Qu’est ce que je vais pouvoir faire de ma vie?

Buddha Doodle

Buddha Doodle

Find a wishing well or a shooting star
Find a fairytale that takes me so far
Away from here I just want to feel more

La question n’est pas nouvelle et j’ai conscience qu’elle revient cycliquement sur le blog tout autant qu’elle revient cycliquement dans la vie des privés d’emploi/d’avenir. Où j’en suis ? Quelles options il me reste ? Qu’est ce que je vais pouvoir faire de ma carcasse !? Les réponses se réduisent avec le temps et proportionnellement, l’angoisse qu’elles engendrent grandi.
Je suis de nouveau dans une période bilan/questionnement/pseudo remise en question et ça fait mal à la tête comme au cœur.

Mon angle de questionnement en ce moment est : pourquoi tout doit il être toujours si compliqué ? Je sais bien qu’il faut faire preuve de combattivité dans la vie, qu’il faut se battre et tout ça. Mais juste de temps à autre, est ce que les choses ne peuvent pas être ultra simple et s’enchainer naturellement ? Est ce que ça ne peut pas être plus simple de suivre son cœur ?

Ah ! Je vous vois lever les yeux au ciel ! Oui, suivre son cœur, ce n’est pas la philosophie qui prévaut actuellement. Il faut être compétitif, adaptable au marché, bref, être un produit marketing que l’on vend au grès des modes. Triste destin pour l’être humain que de se couper de lui-même pour répondre à une économie de marché qui ne demande qu’à le broyer pour le profit de quelques individus déjà ultra riches.
Mais je suis une indécrottable idéaliste, pour moi, on devrait pouvoir suivre son cœur, pouvoir s’épanouir dans ce qui nous anime au fond de nous et je suis sure qu’une société équilibrée saurait tirer profit (pour le bien de tous) de nos différents talents.

Et pourtant, on ne peut pas dire que dès l’enfance j’ai eu des facilités à faire ce que j’aime. Je me suis toujours sentie extra-terrestre autant au niveau familiale qu’amicale. Dans une famille pas très portée sur la culture, moi je rêvais de livres et de musique, je me voyais chanteuse ou écrivain. Je sais, ça fait sourire quand on est adulte mais la petite fille que j’étais avait envie de s’exprimer et le chant a été une raison de vivre jusqu’à au moins mes 20 ans. N’allez pas croire que j’y connais quoi que ce soit, je me contentais de chanter par dessus les disques que j’aimais. J’ai bien fait environ un an de piano quand j’étais ado (au déplaisir de mes parents je pense) mais ce n’est pas assez pour avoir acquis une culture musicale solide (niveau bancale d’ailleurs).
Coté lecture, c’est un peu pareil, j’ai plus souvent entendu des « encore un livre à la main » que des « c’est bien d’aimer la lecture ». On ne peut pas dire que là aussi j’ai acquis une culture très intéressantes, n’ayant personne pour me guider.
Pire, le fait qu’autour de moi ces passions semblent être anormales a surement nourri le manque de confiance en moi que je ressens et le manque de confiance en mes gouts (qui sont sujets à discussion mais ce sont mes gouts). Parce que pas les bonnes lectures, pas les bonnes musiques, pas assez ci ou trop ça.

Puis le chômage, puis l’age qui avance. Il a bien fallu oublier les vieux rêves qui ont laissé un trou énorme en moi. Qui j’étais sans ça ? A 15 ans, on peut s’imaginer une bonne étoile qui se penche un jour sur notre vie pour la transformer, en mieux, mais à 25, 30, 35 ans, ce fantasme devient une hérésie. Il faut se réinventer ou s’oublier, faire taire la petite voix, faire taire les espoirs. Mais ça revient à être presque morte. Et je pense honnêtement que c’est ce que j’étais durant les dernières années. Sauf qu’être « morte », ça ne prépare pas pour l’avenir, ça ne nourrit pas les projets. Alors, aujourd’hui que faire ? Que j’ai avec ce que je n’ai jamais été, ce que je ne serais jamais, qu’est ce qu’il me reste à être ?

Ca aurait été plus facile d’avoir envie d’être aide soignante, puéricultrice ou autre choses. Ce sont de beaux métiers, aucun dénigrement ici. Ce n’est juste pas moi. Le soucis est que je ne sais plus ce que je suis et que dans notre société, c’est une question qui ne semble pas avoir d’intérêt. Il faut trouver un emploi, n’importe lequel et il déterminera qui ont est. Ca fonctionne surement pour certains. Ca fait peut être sens pour eux. Je ne pense pas que ça en fasse pour moi. Mais qu’est ce qui fait sens pour moi en fait ?

Someday I’ll look in the mirror
And staring at me
Will be the person I am
And the person that I always thought I could be

Paroles de Love in these eyes de Kelly Clarkson

Image : https://www.facebook.com/BuddhaDoodles/?hc_ref=NEWSFEED

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15 Commentaires

  1. Je vois très bien ce que tu veux dire…
    Je suis comme toi, en recherche d’emploi et en plein questionnement sur ma vie actuelle. Comme toi, j’ai des rêves, que j’aimerais (veux ?) accomplir. Comme toi, on a souvent questionner mes goûts, mes envies (je me rappelle encore des critiques virulentes, car je souhaitais partir voir Britney Spears à Las Vegas… ce que j’ai fait et je ne le regrette PAS !), mes métiers d’aspiration. Comme toi, j’ai eu tort d’écouter ma famille. J’ai fait un master de commerce international, alors que je déteste le commerce. On a souvent voulu me mettre des bâtons dans les roues, mais je me suis battu pour les enlever. Personne ne croyait que je survivrais (c’est bien ça, survivre) un an en Espagne, tout seul. Beaucoup (dans ma famille) disait : « Mais tu n’y arriveras, ça sera dur ! » Ils en ont même voulu à ma mère, qui a été la seule à me soutenir dans mon projet : « Mais comment peux-tu le laisser faire ça ? Tu es inconsciente ! » Personne ne croyait non plus que je ferais cinq ans à la fac… Là, ils la ferment bien, de ce côté-là.
    Je me suis aussi coltiné les réflexions (de la part de mon père) du genre : « Tu es chômeur, c’est une HONTE ! » En même temps, quand les médias en parlent sans arrêt, tu peux finir par y croire, à un moment donné. Le pessimisme aurait pu l’emporter, or je ne sais comment, l’optimisme a pris le dessus. Et j’ai aussi accepté le fait de ressentir le doute, la peur, la haine… Des sentiments tout à fait normaux, mais qu’on bannit dans notre société.
    Moi je sais que, pour les gens comme toi et moi (j’en connais d’autres qui galèrent à se trouver), la roue tournera enfin à notre avantage, dans quelque chose qui nous plaît et nous épanouit. Il faut juste garder espoir. Et aussi se donner un coup de pied au cul. Et si ça peut t’aider, dis-toi que quand viendra 2017, les choses auront évolué entre temps, entre aujourd’hui et dans un an jour pour jour. Je le vois comme ça désormais et je sais (je sens) que quand je suis mon instinct de cette manière, j’ai souvent raison. 😉

    Réponse
  2. Je me retrouve un peu dans votre billet, oui que doit-on faire ? qui sommes-nous ? et ce genre de questionnement, je me le pose sans arrêt… Accepter un job pour rentrer dans des cases, sans penser à son bien-être, et ensuite être défini par ce job qui ne nous plait pas du tout ? non, je refuse de rentrer dans ce système. Pourquoi notre génération née en 1980-1990 se posent autant de questions ? Pourquoi nous sentons nous abandonnés comme ca ? Sommes-nous trop exigeants ? Ou alors est-ce la période de chômage de masse sans précédent qui veut ça ? En tout cas, je me retrouve dans cet article, on est toutes les deux seuls face à l’emploi mais unis dans la galère !

    Réponse
    • Je pense que beaucoup de personnes se posent des questions existentielles. Certaine savent juste les mettre en stand by pour vivre leur vie. Moi je n’y arrive pas. Je ne me plais pas dans le monde tel qu’il est, je le trouve injuste, dépourvu de sens, brutal, alors que je suis sure que ce n’est qu’une question de volonté politique (mondiale) pour que chacun puisse vivre correctement.
      On obéit au dieu argent sans se soucier des hommes, des êtres vivants, sans se soucier de notre terre. Les progrès auraient du servir le bien être humain, non l’inverse.

      Réponse
      • et oui l’argent fait fonctionner ce monde, moi aussi je trouve le monde déshumanisé, et tout tourne autour de l’argent, je ne me reconnais pas du tout dans le monde d’aujourd’hui. Mes proches me disent souvent « oui mais tu ne pourras rien n’y faire ça ne changera pas ou pas tout de suite, faut rentrer dans le moule et vivre sans trop réfléchir »… oui je pense que les « autres » mettent ces questions en stand by pour vivre leur vie, quelquefois je les envie…

        Réponse
  3. Café Arabica

     /  06/09/2016

    Bonjour Angie,

    Vous posez la question de savoir ce que vous allez faire de votre vie.

    Je vous en propose une autre: la vie se demande-t-elle ce qu’elle va faire de vous?

    Question un brin provocatrice, pour sûr. Mais c’est juste pour suggérer l’idée que par moments, il est bon d’arrêter de mentaliser ce qui, par essence, n’est pas mentalisable.

    La vie est-elle un concept utilitariste?

    Ou autre chose d’infiniment plus précieux?

    Pour ma part, Angie, je dois vous confier que je suis au chômage depuis quelques années. Et que je ne me pose pas du tout la question de ce que je vais faire de ma vie.
    En revanche, je me pose tout le temps la question de savoir à quel moment je me sens vivante.
    En d’autres termes, je ne cherche pas à toucher la vie mais à être touchée par elle.

    Et souvent, je me fais la réflexion que la pire des choses dans la vie, vraiment, vraiment, la pire des choses dans la vie, ce n’est pas d’oublier de vivre, mais c’est d’être oubliée par la vie. Donc d’être oubliée par l’amour. Et ça, c’est le pire. Le pire du pire.

    Le chômage à côté de tout ça, je le considère certes comme un problème, mais comme un problème lointain.

    Car ce n’est pas le travail ni le chômage qui nous fondent.
    C’est la vie, et la vie, c’est l’amour. Et par moments, ça fait peur.

    Bien fraternellement

    Café Arabica

    Réponse
    • Et bien disons qu’en effet, je pense avoir été oublié par la vie. Et que si ni le travail ni le chomage ne nous définissent (ce qui dans notre société est assez faux, quand bien même c’est terriblement triste), il faut malgré tout sur ce plan d’existence avoir un emploi. Et que je n’ai pas été doté de la capacité de me fondre dans n’importe quel emploi comme l’aimerait probablement mon conseiller Pole Emploi et la société tout entière donc.
      Le problème est donc de trouver une place qui me convient et qui réponde aussi aux exigence de la société tout en me permettant de me rappeler aux bons souvenirs de la vie. Et de l’amour pourquoi pas, soyons fous!

      Réponse
      • Café Arabica

         /  07/09/2016

        Bonjour Angie,

        « Et bien disons qu’en effet, je pense avoir été oublié par la vie ». Mais Angie, ce n’est pas la vie qui vous oublie. C’est la société.
        Pas la vie. Cela, je vous l’assure avec toute ma sincérité.
        Ce que le chômage empêche, c’est la vie sociale.
        Mais pas la vie intérieure. Et heureusement. Et je dirais même, comme un coup de bol (mais le hasard, à mon sens, n’existe pas), que le chômage est même propice à l’intériorité. Et qu’il vous aide à faire un bon coup de balai dans toutes vos relations extérieures.

        Et si l’extérieur se retrouve assaini par l’intérieur, quand bien même nous soyons perdants sur le plan matériel, je trouve qu’au final, nous sommes dans une forme de réussite , (certes, méprisée par la société (les bons sentiments, c’est pour les naïfs)) mais réelle et authentique.

        Bref, je suis au chômage, mais dire que je suis malheureuse d’être au chômage, non, pour ma part (bien sûr qu’il existe bien d’autres façons de voir), ce serait mentir.

        Ce qui ne veut pas dire que le chômage est la condition du bonheur. Les choses sont autrement plus complexes que cela.
        Mais je n’arrive pas à m’affliger de ce qui a été pourvoyeur de sens dans mon existence.

        Le chômage m’a davantage rapproché du sens de l’existence que le travail. Je ne m’en réjouis pas. Mais je l’apprécie grandement.

        Et j’espère, oui, retravailler un jour. Mais autrement…

        En vous souhaitant une très bonne journée
        Bien cordialement

        C.Arabica

        Réponse
  4. alex

     /  06/09/2016

    Bonjour angie, Merci pour ce blog, merci pour ces mots. Peut-être que c’est sa au final le metier qu’il vous faut » blogueuse » y avez vous penser?

    Réponse
    • C’est une chouette occupation (quand l’inspiration est là ^^) mais je conçois mal comment en faire un métier.

      Réponse
  5. alex

     /  06/09/2016

    Je voulais juste vous dire que je me reconnais enormement dans vos propos, je ne suis pas au chomage mais j’ai un travail dans lequel je ne m’épanouie pas. Tout le monde me dit ‘c’est bien tu as un travail et pourtant il m’arrive de pleurer sur mon bureau, dans la douche le soir quand je rentre. Je n’ai pas eu l’insouciance durant mes études pour me chercher, j’ai du trouver un travail au plus vite pour gagner de l’argent. Comme vous l’avez soulignez dans l’un de vos articles, je pense que le cadre familial n’est pas toujours propice. Avez-vous fait une formation?

    Réponse
    • Oui je me suis formée mais ça ne change rien, il manque l’expérience.

      C’est très bien d’avoir un travail mais quand en effet, on pleure parce qu’il ne nous convient pas, alors ce travail finit par gâcher les heures de libres et du coup accapare notre temps. C’est n’est pas normal et du coup ça relativise un peu la fameuse dignité qui vient par le travail dont certains hommes politiques aiment parler.

      Réponse
  6. alex

     /  28/09/2016

    Bonjour Angie, je suis revenu et relu votre blog. Je voudrais m’excuser pour ma question sur la formation, elle a peut être du vous blessé.
    Je me reconnais beaucoup d’en votre réflexion, vos questions vos doutes.
    C’est tout un système de société et de pensée dans lequel on ne correspond pas. J’en viens parfois à en vouloir à l’éducation de ma mère trop restrictives, culpabilisatrice et moralisatrice. Je pense que cela m’a enlevé la folie de la vie, de la découverte.

    Réponse
    • Ne vous excusez pas. La question en elle-même est légitime mais tellement souvent posée, abordée, qu’on en a fait rapidement le tour.

      La formation est souvent proposée comme la grande solution au chomage. Mais se former dans quoi? On en revient au soucis que les formations proposées, les métiers dit en tension ne correspondent peut-être pas à ce que l’on veut faire ou encore à ce que l’on peut faire. Et que ce n’est pas si facile d’obtenir une formation, il ne suffit pas de pousser la porte de Pole Emploi et de demander une formation. Même avec le plan formation d’Hollande, ça ne se passe pas comme ça.

      Et quand bien même on se forme tous. Ok, super, on a 5 millions de chomeurs formés dans plus ou moins les mêmes secteurs, métiers. Super, on se fait tous concurrence. Et même les plus optimistes ne parlent que de 500 000 emplois non pourvus. On fait quoi des chomeurs formés qui trouvent pas de taf dans ce cas là? Ils auront été formé dans un domaine qui ne leur plait pas, pour rien, juste pour pouvoir dire « mais on les a formé ». Et on recommence à les traiter de fainéants qui ne veulent pas bosser?

      Il est juste temps d’élargir le débat, de voir plus loin, de repenser la société et la place du travail dans celle-ci. Que peut-être il faut admettre qu’on ne s’épanouira pas dans le travail, d’accord, mais que dans ce cas il faut que chacun aie la possibilité de se réaliser autrement, de se sentir utile autrement. Parce qu’on est de plus en plus nombre à se sentir plus inutile au travail (quand on en trouve un) que sans travail, tout simplement parce qu’on ne fait plus des métiers qui ont du sens. Et cette question de sens est difficile à définir parce qu’elle est variable en fonction des personnes, des individualités.

      N’hésitez pas à revenir et relire, vous êtes le bienvenu ici.

      Réponse
  7. Indécrottable idéaliste : voilà ce qui me caractérise aussi!! 🙂

    Réponse
  8. Bien d’accord avec toi Angie, il serait temps de pouvoir se réaliser autrement que par le travail ! je prône le salaire universel depuis bien longtemps mais hélas mon entourage n’en voit que les aspects négatifs.. mais tout ensemble, chômeurs de courte et longue durée, salariés prolétaires, salariés qui s’ennuient, salariés qui ne trouvent plus de sens à leur travail… tous ensemble nous finirons par nous faire entendre (cf le mouvement « on vaut mieux que ça » que j’affectionne beaucoup).

    Réponse

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