Se protéger, c’est souffrir aussi

Attention, je m’engage dans un truc, je ne sais pas où ça va finir ! Bref, mon cerveau carbure toujours et, en tache de fond, il a décidé de se questionner sur ma solitude, le vide que j’ai fait autour de moi depuis des années et ma difficulté à nouer de nouvelles relations. Il a fini par conclure que c’était avant tout une manière de se protéger. Il aura fallu du temps pour le comprendre.

Finalement, ce n’est peut-être pas uniquement parce que les gens me font chier. Même si ça joue. Non, l’explication tient aussi de l’envie de ne plus se laisser avoir par les mauvaises personnes. Ces gens qui se disent vos amis mais qui profitent de vos petites et grandes faiblesses. Cette tendance à avoir été prise pour une bonne poire durant des années. A ne pas avoir su m’affirmer. Bref, à avoir fait confiance aux mauvaises personnes. Au final, l’isolement aura été une protection. Ne plus donner sa confiance à qui que ce soit pour ne plus être trahie, pour ne plus être un simple faire valoir ou ce genre de chose.

Ca a cultivé ma tendance à la solitude et durant des années, je crois que ça ne m’a pas fait souffrir tant que ça. J’ai même entretenu ce mur autour de moi. De toute façon, chaque nouvelle rencontre confirmait ce que je pensais : les gens sont là tant qu’ils ont besoin de vous mais se barrent dès que ce n’est plus le cas. Que vous passiez votre temps à les écouter, pas de soucis. Mais bizarrement, ça ne fonctionne pas en sens inverse. Au début, on se dit que c’est parce qu’on a pas de vrais problèmes, on a pas de soucis, on n’a pas à se plaindre. Puis, on comprend aussi qu’une personne qui tient un peu à nous, ben elle prend quand même le temps d’écouter, même si ce qu’on a sur le cœur paraît futile.

Alors, je n’ai surement pas rencontré les bonnes personnes. Ou c’est moi qui suis trop … asociale. Trop sensible, trop anormale. Ayant déjà une difficulté à me lier, à savoir comment être « sociale », le fait de m’isoler n’aide pas à travailler sur cela. Du coup, je me suis enfermée dans cet état. Et aujourd’hui, je ne sais pas comment rencontrer de nouvelles personnes. Je ne suis pas sure de pouvoir accorder ma confiance non plus. Je suis devenue méfiante, craintive. Je me protège encore et toujours.

Finalement, ça fait souffrir aussi. Surtout lorsqu’on souhaite en finir avec ce cycle de solitude. Ce n’est pas que je veuille déborder d’amis et d’activités. Je reste une solitaire avant tout avec le besoin de calme et d’espace qui va avec. Mais rencontrer des personnes avec qui échanger et partager, ça pourrait être sympa et ça pourrait m’aider à évoluer aussi. Mais j’ai peur et je sens que cette peur et un frein.

Ca m’a pris un peu de temps pour savoir le formuler ainsi. J’en avais surement conscience mais pas aussi clairement. Ca prendra du temps pour penser et agir autrement aussi. Je ne sais pas si c’est possible en fait. Je n’ai pas l’impression d’avoir le contrôle sur ça. Je me referme comme une huitre quand je me sens menacée. Menace fictive bien sur, mais menace quand même. Imaginez si quelqu’un perçait la carapace, il trouverait quoi derrière ? Je ne suis pas sure d’avoir envie de le découvrir. Ca pourrait être une déception pour cette personne comme pour moi.

C’est tellement plus facile et rassurant de se cacher dans les pages d’un livre.

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17 Commentaires

  1. Je suis persuadée qu’une fois qu’on a passé la carapace on a une personne douce qui a souffert et qui porte encore tout ça en bandoulière.
    On avance en travaillant sur soi… J’ai coutume de dire: « Je vais mieux mais ça reste fragile. ».
    Quand on a été blessé on se tient debout mais la moindre tempête nous fait chavirer. J’espère que ça passera, et j’essaye de croire en ça. Et là dedans c’est vrai que mes patrons m’ont aidée.

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  2. Sweet-Things

     /  08/08/2017

    Coucou la belle
    Je pense que nous avons déjà une idée de ce qui se trouve sous la carapace…..
    Et nous sommes toujours là, à te lire, à t’écouter, à partager avec toi 😉

    J’ai l’impression que tu viens de faire un pas énorme ….

    Alors c’est sûr il faut pas que tu t’ouvres vers le premier venu mais peut-être, petit à petit.

    Peut-être plus d’échange ici, peut-être rencontrer une ou deux personnes avec qui tu échanges régulièrement, …
    Le champs des possiblse est devant toi, à toi de choisir tes chemins, à ton rythme, mais sans immobilisme 😉

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    • Je ne suis pas sure de pouvoir (savoir?) m’ouvrir à qui que ce soit. Pas ailleurs qu’ici en tout cas. Et même ici, je ne dis pas tout, je garde beaucoup pour moi.

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  3. Sweet-Things

     /  08/08/2017

    Tu ne connais personne ici, tu peux peut-être en profiter pour t’ouvrir d’avantage

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    • On ne peut pas savoir qui lit ce qu’on écrit. Peut-être que quelqu’un que je connais est tombé sur ce blog. Ca m’angoisse assez.

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      • Sweet-Things

         /  08/08/2017

        Si c’était quelqu’un de malveillant tu le saurais déjà 😉
        Si s’était quelqu’un de bienveillant aussi 😉

        C’est ton choix
        Je pense néanmoins qu’il faut que tu trouves un moyen de faire sortir certaines choses

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        • Un jour peut-être ça sortira, quand je saurais précisément ce qui a besoin de sortir. Et quand j’aurais moins peur d’être lu par quelqu’un qui ne devrait pas lire, quand ça m’angoissera moins en tout cas. Là, rien que d’y penser, je pourrais rendre mon repas.

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  4. Je me retrouve dans tes mots 💜 N’ayons plus peur de souffrir, à bas les carapaces ! ☺

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  5. Sweet-Things

     /  08/08/2017

    Question intéressante….
    Rester à jamais dans sa coquille ou prendre des risques….

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    • Le risque de se prendre un mur rend (presque) confortable la coquille. L’espoir de faire de belles rencontres et d’apprécier plus la vie rend le risque moins flippant. Mais bon, pour ce que j’ai une dose assez réduite d’espoir quand même.

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  6. C’est dur ce que tu écris parce que ça me parle. J’aimerais avoir pleins d’amis, mais ça m’arrange d’en avoir peu. J’aimerais faire parti d’un groupe, mais je n’aime pas le travail émotionnel que cela donne. A méditer

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    • Oui, il y a une différence entre ce que l’on veut et ce que l’on peut supporter en terme d’émotions et d’énergie. Il faut trouver le bon équilibre.

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