus, personne ne me comprend (passion pour la féerie et la musculation) et je me bat chaque jours pour me laisser entendre, ne pouvant pour le moment, ne pas partir de chez moi par manque de moyens financiers. Courage gardons le cap

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