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Si prévisible

Sans aucune surprise, les réactions faisant suite à l’annonce d’une hausse de 10% du RSA sur 5 ans montre l’intolérance (et l’ignorance) galopante d’une partie de la population. Cette aumône faite aux plus mal lotis (pardon aux très riches bénéficiaires de cette allocation de subsistance s’élevant à 418 euros pour un célibataire, y’a de quoi aller bronzer au soleil avec ça !) des français a réveillé le beauf haineux de base qui en ces temps moroses avait bien besoin d’une petite distraction. La chasse aux pauvres est donc lancée ! A se demander si ce n’est pas la manière gauchiste de continuer la stigmatisation si chère au gouvernement précédent. Ca choque moins les bonnes âmes que « le cancer de la société » de qui vous savez mais on donne un os à ronger aux grands haineux des aides sociales.

On peut lire des absurdités aussi méchantes que stupides, témoignages d’une véritable inculture d’une bonne partie des français sur ce qu’est être au RSA, aux minimas sociaux. De nombreuses personnes pensent que tout, absolument tout, est payé aux personnes bénéficiant des minimas sociaux. Chèques vacances, forfaits internet/téléphone, eau, gaz, électricité (si ils savaient à quel point le tarif social est dérisoire. On nous l’a imposé de force alors qu’on avait rien demandé mais c’est comme si rien n’avait changé ou si peu), ticket restaurant, … Il y a beaucoup de fantasmes sur la vie rêvée des RSAstes. Je ne vous ferais pas part de toutes les méchancetés que j’ai pu lire, je vous invite à consulter l’article d’Actuchomage sur le sujet, qui est vraiment très bien fait (un peu amer peut être mais c’est bien compréhensible).

Mais ce que les gens ne savent pas, c’est que c’est une véritable torture de vivre au RSA. Je ne parlerais pas des soucis financiers que j’ai la chance de ne pas connaître grâce à ma Maman (la meilleure du monde !) mais je pense pouvoir écrire quelques chapitres sur l’impact psychologique que ce statut entraine.
Le chômage en soi est déjà dur à vivre, le chômage longue durée encore plus. On se remet en cause de façon permanente, les gens ne s’imaginent pas à quel point on peut retourner les choses des milliers de fois dans nos pauvres cervelles. Les insomnies ne sont pas rares. La journée de « travail » d’un chômeur dure 24h tout simplement parce qu’on est au chômage 24h/24.
Ajouter à cela la stigmatisation qu’entraine le statut de bénéficiaire du RSA et là, c’est le pompom. Non seulement vous ne trouvez pas d’emploi mais en plus on pense de vous que vous n’en cherchez pas parce que vous vivez grassement avec les 418 euros du RSA, plus APL, CMU, … et que donc, trouver un emploi (un vrai, pas des miettes de travail j’entend par là) n’est nullement votre priorité qui elle se situe plus dans la préparation de vos futures vacances (imaginaires).

Je rappellerais aux biens pensants qu’ils sont probablement eux même des assistés. Refusent ils l’allocation de rentrée scolaire ? Les allocations familiales ? Ne font ils pas une demande d’APL lorsqu’ils prennent un logement ? La PAJE pour le petit dernier, ils l’ont refusé ?
Oui, c’est un fait, le peuple français est un peuple d’assisté. Et après tout j’en suis assez fier. Nous avons (avions ?) une société basée sur la solidarité. J’aurais pourtant envie de dire que ceux qui ont des enfants en ont fait le choix et se doivent donc de les assumer, que lorsqu’on prend un logement, c’est qu’on peut payer le loyer. Mais non, nous savons que les accidents de la vie existe, que les salaires sont bas et que la vie coute cher et que de nombreuses familles ont besoin d’être aidées, soutenues. Je suis fière de ce système et j’ose espérer que si je deviens riche demain (rêvons un peu, ça ne fait pas de mal), j’aurais plaisir à rendre à la société ce qu’elle m’a donné.

Toute mesure comporte ses failles, ses défauts et ses dérives. C’est ainsi. Mais le RSA a été fait de façon à ce que des travailleurs précaires, pauvres, puissent bénéficier d’un léger complément de revenu. Alors à tout ceux qui associent RSA avec inactivité, fainéants, glandeurs, profiteurs, je leur dit de regarder ces travailleurs qui triment bien souvent dans des boulots ingrats payés au Smic horaire en temps partiel et de voir si ils sont des profiteurs !
Je leur dit de regarder aussi de tous ceux qui s’engagent bénévolement, donnent de leur temps parce que rester à la maison ce n’est pas pour eux (quoique, certains sont capable de voir dans un engagement bénévole une envie de ne pas travailler).
Je leur demande aussi d’ouvrir les yeux sur la réalité du marché de l’emploi qui ne propose actuellement pas un emploi digne de ce nom pour tous. On est à l’ère des temps partiels en contrats de courtes durées. Les gens ne peuvent pas vivre avec cela, ne peuvent pas faire de projets. Je suis triste de le dire mais pour les personnes qui n’ont comme options que ces mini jobs, le RSA est une perceptive d’avenir plus stable.

Nos différents gouvernants oublient un volet important dans leur plan d’action. Celui de l’insertion. On ne peut pas insérer une population stigmatisée qui se sent mise en marge de la société, délaissée, mal aimée. Il est temps de repenser à la société que l’on veut, peut être pas pour nous, il est surement trop tard, mais pour les générations à venir.

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