Etats d'âme

Est on plus libre au chomage?

Le mythe du chômeur heureux a la vie dure. Une (grande?) partie de la population persiste à croire que le non-emploi est une situation voulue, cherchée, assumée. C’est les vacances toute l’année, la liberté et la belle vie. Mais qu’en est il réellement ? Les gens se posent-il les bonnes questions ?

Le chômage est avant tout synonyme de moyens financiers restreints qu’on aie cotisé assez pour toucher des ARE, qu’on soit au RSA ou, encore pire, qu’on aie moins de 25 ans et pas assez cotisé pour toucher quoique ce soit. Certains d’entre nous vont avoir la chance d’être hébergés chez la famille, ce qui évite de se soucier du logement. D’autres doivent se débrouiller avec les faibles allocations qui leur sont versées pour gérer le quotidien (loyer, nourriture, transport, assurances en tout genre et j’en passe). Loin d’être une sinécure, cette précarité financière est source d’insécurité, de stress et d’angoisse face à l’avenir.

Sans argent, s’intégrer socialement devient difficile. Comment suivre les amis au restaurant, au cinéma ou autres sorties quand le quotidien nécessite le comptage de chaque centime? Bien vite, on évite les situations où on devra dire non sous des excuses fallacieuses (ce qui est d’autant plus humiliant que chacun sait d’où vient le problème) et les amis s’éloignent peu à peu. Le fameux réseau si utile en période de recherche d’emploi se réduit peu à peu. Qui pensera encore à vous quand vous aurez déserté les soirées entre potes pendant des mois?

On en arrive à la spirale de la dévalorisation de soi. On reste à la maison, on se replie sur soi, les activités se font de plus en plus rare. Il devient peu à peu utopique de s’imaginer exerçant un quelconque emploi. On craint le regard des autres et surtout on redoute la fameuse question « Alors, as tu trouvé un emploi ? ». Parce qu’on sait que la réponse négative que l’on va fournir sera suivi d’une avalanche de conseils plus ou moins pertinents et qu’une personne qui n’a pas connu la spirale du chômage aura du mal à comprendre qu’il ne suffit pas d’envoyer son CV à Bidule pour être embauché.

Il est donc évident que le chômage ne rend pas plus libre. Il comporte quelque liberté au niveau de l’emploi du temps (on peut enfin suivre Urgences l’après midi sur France 4, oui, ça sent le vécu). Mais il ne permet pas un épanouissement absolu (n’en déplaise à ceux qui le pensent) tant l’impact qu’il peut avoir sur le moral peut être destructeur. Ni le chômage, ni le travail ne rendent libre. Ils comprennent chacun leur part d’aliénation. La situation idéale n’existe pas.

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