Etats d'âme

Chomage et état d’esprit

Il est important lorsqu’on est au chômage de garder un bon état d’esprit. Pour sa recherche d’emploi mais aussi pour sa vie personnelle. Parce que l’entourage oublie parfois, et nous aussi par la même occasion, que les demandeurs d’emploi sont avant tout des êtres humains, des personnes, des citoyens. Et nous avons certes des obligations de recherche d’emploi pour accomplir les devoirs que nous avons envers la société et les organismes qui nous suivent mais nous avons aussi droit à un jardin privé où l’on prend soin de nous.

Je réfléchis à une réflexion qui m’a été faite il y a quelques semaines (quelques mois même maintenant) parce qu’elle reflète vraiment le fait que les gens jugent sur un instant T sans s’imaginer que derrière un sourire apparent, il peut y avoir une grande souffrance.

Ma mère était suivi par l’INSEE dans le cadre des enquêtes qu’ils font sur le niveau de vie (enfin un truc comme ça, j’ai jamais même trop compris le bazar mais bref). La personne qui faisait cette enquête chez nous en a profité pour m’interroger aussi sur le chômage. Pour le dernier rendez-vous, en face à face, elle me fit la réflexion que je semblais vivre bien le chômage. On a pas trop le temps de développer donc je lui ai dit grosso modo qu’au bout d’un moment il vaut mieux parce que sinon on se flingue.

Mais ce que cette personne ne sait pas, c’est que quelques mois auparavant j’étais vraiment très très mal, je ne m’étais jamais sentie aussi mal je crois de toute ma vie. J’en étais au point où soit on en finit avec la vie, soit on fait un travail sur soi pour voir les choses autrement.
Ce que cette personne ne s’est pas imaginée, c’est qu’elle n’était pas là les soirs où je pleure, les jours où je doute, les moments où je me remet en question encore et encore.
Oui, à l’instant T où j’étais devant elle pour cette enquête, j’étais souriante, j’étais polie. Non, on est pas obligé de montrer son désespoir face au chômage en s’habillant en guenille, en ne se lavant pas et en faisant l’asocial de service.

Aujourd’hui, je suis un peu mieux dans ma tête. Il y a des moments de doutes, de peur, de désespoir. La fin du tunnel ne semble toujours pas montrer le bout de son nez, c’est un fait. Mais j’ai décidé de découvrir que je n’étais pas qu’une chômeuse. Je me cherche et par la même occasion je cherche comment trouver ma place dans la société. Et se chercher, c’est du boulot. Il semble se dessiner que les schémas habituels, ce n’est pas pour moi. Je cherche un moyen de revaloriser l’humain, redonner de la valeur aux gens. J’aimerais aider les gens qui se sentent seuls, qui ne se font plus confiance, les aider à trouver un chemin vers ce qui fait du sens dans leur vie (une manière de me soigner moi-même surement). Le soucis restera toujours la formation parce que je n’ai pas les moyens de les financer moi-même, enfin j’imagine parce que je ne sais même pas trop quels types de formations seraient adaptés à ce projet. Bref, je lis, j’apprends, je découvre. Je me sens l’âme d’une étudiante en quête de connaissance et qui cherche. Je suis une chercheuse.

Tout ça pour dire que ces réflexions sur notre manière de bien vivre le chômage sont une connerie de plus prouvant la vision étriquée que les gens ont. Déjà dans leur façon de juger que parce que là sur l’instant on sourit et on fait bonne figure c’est que tout roule. Mais aussi dans leur manière de ne nous voir que comme des chômeurs qui devrait être obsédés par le chômage.

Et bien non ! Vivez, riez, aimez, profitez des choses qui vous rendent joyeux et qui vous font du bien ! Faites vivre la personne que vous êtes et oubliez le chômeur que vous devriez être selon les critères de la société. Voilà ce que je tente de réintroduire dans ma vie depuis plusieurs mois et je ne me sens même pas honteuse !

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5 réflexions au sujet de « Chomage et état d’esprit »

  1. oui le chômeur n’est pas que chômeur, le chômeur qui ne pense que chômage 24 24 courre à la dépression (mon cas)

    un petit coup d’une ancienne du forum des galériens (toujours au chômage, lol, il paraît que notre système chômage ne nous incite pas à retravailler, mais faut prendre en compte que ya pas de travail pour tout le monde en ce moment)

    passe le bonjour à tout le monde du forum

    à bientôt (qui suit toujours ton forum, bien le design fluide)

    1. Même si c’est bien dur de ne pas penser qu’à la recherche d’emploi, c’est en effet essentielle pour la santé mentale. On nous parle beaucoup de cette crise (qui est en effet bien terrible) mais ça fait plusieurs décennies que ça dure au final ce manque d’emploi.
      Sachant que moins de la moitié des inscrit à PE sont indemnisés, il n’a en effet pas que notre système d’indemnisation qui freine le retour à l’emploi.
      Passe nous faire un coucou sur le forum ^^ Viens papoter avec nous!

  2. J’avoue…
    Une fois, je me suis pris une réflexion par un collègue. Je lui avais dit que j’avais postulé pour une offre (qui correspondait à mon profil, selon moi). Et que j’avais reçu comme réponse, comme quoi le poste était déjà pourvu.
    EH bien, il m’a dit qu’en gros, j’avais rien fait pour me montrer motivé.
    Je ne vous dis pas comment j’étais furieux intérieurement, et j’ai vite embrayé sur un autre sujet.
    Pareil, mes parents qui me mettent la pression. Et je change de sujet à chaque fois (même s’ils le prennent mal).
    Au début, je pensais sans arrêt au chômage. Mais cette période m’a été très bénéfique, dans le sens où elle m’a permis de commencer à me retrouver et à aller mieux.
    Mais bon, j’ai envie d’appeler « souillon » quiconque fait une réflexion infondée sur le chômage. =)

  3. Merci beaucoup, ce blog fait du bien! Au chomage depuis peu, je suis exactement dans l’état que vous décrivez: recherche d’emploi, encore, et encore, dès le reveil, toute la journée, et même la nuit. Si vous avez des tuyaux, je suis preneuse. Car c’est sûr, la seule chose qui m’attend à me mettre autant de pression, c’est la dépression (et j’ai déjà donné).

  4. Complètement d’accord, je suis exactement dans le même cas que toi, il faut profiter de cette période d’inactivité pour s’explorer, faire une introspection, un retour sur soi et sur ses valeurs et sur ce qu’on veut, cela ne peut être bénéfique. Mais aussi prendre la vie du bon côté en se disant que la vie n’est pas faite que de Travail, elle est faite d’autres aspects qu’on a tendance à négliger une fois le pied dans le milieu du travail. Super message positif en tout cas 🙂

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