Parlons ergophobie

Une enquête du site Météojob révèle une augmentation de la peur du travail. Le site parle de « bureauphobie », crainte liée à la hiérarchie, aux conditions de travail ou encore au surplus de travail (on indiquera aux employeurs qu’il y a environ 5 millions de chômeurs prêt à venir aider un peu leurs employés).

Je me demande pourquoi, comme le laisse entendre l’utilisation du terme « bureauphobe », cette enquête semble cibler les emplois de bureau. N’y-a-t-il pas de peur du travail ailleurs ? Ca m’étonnerait bien et c’est pourquoi j’ai cherché le terme désignant la peur du travail, ergophobie. Il suffit d’écouter les gens se confier un peu sur leur travail, les jours où le vernis se craque un peu, et se plaindre des cadences imposées par exemple, de l’organisation de travail quasi impossible à tenir mise en place par les « bureauphobes » surement.

Mais pourquoi subit-on tout cela ? Le progrès ne devait-il pas venir en aide à l’homme, rendre le travail plus facile ? Alors physiquement, il l’est surement devenu, peut-être pas partout cela dit. Mais si c’est au détriment de la santé psychologique je ne suis pas sure qu’on puisse parler de progrès.
On va me dire qu’on est des enfants gâtés, qu’on devrait être content déjà quand on trouve un emploi quel qu’il soit, de ne pas faire les difficiles bla bla bla. Qu’il faut bien payer les factures, le loyer. Mais le soucis c’est qu’en plus d’être stressant et épuisant moralement (et parfois physiquement malgré tout), c’est que bien souvent les salaires actuels permettent à peine de vivre correctement.
Je pense qu’il fut une époque (oh!lointaine, très lointaine il est vrai) où les gens se seraient révoltés face, un peu comme pour les prix en fait (vous avez converti le prix de votre baguette en franc ? On aurait payé ça avant le passage en euros, on bloquait le pays! Vive la spéculation sur les denrées alimentaires !)

Les personnes en poste ne sont pas les seules interrogées lors de cette enquête. Nous sommes aussi consultés, nous chômeurs, sur nos craintes. Sans surprise, la première est de ne pas trouver un emploi d’ici la fin de l’année. Et quand on prend conscience du marché de l’emploi actuellement, on ne peut que comprendre.
Cela dit, il est indiqué également que nous ne sommes pas prêt à tout pour un emploi, 48% des sondés se déclarent prêt à refuser une opportunité si par exemple la distance domicile/travail est trop importante.
Face à la crise de l’emploi, on cherche ses repères ailleurs. Sa maison, son quartier, ses amis et sa famille. Et si la solution était là, se recentrer sur des valeurs essentielles ? La famille, être à l’écoute de soi afin de faire les meilleurs compromis entre l’envie et le réalisable, ne plus se vendre pour n’importe quel emploi.

Lutter contre ces phobies, ces peurs du travail, nécessite peut-être de recentrer nos priorités (à défaut de croire à une changement de société). Et la méthode est peut-être la même pour vivre mieux son chômage. Construire sa vie privée, pratiquer des activités qui nous plaisent, voir des amis (pas toujours simple, le chômage faisant le vide autour de nous), s’informer, bref apprendre à être soi.

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