Pourquoi est il si dur de sortir du chomage?

Suite à la hausse du taux de chômage, de nombreux médias se sont interrogés sur les options proposées aux chercheurs d’emploi pour se réinsérer. Qu’est ce qui empêche un demandeur d’emploi français de (re)trouver une place sur le marché de l’emploi ? Volonté de rester au chômage ou réelle difficulté à trouver un job ?

J’ai lu ces derniers jours une rumeur (je dis rumeur car je n’ai rien trouvé pour corroborer l’info) disant qu’il y a 2 millions d’offres non pourvu à Pole Emploi. J’avoue avoir bien ris. Il suffit d’aller sur notre site favori pour constater qu’on atteint à peine les 200000 offres disponibles sur toute la France.
Pour ceux qui ne le savent pas, les agences locales pour l’emploi n’ont plus d’offres spécifiques, tout se trouve sur Internet. Fini les tableaux d’affichage de l’ANPE, Pole Emploi dispose d’espace multimédia en libre accès d’où vous pourrez consulter les offres recensées sur le site.
Et si on se penchait un peu sur ces offres, on pourrait constater que beaucoup ont plusieurs mois : offres pourvues mais non retirées du site, employeur qui ne désire plus recruter mais ne supprime pas son annonce, offres avec des exigences spéciales, offres qui proposent un poste avec peu d’horaire de travail, … Voilà ce qu’on trouve sur Pole Emploi. Il n’est pas rare qu’en reprenant une liste de candidature sur ces offres en ligne, on puisse en retrouver quelques une encore publiées alors qu’on n’a reçu aucune réponse de l’employeur.

On parle souvent de la nécessité d’être mobile pour les chômeurs. Oui, pourquoi pas, les discours sont beaux. Mais est ce qu’on peut adresser ce genre de conseil à tous les profils de chômeurs. Il est plus facile de tous laisser derrière lorsqu’on a 20 ans que lorsqu’on en a ne serait ce que 10 de plus. Et je ne parle même pas des chômeurs qui sont mariés ou en couple, qui ont un(e) conjoint(e) qui travaille là où ils sont installés. Et pour un peu, ils sont propriétaires de leur logement. Un chômeur n’a-t-il vraiment plus aucun droit au point de devoir vendre sa maison et laisser femme et enfant derrière pour retrouver un emploi ?

On peut continuer sur le thème de la mobilité en parlant de mobilité professionnelle. Les différents intervenants dans les médias nous expliquent que nous ne pourront plus avoir une longue carrière dans une même entreprise. Qu’il faudra changer d’employeur voir même de métier. Soit, pourquoi pas. Après tout, il peut être très stimulant de changer d’environnement de travail. Mais pour changer de métier, il faut bien souvent être formé. Car vous aurez beau avoir 15 ans d’expérience en temps que secrétaire, la crèche où vous allez postuler aura beau être séduite par votre projet de reconversion, elle ne pourra rien pour vous sans un CAP petite enfance.
Mais la formation des chômeurs, c’est plus facile d’en parler que de la mettre en pratique ! Il faut pouvoir financer la formation, et vivre pendant la formation. Le parcours du combattant pour réunir ces deux éléments en décourage plus d’un. En théorie, il y a des aides, en théorie. Là encore, il faut avoir vécu la situation pour comprendre de quoi il en retourne.

Autre solution possible contre le chômage, les contrats aidés. Belle idée sur le papier : donner une chance aux personnes éloignées de l’emploi (sans diplôme, demandeurs d’emploi longue durée,…) de gagner en expérience professionnelle, de prouver leurs valeurs sur le terrain. Mais dans les faits, ces contrats ne constituent que rarement un tremplin. Ils sont de plus en plus détourner aujourd’hui, les employeurs salivent sur la prise en charge quasi totale de l’état.
De plus, ces contrats peuvent être stigmatisant parce que peu porteurs de réelles compétences à faire valoir pour une recherche d’emploi future. En ayant bénéficié à une époque, je peux vous assurer que sur mon CV, l’employeur comprend immédiatement que j’étais en contrat aidé. Vu que cela date, on m’en fait bien moins la remarque mais dans les années qui ont suivi ce contrat, c’était assez fréquent. Et je vous assure que ce n’est pas un faire valoir, non, c’est plutôt une condamnation à n’être employable que par ce type de contrat. Et c’est bien la réalité puisque je suis sure à quasi 90% de chance que mon prochain emploi sera un emploi aidé !

Il est donc erroné de croire que les mesures mises en place constituent une vrai chance pour les demandeurs d’emploi. Un site internet peu clair contenant des offres bien souvent obsolète, mesures pour la formation dissuasives et mesures pour l’emploi qui tentent vers la stigmatisation. Au milieu de tout cela, le chercheur d’emploi doit surnager pour survivre, faire valoir sa valeur et prouver qu’il mérite bien un emploi stable qui lui permette d’avoir un logement, de se nourrir bref de satisfaire les besoins essentiels.

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