Etats d'âme

« Oui mais moi je bosse »

Qui n’a jamais eu cette réplique signe d’une argumentation forte et réfléchie ? Je suis quasi persuadé que chaque chômeur y a eu droit, histoire de bien appuyer le fait que lorsqu’on est sans emploi, on ne vaut rien dans cette société.

Le travailleur est tout puissant, il a tous les droits. Surtout le droit de se défouler de sa mauvaise semaine de travail sur le pauvre chercheur d’emploi qui lui livrerait des réflexions trop poussé sur la société actuelle. Engluant chaque esprit dans la pensée universelle que pour être utile, il faut travailler.

Parce que c’est sur, le chomeur est forcément cloué devant sa TV à regarder une série débile en se gavant de chips. Ne tenons pas compte des chomeurs qui s’engagent bénévolement dans une association, de ceux qui aide simplement voisins et familles et tout simplement, ne tenons pas compte de ceux qui lutte chaque jour pour sortir de leurs situations précaires et instables.

Ce que j’aime le plus dans cette rhétorique du « moi je bosse », c’est lorsqu’on aborde le sujet des aides. C’est fascinant de voir à quel point le travailleur défend son droit à toucher des aides. Jamais il ne lui vient à l’esprit le droit de revendiquer un salaire qui lui permettrait justement de vivre sans les aides ? Est il plus « glorieux » de toucher des aides lorsqu’on travaille ? Est ce moins honteux d’être aider par la société quand on a un travail (précaire donc, très probablement) ?

Ben, en tant que chercheuse d’emploi et bien que ne visant pas un gros salaire dans l’immédiat, mon but ultime est bien un jour de ne plus avoir besoin de ces aides justement, quelles qu’elles soient. Je serais ravie de pouvoir m’en passer et de laisser ma part à des personnes en difficultés sociales et professionnelles.

On voit avec ce phénomène du « moi je bosse » que les gens ne placent pas leur rancœur au bon endroit. Ils préfèrent culpabiliser des personnes plus en difficulté qu’eux ou dans une situation similaire à la leur, plutôt que de pointer la véritable aberration actuelle : ne pas pouvoir vivre correctement alors que l’on a un travail. Ils cautionnent une situation dont ils sont victimes : les salaires en baisse, les temps partiels subis et la hausse des charges dans un foyer (alimentation, loyer, …).

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