Etats d'âme

Make it happen?

Je reprend le stylo. La sensation de la mine qui court sur le papier m’a manqué mais je n’avais rien de nouveau à raconter. Je ne fourmille pas de sujet en ce moment (je ne me suis pas lancée sur la loi travail, que j’observe de loin parce que ça me fait un peu peur quand je m’en approche trop) et répéter les mêmes choses n’est agréable ni pour vous lecteurs (même si je ne suis pas sure d’en avoir encore) ni pour moi. Mais je déroge à la règle car je suis dans une de mes nombreuses phase « Que sont devenus nos rêves ? » et que j’ai envie de m’épancher -encore- sur le sujet.

Le questionnement n’est pas nouveau et je ne compte plus les articles du blog qui tournent autour de cette question existentielle. Que sont devenus nos rêves ? Nos idées ? Nos projets ? Pourquoi certains parviennent à suivre leur chemin et d’autres non ? Est ce uniquement une question de paresse, de ne pas travailler assez ? Peut on simplement se cacher derrière le manque de chance, d’opportunité, de contacts ou de soutien ? Sans nier que les cartes ne sont pas distribuer équitablement, pourquoi certains n’arrivent pas à construire la vie qui leur plait ?

Dans mon cas, le manque de talent est évident. La paresse aussi, et l’absence total d’esprit de débrouillardise. J’aimerais être créative, sur de moi, débrouillarde. Il me manque une bonne dose d’optimisme aussi. Je ne sais pas si c’est inné ou si cela vient de mon éducation, de mon environnement mais avant même de me lancer je pars du principe que je vais échouer.
J’aimerais savoir apprendre par moi-même aussi, seule, sans leçon. Je prend par exemple la musique : de nombreuses personnes apprennent à se débrouiller à la guitare seul, sans prof. J’en suis incapable. Et pourtant, j’aurais bien aimé savoir jouer de la guitare. Ca restera un rêve inassouvi.

Mais voilà, à 35 ans, je ressens l’urgence de bâtir quelque chose maintenant. Je me demande cependant si j’ai encore dans mes options d’aller vers un projet de vie qui me plait, voir qui me passionne. J’ai déjà l’impression de demander la lune (et toutes les étoiles de l’univers) quand je dis que je voudrais un métier que je ne déteste pas, alors l’aimer carrément, fiou ! De toute façon, je ne sais plus ce que je veux, ce que j’aime, ce qui me plairait. Je me suis perdue dans mes interdits et dans les interdits fixés par la société.

Je ne pense pourtant pas être la seule qui soit en quête de sens dans mon existence. J’ai au contraire l’impression que cette tendance à revenir vers des valeurs essentielles ne fait qu’augmenter. C’est peut être parce que je m’y intéresse (avec plus ou moins de sérieux) mais les blogs, web TV, livres autour du développement personnel et du bien-être sont de plus en plus nombreux et mêmes des chaines Youtube dont ce n’est pas le thème abordent des notions en lien avec ces sujets.

Alors, ma question du moment est : peut-on encore réaliser quelques rêves passé 30 ans ? Peut-on espérer se réaliser et vivre en harmonie avec ses valeurs ? Ou est-on condamné à prendre ce que la société veut bien nous accorder (et souvent le pire, pour celui qui le subit en tout cas) avec le sourire parce que c’est tout ce qu’on mérite ?

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4 réflexions au sujet de « Make it happen? »

  1. Bonjour Angie,
    Votre souhait serait d »aller vers un projet de vie » qui vous passionne dans le monde professionnel et qui vous permette de  » vous réaliser et vivre en harmonie avec vos valeurs ».

    J’entends ce que vous écrivez et je vous propose une lecture personnelle votre message. Ce n’est qu’une proposition de lecture et je ne prétends pas à l’exhaustivité sur ce sujet.
    Je lis dans votre message deux niveaux de réalité que vous souhaitez voir s’articuler entre eux. La réalisation de soi même, qui relève du monde intérieur et le projet de vie, qui lui, relève de la sphère extérieure. Le rêve serait que les deux se rejoignent sans heurts ni conflits.
    De mon point de vue, je vous répondrai que cela est pratiquement impossible. Quand le fleuve rejoint se jette dans l’océan, ce n’est jamais sans remous.
    Mais cela ne veut pas dire que nous ne puissions réfléchir à créer le moins de remous possible, et à s’essayer à ce que les deux ne se rejoignent pas au mieux mais au moins mal. Ce qui nous fait nous pencher à l’articulation des réalités entre elles et à l’ordre dans lequel les assembler.
    Faudrait-il, pour réussir cette jonction des réalités, aller de l’extérieur vers l’intérieur ou bien inversement, de l’intérieur vers l’extérieur? Voilà notre problématique de départ.

    Nous sommes au carrefour d’un choix existentiel:
    se réaliser hors de soi même, par le travail ou bien, inversement, se réaliser à l’intérieur de soi, préalablement à toute sortie vers le monde professionnel. Dans le contexte de l’intériorité, accepter un travail, ce n’est point pour exister à travers lui, mais laisser aller au monde , par son intermédiaire, les qualités qui sont les nôtres et qui nous définissent.

    Nous pouvons toutes et tous être attachées à nos valeurs. Mais avoir des valeurs ne signifie pas nécessairement que nous sachions les défendre. Et je pense que pour savoir les défendre, il faut avoir préalablement défini notre équation intérieure qui n’est autre que la problématique définie ci dessus, c’est-à-dire le sens dans lequel nous articulons les réalités.
    Une personne qui a des valeurs mais qui laissera primer l’extérieur sur l’intérieur, devra, qu’elle le veuille ou non, plus ou moins tôt ou plus ou moins tard, violemment ou en douceur, lâcher ses valeurs pour suivre le système qui lui imposera de le faire.
    Inversement, la personne qui a des valeurs mais qui entend les défendre en raison de sa dimension personnelle étoffée, rencontrera beaucoup plus de facilités avec elle même ( elle n’acceptera, par exemple, jamais d’antidépresseurs pour tenir un job, non, elle fera le choix de lâcher le job, tout simplement) mais énormément de difficultés dans le monde professionnel extérieur, qui par sa dureté (notamment les situations de souffrance au travail), viendra la contrer dans ce qu’elle est profondément.

    Tout cela n’est qu’un point de vue, qui peut, bien évidemment, être largement débattu….

    Bonne journée à toutes et tous

    1. Bonjour Café Arabica,
      Pour préciser ma vision des choses (qui n’appartient qu’à moi donc), je veux juste dire que vous séparer deux aspects de nos vies qui me paraissent inséparables : l’intérieur et l’extérieur. Si les deux ne sont pas en accord, en harmonie, je pense que ça crée des soucis quelque part. On peut avoir tout pour être heureux intérieurement, si l’extérieur nous plombe, ça va être compliqué. L’inverse est vrai aussi je pense.
      Pour moi, un projet de vie, ça englobe tout, on ne sépare pas. On ne réalisera peut être pas tout en même temps, il y aura des ajustements à faire mais on ne se divise pas en plusieurs aspects.

      Cela dit, vous poussez un peu loin l’analyse. Je n’ai ni la culture ni l’intelligence pour ça. Je suis juste une personne de plus paumée dans la vie et qui tente de poser ça par écrit sans grande réflexion derrière.

  2. Bonjour Angie

    Merci pour votre réponse. Je me propose de prolonger notre échange, toujours dans le respect de vos opinions (ce qui veut dire, mais vous l’avez compris, que je ne vous impose rien).
    Pour revenir au sujet de la séparation entre intérieur et extérieur, peut-être conviendrait-il de remplacer extérieur par « manifeste » et intérieur par « caché ». Dès lors, nous parlons bien d’une réalité unique, et non séparée, qui contient dans son unité sa partie manifeste et sa partie cachée.
    Et ainsi en va-t-il de chacune de nos existences. Nous existons à la fois dans ce que nous montrons et dans ce que nous cachons. Comme une pièce qui a un recto qu’on ne saurait voir concomitamment à son verso. Donc je vous rejoins complètement, nous sommes bien sur un principe d’unité. Mais un principe d’unité qui nous renvoie à une dualité (recto+verso) qui nous renvoie lui même à la pluralité des formes que nous rencontrons toutes et tous dans notre quotidien.
    Mon message ne visait donc pas la séparation des réalités mais plutôt leur réunification dans le respect de ce que sont ces deux réalités, prises elle même dans leur singularité. C’est-à-dire respect de ce que vous êtes, au plus profond de vous même, et respect de ce que vous mettez à jour, dans le jeu social qui nous est imposé par le travail, ces deux respects se rejoignant au final en un seul. Et effectivement, vous avez entièrement raison lorsque vous écrivez : « Si les deux (extérieur et intérieur) ne sont pas en accord, en harmonie, je pense que ça crée des soucis quelque part,  » de même lorsque vous ajoutez: « On peut avoir tout pour être heureux intérieurement, si l’extérieur nous plombe, ça va être compliqué. » Et c’est pour cela qu’il m’apparaît nécessaire d’étudier de quoi l’unité se compose pour ne pas se tromper dans ce qu’on appelle la « réalisation de soi même ». Surtout lorsque cette réalisation se heurte à dure épreuve, épreuve constituée pour lui faire obstacle.
    Même si nous touchons là à des réalités impalpables, cela ne signifie pas que ces réalités échappent à un ordre et à une logique, qui, tout invisibles qu’ils soient, n’en existent pas moins. Se réaliser oui, mais pas n’importe comment, je veux dire pas dans le désordre.
    Qui n’a jamais entendu parler de suicide au travail? Quand la violence extérieure du travail détruit celui qui se réalisait en lui? Ce sont des histoires absolument terribles, où il est régulièrement fait état de personnes qui « donnent tout » à leur travail. Même leur intériorité. Surtout leur intériorité. Dès lors que vous vous êtes vidés de vous même dans votre profession, que vous reste-il pour résister à sa violence? La réponse est là, sans appel: rien, il ne vous reste rien.
    Et cela est terrible.

    Ne préemptons jamais ce que nous sommes au bénéfice d’un travail, aussi formidable soit-il. Car le jour où la réalité extérieure se retournera contre nous, qu’aurons nous maintenu de nous même, de suffisamment bon, de suffisamment fort, de suffisamment sain, pour faire face à ce qui nous attend?

    Ce sont, je pense, de vraies questions…

    Bonne Journée à vous, bien sincèrement
    (je vous écris une seconde réponse qui porte que la seconde partie de votre message)

    Café Arabica

  3. Re-Bonjour Angie,

    Soyez assurée, Angie, que je vous écris ce message de manière fraternelle.
    Vous avez écrit: « Cela dit, vous poussez un peu loin l’analyse. Je n’ai ni la culture ni l’intelligence pour ça.  »
    Là, je vous arrête. Vous avez l’intelligence. Et la culture, sur ce type de question, est-elle vraiment nécessaire? Je veux dire, n’avons-nous pas en nous cette part d’intuition profonde et beaucoup plus efficace que « Un tel, ou un tel a dit bla bla bla » » ?
    « Je suis juste une personne de plus paumée dans la vie » . Ah bon? Paumée? Vraiment? Avec tout ce que vous savez repérer et analyser avec finesse?
    « et qui tente de poser ça par écrit sans grande réflexion derrière. »
    Mais Angie, nous n’avons pas besoin d’une grande réflexion, nous avons juste besoin de suivre la direction dans laquelle la réflexion nous mène. Nous sommes arrivés sur la formulation d’une équation existentielle. Par rapport à laquelle il faut nous situer. C’est tout.
    Et je pense que tant que nous ne clarifions pas en nous-même les termes de cette équation, nous suivons certes une direction, mais que cette direction nous échappe.

    Voilà, c’est tout.

    Je vous le confie, je ne sais pas si je serai appelée à revenir sur ce blog. Donc, si jamais ce message était le dernier, je tenais à vous dire que vous avez mis une magnifique photo pour vous représenter. Par sa posture, cette petite loutre m’a estomaquée.

    Bien fraternellement

    Café Arabica

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