Etats d'âme

Et si on arrêtait de se juger?

Imaginez un monde où chacun se foutrait de la vie du voisin. Où on vivrait harmonieusement sans avoir besoin de commenter la dernière tenue de truc muche, les kilos en trop de machine, de baver sur le train de vie d’un tel, le divorce de l’autre, … Un monde où on pourrait simplement être soi, sans craindre de ne plus être dans les normes, sans se dire qu’on va encore passer pour l’attardé de service.

Je n’ai pas sombré totalement dans la folie (mais ça n’a pas été déterminé médicalement, donc tout reste possible), je ne suis pas sous l’influence de substances interdites et je n’écris pas ces mots en dormant. Non, je sais malheureusement où je suis, sur Terre dans cette magnifique année 2015, en France où le jugement de l’autre est un sport national. Dommage qu’il n’y ait pas de compèt, on aurait peut-être plus de succès qu’à l’Eurovision. Et nous nous adonnons tous à cette activité passionnante qu’est le jugement. Il y a quelques heures à peine je déblatérais sur mes voisins qui me saouler d’une force à faire du bruit, j’étais dans le jugement.

Tout est source de jugement. Le fait d’être sans emploi bien sur, le fait de ne pas vouloir se contenter d’une vie faite de petits jobs (bon dans les fait je n’ai pas de job du tout, ils ont peut être pas tort, c’est mieux que rien), le fait d’être au RSA, de vivre chez ma mère, …
Alors j’ai cédé sur un truc ou deux, lâche que je suis. Je n’ai pas éradiqué la viande de mon alimentation par exemple. Je suis entourée de gens qui ne savent pas faire un repas sans viande. Quand ça m’a pris à l’adolescence, en pleine épidémie de vache folle, qu’est ce que j’ai pas entendu. Une fois de plus, on se fichait de mon opinion, de mon envie. Le simple fait que je n’avais pas spécialement de plaisir à bouffer un bout de bœuf était inimaginable (franchement, c’est dégueu ! La volaille passe encore, mais la viande rouge, beurk). Bref, à la maison, j’arrive peu à peu à faire admettre cette idée (il a fallu du temps hein) mais à l’extérieur, j’ai abdiqué. Aller expliquer qu’on pourrait réduire notre consommation de viande pour notre santé et pour la planète, ça va être compliqué à faire comprendre ici.
A contrario, je n’irais pas prôner comme vérité absolue une alimentation végétale. A la limite, ce que bouffent les gens, ça les regarde. Qu’on me laisse ma salade de lapin (oui, j’ai eu droit à ce type de réflexion. J’aime la salade, c’est un crime visiblement, j’aime les haricots, les vrais, le chou fleur cru, les tomates qui ont du gout, bref, une poêlée de légumes c’est top !), je leur laisse leurs cadavres, tout va bien !

Le fait de ne pas vouloir d’enfant aussi est source de jugement. Bon, c’est pas spécialement un sujet que j’aborde avec les gens. Mais je sais que ça choquerait, il faut avoir des enfants pour avoir réussi sa vie. Je dis pas oui, je dis pas non. Chacun fait bien ce qu’il veut, ce qu’il peut. Si le mec idéal croise ma route demain (ou que je croise la sienne), bien qu’il soit un peu tard (fichue horloge biologique), l’idée est à aborder. Je comprend les avis de chacun. Vu ma vie actuelle, c’est plutôt un no-child assumé pour ma part (étant célibataire, c’est pas trop compliqué en même temps). La société de merde qu’on leur laisse, je parle pas de l’environnement. Une belle mentalité de chiotte aussi. C’est optimiste tout ça !

On se juge tous les uns les autres sur des sujets totalement absurdes et futiles alors que des questions bien plus importantes devraient occuper notre esprit. Mais sommes nous prêt pour ces questions ? Comme réfléchir vraiment à la société actuelle, ce qu’elle inflige à la plupart d’entre nous (les inégalité se creusent par exemple, le mal être au travail pour ceux qui en ont un, ce qu’on fait à notre environnement et à nous donc!) et, à terme, envisager la société autrement, revenir peut être à l’essentiel (comme ces employés qui s’organisent en SCOP un peu partout pour sauver leur taf. Exit les actionnaires et les patrons improductifs, place aux vrais gens, compétents et concernés par la survie de l’entreprise et non la hausse des dividendes).

Mais non, on préfère se juger les uns les autres, voir le plus mauvais en chacun de nous plutôt que de tenter de faire ressortir le meilleur. Tout va bien braves gens, les riches deviennent plus riche pendant ce temps, ils planquent leur fric en Suisses et se fichent bien de faire fermer votre entreprise pour grappiller un million ou deux pour les expatrier dans un paradis fiscal du bout du monde.
Diviser pour mieux régner, c’est un concept que les politiques utilisent avec talent, quasi ni vu ni connu. Pendant que le privé tape sur le public, les actifs sur les inactifs, les travailleurs sur ceux qui n’ont pas de taf, les anti-ci sur les anti-ça, eux vivent leurs petites vies plutôt confortable, nous sortent une phrase de temps à autres, ils se refilent des postes entre eux, faudrait pas que le poto pointe à Pole Emploi quand même. Du moment qu’on ne pense pas et qu’on agit pas, eux ça leur va.

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3 réflexions au sujet de « Et si on arrêtait de se juger? »

  1. C’est vrai que quand on y pense, on a tous tendance à juger les autres… Même les gens bien intentionnés, à un moment ou à un autre, jugent leur prochain : exemple flagrant d’une assoc célèbre où ma mère était bénévole avant ; on se dit « ah ces bénévoles, c’est des gens bien, dévoués tout ça… » sauf que ces bonnes femmes passaient leur temps à critiquer leurs « collègues » absentes, et à se tirer dans les pattes…

    Bref !

    Le problème c’est que c’est la nature humaine qui est comme ça ! Et vu comme la société « évolue » (si on peut appeler ça évoluer), plus ça va pire c’est ! Au jour d’aujourd’hui, les gens ne cessent de porter un jugement sur les autres, par contre, si une personne a besoin d’aide, ils vont étrangement ne pas du tout s’intéresser à elle…

    1. Dans le milieu asso je crois que c’est encore pire lol Une personne qui faisait du tai chi avant est dans une asso très connu aussi, ça la saoulait d’une force ce genre de truc, elle en revenait pas et pourtant elle est une habituée du milieu asso. Ce qu’elle racontait ça te dégoutait de devenir bénévole un jour.

  2. C’est tellement ça! Les étiquettes sans chercher à creuser, les bla bla non constructifs…
    Et le pire, c’est que (même si j’ai du mal à l’admettre), pour ma part j’ai encore du mal à passer outre les jugements. Je me remets souvent en question suite à des critiques (même quand je sais qu’elles sont infondées et gratuites!), et je suis la première à appréhender le regard des autres… Fichue confiance en soi!
    J’en parlais dernièrement à une collègue qui m’a expliquée que les jugements des autres leur permettait de rester aveugle face à leurs propres problèmes. Ca demande beaucoup trop de courage de s’occuper de sa vie alors allons se mêler de celle des autres c’est bien plus marrant!
    Les enfants… Sujet tabou. J’en ai entendu des réflexions là dessus moi aussi. « La trentaine et toujours pas d’enfant? Attention ton horloge biologique tourne (merci pour l’info je pensais que je rajeûnissais…) Comment ça se fait? Tu ne peux pas en avoir? »
    Non non, je n’en veux pas, pour l’instant. C’est un choix. Tout de suite on te répond que c’est une forme d’égoisme, tu ne penses qu’à toi, tu ne veux pas « donner la vie »… Mouai. Phrases toutes faites. Je dirais plutôt que c’est une forme d’empathie avec le monde qu’on va leur laisser les pauvres… Et puis bon, est ce que je leur dirais, moi, « Déjà un enfant? Comment ça se fait? Pourquoi? C’est de l’égoisme (besoin de materner, de laisser une descendance)??? »
    C’est un débat tellement long et compliqué que je préfère laisser chacun voir midi à sa porte.

    Mon problème, c’est que je me dis toujours, je n’embête personne donc j’aimerais que personne ne m’embête! Grosse erreur. C’est la nature humaine. A moins de vivre dans une grotte dans le trou du cul monde… Et encore, ça porterait sans doute aussi à polémique 😉

    Bon bah moi les filles, je vais aller feuilleter un « VOICI » 😉

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