Etats d'âme

Désespérée, inutile, sans but

Awaken the heart Ces derniers temps, c’est à nouveau le grand chambardement dans ma tête. Vous savez, ces périodes où on se refait encore et encore des reproches pour ci ou ça, où on tente de trouver de nouvelles idées et où on se re-flagelle finalement parce qu’on ne sait pas se contenter de sa pauvre destinée merdique. Bref, ça cogite dur et ça fait mal, le niveau de stress monte, monte, l’angoisse aussi (merci à ces deux bons vieux amis que sont le stress et l’angoisse, mes doigts adorent quand vous vous repointez au niveau max).
Et ce soir, après avoir lu un article dans mon journal local, sur une famille d’ici dont les enfants semblent faire à peu près tout ce qu’ils veulent dans la vie malgré que ce ne soit pas une famille super riche, je me dis que c’est vraiment moi qui est une glandue et une feignasse si peu débrouillarde que je n’ai pas su tirer mon épingle du jeu.

Où sont passés mes rêves ? Les talents que je pensais avoir? Oh ! Je sais, on se monte souvent le bourrichon à rêver quand on est gosse et à s’imaginer des destinées fabuleuses, qui s’oublient vite une fois adulte mais quand même. Pourquoi n’ai-je pas su développer un de ces prétendus talents ? Je sais que je n’ai jamais été encouragé en ce sens, pour ma famille ce n’étaient que des lubies de gosses (ils avaient peut-être raison finalement) mais si j’avais vraiment eu des prédispositions, j’aurais dû m’accrocher, développer tout ce que je pouvais seule.

Je suis une usurpatrice. Je me voyais comme une artiste (je sais que certains de mes profs me voyaient un peu comme ça aussi, ma prof d’allemand, qui ne devait pas apprécier que je griffonne mes poèmes plutôt que d’apprendre la langue de Goethe). J’étais attirée par la musique mais ça n’a jamais dépassé les murs de ma chambre. J’aimais écrire mais je me suis découragée. Ma famille ne me trouvait pas particulièrement talentueuse. Il y avait pourtant des gens pour trouver que j’avais des prédispositions à travailler. Des ami(e)s mais aussi des profs. Mon pseudo moment de gloire fut une troisième place à un concours de chants inter-lycées, sur une quinzaine de candidats, c’est pas non plus le podium du siècle. Au collège, j’impressionnais ma prof de français parce que j’aimais écrire (et peut-être même qu’elle trouvait que je n’étais pas trop mauvaise). J’aimais l’anglais, c’était lié au chant. J’aimais comprendre les textes des chansons que j’aimais donc je traduisais. Ca permet de grappiller un peu de vocabulaire. Lors de ma formation au GRETA en anglais, la formatrice me comparait presque à un mini dico.

Mais voilà, j’ai bien compris que ce n’était que des rêves de gosse et aujourd’hui il ne reste rien de ces passions. A quoi bon ? Je ne chante plus ou presque, juste histoire de décompresser. Je n’écris plus, je n’ai rien à raconter. Et je me dis que mon adolescence fut une perte de temps incroyable et que j’aurais du croire les « vieux » quand ils me faisaient comprendre, amusés, que tout ça c’était des sornettes et que je ferais mieux de choisir un vrai métier.
Mais moi je voulais dire des choses, faire entendre ma voix. Je voulais changer le monde, sauf que perdu dans mon patelin, je ne pouvais pas aller bien loin. On n’avait pas Internet à l’époque. Je n’avais même pas d’ordi à la maison (ce qui paraît impensable aujourd’hui mais était assez courant à l’époque quand même). Les jeunes ont tout un monde de possibilités que nous n’avions pas. Accès à des choses fabuleuses, de leurs chambres, de leurs salons. Bien sur Internet peut-être un univers dangereux, mais il offre aussi la possibilité de « rencontrer » des personnes d’horizons variés, de s’inscrire sur des forums où ils peuvent échanger sur leurs passions.

Aujourd’hui, je me sens désespérée, inutile et sans avenir. Qu’est ce que je peux faire pour retrouver l’envie ? Trouver un sens à ma vie ? Si jamais notre présence sur Terre peut avoir un sens cela dit, ce n’est pas une certitude. Il me reste des envies de dire des choses, de changer le monde (enfin, faire mon colibris quoi, apporter ma goutte d’eau), de toucher les gens comme un texte de chanson pouvait me toucher quand j’avais 15 ans (et que j’étais fort naïve). Quand parfois je dis que je veux faire quelque chose qui a du sens pour moi, c’est un peu avec ça en arrière pensée. Alors peut-être que ce ne serait pas de la manière que je l’imaginais lorsque j’étais ado (j’ai définitivement perdu l’envie d’être une superstar de la chanson) mais il doit bien y avoir un moyen pour moi de le faire.

D’accord, je n’ai pas été aidé à l’âge où l’on se construit et on ne peut pas dire que j’ai eu de nombreux choix palpitants dans ma vie d’adulte (passer le DAEU est surement le truc le plus intéressant que j’ai pu faire, c’est dire). Je n’ai toujours pas de thunes donc ça réduit le champs d’action, mais il doit bien y avoir un moyen de me sentir entière, complète, utile et à ma place. Mais à moins d’un sacré coup de pouce de l’Univers, je crois que le chemin ne risque pas de s’éclaircir de si tôt.

Note : l’illustration que j’ai choisi pour égayer l’article est une œuvre de Molly Hahn, un de ses petits Buddha Doodles qu’elle partage sur les réseaux sociaux. J’adore ses petits dessins inspirants.
Son site : http://www.buddhadoodles.com/
Son Facebook : https://www.facebook.com/BuddhaDoodles?fref=ts

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