Etats d'âme

Peut-on tout « soigner » ? Doit-on tout « soigner » ?

J’ai toujours été quelqu’un de réservée, voir timide (bon, timide je sais pas trop si je le suis encore, enfant oui, et probablement maladivement), plutôt quelqu’un de posé, un peu dans la lune, dans mon monde, à l’écart des autres, plus dans l’observation que dans l’action surtout dans des environnements qui me sont plus ou moins étrangers. Je suis plutôt fade, transparente, ce n’est pas moi que l’on va voir en premier dans une pièce, je ne pense pas me faire remarquer par mon comportement. Ni par ma grande beauté.

C’est quelque chose qui transparait forcément en entretien d’embauche et je ne sais pas pourquoi, parce que le fait ne doit pas être nouveau, on m’en a fait la remarque clairement que lors des derniers entretiens que j’ai eu. Ils étaient certes très accès accueil et ce n’est pas forcément ce qui me met le plus à l’aise. Donnez-moi une tache à faire sur PC, pas de soucis, accueillir des personnes toute une journée, je pense que je pourrais aller vers la folie sur du long terme.

Je crois que j’en avais parlé, mais j’ai eu un entretien d’embauche à Pole Emploi il y a peu. Et bien sur, comme je m’en doutais, il y a eu des retours de fait à mon conseiller et c’est pour cela qu’il m’avait calé un rendez-vous. Un petit débriefing d’après entretien quoi. Et on en est venu sur ce coté réservé mais aussi sur ma peur de conduire dans des endroits que je ne connais pas, en ville particulièrement (même si c’est pas limité à ça).

Il me conseille donc de voir mon médecin pour cette peur de conduire. Il me conseille aussi de travailler sur cette réserve que j’ai pour être plus à l’aise à l’accueil. J’avais eu la même remarque lors d’un entretien récent. Ca se travaille, il parait. Alors, j’ai certes déjà beaucoup évolué parce qu’il y a quelques années, aborder des inconnus, même pour un entretien d’embauche, c’était vraiment compliqué pour moi. J’ai pas mal progressé en conduite aussi puisque ces derniers mois j’ai quand même élargi mon périmètre de terrain connu.

Mais je me questionne : peut-on tout soigner ? Et surtout, doit-on tout soigner ? Est ce concrètement une tare d’être plutôt réservée, de préférer le silence au bruit de la foule, de se sentir vider par trop de contact. Je comprend bien que pour la société actuelle ce n’est pas un comportement « normal » mais au fond, même si l’homme est un animal social (paraît-il), doit-on tous être sur le même modèle d’ultra social/hystérico-dynamique.
Dans cette société où il faut être « mobile », est ce une tare de dire « non, moi je ne peux pas partir à l’aventure comme ça sereinement dans des lieux que je ne connais pas, seule, ça me panique ».

Doit-on voir un médecin pour si peu ? Oui, je trouve que c’est pour si peu. Des progrès j’en ai fait, je trouve. Je ne vois pas de psy pourtant. Je vais à mon rythme, il est lent, j’en suis désolée aussi pour cette société pressée. Parfois aussi j’aimerais que des choses changent plus vite dans ma vie. Mais je me modère en me disant que ce n’est pas le moment.

Je n’ai pas la vie normale d’une femme de mon age, je le conçois. Et je met tout un tas de relativité dans l’adjectif « normale ». Qu’est ce que c’est qu’être normale ? Est ce que parce que je suis pas comme on voudrait que je sois, je suis anormale ? Je suis moi. Point. Totalement imparfaite. En évolution, en recherche de moi. Du vrai moi, pas celui imposé par les diktats de la société, pas celle qu’il faudrait être pour être populaire, bien vu, « admirée ». Juste moi. Un moi qui se sent bien dans sa tête et dans son corps, un moi qui ose redéfinir les limites de sa zone de confort parce qu’elle le veut et pas parce qu’on lui impose (ce qui serait je pense voué à l’échec).

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10 réflexions au sujet de « Peut-on tout « soigner » ? Doit-on tout « soigner » ? »

  1. Quand j’ai eu mon entretien à la boîte d’intérim et que la dame m’a dit que j’étais visiblement réservée, elle m’a demandé si je « travaillais » là-dessus. A la banque, pareil, on m’a demandé si je « faisais quelque chose » pour ça. Comme si c’était une tare et qu’il fallait forcément être à l’aise avec les gens, avec tout le monde.
    J’avais déjà fait un article là-dessus, je ne considère pas ça comme une tare et je ne comprends même pas comment ça peut l’être. L’humanité tire sa richesse du fait de sa diversité, tant au niveau physique qu’au niveau des caractères. Rien n’est uniforme. Et tant mieux. Pourtant, quand on cherche du taf, on a l’impression qu’on veut faire de nous des robots uniformes, tous avec le même caractère, les mêmes qualités… c’est ignoble.
    Considérer tout ce qu’on te reproche comme des tares, des mauvais traits de caractère, c’est nier ton humanité. On est tous différents. Si toi tu n’es pas faite pour l’accueil, d’autres le sont. Et ces gens seront nuls dans des domaines avec lesquels tu gères sans problème. C’est tellement con de vouloir tout faire faire à la même personne.

    1. Il n’y a pas que dans le monde pro. Dans le monde perso, faut suivre le beau petit schéma couple/maison/bébé pour être digne d’intérêt.

      A un moment, mon conseiller a commencé à me dire qu’il fallait jouer un role. J’ai failli rebondir mais j’avais pas le courage et lui dire que si il voulait que je joue un role, on change mon PPAE pour actrice et il me paie une formation de théâtre (j’en ai vaguement fait, je déteste le théâtre, me mettre en scène. Paradoxale peut-être pour la nana qui ado voulait être chanteuse mais se livrer totalement par la musique lol). Je ne veux pas jouer, je veux être vrai. Ca passe pas dans ce monde.

      1. Oui j’avoue que je ne raisonne que du point de vue pro vu que du point de vue perso, mon homme est tout aussi hors des schémas que moi. Jouer un rôle… autant jouer le tien et lui dire clairement que tu es comme ça et qu’il va falloir qu’il s’adapte. Il y a des boulots pour toutes les qualités, autant qu’il arrête d’essayer de caser le jouet rond dans le conteneur triangulaire.

  2. Moi aussi je suis timide…Pour moi c’est carrément handicapant, je ne peut carrément pas aller commander une baguette de pain a la boulangerie…Mais je pense que quand cela ne te gène pas a ce point, c’est quelque chose qui fait parti de toi, alors il n’y a pas besoin de le soigner…Les gens voient des maladies partout maintenant…

    1. Oui, c’est un peu handicapant à ce point. J’ai connu, avant mon BTS j’étais un peu comme ça. Gamine, je l’étais carrément.

      Je crois qu’on peut évoluer un peu mais pas changer sa nature. Et ce serait idiot, on ne serait plus soi.

  3. Je trouve ça dommage que le monde du travail pousse tout le monde à se ressembler et à entrer dans le même moule. Je suis persuadé qu’il doit y avoir des emplois pour les gens timides et réservés comme nous. Pourquoi vouloir à tout prix changer notre caractère ou nos habitudes ? C’est le meilleur moyen pour se forcer à avoir un boulot qui ne nous correspond pas, en souffrir puis craquer au bout de quelques mois.
    C’est quand même fou que lors d’un entretien Pôle Emploi on te conseille d’aller voir un psy ! De quoi il se mêle lui … Pour moi cela relève de la sphère privée et non professionnelle. Je n’ai peut-être pas tout compris, mais conduire est indispensable pour le poste que tu souhaites ?
    Franchement, je suis comme toi en période de « recherche-de-qui-je-suis » et j’espère pouvoir me définir un jour par autre chose que mon boulot. Je ne veux pas que ça soit lui qui me dise comment je dois vivre.

    1. Conduire n’est pas du tout indispensable pour les postes que je recherche (je suis plutôt dans le domaine administratif), ça l’est juste pour aller au boulot car je suis en zone rurale et les transports en commun, on ne connait pas ici ^^ Du coup, c’est juste la trouille du trajet au moment de l’entretien qui me stresse et le faire ensuite quelques fois pour qu’il devienne plus familier qui est nécessaire.
      Mais en fait je peux même pas dire que la peur de conduire me bloque à aller en entretien, puisque finalement je regarde plus le poste en lui même et si il est dans mon secteur géographique que si je connais la rue où ça se trouve. Y’a juste à ma série d’entretien dans des lieux totalement inconnus il y a quoi, un mois ou deux (j’en avais parlé sur le blog je crois), qui m’avait vraiment stressée et vidée et il y en a un où j’avais abandonné de trouver le lieux de l’entretien à force de tourner en rond mais bon, j’ai tenté d’y aller quand même, je suis pas restée chez moi.

  4. Tu sais concernant l’accueil, pour en avoir beaucoup fait lors de jobs précédents, je peux te dire que même quelqu’un qui est à l’aise avec les gens, avec le temps et à force d’avoir affaire à des clients ou des gens méprisants et irrespectueux, finit par ne plus être à l’aise du tout. L’accueil c’est le genre de taf qui te rends misanthrope, qui te dégoûte des gens. Donc même si tu « travaillais » là-dessus, au bout d’un certain temps tu redeviendrai réfractaire à l’accueil…

    Et je suis d’accord avec tout ce qui a été dit, tant dans ton article que dans les commentaires : devoir jouer un rôle, se forcer à (ou faire semblant d’) être une autre, c’est nul, mais malheureusement dans notre société à la con rares sont les gens qui n’ont jamais à le faire….

  5. A la question doit-on, je répondrai si cela nous propose problèmes à nous mêmes et pas aux autres!

    Je pense que l’on gagne toujours a tenté essayer d’arranger les choses, de faire évoluer les choses. J’ai été aussi voir un psy et dans un sens cela m’a fait du bien d’avoir un avis extérieur. Après quand aux résultats, je suis un peu sceptique parce que dans le fond même si je suis consciente du problème, malheureusement je n’ai pas réussi à changer… Même avec toute la bonne volonté du monde.

    Dans la continuité des précédents commentaires, moi aussi au travail on me reproche mon manque d’engouement, on me dit qu’il faut que je sois plus souriante, joviale. On me compare à une autre qui « elle » est un véritable rayon de soleil. Mais moi, je n’y arrive pas. Honnêtement, j’ai pas envie de sourire, je n’aime ni mon taff, ni ma vie, ni moi-même. Alors faire semblant, je n’y arrive plus. J’arrive tout les matins avec l’envie de chialer alors afficher un sourire, c’est au dessus de mes forces. Et puis c’est vrai que à force de recevoir des poignards des autres, on se renferme.

    Mais ce qui me rend triste, c’est qu’on ne cherche pas vraiment à me connaître, à savoir comment je vais vraiment parce qu’il faut que ça aille, qu’il faut faire vite.

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