Etats d'âme·Ma vie de chomeuse

Maybe I’m invisible to the world

ttt Voilà quelques jours que je pense à cet article sans me décider à prendre le stylo. Du coup, j’ai peur de ne pas trouver les mots et de ne pas savoir exprimer pleinement ce qui me trotte dans la tête mais les idées ont besoin de sortir. D’autant plus que ce matin, un événement en a remis une couche.

On en revient toujours au même : la place des personnes sans activité au sein de la société. Aujourd’hui, j’aurais envie de même distinguer les personnes sans activités génératrices d’emploi et cela afin de bien souligner que ne pas avoir de travail ne signifie pas qu’on est oisif devant un paquet de chips et une bière. Lorsqu’on n’a pas d’emploi, on fait des choses, de nombreuses personnes mènent certainement même des actions tout aussi importantes qu’une activité salariée.

Et si je me questionne, c’est parce que la société accorde bien peu de crédit finalement à ces activités non rémunérées. On s’intéresse à ce qui produit (paraît il) de la richesse, ce qui fait marcher l’économie. Mais s’intéresse-t-on aux activités utiles pour autant ? Quand vous êtes au chômage, on vous demande si vous avez trouvé un emploi mais on s’intéresse pas aux autres choses que vous faites et encore moins à la personne que vous êtes (pour le monde vous êtes la personne sans emploi, point).

Ce matin, on m’a encore demandé si j’avais trouvé un emploi. Devant ma réponse négative, est venue une question qui a le mérite d’être inédite (mais qui se cachait derrière d’autres réflexions) : mais tu ne t’ennuies pas ? Parce que dans la tête des gens, si vous n’avez pas d’emploi, vous êtes en déperdition totale. La plupart des personnes semblent s’ennuyer sans travail, en vacances.
Un peu plus mal lunée que d’habitude et lasse de ces questions qui ne font de moi qu’une chomeuse, je n’ai pas su garder un silence poli et j’ai signalé que le travail n’était pas la seule manière d’occuper ses journée et qu’il y avait de nombreuses activités à pratiquer pour remplir les journées. Bizarrement, ça n’a pas permis d’élargir la conversation qui aurait pu pourtant devenir intéressante.

Sommes-nous dénués d’intérêt dès qu’on aborde un sujet autre que le travail ou les galères de la vie ? Ne pouvons nous pas avoir une conversion sur un sujet plaisant ? Livres, musique, séries, couture, jardinage, … les activités ne manquent pas pourtant ! Dès que je tente de parler de ce type de choses, j’ai l’impression que la conversation se ferme. Pourquoi ?

Suis je une sale profiteuse qui ne passe pas son temps à se morfondre de l’absence d’emploi (désolée mais malgré quelques rechutes saisonnières, j’ai passé ce cap) et qui en plus tente de trouver du plaisir ailleurs que dans le boulot ?
Suis je une inadaptée qui pense que dans la vie on peut aussi essayer de trouver des petits plaisirs au quotidien et ne pas se morfondre H24 ?

Ma vie n’est pas intéressante, elle est même plutôt vide, mais j’ai envie de me faire plaisir quand je le peux et il y a de nombreuses manières d’y parvenir à moindre coût. J’ai envie de revendiquer le droit au bonheur, pour moi et pour les autres. Mais je sais que ce n’est qu’une utopie.

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2 réflexions au sujet de « Maybe I’m invisible to the world »

  1. Bien d’accord.. Les personnes qui ne conçoivent leur utilité et richesse que par leur poste sont toutes inintéressantes. Il ne faut pas les fréquenter, elles manquent de richesse car elles sont entrées dans le système bien huilé du capitalisme et ne voient même pas á quel point leur vie manque de poésie et d’intelligence. Dame Fenouil revendique même le droit de s’ennuyer, elle ne s’ennuie jamais mais adore méditer sans rien faire d’autre . Le problème est bien celui que vous soulignez: Une activité qui ne fait pas tourner le capitalisme n’est que peu reconnue…combien de journaux, gens parlent de ces « pauvres petits agriculteurs bio », de ces « étranges praticiens de médecine alternative », de ces excentriques ou marginaux artistes de rue, de la vente directe hors supermarché qui serait plus dédiée aux bobos (ah?pourquoi devrions nous payer pour un emballage et de la musique pour pouvoir manger?), de ces pauvres bénévoles ou tristes femmes au foyer… On se moque de notre bien être et ce qui compte est bien de consommer. Un esprit indépendant et qui va bien consomme moins. ce que ces gens qui ne vous comprennent pas essaient de vous inculquer c’est… qu’ils sont heureux d’être des produits du système c’est tout.

    1. Parfois, j’aime bien m’ennuyer aussi. Je crois que c’est utile de temps à autre. Mais la société actuelle ne tolère pas les temps morts, surement trop propices à l’introspection.

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