Parfois, ça sort

Je ne sais pas si c’est un effet de la Nouvelle Lune, mais ça brasse à l’intérieur. Je sens que les choses ont besoin de sortir, d’être dite, que ça soulage un peu mon petit cœur qui encaisse. Une amie vient de m’envoyer un mail et je me rend compte après coup que j’ai répondu un peu sèchement. Elle prend un peu pour la terre entière la pauvre. Mais désolée, j’en ai marre de n’être considérée que comme une chômeuse. Je suis une personne avant tout.

Oui, la révélation est fracassante. Les chômeurs sont des personnes ! Des êtres humains, doués de sensibilités et de réflexion, de sentiments même. Nous n’avons pas pour unique fonction de parcourir les sites d’offres d’emplois ou de faire des candidatures. Non, on est multi-usage. Whouah ! On peut évoquer de nombreux sujets en conversation, nous avons des centres d’intérêts divers et variés.

Alors, constamment commencer une conversation par « Alors le boulot ? » ou « Je sais que ça va pas fort en ce moment, que rien ne bouge … ». Oui, merci, nous avions remarqué qu’e nous sommes au chômage et que les choses n’avancent pas trop. Nous le vivons H24, inutile de nous le signaler à chaque fois que vous nous voyez. Au contraire, nous traiter en être humain doué de nombreuses qualités autres que de savoir manier le site de Pole Emploi pourrait être une excellente manière de nous remonter le moral. Genre, « Tu as vu le documentaire sur Arte ? Il était vraiment intéressant ! » ou « J’ai lu un super bon bouquin dernièrement, je te le conseille » ou encore « On se fait un ciné ensemble samedi ? ». Bref, ça, c’est sociabiliser un chômeur. Parce que se prendre des réflexions dès qu’on fout le nez dehors ou qu’on nous envoie un mail, ça donne envie d’éviter toute civilisation.

Voilà, je suis un peu agacée ces temps-ci. Le peu de patience que je possède s’épuise assez rapidement et ma tolérance assez basse habituellement tend à passer en négatif. Je voudrais qu’on n’ouvre des horizons, qu’on pense à moi comme une personne et non pas qu’on m’associe direct à mon chômage ultra longue durée.

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5 réflexions sur “Parfois, ça sort

  1. Stéphanie D.

    Bonjour, je me reconnais totalement dans votre post, j en suis devenue agressive, oui je n ai pas peur de le dire. J’appréhende toute sortie ou repas de famille, je me replie sur moi-même.
    Courage à vous.

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  2. nathi

    Coucou,
    Ce qui est bien avec ton site, c’est que lorsque je te lis, je me sens moins seule dans mes réflexions qui, à force d’être retournées dans tous les sens, m’apparaissent parfois comme de la paranoïa! Grâce à tes posts, je réalise qu’il est normal d’être déprimée, et surtout d’en vouloir à la terre entière…

    Jusqu’à en avoir envie de s’isoler, de se « cacher » pour éviter les regards de pitié ou les remarques qui vous plombent. C’est vrai que par un effet boule de neige, on se désociabilise carrément!
    Même lorsqu’on tente de se bouger les fesses et de sortir, être entourée par des gens qui travaillent et qui échangent des anecdotes à ce sujet… Regarder ses pieds pour ne pas être questionnée, faire bonne figure si jamais c’est le cas… Et rentrer chez soi plus tard le coeur un peu plus lourd. Se renfermer, ne plus être considérée comme une personne à part entière ou encore se sentir évincée.

    Moi aussi je suis devenue agressive, et le moindre souci même pas lié au boulot me renvoie à tout ce qui s’accumule et me fait encore plus péter un boulon! Mais ouf, je ne suis pas folle! Je suis « juste » chômeuse…
    Bisous

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    1. Nous ne sommes pas folles, non, rassure toi. Enfin, pas folle, un peu quand même, comme tout le monde. Se l’avouer est plutôt bon signe je pense ^^
      C’est normal tout ça, être un peu (beaucoup) déprimée, ne plus savoir où on en est, ne plus avoir envie de croiser des gens qui font ou des reproches ou des conseils à la con. Le problème, c’est que le chômage est une période où on a besoin de soutien et paradoxalement parler de sa souffrance, de ses angoisses et de ses soucis devient plus dur parce que ce n’est pas toujours compris, parce que les réponses ne sont pas toujours adaptées, on peut tomber sur un moralisateur de première qui n’aura aucune empathie, sur une nana qui ne va pas plus loin que le bla bla usuel (se sortir es doigts du cul, les métiers en tension, …), bref
      C’est pour cela que j’ai posé tout cela dans un blog. Ca me soulage et ça me permet d’échanger avec des personnes qui sont dans des situations semblables.
      Nous ne sommes pas seules, nous sommes aux bas mots 5 millions dans notre situation.

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  3. Stéphanie D.

    Je viens de parcourir tout ton blog. Merci de partager ton vécu, je m’y retrouve tellement.
    Entre le moral qui flanche, les non réponses des employeurs, le suivi (ou pas) de popole, l age qui avance (je viens de passer la quarantaine) la non vie personnelle et j en passe, ben ton blog m’a permit de me sentir moins seule.
    Merci de ton aide, indirecte certe, mais précieuse.
    A bientôt au fil de ton blog.

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    1. Merci Stéphanie. Les messages que je reçois grace à ce blog m’aident également. On partage tous et toutes ce sentiment d’être moins seule quand on constate qu’on vit une situation pas si isolée que ça, une situation malheureusement bien plus fréquente qu’on ne le croit.
      Merci de ton passage ici et pour ton message.

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