Inclassable

Se présenter/se définir quand on est au chômage ?

C’est une question que j’ai déjà du aborder au fil de différents articles. Peut-être même que j’ai déjà fait un petit quelque chose dessus sans m’en souvenir. Mais, voilà, le questionnement me revient en tête là, aujourd’hui, alors que je tentais désespérément de ne pas massacrer Someone like you de Adele à la guitare (désolée, ce fut un carnage). Comment me présenter sous un angle positif aux gens que je pourrais rencontrer ? Pour leur donner envie d’en savoir plus sur moi et de ne pas s’arrêter à cet état de chômeuse ?

Parce que, ne le nions pas, quand on rencontre quelqu’un, une des premières questions qui vient est bel et bien : tu fais quoi dans la vie ? D’ailleurs, lorsque je me suis inscrite sur OVS, un autre membre est entré en contact avec moi en privé pour discuter. Discussion qui n’a pas été très loin puisque j’ai séché (et fui) à sa deuxième question : tu fais quoi dans la vie ? J’ai trouvé ça dommage sur un site de sortie et donc plutôt accès loisirs de se renseigner en priorité sur le statut professionnel d’une personne et pas sur d’éventuelles affinités de hobbies.

Ls gens de manière générale se définissent beaucoup par leur travail et définissent de fait les autres ainsi. C’est en tout cas l’impression que j’ai. J’avoue qu’à force d’avoir eu des questionnements sur ma recherche d’emploi à presque chacune de mes -rares- sorties à une époque, je tend vite vers l’agacement et peut-être même l’agressivité quand la question est abordée. Il y a peu, un oncle pas vu depuis longtemps, j’ai bien vu que ça l’a titillé de trouver le bon moment pour lancer le sujet. Il n’a été soulagé que lorsqu’il m’a enfin demander où j’en étais. J’ai été un peu sèche dans la réponse mais j’ai tenté de parler musique, lecture. Ca a coupé court à la conversation. Parfait.

C’est peut-être depuis ce jour là que je réfléchis à comment répondre à ce type de questions sans tourner à l’agressivité dans la seconde. Parce que c’est cool d’avoir un boulot, mais vous, les gens qui en avaient un, vous n’êtes pas que ça non plus ? Si ? Le fait de contribuer à la société ne fait pas de vous tout ce que vous êtes. Parce que, si ça se trouve, vous êtes bénévole dans une asso (peu importe laquelle) et vos activités dans ce cadre sont bien plus utile à la société que votre travail. Et pourtant, ce n’est pas forcément ce que les gens vont retenir. Ou tout simplement, vous êtes une personne adorable, intéressante, cultivée, … et ça aussi, votre profil pro ne le dit pas forcément.

Alors comment répondre à ce besoin social que les gens ont de savoir ce que l’on fait dans la vie trente secondes après vous avoir rencontré (croisé dans la rue pour les personnes que l’on connait déjà) ? Comment dire « ben j’ai toujours pas de taf, mais garde tes conseils car y’a genre 95% de chance que je les ai entendu milles fois, mais je suis une personne quand même donc on peut parler d’autre chose aussi ».

Je peux mettre en avant que je lis et que je tente d’apprendre à jouer de la guitare. Jusque là, ça n’a pas passionné les foules.
Si je parle du blog, du forum, on voudra savoir sur quoi j’écris (ce qui n’est pas très grave, je peux en parler) mais peut-être vouloir aussi le nom du blog et ça je suis moins enthousiasme. Je ne mélange pas ma vie virtuelle et ma vie réelle. Un jour peut-être mais pas au premier venu. La confiance, ça se gagne.

J’ai un gros problème à parler de moi de façon générale (pourtant, c’est ce que je fais sur ce blog en fait), en entretien d’embauche c’est pareil. Ca me pénalise forcément. Comme expliquer qui je suis, ce que je fais, ce que je veux, … alors que je ne sais plus vraiment moi-même ? Comme me présenter positivement aux autres alors que j’ai une mauvaise image de moi ? Il va falloir que je résolve ce « soucis » si je veux avancer.

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24 réflexions au sujet de « Se présenter/se définir quand on est au chômage ? »

  1. Voilà une question un peu hard à notre niveau!!!
    En général, je réponds soit « en recherche d’emploi » en montrant que j’assume un peu (après tout, nous ne sommes pas responsable de la politique actuelle et ne sommes pas seuls: 5 millions!!)
    ou alors  » j’ai travaillé en tant que magasinier-cariste mais j’en ai marre et je cherche autre chose (ce qui n’est pas complétement faux d’ailleurs).
    Quand aux conseils que mon interlocuteur peut être tenté de me dire, soit je dis gentiment « merci » ou je réponds à chaque conseil: passe un concours! déjà essayé, je continue à chercher
    écris-là, ils cherchent du monde! déjà fait ou non cette entreprise ne m’intéresse pas!!
    par contre quand on me dit: t’es plus heureux au chômage, feignasse!! là, je lui réponds quelque chose comme: échangeons nos places et nos rentrées d’argent!! (il n’insiste pas en général^^)
    Très énervé, j’ai déjà répondu: si se demander tous les jours pourquoi je suis né, pourquoi je n’arrive pas à construire ma vie, pourquoi je vaux que le RSA pour la société, pourquoi mon cv ne plait à personne, pourquoi on me garde pas dans une entreprise alors que je fais tout bien mon travail et pourquoi personne ne veut me pistonner alors que des abrutis le sont: si tout cela c’est génial, alors qu’Est-ce que tu attends pour te mettre au chômage???
    Oups, je crois que je me suis laissé aller!!^^
    reconnaissons un avantage du chômage: ça nous laisse le temps de réflexion pour répondre aux autres!!
    Bonne lecture!!

    1. Je sais pas si c’est un avantage ce temps de réflexion. Je crois que c’est ce qui cause ma perte lol
      Bon, de toute façon, même quand je taffe, je mouline du cerveau. Donc bon.

  2. Je botte en touche. J’ai tellement eu droit à « c’est ça de faire des études inutiles » que j’ai envie de baffer les gens. Sans pistons tu n’es rien…
    Maintenant je dis que je suis ouvrière agricole ou vachère. Un jour je serai agricultrice.

  3. Je réponds que je suis chimiste car à mes yeux, c’est ce que je suis. Il est vrai que je ne suis pas au chômage et que mon métier en R&D est à plus de 60% de la chimie, mais je crois vraiment que notre métier est ce que nous aimons faire.

    Mon idée: La prochaine fois qu’on te demande ce que tu fais, réponds que tu es une « blogeuse spécialisée dans la thématique des difficultés sociales et économiques liées à la recherche d’emploi longue durée ». 😜

    Au lieu de compassion, tu auras très probablement droit à « Ca se passe bien ? », « Ca te convient ? », « C’est vrai que le chômage sur le long terme est difficile à gérer ». Et là, tu pourras rebondir sur la place de lecture, de la musique, de l’art et de l’échange dans la non-dévalorisation de soi.

    1. C’est pas con ^^ En plus, l’intitulé en jette. Je perd la moitié de mes interlocuteurs rien qu’avec ça lol Ni vu ni connu, je t’embrouille l’esprit. Je prend note.
      Merci pour ton message ^^

  4. Coucou La belle,
    quand on me demande ce que je fais dans la vie je commence pas par je suis ingénieur et je gère des projets informatique pour une boîte du CAC40, surtout si c’est en dehors du boulot…
    Tu pourrais assez facilement dire (tu peux broder):
    « je joue de la musique et je tiens un Blog.
    Accessoirement je cherche un boulot dans lequel je pourrais m’épanouir, si possible dans yy domaine.
    Si par chance tu entends parler de quelque chose, tu peux m’avertir ? »

    1. Le boulot où on s’épanouit, ça va pas plaire. Il faut en chier au boulot pour beaucoup. Prendre ce qui vient, ne pas chercher le bien-être.

  5. Bonjour, c’est à dire que peu de gens ont le privilège d’exercer un métier qui les passionne, et on peut pas tous choisir des filières qui nous épanouissent.
    Il faut pas mal de corps de métiers différents pour que le pays tourne donc forcément il y aura toujours des job plus ou moins pourris.
    Et comme un grand nombre de gens en bavent au boulot (et les conditions ne vont pas s’améliorer de mon point de vue, qui n’engage que moi…!) Certains ont besoin de savoir que les autres triment aussi pour se rassurer. Ils éprouvent presque de la fierté à en chier même….!
    .

    1. Soit, mais c’est pas trop ma mentalité de me dire que si j’en chie, je veux que les autres en chient aussi. Je suis une rêveuse idéaliste qui veut un monde de bisounours pour tous (bon j’exagère un peu là lol Mais bon, que tout le monde soit bien quoi).
      Je pense que chaque métier peut plaire parce qu’on a pas les mêmes envies, les mêmes besoins. Des gens vont aimer les travaux physiques, gratter la terre, manier des machines, y’en a même probablement que ça ne dérangent pas de faire le ménage. D’autres personnes vont préférer des taches plus « intellectuelles  » (on oublie qu’il faut aussi beaucoup d’intelligence pour les travaux manuels. une intelligence différente peut être mais de l’intelligence quand même). Je crois (idéaliste, je rappelle) que nous avons tous notre place mais que la société ne permet pas de la trouver.

      Et en effet, ça ne va pas s’améliorer.

  6. Je suis bien d’accord que ce n’est pas du tout évident de trouver sa place actuellement.
    Je pense aussi qu’il y a des gens qui ont besoin de trouver un boulot qui les motive tous les jours et d’autres qui sont satisfaits s’ils en ont un qui ne les rebutent pas sans pour autant être passionnés.
    C’est mon cas par ex, si j’avais dégoté un job où j’aurais pu bosser dans un environnement serein (et surtout pas dans un open space avec 50 collègues), même si je dois faire de la saisie toute la journée à la limite ça passe.
    J’aurais aussi l’impression de gâcher du temps qui pourrait être utilisé pour faire des choses plus réjouissantes….mais du moment que c’est tenable. Après tout dépend de sa personnalité, ses envies, on est comme on est ma foi.

    1. Pas facile les open space. C’est pas la meilleure organisation qu’il puisse exister. Ce brouhaha incessant, c’est à faire des migraines chaque jour. Je n’y ai jamais bossé mais j’avais eu un entretien une fois, il y a longtemps. et c’était un petit établissement en plus. Rien que les tests pour l’entretien m’avaient rendu pas bien. Il faisait trop chaud. Le taf en lui-même, bien que pas réjouissant, n’était pas désagréable. Bosser sur ordi, il y a pire. Mais l’environnement, c’est à devenir dingue.
      Mon dernier contrat c’était pas vraiment un open space comme on l’entend mais on était dans la même pièce quand même. On va dire que ça s’inspirait beaucoup que ce type d’organisation quand même. J’avais besoin de m’isoler au WC régulièrement, j’en pouvais plus des allés et venus, des chuchotements, …
      Il faut avoir un sacré mental pour bosser en open space.

  7. Je te comprends très bien. Et le fameux refuge des WC ! je connais, quand on est pas fait pour supporter le travail en groupe c’est épouvantable. Ce que je n’ apprécie pas aussi c’est le chambrage incessant entre collègues, où il faut être sur le qui-vive en permanence, prête à répondre à n’importe quelle vanne vaseuse à n’importe quel moment….ou alors les gens intrusifs c’est pénible. L’environnement compte énormément c’est certain.

  8. Je ressens vraiment ce que tu dis. moi, je suis comptable, et quand je dis que que je le suis, j’ai le droit à  » c’est un bon métier » alors que intérieurement je hurle parce çà ne me plait pas et même si c’est un bon taf et bien je préférerais ne pas l’avoir tu vois. C’est un peu une prison dorée tu vois, dans le fond c’est vrai, j’ai de la chance, il y en a beaucoup qui aimerait avoir cela, mais quand on commence le matin en se disant vivement ce soir, bah tu vois c’est pas une vie…

    Mon père était taxi, il adorait son métier, il adorait la conduite, il a eu beaucoup de mal a abandonné quand il est parti à la retraite, j’ai eu le droit comme beaucoup à la sérénade « tu va faire des études pour bien gagné ta vie et avoir un bon salaire, pas comme moi » et bien, j’aurais aimé entendre, fait quelque chose qu’il te plait, qui te donne envie de te lever le matin, comme moi », cela m’aurait vraiment changé la vie, si j’avais des enfants,je crois que je cultiverais cela chez eux, le fait de faire ce qui nous rend heureux, peut importe ce que dise les gens et l’argent que l’on en tire. Parce que au final, keske je retire de ce job, que de l’aigreur, colère, anxiété…

    1. En effet, c’est pas forcément quelque chose de mis en avant, d’important, le fait d’aimer son travail. Jusque dans l’éducation. Avoir un travail déjà. UN travail qui paie bien c’est mieux. une filière où on est sur de se faire embaucher.
      Alors qu’un travail dans lequel on se sent mal, c’est un bouffe santé. Les gens ne voient que le fait qu’avoir un taf, c’est le plus important, mais non, le plus important, c’est la santé, c’est être bien.

      1. Pour répondre à ta question sur la présentation, moi j’ai envie de répondre « rien » parce que le rien c’est tout ce que m’inspire ma journée de travail et ma vie. Dans le fond,je ne suis pas comptable, je ne suis pas ce que je fais car je n’aime pas plus que ça. Pourtant quand je vois certains de mes anciens camarades qui deviennent expert, travaillent dans des big five, rédigent des mémoires, je me dis que je suis passer à coté de quelque chose dans l’éducation de mes parents mon orientation mes choix etc… et le pire je croix que c’est linkedin, quand je vois certains qui n’étaient pas plus intelligent ni travailleurs que moi, je me dis que si j’avais choisi quelque chose qui m’interresse vraiment, j’aurais pu changer le cours de ma vie….

      2. Tu mets en avant quelque chose que je pense depuis longtemps. Se définir par son travail, ça va bien quand on aime son travail. Mais quand on ne l’aime pas, qu’on ne s’y sent pas bien, être « juger » par lui est une souffrance. On n’est pas son travail et encore moins dans ces cas là.

        Je suis une chercheuse de sens, je suis une blogeuse, je suis une apprentie guitariste (dans deux ou trois vie j’aurais passé le cap supérieur), je suis une lectrice, je suis surement d’autres choses que je n’ai pas encore compris. Mais je ne suis pas une situation sociale.

  9. Mais tu vois le problème dans ce que tu dis, c’est que j’ai l’impression que les gens ou la famille n’accepte pas (ce n’est pas le bon mot ) l’oisiveté. Quand je dis que j’aime l’équitation, la phrase qui vient juste après c’est  » tu as les moyens d’en faire?tu es bourgeoise? », quand je disais que je voulais étudier les langues et l’histoire d’espagne  » mais qu’est ce que tu vas faire avec ces études » . Enfin, il faut toujours faire quelques de socialement valorisant, qui paie bien etc… Même si cela ne nous plait pas ne nous rend pas heureux.

    1. Parce que pour beaucoup, ce qui se trouve être en dehors du travail, c’est forcément de l’oisiveté. C’est ne rien faire. C’est tout un mode de pensée à revoir, une vision de la société à repenser.
      Une ancienne amie me disait, à une époque où elle faisait du bénévolat dans l’aide aux devoirs, ce genre de chose, que lorsqu’elle en parlait, elle avait l’impression que les gens pensaient que c’est parce qu’elle cherchait pas de taf et que limite elle en voulait pas. Non, elle voulait bosser mais en attendant de trouver, elle avait envie de faire des choses. Ce n’est pas ne rien faire l’aide aux devoirs, au contraire. Mais pour les gens, si tu taf pas sous contrainte, c’est que tu bulle.

  10. Il y a quelques années j’ai l’impression que c’était moins mal vu d’être au chômage. A l’heure actuelle, si tu as le malheur d’être dans une période de chômage, tu es mal considéré voir carrément méprisé. Les gens sont davantage sur les dents à ce sujet, c’est vraiment le gage de qualité de bosser.
    Sinon dans les métiers épanouissants j’ai trouvé : garde forestier (pour ceux qui aiment), je me balade toutes les semaines en forêt et je vois le garde forestier dans sa cabane, avec son « bureau avec ordi » disposé devant une superbe cheminée…pour seul collègue il peut croiser un chevreuil (s’il est chanceux !) , il fait sa petite ronde dans les bois, ça me semble bien plus serein que de bosser en usine ou dans des bureaux. 🙂

    1. Ca a toujours été mal vu d’être au chomage. C’est simplement le traitement fait par les politique qui est plus virulent. A défaut de savoir lutter contre le chomage, ils luttent contre les chomeurs.
      Les métiers épanouissant varient d’une personne à l’autre. Il n’y a pas une liste définie. Des gens vont aimer bosser au grand air, d’autre non. Et inversement.

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