La solitude

solitude
Ca me fait bizarre de me lancer à écrire sur ce sujet. C’est personnel, intime, c’est donc prendre le risque de s’exposer plus qu’on ne le souhaite. Mais tant pis, en 2017, prenons des risques. Mais pas trop quand même.

Depuis quelques semaines, je sens le poids de la solitude dans ma vie. Je n’ai jamais été super entourée, je suis de nature solitaire et je me suis souvent mis volontairement en retrait. C’est assez dérangeant dans une société où pour compter il faut se montrer, user et abuser, j’ai presque envie de dire être dans un show permanent, se vendre. Je suis du genre à trouver qu’une soirée réussi est une soirée tranquille à la maison avec un bouquin, une série ou de la musique, … J’ai toujours été comme ça, depuis petite. Je n’aime pas la foule, ça me fait tourner la tête. Je pense que n’étant pas à l’aise avec les relations sociales, ça me fait trop de données à « traiter » et j’ai du mal à savoir comment agir. Du coup, quand pour la plupart des personnes (de mon entourage en tout cas) une bonne soirée c’est se bourrer la gueule en boite, s’insérer devient compliqué. Je ne suis pas contre sortir, mais dans des conditions plus calmes (ciné, restau) ou un autre contexte (concert). Mais ce genre de sortie m’était rarement proposée et quand on habite à 30 km de tout et qu’on a pas de véhicule, (et pas le permis de toute façon quand on est mineur), c’est dur de faire les choses seule.

Bref, en grandissant, le chômage aidant, les amis s’éloignent, les connaissances restent des connaissances, on s’isole encore un peu plus parce que chacun a sa vie à gérer. On se hait de plus en plus de ne pas y arriver, de ne pas être comme tout le monde, de ne pas savoir s’adapter à la société. Les occasions de sortir, déjà rares, se font inexistantes. On se barricade un peu aussi, pour cacher sa honte du vide de notre vie qu’on ne cesse de nous rappeler dès qu’on croise quelqu’un (« Alors, toujours pas de taf ? »). Ce n’est pas valorisant, c’est humiliant et on aimerait être vu autrement que par ce qui manque dans nos vies et plus par ce que l’on est. Mais ça aussi on finit par le perdre au bout d’un moment. Et je me demande si il n’est pas plus dur de nouer de véritables amitiés passé 20 ans qu’à l’époque scolaire.

Et un jour, alors que tout allait pas si mal avant à ce niveau là, on se prend la solitude en pleine tronche. On peut combler un peu le manque avec Internet, mais une présence physique, réelle, ça fait du bien parfois. Quelqu’un avec qui prendre un café, parler d’un livre qu’on a lu. Quelqu’un qui nous ouvre l’esprit, qui respecte la personne que l’on est, ce que l’on aime, ce que l’on veut, … l’absence d’une (ou de) personne(s) comme ça vient toquer à la porte à un moment ou un autre. Et on se demande si on aurait pas du se forcer à être quelqu’un d’autre à une époque de sa vie, si on aurait pas pu y trouver quelques bienfaits. Ou peut être que ça n’aurait rien changé. Mais c’est dur de savoir où rencontrer de nouvelles personnes. Je vais chaque semaine à un court de sport mais je suis tellement handicapée des relations sociales que je n’y ai noué aucune amitié (y’a pas vraiment de personnes de mon age non plus en fait, bref).
Puis avec mes idées idéalistes à la con, mon ennui de certains propos (les gens qui te rabâchent les mêmes banalités sur le chômage, la recherche d’emploi, pitié!!!!), c’est difficile de nouer des liens sans paraitre trop excessive.

N’en déplaise à nos hommes politiques, je ne me sens pas plus sociabilisée lorsque je travaille. Au contraire. Les gens qui parlent de ce qu’ils ont regardé la veille à la télé, de leurs dernières vacances, du prochain écran plat qu’ils vont acheter ou qui se racontent des ragots sur machin et machine, … Ben ça me donne envie de me planquer en fait. Je suis pourtant sure d’avoir croiser des gens tout à fait intelligents lors de mes contrats mais la vie sociale est emplie d’une telle banalité à laquelle toute le monde se prête que c’est dur d’y trouver un intérêt.

Je suis à un moment de ma vie où il me faut donc trouver un nouvel équilibre, une nouvelle façon d’accepter ce que j’ai construit parce que j’ai l’impression que c’est ce qui m’attend jusqu’à la fin. La solitude.

La solitude est une chose bien étrange.
Elle vous envahit, tout doucement et sans faire de bruit, s’assoit à vos coté dans le noir, vous caresse les cheveux pendant votre sommeil. Elle s’enroule autour de vous, vous serre si fort que vous pouvez à peine respirer, que vous n’entendez presque plus la pulsation du sang dans vos veines, tandis qu’elle file sur votre peau et effleure de ses lèvres le fin duvet de votre nuque. Ele s’installe dans votre cœur, s’allonge près de vous la nuit, dévore comme une sangsue la lumière dans le moindre recoin. C’est une compagne de chaque instant, qui vous serre la main pour mieux vous tirer vers le bas quand vous luttez pour vous redresser.
Vous vous réveillez le matin et vous vous demandez qui vous êtes. Vous n’arrivez pas à vous endormir le soir et tremblez comme une feuille. Vous doutez vous doutez vous doutez.
Je dois
Je ne dois pas
Je devrais
Pourquoi je ne vais pas
Et même quand vous êtes prêt à lâcher prise. Quand vous êtes prêt à vous libérer. Quand vous êtes prêt à devenir quelqu’un de nouveau. La solitude est une vieille amie debout à votre coté dans le miroir ; elle vous regarde droit dans les yeux, vous met au défi de mener votre vie sans elle. Vous ne pouvez pas trouver les mots pour lutter contre vous-même, lutter contre les mots qui hurlent que vous n’êtes pas à la hauteur, que vous ne le serez jamais vraiment, jamais vraiment.
La solitude est une compagne cruelle, maudite.
Parfois, elle ne veut simplement pas vous abandonner.

Ne m’échappe pas, Tahereh Mafi

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18 réflexions sur “La solitude

  1. brayer

    « Je suis à un moment de ma vie où il me faut donc trouver un nouvel équilibre, » Arrête toi à cette phrase et, vas-y! lance-toi!!
    C’est quand on a plus grand chose et que personne ne changera pour nous, qu’on se dit qu’il faut attaquer une nouvelle vie!! (oui, je parle un peu de moi^^, année de mes trente ans= année de métamorphose!). Même sans parler de changer de métier, on peut déjà trouver un équilibre personnel: apparence physique, activité sportive et/ou manuelle, apprendre quelque chose de nouveau en autodidacte,…
    Au sujet de la solitude, on est toujours seul, même en couple! mais bon, même les gens les plus solitaires apprécient un peu de compagnie. Alors apprenons à sympathiser avec de nouvelles personnes, quelque soit l’âge!! (des personnes agées peuvent donner de meilleures conseils de vie que notre génération!).

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    1. Justement, depuis quelques années je teste de nouvelles activités (sportive (même si le sport et moi c’est pas le grand amour, j’ai trouvé 1 activité qui me plait et me fait du bien), développement personnel, et depuis l’an dernier je tente de réaliser un rêve de gosse en apprenant la guitare en autodidacte), je me freine moins niveau lecture aussi. Et c’est super, très stimulant, gratifiant même (malgré le peu d’intérêt que ça inspire autour de moi). Mais il manque encore quelque chose que je ne saurais pointer. Mais comme je suis une éternelle insatisfaite, on peut donc supposer qu’il me manquera toujours un truc pour que le tableau soit « parfait ».
      En effet, j’ai toujours pensé qu’on est toujours seul de toute façon. Mais parfois un peu de compagnie n’est pas désagréable.

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  2. J’ai eu, et j’ai exactement le même « problème ». Je pense que la solitude vient du moment ou on a pas les mêmes buts que les autres et cela nous pousse à l’écart.
    J’ai vécu cela lorsque je me suis fait renvoyée de mon travail, mais cela m’a permis d’avancer de prendre conscience de beaucoup de choses et pour cela que j’ai commencer mon blog actuel 🙂
    Mais il ne faut pas que tu reste dans la solitude, le mieux c’est d’en parler et c’est super que tu puisse en parler ici! 😀

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  3. Marie Oissel

    Coucou
    Certaines personnes sont solitaires car elles sont vraies.
    Peut être que simplement tu ne peux pas faire semblant comme la majorité des personnes « intégrées » dans ce monde qui va trop vite.
    Je crois aussi que les vraies relations se comptent sur les doigts d’une main. Le reste n’est que superficiel.

    Je suis ton blog depuis longtemps. Et ta galère pour trouver un travail. Ta position géographique te freine. Mais tu es intelligente, sensible et sincère. Tu trouveras ta voie ☺.

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    1. En effet, j’ai du mal à faire semblant. En général, on voit direct sur mon visage si un truc ne va pas, dans mon attitude si je m’ennuie. J’intellectualise surement trop, j’analyse trop.
      Je ne sais pas si je suis intelligente, sensible et sincère. Je voudrais juste réussir à être bien dans ma vie.

      Merci pour ton message.
      Merci à tous pour vos messages.

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  4. Alors là ! je suis bluffée, j’ai l’impression que j’aurais pu écrire mot à mot cet article, pareil je n’ai pas de relations sociales, que des connaissances et parfois ça me pèse mais je ne sais plus quoi faire pour changer ça

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  5. Café Arabica

    Bonjour Angie,

    Je vais vous proposer une relecture complète de votre message, de ce que j’ai pu en comprendre et de la configuration spirituelle que ce message a spontanément pris dans mon esprit.
    Je ne vous demande évidemment pas de souscrire à ce que j’écris.
    Mais votre message m’est apparu tellement « parlant » que je prends à mon tour le risque de vous soumettre ce que j’en ai compris.
    Il apparaît, dans ce message, que vous parlez d’une solitude qui est souffrante.
    Mais, et il est important d’insister sur le mais, avant de parler de souffrance, votre solitude se présente, avant toute chose, comme une aptitude positive, que vous décrivez d’ailleurs comme telle: recherche d’authenticité, fuite des apparences, etc.. Autrement dit, vous faites, (au fil de vos différents messages), la description d’une personne beaucoup plus tournée vers l’intériorité que vers l’extériorité.
    Et cela, de prime abord, est une qualité indéniable. Parlons même (allez! j’ose le dire!) d’une aptitude d’ordre spirituel.

    Sauf que cette aptitude à rester seule avec soi même, finalement, au fil de votre message, est peu à peu déviée de sa trajectoire naturelle. D’une solitude de nature positive, qui tourne le coeur vers les réalités invisibles (comme l’aurait écrit Antoine de Saint Exupéry), on est dirigé, conte toute attente et sans que l’on puisse vraiment comprendre pourquoi, vers l’idée d’une solitude engluée dans une souffrance dont l’on ne s’extirpe pas. Arrive alors la description de Tahereh Mafi et là, PAF! (oui, oui, j’écris bien PAF!), la raison du trouble s’éclaire d’un coup.

    Depuis le départ, Angie, sommes nous nous sûrs de parler vraiment de solitude?
    Si je reprends le texte de T. Mafi, ce qui nous « fait trembler », est ce vraiment la solitude?
    Ce qui « s’installe dans nos coeurs, dévore la lumière comme une sangsue, nous tire vers le basé », est-ce vraiment la solitude?

    Je dois vous le dire franchement, Angie. Lorsque je suis arrivée à la fin de votre message, je me suis dit que l’objet réel de votre propos n’était pas la souffrance infligée par la solitude. L’objet réel de votre propos est ailleurs.
    Car de quoi parle-t-on ici si ce n’est de la ……peur?

    Je pourrais poursuivre mais je dois vous confier que j’ai déjà beaucoup écrit et que ne pouvant savoir à l’avance l’accueil que vous ferez à cette analyse, je préfère m’interrompre pour vous souhaiter une bonne journée.

    Bien fraternellement

    Café Arabica

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  6. alex

    Coucou angie, comme beaucoup, ton texte me parle énormément, c’est fou à quel point nous ressentons la même chose. Je pense qu’il y a des gens doués pour la vie sociale ( rappelle toi à l’école il y avait toujours la préférée) et le vilain petit canard que le reste du groupe regardait avec des gros yeux…

    Pour ma part, j’ai toujours eu du mal à être en groupe, à avoir une bande de copain, mes années lycées ont été une vrai traversée du désert. C’est comme si je payais l’addition du passé de toutes ces galères et souffrances pour lesquelles je me sens fautive sans vraiment en être la cause. Parfois, je me dis que la vie, c’est aussi une question de chance (et la je pense que beaucoup diront « mais vas-y crée là) mais je pense que cela va au delà de ça. Il faut je pense avoir déjà de bonnes bases familiales ce qui est loin d’être le cas pour ma part, puis faire les bonnes rencontres et les bons choix aux bons moments. J’habite en région parisienne et je peux te dire que en terme de relations humaines, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux. Mais c’est vrai que quand je repense au passé et à tout ce qui m’a conduit jusqu’à ma vie actuelle, je le vis comme une injustice, comme si j’avais eu le droit à la mauvaise vie, que j’avais tirer la mauvaise carte, pas de bol…

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    1. Tu sais j’habite à la campagne, c’est pas vraiment plus facile niveau relations humaines. Commérages et autres joyeusetés de ce type sont monnaie courante et comme on peut le lire dans certains de mes articles, croiser quelqu’un qui ne va avoir que la question du taf à la bouche ne donne pas envie de se sociabiliser. On finit même par aller faire les courses à reculons (déjà que c’est pas marrant) de peur de croiser qui que ce soit qui aurait envie de jouer à l’agent PE.
      Créer sa chance? Oui peut être qu’il faut se la créer mais je ne pense pas que tout soit une question de volonté. Il y a les opportunités qui se présentent ou pas aussi. et je dois dire que je suis aussi dans le cas où y’a pas grand chose d’intéressant qui se soit présenter sur ma route. J’ai surement laisser passé de belles occasions, comme tout le monde. Mais finalement, si on les laisse passer, c’est peut être que ce n’était pas pour nous.
      Mon gros soucis est d’être une rêveuse, une idéaliste peut-être même. De fait, la réalité sera toujours bien pale face à mes envies.

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      1. alex

        Personnellement, je me sens un peu démunie face à ce problème. Les amitiés sont très difficiles à créer aujourd’hui et cela ne dépend pas de nous, on ne pas forcer les gens à nous aimer et encore plus quand l’âge avance et que l’on a des centres d’intérêts très divergent. Pour ma part, beaucoup de mes amies se sont mariées et ont fondées leurs familles, du coup naturellement et bien l’ont s’est perdue de vue. Cela me fait mal dans le fond, j’aurais aimé, avec tout ce qu’on a partagé qu’elle se souviennent de moi. Tu dis que tu as laissé passer des occasions, je peux te dire une chose, il vaut mieux laisser passer des occasions que faire des erreurs irréparables, emprunter des mauvais chemins qui nous conduisent vers la catastrophe. ( ce qui est mon cas). Je pense que le cercle familial en ai aussi pour quelques choses.

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  7. Pelagie

    Quel âge avez Angie!? Et quel est le but de votre blog!? Car j’ai posté un commentaire sur votre site , mais ai un doute . pouvez vous m’aiclairer svp. J’aime bien comprendre les motivations des gens!? Abientôt

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    1. En lisant en particulier le dernier billet que j’ai écrit, on apprend que je suis trentenaire (depuis quelques années déjà). Et le but du blog me parait assez clair et certainement pas unique à mon cas : m’exprimer, échanger, lâcher ce que j’ai sur le cœur tout en m’autorisant à un peu plus de légèreté parfois.

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  8. Pelagie

    D’où ma question quel est votre âge!!!!!
    Et merci de vos réponses ….vous avez raison resté dans la clarté.!? Bonne route et je souhaite qu’elle soit plus claire….

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  9. Je suis exactement dans la même situation et je partage ces idées. Je me sent toujours mal lorsqu’on me pose cette sempiternelle question. Alors ! Toujours seul ! T’as l’impression d’être damné. T’as l’impression d’entendre les pensées de ton interlocuteur, tu imagines les conversations de l’entourage. Oui mais, s’il est seul c’est parce que… ! Un gars comme lui ne devrait pas être seul ! Tu as encore plus envie de t’isoler pour éviter d’en rajouter une couche à ta douleur. Parce qu’au bout du temps tu ne peux plus rien prétendre. Ta solitude s’affiche quoique tu fasses. Tu t’isoles davantage parce que c’est devenu insupportable. Et bien oui, je suis seul et j’en souffre terriblement. Cependant je pense que la solitude est une période. Un moment de transition entre deux époques de la vie. La solitude à du sens si elle construit l’étape suivante. Elle te pousse aux fesses et ne lachera pas tant que tu ne trouveras la sortie. La solitude est une réalité qui n’a que faire du sentimentalisme. De la pleurniche et de l’apitoiement sur soi-même. C’est cela qui fait souffrir. Ca ! C’est pour la théorie 🙂

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