Etats d'âme·Ma vie de chomeuse

Un emploi pour exister?

Voilà un sujet que j’ai déjà abordé sur le blog (je pense en tout cas) mais voilà, je ressens l’envie d’en parler de nouveau. Parce que malgré le temps qui passe et les évènements survenus récemment dans ma vie (bon, le seul événement notable survenu dans ma vie, mon dernier cdd), je n’ai pas changé d’avis et j’ai toujours du mal à comprendre l’attitude des gens.

La plupart des gens semblent ne pas avoir de vie en dehors du travail. D’avoir besoin de cette position sociale pour exister. Même si c’est un taf qu’ils détestent, ils semblent se définir totalement à travers cette activité, ce statut. Le plaisir de pouvoir dire « je travaille ».

Je n’ai pas coupé à ce type de réflexion durant mon replacement. « Ca te change les idées », « ça fait du bien de travailler », « ça t’a changé un peu », … Des paroles auxquelles j’ai préféré ne pas répondre. Les gens s’imaginent ils vraiment que si on a pas une activité salariée durant au moins 35h/semaine, on s’ennuie ferme chez soi ?

Non parce que je suis contente d’avoir bossé, pas pour voir du monde, pas pour faire quelque chose, pas pour me sentir utile ou que sais je encore. Non, parce que j’ai gagné un peu de sous. Au delà de ça, vu que je n’étais pas franchement à l’aise au milieu des odeurs de produits médicaux, de la vue du sang et du bruit de la roulette, ben j’ai surtout eu l’impression de m’oublier un peu durant un mois, de faire taire celle que je suis pour tenir le coup. Et je sais que c’est le cas pour beaucoup de personnes qui bossent.

Alors, je comprend que les personnes qui aiment leur taf aiment s’identifier grâce à lui, mais dans la mesure où je n’ai jamais été dans cette situation, je dois dire que je sais m’occuper sans avoir besoin d’un emploi et que je préfère m’identifier autrement (même si je ne sais pas encore trop comment vu qu’il n’y a que la position sociale qui compte dans notre société).

Je ne comprend pas ces personnes qui s’ennuient presque durant leurs vacances. Il y a tant de choses à faire que je ne comprend pas comment on peut s’ennuyer vraiment. Bien sur il y a des moments où on a envie de rien, où rien ne nous tente et on dit qu’on s’ennuie mais je crois que c’est un ennui nécessaire, un temps de repos en quelque sorte. Ces personnes qui n’envisagent pas qu’un chômeurs ait d’autres activité que rester devant la télé avec un paquet de chips et une bière devant la télé toute la journée.

Bref, j’ai donc eu droit à des réflexions sur les bienfaits du boulot comme moyens de sociabilisation, d’occupation, d’identification. Je trouve ça triste cette société où on n’existe que si on travaille, si on consomme, si on suit une petite vie bien comme il faut selon les critères du moment.Nous sommes tellement plus que ça (tellement mieux que ça).

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3 réflexions au sujet de « Un emploi pour exister? »

  1. Entièrement d’accord ! Et d’ailleurs si on regarde de plus près les personnes qui disent cela ou répondent comme ça sont des gens si peu créatifs! Qui n’ont pas de passions. Dame Fenouil est comme vous, jamais il n’y aura assez de 24h dans une journée pour faire tout ce qui est plaisant. Bon courage pour les repas de fêtes il faut vraiment une dose de sang froid pour répondre a ces personnes qui n’entendent pas ce qu’on leur dit.

    1. Je ne suis pas très créative pourtant ^^ Mais bon, il y a tant de livres à lire, de séries/documentaires/reportages à regarder, de ballades à faire, cuisiner, apprendre, rêver, ou l’art subtil de ne rien faire ^^ Je ne comprend pas comment on ne peut pas trouver de quoi s’occuper. Même en étant plus terre à terre. On s’occupe en faisant le ménage, en allant faire les courses, …
      Pour les fêtes ça devrait aller, j’espère en tout cas. Les autres années ça se passe très bien. Bonnes fêtes à vous Dame Fenouil!

  2. Disons que le chômage laisse du temps à l’homme. Et le temps, c’est de la disponibilité psychique pour se pencher sur sa mort. Sur la finitude de la vie et le caractère éphémère des choses. Bref, du temps pour revenir à la Vérité cachée derrière la réalité manifeste.
    Le travail est, peu à peu, dans nos sociétés modernes, devenu un agent de confiscation du temps. Le travail est la confiscation, au nom de la raison économique, du temps des profondeurs nécessaire à l’homme pour revenir à lui même.

    Notre société fonctionne sur de méga illusions existentielles. Et bien malin celui qui saura éviter ces pièges.

    Si vous grattez derrière la phrase « ça te change les idées » vous trouverez que son sens profond est « ça t’évite de penser à la mort ». De même, le sens caché de la phrase « ça fait du bien de travailler » est: « ça fait du bien d’oublier ». D’oublier que l’on va mourir. Ou encore la phrase « ça t’a changé un peu » qui résume le fait que vous êtes revenu, par le travail, dans la réalité, quand cette réalité, à savoir le travail, n’est que l’illusion qui nous distrait de notre fin inéluctable.

    Je suis tout à fait fait d’accord avec vous.
    Les gens n’existent pas à travers leur emploi.
    Ils s’illusionnent à travers lui. Et se transforment peu à peu en fantômes.

    Et si, du plus profond de votre chômage, vous vous risquez à gratter le vernis de l’illusion, le vernis de la réussite par le travail, vous allez découvrir des gens terriblement, mais terriblement fragiles et angoissés.

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