Etats d'âme

Être seule

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Être seule. Vaste sujet, vaste question. Qu’est ce que j’entend par là ? Pourquoi j’ai envie d’aborder cela aujourd’hui sur le blog ? Ai-je finalement basculé dans la folie ? Bon je retire cette dernière question, il est évident que c’est fait depuis longtemps. Soyons sérieux. Ce n’est pas un secret, je suis une solitaire. Et j’en prend vraiment de plus en plus conscience en ce moment et je me demande si je suis bien normale.

Ce mois d’octobre, je travaille. C’est pas un emploi « youpi, hourrah » mais j’ai déjà connu pire. Je bosse à l’abris, l’ambiance est pas trop mauvaise, je touche enfin un foutu ordi dans le cadre de mon travail, le petit gramme d’optimisme qui me reste a presque envie de croire qu’on est sur la bonne voie lui et moi (il abuse toujours un peu). En fait, tant qu’aucune des « supérieures » ne se prend l’envie de me coller des taches à la con, le boulot est plutôt tranquille. Je pense avoir pigé correctement mes taches principales et donc être autonome et du coup pouvoir bosser plus ou moins dans mon monde. Sauf qu ‘on est tous dans un grand espace façon open space et que toute la journée c’est le brouhaha, les allés et venus de certains (y’en a qui passent plus de temps à se balader qu’à bosser je crois), le téléphone des uns et des autres quand c’est pas leurs portables. Mon seul refuge : les WC. Un endroit paradisiaque où règne le (presque) silence. Qu’est ce que j’aimerais avoir un bureau dont je pourrais pousser la porte de temps à autre afin d’être tranquille. J’ai vraiment du mal à gérer durant 7h d’être entourée par une dizaine de personne dont on se prend les énergies en pleine tronche.
C’est donc un peu compliqué parce que le monde du travail c’est ça, supporter les collègues, leurs blagues à la con (parfois sexistes, raciste, …), c’est bosser en équipe, c’est être social. Je ne le suis pas vraiment. J’aime voir des gens, parfois, de temps à autre. Pas 7h sans option de repli.

On pourrait donc se dire que j’attend avec impatience le moment où j’arrive chez moi. Parce que là, on est tranquille en général. Oui, en général. En temps normal, j’y suis très bien chez moi. Même si j’habite avec ma mère, j’arrive à avoir des moments seule à la maison, ça me permet de garder l’équilibre. Sauf qu’en ce moment, en bossant, avoir ces petits moments de solitude totale devient assez compliqué aussi.
J’adore ma mère, c’est pas le soucis mais on a des modes de vie assez différents en fait. Etre seule quand elle est boulot (et que moi je suis au chomage) me permet de vivre ma vie comme je le veux sans avoir à lui imposer. Non, je ne torture pas de petits chats, j’ai pas de pratiques déviantes (je crois pas en tout cas lol), rien d’illégal ou que sais je.
Rien qu’au niveau des repas, on est incompatible. J’aurais plutôt une tendance au végétarisme et elle aime la viande (le sacro saint foutu poulet du dimanche, bordel, j’en péterais un câble). Le matin au réveil, j’ai besoin d’être tranquille. Genre, vaut mieux éviter de me parler avant le petit dej et la douche, surtout pour des futilités. Elle est maniaque du ménage (genre passer l’aspiro une heure, ça la gène pas, moi perso ça me donne envie de le balancer par la fenêtre le truc).
Bref, du coup quand je suis seule, ben je bouffe ce que je veux, je me réveille tranquille, je fais le ménage comme je l’entend (je suis pas une crado non plus) et au delà du moment du petit déj, j’allume pas la télé. Les chiens font bien un peu suer parfois, mais ils engagent rarement la discussion sur machine qui a fait ci ou ça. Si j’ai un peu de bol, ma peluche est dans un jour câlin et ça même au réveil c’est plutôt cool.
Puis parce que ma mère, elle a le don de venir me demander un truc quand j’entame quelque chose. Vous savez, genre vous glandez depuis 1h ou 2 sur Internet à ne rien faire de productif (c’est chronophage les trucs pas utiles sur Internet, les vidéos de chatons mignons, tout ça) et vous vous décidez enfin à prendre un livre, faire une séance de méditation/relaxation/yoga/…, et paf, elle a un truc à vous demander. C’est jamais urgent, sauf que maintenant qu’elle a interrompu l’énergie créatrice qui vous pousser à agir, ben, voilà quoi.

Ca me fait ça aussi quand je décide d’aller en ville faire des courses. La foule, ça bouffe l’énergie je trouve. Parfois j’arrive à être dans ma bulle et du coup à me préserver un peu. Je tente de faire abstraction (dans les limites qui sont exigées pour la sécurité de tous) des autres. Je les vois, je les entend mais ma bulle de protection fait que on énergie reste autour de moi, elle n’est pas pompée. Ca paraît con comme ça, mais avant que je m’intéresse à la sophrologie, la relaxation et la méditation, pratiques qui font souvent appel finalement à une bulle de protection lors des exercices, ben j’étais systématique vidée le lendemain d’une journée où j’allais en ville pour faire quelques courses.
Depuis que j’ai chopé ce truc et que je l’applique plus ou moins consciemment lors de mes sorties, j’ai moins de mal à me remettre de ces balades dans le monde. Mais j’avoue que je ne fais plus ces exos à la maison et que je commence à ne plus trop savoir me protéger.
(Bon ça y est, vous devez me trouver tarée maintenant si ce n’état pas déjà fait lol)

Bref, j’ai besoin de moment de solitude totale, sans être humain pour m’interrompre, pour recharger mes batteries. Et en ce mois d’octobre, ces moments sont trop rares. Du coup, j’ai l’impression d’être à plat, vidée, irritable même, tendue, … Je ne me sens pas normale d’aimer à ce point être seule, d’en avoir besoin. Mais c’est ce que je suis, depuis toujours en fait. Ca me fait peur parce que j’aime être seule mais j’aimerais avoir de la compagnie aussi parfois. Est ce qu’on peut être en groupe et avoir une énergie assez calme pour quelqu’un comme moi ? J’imagine qu’il suffit de rencontrer les bonnes personnes. J’ai jamais été à l’aise dans les foules. Je me souviens il y a plusieurs années avoir dit à une de mes amies que je n’étais pas à l’aise en groupe. Jusqu’à 4 personnes ça peut aller (et encore) au delà, c’est une foule. A une époque où il faut être social, avoir 3 millions d’amis sur Facebook, je fais un peu tache.

Une soirée réussie pour moi c’est un bon livre (pourquoi pas un film ou une série, je suis ouverte à différentes options), de la musique, un plaid et un chocolat chaud. Une mémé quoi. C’est pas super attractif quand on veut se faire des amis. Ils préfèrent généralement aller dans des endroits bruyants et remplis de monde.

Bref, suis je bonne à enfermer ? Suis totalement incompatible avec cette société ? Suis je récupérable ?

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9 réflexions au sujet de « Être seule »

  1. Coucou 😊,

    Je n’ai pas commenté de blog depuis…oula au moins 3 ans, mais j’arrive sur le tien via des blogs Hellocoton et de pages en pages me voilà.

    Ton article m’interpelle et je m’y suis reconnue à 100℅ ( et je bosse en centre d’appel, imagine l’enfer pour des gens comme nous 😉).
    Et donc je peux poser des mots sur ton Moi profond, au cas où tu ne le saurai pas encore, au vu de ton article tu as tous les traits d’une Hypersensible !
    Renseignes toi à ce sujet tu verras nous sommes nombreux et une fois qu’on le sait on trouve des petites astuces qui font du bien 😊

    1. Bonjour (bonsoir, je ne sais plus trop à cette heure de la nuit où il est soit très tard soit très tôt).
      Je ne me serais pas définie comme hypersensible. Plutôt hyper-insensible à force de se blinder. Je vais me renseigner du coup ^^
      J’ai eu un entretien une fois en centre d’appel (mais pour faire de la saisie, ouf) c’est à devenir dingue cet environnement. Et j’étais un chouillat moins … Sauvage à l’époque. Je crois.

    1. Je pense qu’on est beaucoup comme ça, juste certains gèrent mieux que d’autre. Je gère plus du tout là, trop de stress ^^ La semaine prochaine va être très très longue.

  2. Renseignes toi, beaucoup d’hypersensible se blinde mais vraiment entre cet article et les autres je reconnais toute les caractéristiques de l’HP 😊.
    Il y’a plusieurs sites à ce sujet et des groupes facebook, lis en et tu t’apercevras que tu n’es pas seule à avoir ces ressentiments, cette quête du sens , ce comportement éloigné des autres ( parce que ca nous prend trop d’énergie d’être avec les autres, entre autre). Bref vraiment renseigne toi 😉.

    1. Je pense en effet ne pas être la seule qui soit en quête de sens, on l’est tous plus ou moins (et les crises actuelles renforcent cela je pense).
      J’ai lu quelques articles (j’ai même fait un test plus ou moins fiable) et je me reconnais assez dans ce qui est décrit en effet. Mais bon, je me retrouve souvent dans tout un tas de choses que je lis (bon sauf si je lis un article sur les amoureux de Walking Dead ou de Game Of Thrones, là ça sera plus compliqué) donc j’ai toujours du mal à y voir un quelconque signe que je suis ci ou ça. Ces articles ne sont ils pas fait pour qu’on s’y retrouve tous plus ou moins?

  3. Je me reconnais beaucoup là-dedans, sauf que j’ai l’impression que je suis encore plus ours mal léché.. sans doute ma grande gueule qui fait que je n’hésite pas à envoyer chier les gens pour avoir la paix… c’est vital la solitude.

  4. Bonjour angie,

    Je me reconnais encore beaucoup sur cette article.

    Pour ma part, je suis une solitaire malgré moi. Je pense être une personne qui aime les autres mais ça c’était au début… A partir du collège, j’ai été victime de harcèlement scolaire, terme très à la mode en ce moment, mais à l’époque j’étais le « petit boudin de la cours » dont personne ne voulait comme amie. A partir de ce moment là, après avoir reçu autant de méchanceté et de haine de la part de mes congénères, je pense que je me suis reclus en moi même et je suis devenue solitaire à mes dépend.

    Mon année de seconde à été fatale puisque j’ai eu 0 amis, aucune personne avec qui restée et la je pense que j’ai attrapé la phobie sociale. Depuis lors, être avec quelqu’un me demande de l’énergie et quand je me retrouve seule j’ai l’impression de « souffler ». Je ne parle même pas d’être en groupe, ou je sombre dans la peur panique et je ne contrôle pas ce « moi »

    Malgré tout je ne suis pas heureuse de cette solitude, j’aurais avoir plus d’amis mais j’ai l’impression que tout ce que j’ai vécu à détruit le peu de confiance et d’estime que j’ai à l’intérieur de moi que dans mon fort intérieur j’ai l’impression que je ne mérite ni l’amour ni l’amitié. J’ai tellement pleuré ce désamour de la part des autres que j’ai l’impression aujourd’hui même 10 ans après de ne pas en être guérie.

    Merci de me lire.

    Alexandra.

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