Etats d'âme·Inclassable

Habiter chez ses parents, bon plan ou enfer ?

Ah ! L’image du Tanguy qui reste chez papa-maman, par choix, par confort, tout ça. C’est un peu l’image que l’on se traine quand on est encore (ou que l’on revient) chez ses parents une fois adulte. La réalité est moins rose cependant, car c’est souvent par manque de sousous qu’on ne se lance pas dans l’aventure de l’indépendance (ou qu’on revient, encore une fois, je suis pas sure de le préciser à chaque fois). Des contrats précaires, des minimas sociaux peut rassurant, des loyers élevés et des proprios aux exigences de malade. Tout ceci constitue un sacré frein. Et on est quand même bien content de pouvoir séjourner sous le toit familial, c’est quand même plus sympa que de se retrouver à dormir dans sa voiture (si on en a une). Mais la cohabitation, malgré tout le respect et l’affection qu’il peut y avoir de part et d’autre, n’est pas toujours aisée. Quelques petits trucs pas facile à vivre quand on cohabite avec ses parents :

D’abord, il y a le fait qu’on est pas chez soi. C’est pas notre déco, c’est pas notre rangement, c’est pas comme ci ou comme ça qu’on aurait fait si on était chez nous. Bref. Ca a beau être la maison familiale, le chef, c’est pas nous. Donc faut s’adapter.
Et comme on est pas chez nous, c’est un peu plus compliqué de se faire des repas entre potes, des soirées entre potes, des réunions Tupperware et autres. On est pas chez soi donc imposer la présence d’invités est délicat. Puis bon, une soirée entre pote avec les parents qui chaperonnent, sans parler de faire des excès, ça limite quand même la liberté d’agir et de parler.
Je ne vous parle pas de ramener une « conquête », ça devient gênant.

On a pas forcément la même manière d’appréhender la vie quotidienne que ses parents. Eux, debout super tôt, très responsable, passe leur matinée à tondre la pelouse, faire le ménage, cuisiner pour à peu près trois milles personnes, repasser, … bref, tout ça pour rester le reste de la journée devant la télé le plus souvent.
Je suis plutôt une lève tard et pas forcément parce que je dors mais juste je comate dans mon lit et entre le moment où je me réveille et où je me lève, j’ai déjà pris connaissance des actus du matin avec la radio, j’ai checké les réseaux sociaux, j’ai vu si j’avais des mails, j’ai fait un tour sur Le repaire des galériens (parfois deux tours même). Le tout, sous la couette depuis mon téléphone. Pour un peu que j’ai de quoi écrire pas loin et qu’une idée pour le blog me soit venue pendant la nuit, j’aurais aussi fait ça.
Ca paraît être ne rien faire, mais c’est juste qu’on a pas la même vision des choses. Ca n’empêche pas, une fois levé, de faire le ménage, la lessive, se faire à manger (pas un plat qui prend 3h à faire comme ceux de maman, mais bref, on s’alimente quoi).
Les repas justement, pour un peu que vous soyez adepte du végétarisme, du véganisme, du sans gluten/lactose/…, allez appliquer votre régime alimentaire sans provoquer un torrent d’incompréhension !

Du coup, chez papa/maman, ça manque un peu d’intimité. Ça rejoint le reste. On est pas chez soi, on ne fait pas ce qu’on veut (tant pis si vous aimez vous balader dans le plus simple appareil). Il reste la chambre. Ce refuge. Mais là encore, pour ma part, je ne m’y sens pas totalement libre en fait. C’est ma pièce mais elle fait partie de la maison. On ne frappe pas forcément avant d’entrer (je ne ferme plus la porte en journée d’ailleurs, ou rarement). Et même si je suis sure qu’on ne fouille pas mes affaires, j’ai toujours peur qu’on tombe sur un truc qui me rendrait mal à l’aise si c’était lu/vu. Les articles du blog ne sont pas sur papier par exemple. Si mes fichiers texte se perdent un jour, si mon ordi et mon disque dur externe me quittent tous les deux en même temps, je n’aurais plus qu’à tout récupérer en ligne. Quand j’écris un truc sur papier, je le déchire minutieusement avant de le mettre à la poubelle.
Autre exemple, j’ai un petit carnet de développement personnel à remplir. C’est plutôt sympa comme idée. Bon je dis dev perso, mais c’est plus large comme concept (ça s’appelle Petits moments avec moi-même). Je n’ose pas le remplir. Je l’ai depuis des mois et j’ai tout juste rempli il y a peu des listes qui ne prêtent pas à trop s’exposer. Y’a peu de chance pour que quelqu’un vienne le lire pourtant. Mais j’ai la frousse quand même.
Puis c’est pas super isolé, phonétiquement parlant. Se taper un délire danse et chant sur le dernier Sia pour évacuer un peu la pression, ça passait quand on avait 16 ans (c’était plutôt Britney Spears à l’époque d’ailleurs, bref) mais une fois adulte, c’est le genre de débordement qu’on fait quand on est VRAIMENT seul, sous peine d’avoir droit à des regards gênés ou des questions embarrassantes.
Il y aurait plein d’exemples à donner.

Ces trois points se rejoignent plus ou moins, de l’un découle l’autre et vice versa. Alors ce n’est pas une plaie de vivre chez ses parents. Mais parfois, avoir un chez soi manque cruellement et la frustration est présente malgré tout. Mais ce n’est pas si simple de prendre son indépendance, quand on commence à faire les calculs de ce que ça couterait, rien qu’au niveau de l’emménagement ça grimpe vite si on est pas déjà équipé un peu. Même en achetant le strict minimum. L’électroménager coute cher sans faire de folie. Puis y’a toutes les charges et tout. Bref, je vois bien que ce serait la galère, même dans un coin où je pense que l’immobilier est relativement bas.
Il faudrait pouvoir se prendre quelques jours, une petite semaine, de vacances, loin du quotidien pour lâcher la pression (la pression de tout, pas juste de la « cohabitation »). Mais ça aussi ce n’est pas simple parce que les locations de vacances ne sont pas données non plus.

(Juste comme ça, je suis en train de faire des confetti avec le petit plan que j’avais noté sur papier, histoire de prouver mes dires).

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5 réflexions au sujet de « Habiter chez ses parents, bon plan ou enfer ? »

  1. Et quand on te dit que tu n’as pas droit à des aides parce que tu vis chez tes parents et que du coup tu bénéficies de leurs revenus?
    Comme si ce n’était pas assez humiliant de ne pas pouvoir payer de loyer, tu dois quémander de l’argent… 😦

    1. C’est clair! J’ai jamais eu le cas mais ton histoire est écoeurante. Je n’en reviens toujours pas, c’est comme te refuser l’accès à la justice en fait.
      Le chomage, la précarité ne sont déjà pas évident mais entrainent des situations parfois humiliantes. Au mieux gênantes.

      1. Oui, sauf que l’affaire était déjà engagée (parce qu’on est obligé d’engager l’affaire avant de faire la demande!)… Bref je suis outrée par un système dégueulasse… 😦

  2. C’est vrai que que c’est un sujet un peu douloureux à aborder.

    Dans mon cas, je suis un peu une traumatisée de la recherche d’appart. En région parisienne, avec un salaire moyen, on ne peut pas se loger SEUL! J’ai parcouru les agences, mais avec un salaire moyen, je ne me suis vu proposer que des logements poubelles, des chambres de bonnes de 8m², des studios dans des anciens hôtels retapés avec une hygiène déplorable. L’appart « normal » propre de quoi vivre décemment reste du luxe. La seule solution, s’éloigner de Paris et la super, il faut 1h30 soit 3h de trajet aller retour pour aller au boulot tout sa pour un studio de 20m². Et puis techniquement, le problème fondamental reste l’argent. Car je en faisant les simulations, je n’ai pas le doit aux apl alors quand je déduit de mon salaire le loyer et tout les frais qu’ils s’en suit il me reste tout juste assez pour faire les courses et ce serait l’adieu au petit plaisir. Et cela me fait atrocement peur. Quand je dis plaisir, rien de fou fou, juste des petites dépenses extra comme un ciné. Car déjà que je suis pas très heureuse au travail, si en plus, ma vie à côté serait un enfer, je crois que je préférerais sauter par la fenêtre.Si je tombe malade en arrêt maladie, avec perte de salaire, je sais pas comment je ferais parce que j’ai personne pour m’aider.

    A cela s’ajoute les super conseils des proches, « c’est pas normal à ton âge d’habiter chez ses parents », et bien si je pouvais avoir une vie normal simplement en le voulant cela ferait longtemps que je l’aurais, « trouve toi un copain » bien sur, demain je me lève, un mec sonne à ma porte et me dis « bonjour, je t’aime et si on habitais ensemble », « tu vois ta cousine elle a trouver » ma cousine elle a des parents qui lui signent un chèque de 500 balles tout les mois.

    Alors c’est vrai que le cercle vertueux, super taff+ super mec+ super appart+super voyage comme peuvent avoir certaines personnes de mon entourage me laisse un peu envieuse. Mais bon telle est la vie.

    1. En région parisienne, c’est vrai que c’est vraiment l’enfer le logement. C’est déjà pas simple ailleurs (pareil, pour avoir un truc à prix correct, faut s’éloigner des villes, des petits bourg, prendre un logement assez bof qui éloigne de tout. Avec un impact moindre, ce sont les mêmes contraintes qu’en RP).

      On aimerait tous avoir été gâté par la vie, faut que les gens arrêtent de croire qu’on galère par plaisir. On fait peut-être de mauvais choix, on ne saisit peut être pas une opportunité intéressante (parce qu’elle nous saute pas aux yeux) mais c’est pas par envie de rater sa vie. C’est par peur souvent, par manque de chance aussi un peu, bref, les causes sont multiples.

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