Etats d'âme

A-t-on tous les mêmes chances ?

Voilà un sujet qui a eu du mal à se mettre en place dans ma tête, pourtant il y murit depuis bien longtemps. Et même si je me lance aujourd’hui, je ne suis pas sure qu’il soit totalement mur et qu’il vienne facilement. Pourtant, j’ai envie de l’aborder, ça me paraît important. Avons nous les mêmes chances dans la vie ? Il me paraît évident que non. Il n’est pas question ici de bien ou de mal, de riches contre pauvres, simplement de s’interroger sur la possibilité qu’à chacun de faire sa place dans la société en fonction de ses capacités et de ses envies.

On va aborder tout suite la question financière. Il me paraît évident qu’il est plus facile de se construire quand on a de l’argent. Pas forcément à ne plus savoir quoi en faire mais assez pour faire ce que l’on veut, se réaliser. Il sera plus facile d’avoir le loisir de son choix, de faire les études de son choix, de voyager pour s’ouvrir à d’autres cultures, modes de vie, … La problématique de l’argent est assez transversale avec les autres parce que mine de rien, l’argent, quand on en a suffisamment, règle pas mal de soucis. Pas tous qu’on soit d’accord, mais quand même.

Par exemple pour s’insérer sur le marché de l’emploi, être mobile (surtout dans nos campagnes mais les villes ne sont pas exclus de ce soucis) est essentiel. Ici nous n’avons pas de transport en commun, ou si peu, que c’est difficile de compter dessus pour aller travailler. Ils ont plus un objectif touristique qu’autre chose. Du coup passer son permis et avoir une voiture est capital. Et si papa et maman peuvent aider à financer c’est quand même mieux non ? Alors on peut bosser les étés, les week-end tout ça, mais le choix si trouve vite limité si on est peu mobile (le cercle vicieux). Du coup, si on est dans une famille qui peut aider à financer permis et/ou voiture, ben ça aide quand même.
Il en va de même pour les loisirs. Etre mobile est nécessaire. Alors il est potentiellement plus facile de se faire conduire par des amis pour les loisirs. Si on a des amis qui ont des loisirs similaires aux votre bien sur.
On n’est pas tous égaux face à la mobilité du coup, et ça c’est déjà un gros frein dans la vie.

Je citerais bien le cas de l’ouverture à la culture, à tout ce qui a trait au développement on va dire intellectuel. Si on a des parents qui aiment la culture, que l’on baigne dedans, qui lisent, écouter de la musique, peuvent nous initier, on n’aurai pas le même rapport que si on doit se faire les dents seul. Et pareil, on rejoint la thématique mobilité (et argent aussi du coup) : si vous êtes seul dans la famille à vous intéresser au cinéma, aux concert, aux expo, … et que vous êtes perdu dans la campagne, ça devient compliqué d’assouvir cette envie de se cultiver et de se nourrir l’esprit. Et si déjà on ne vous considère pas comme un OVNI à la maison, c’est déjà pas mal.

Le sujet est vaste et relativement complexe à aborder. Mais je constate quand même qu’on a pas la même vision de la vie en fonction des cartes que l’on a en main dès le début. Rien n’est définitif et je ne tiens pas à faire de généralités bien sur, je pense malgré tout qu’une vie ne se vit pas pareil si on a un coup de pouce dès le début que si on doit batailler (ou du moins avoir l’impression de batailler) pour accéder à des choses qui paraissent naturelles à d’autres.
Mais ce n’est que ma vision pessimiste des choses.

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10 réflexions au sujet de « A-t-on tous les mêmes chances ? »

  1. Bonjour,
    Je pense que c’est surtout une question de « caste » car certes, le permis est indispensable, mais les véritables opportunités professionnel ne sont pas du fait de la mobilité, des études, mais plutôt du réseau directe ou indirecte cultivé dans sa classe sociale. Le mariage est un autre exemple de caste car les gens ce marient avec des personnes de la même CSP à 95%. L’argent est donc surtout un baromètre car selon la CSP de tes parents, tu en auras plus ou moins car il y a une forte corrélation entre CSP des parents et des enfants .

  2. Pour le coup je rejoins assez Weygand, déjà qu’au départ nous n’avons pas tous les mêmes chances, mais la plupart des opportunités restent entre les mains d’une caste, un réseau bien défini. Après, tu peux avoir la chance de sympathiser avec un de ces privilégiés pendant tes études (et encore, si les parents ont les moyens de t’envoyer dans une école bien cotée, ou que tu trouves un job qui te permette de payer ET d’étudier) et du coup te retrouver sur le bon navire, mais combien de chances ?
    Je culpabilise souvent de ne pas avoir su tisser de réseau à la fac, de ne pas m’être ouverte à des gens qui auraient pu me permettre de m’élever, mais quand je réfléchis bien, ce n’est pas dans ma fac que j’aurais pu trouver des privilégiés xD

    1. Je suis d’accord aussi avec cette notion de caste. Ca se rejoint finalement. Quand je parle d’argent, on est d’accord que les CSP élevées sont plus favorisés.
      C’est un gros soucis en France les caste, ces vases qui ne communiquent finalement que peu entre eux.

      Ca complète parfaitement ce que j’ai écrit ^^ Et il y a surement encore à dire. J’espère lire ça en commentaire! Je n’ai pas la culture pour développer ça correctement.

  3. J’ai mis un article sur twitter qui parle de l’éducation hier et ça me fait un peu penser à ça… On n’a pas tous les mêmes chances et ça commence dès l’école. On n’est pas tous dans des établissements offrant les mêmes possibilités et pour accéder aux bons c’est une histoire de pognon…

  4. Bonjour,
    Moi je dirais la première inégalité de départ serait la santé, parfois quand on voit certaines maladies orphelines, c’est vraiment la faute à pas de chance que sur des millions d’être humains, fallait que sa tombe sur un tel ou un tel.

    Après avant même de parler argent, je dirais que la b-a-ba, serait l’éducation de nos parents, de faire de nous des êtres responsables, confiants de nous mêmes avec de l’estime de soi, bien dans la peau et surtout heureux. Parfois, les relations familiales sont tellement toxiques et destructrices que tout l’or du monde ne parviendrait pas à reconstruire ce moi bousillé. Et cela va dans les 2 sens, du parents qui ne s’occupe pas de l’éducation au parent qui s’en occupe trop, et qui met trop de pression dans la réussite.

    Après je suis d’accord c’est vrai que l’argent joue beaucoup, c’est un tremplin incontestable. Pour répondre à LAmpy, moi qui habite en banlieue parisienne dans un coin dit sensible, heureusement que ma mère c’est saignée au 4 sangs pour pouvoir me payer une école privé parce que sinon j’aurais eu le droit aux écoles publiques de quartier.

    Bonne journée.

    1. Oui la santé, c’est vrai. Même sans parler de maladies orphelines ou de maladies graves, on a pas tous la même résistance physique aux virus, microbes, maladies qui trainent, au stress, … bref on est différent quoi.

      Pour l’éducation, je crois qu’on n’est pas dans une société où on cherche à être heureux. Il faut être productif, on éduque de futurs travailleurs avant d’éduquer de futurs citoyens. Je ne parle même pas de la place de l’individu. Rien que de penser à l’épanouissement des gens, je crois que ça file des remous à la Bourse!
      On est tout juste gamin qu’on nous parle déjà de notre petite vie tout tracé bien comme il faut : « Alors t’as une copine/un copain à l’école (à des gosses en primaire), faut bien travailler à l’école pour avoir un bon métier, bien gagner sa vie et préparer la retraite (toujours à des gosses). Le rêve, l’évasion, la découverte de soi, que dalle. Un gosse qui sort du lot est montré du doigt en général.

      Bref, on est dans la merde.

  5. Je vais détoner (ne pas être dans le ton et non pas exploser 😉 )

    Je trouve que nous avons tous les mêmes chances mais que nous ne les utilisons pas de la même façon.
    La santé, les maladies orphelines sont assez aléatoire.
    Pour ce qui est de l’éducation si dans le passé un élève doué devait parfois travailler jeune pour s’occuper de sa famille nous n’en sommes plus là et un élève quelque soit son niveau sociale peut accéder à des bonnes écoles.
    Pour les écoles d’ingénieurs c’est assez facile et le taux de mixité sociale y est intéressant.
    Pour les écoles de commerces c’est plus délicat car même si les banques sont prêtes à donner des prêts à taux intéressants, la scolarité coûte chère.
    Je ne nie pas l’influence de parents qui s’intéressent par rapport à des parents qui s’en foutent, mais cela n’est pas forcément lie au niveau social.

    1. Pour l’éducation il y a donc une inégalité selon ton raisonnement : celui qui aura les parents qui pourront payer et ceux qui devront s’endetter et/ou bosser. Et partir dans la vie avec un emprunt à remboursé sans garantie réelle de trouver un emploi à la fin des études.
      On reste bien dans l’inégalité donc selon moi 😉

      1. Je crois avoir parler de parents présent ou non, pas payeurs ou non ;-).

        Pour les emprunts à rembourser, les banques ne sont pas folles, elles prêtent pour les bonnes écoles où trouver un boulot ne pose pas trop de souci. (l’hypothèse de départ étant un enfant doué d’un milieu défavorisé)

        Les autres écoles ne dépendent pas du niveau de la personne, juste du niveau du porte monnaie et mieux vaut ne pas avoir d’argent à y mettre.

      2. Je réagissais surtout à cette histoire d’emprunt d’où la distinction entre les parents qui peuvent payer et les étudiants qui doivent faire autrement.
        Si j’y pense demain je me renseignerais sur les prêts étudiant. Là, j’ai un livre à finir 📖

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