La mascarade de l’entretien d’embauche

Je ne sais pas vous, mais personnellement, déjà au niveau de la lettre de motivation, j’ai du mal. Comment dire et transmettre à un employeur que je suis motivée pour le poste qu’il propose alors que c’est peu souvent le cas ? Je ne suis pas actrice, je n’ai pas envie de jouer un rôle. Je ne suis pas vendeuse, je n’ai pas envie de me vendre. Je n’y arrive pas. Cet exercice m’est pénible. Et pour un peu que ma candidature aille plus loin, je ne suis pas sortie de l’auberge.

Parce que si c’est compliqué de trouver des points motivants à un poste qui ne l’est pas pour une lettre de motivation, en entretien d’embauche, c’est carrément impossible. Si on était dans un monde idéal, on pourrait postuler pour des postes qui nous plaisent, on viserait des emplois qui nous motivent et ce serait beaucoup plus facile de dire pourquoi on postule, pourquoi on veut ce job. Mais on n’est pas dans un monde idéal (n’en déplaise à Pole Emploi), et jouer la mascarade devant un employeur qui veut que je lui passe la brosse à reluire pour son poste bien souvent précaire, aux taches bof bof et en fait dont je ne sais rien (entre l’annonce et la réalité, il peu y avoir un monde ou deux), ben je n’y arrive pas. Je ne sais pas faire semblant.

Je suis négative par nature, c’est comme ça. Donc je sais que je vois les mauvais cotés plus que les bons. C’est un moyen de ne pas être déçue parce que pour le moment j’ai rarement été surprise de façon positive. On va me dire que c’est mon attitude négative qui attire le négatif, ouais peut être, mais bon, je n’ai certes pas vécu de gros drames dans ma vie mais on ne peut pas dire qu’il y aie eu de jolis cadeaux qui l’ont parsemé. J’ai eu de chouettes moments comme tout le monde mais rien d’extatique.

Mon parcours sur le marché de l’emploi ne déroge pas à la règle. Je sais pas, c’est mon karma peut être. Y’a rien de passionnant dans les tafs que je recherche. Je n’ai rien de passionnant à proposer non plus de toute façon. Je ne sais aps quoi faire de ma vie, je ne sais même pas ce que j’aimerais en faire en fait. J’ai l’impression de ne pas avoir fait les bonnes choses aux bons moments pour que ma vie prenne la bonne tournure. Ca semble évident vu la situation de néant dans laquelle je suis.

Normalement, plus on cherche moins on devrait faire les difficiles. Pour le taf comme pour le reste. Mais je n’y arrive pas parce que ce temps que j’ai pour réfléchir ne me permet pas de savoir ce que je veux (ce que je vaux, ce qui est possible entre désir et réalité) mais je sais ce que je ne veux pas et cela s’affirme au fil du temps. Et faire la motivée en entretien d’embauche pour un emploi précaire, ben non, ça je ne peux plus. Il y a quelques années, je pouvais encore. Maintenant je n’y arrive plus. L’illusion du commencer en bas de l’échelle et progresser n’a jamais bien fonctionné avec moi mais alors c’est pire avec le temps. Si on a pas un taf un minimum intéressant pour valoriser le CV, on ne peut pas espérer retrouver ensuite un taf correct. Point. Et même avec une ligne ou deux sympa sur le CV, retrouver un vrai emploi (et pas des miettes) est plus qu’incertain.

Donc me la jouer intéressée à mort pour un poste qui est juste passable, alors que j’ai pas de base un profil forcément dynamique qui pète la joie, ben, non. Je pourrais faire mille ateliers entretien d’embauche, ça n’y changera rien. Je ne suis pas un robot qu’on programme pour être ce que le système veut. Je veux bien trouver ma place, faire des compromis (même si je suis déjà au plan Z dixième du nom au moins), oui, mais pas totalement à mes dépends, pas si je dois être encore plus malheureuse. Je veux une solution qui m’apporte un peu de paix. Tout simplement. Et là, je pourrais peut être vendre un projet en entretien d’embauche

Publicités
Poster un commentaire

7 Commentaires

  1. Pour ma part j’ai cessé de jouer les hypocrites ultra-motivée, je reste sobre sur ma lettre de motivation et en entretien je ne cache même plus que pour moi c’est un job pour vivre et c’est tout. Ça plaît ou ça ne plaît pas, mais au moins, ça a le mérite d’être moi.

    Réponse
    • La lettre j’avoue que je fais quasi toujours la même. J’ai autant de réponse que lorsque je passais un après midi à pondre un truc personnalisé. Peut être plus.
      Pour l’entretien c’est un peu ce vers quoi je tend désormais. Je sais plus faire ma motivée pour des jobs qui souvent ne le sont pas. Qui sont souvent précaires en plus. Je ne le fais pas aussi ouvertement mais à la limite, je devrais.

      Réponse
      • Je ne vois plus l’intérêt de faire semblant en entretien. Si les recruteurs sont imbus d’eux-mêmes au point de vouloir être brossés dans le sens du poil en faisant semblant d’ignorer le marché du travail… ils ne méritent même pas qu’on les calcule. Des gens qui aiment humilier leurs futurs collaborateurs, c’est concept. Et personne ne peut prétendre ignorer l’état du marché du travail. Même les médias ont arrêté de nier le chômage de masse.

        Réponse
  2. Les patrons te testent à mort lors de l’entretien alors qu’ils savent très bien que dans les 3/4 des cas tu prend ce qui te tombe sous la main car ça paye les factures

    Réponse
  3. weygand

     /  13/04/2017

    Pour les entretiens il m’est déjà arrivé de recadrer des recruteurs peux respectueux . Genre le type qui te fait comprendre qu’à 35 ans tu es trop vieux . Il faut leur rentrer dans le lard car c’est rarement pour te tester, mais plutôt car ils ont un sentiment de supériorité et ils aiment bien que tu sois à leur pieds et soumis… Alors vu que l’entretien n’apportera rien, autant ce faire un petit plaisir en lui balançant 2 ou 3 pics sarcastique sur lui ou sur son entreprise ! ^^

    Réponse
  4. Perso pour la lettre de motivation c’était quasiment toujours la même. Et pour l’entretien, je ressentais exactement comme toi … Je me deguisais, j’enfilais le costume, et je me mettais dans la peau de quelqu’un d’autre. C’est la seule méthode que j’ai trouvée. Et j’essayais de préparer au maximum ce que j’avais à dire pour ne pas avoir à improviser, chose que je ne sais pas faire. Donc japprennais par coeur… La description de l’entreprise… Du poste.. Les détails de mon parcours… Les questions typiques.. Bref, ce n’est sûrement pas une bonne méthode mais ça me rassurait.
    Toujours est-il qu’il faudra s’attendre à garder ce déguisement au moins le temps de la période d’essai… Voir plus.. Ce qui peut être difficile, l’entretien n’est qu’une étape, il faut faire le job ensuite 😥
    Je te souhaite beaucoup de courage !

    Réponse
  5. « Je ne sais pas quoi faire de ma vie, je ne sais même pas ce que j’aimerais en faire en fait. J’ai l’impression de ne pas avoir fait les bonnes choses aux bons moments pour que ma vie prenne la bonne tournure. Ca semble évident vu la situation de néant dans laquelle je suis.  » Merci pour ce texte je crois que je pourrais me le tatouer dans la peau tellement il me parle.

    j’ai aussi ce sentiment; le manque d’enthousiasme, de motivation, d’énergie. Au début, pour mes premiers entretiens, j’étais surexcitée, j’avais de l’ambition, je disais que je voulais apprendre, etc des conneries quand j’y repense. Et puis au fil des RDV, j’ai vite déchanté. Pareil pour les recruteurs, il voulait une personne qui habite sur Paris, dynamique investie curieuse pour quel salaire, le smic.

    J’ai déjà eu la réflexion dans mon travail, « vous êtes pas assez souriante, trop triste pas assez vivace », mais quand on n’aime pas ce que l’on fait, qu’on préférais se jeter dans un sentier pleins de ronce plutôt que de venir au travail, il est très difficile d’avoir le sourire au lèvres et l’avoir l’air ravie. Mais je pense surtout que au fil des années, on n’arrive plus à se mentir à soi-même, que à défaut de savoir ce que l’on veut, il y a des choses que l’on accepte plus, que l’on ne veut pas pour sa vie.

    J’ai aussi le sentiment de pas avoir fait ce qu’il fallait pour construire une vie dans laquelle je me sente bien, j’ai eu beaucoup (trop) de mauvaises expériences et pas assez de bonnes et surtout un environnement familial toxique, mais surtout je crois que j’ai pas pris assez de risques. J’ai toujours jouer la sécurité avec une filière qui recrute, qui m’offre un emploi stable au lieu de favoriser vraiment ce qui me rendrait heureuse. Je ne me suis pas assez écouter, oublier ce moi et ce bonheur intérieur; Alors une fois que l’on est dans cette prison de la situation stable pour les autres mais qui est l’enfer pour nous même, il est difficile de dire non, de dire stop. Personne n’est là pour me comprendre que en fait.

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :