Comment se sentir infantiliser en 2h30!?

Malgré ce temps pluvieux, me voici avec 20 minutes d’avance devant les locaux du CLAF pour cette réunion d’information de la prestation STR. Seule, je me demande si mes amis de galère ont eu l’intelligence de déserter.

Je me décide à sonner mais personne ne vient m’ouvrir. Et je reste donc à attendre sous le vent et la pluie.

8h45, une autre galérienne arrive, sonne également sans succès. On entame un léger dialogue sur la pertinence de cette prestation pour conclure que nous n’aurons sûrement rien de bons à en tirer. Elle m’avoue qu’à quelques mois de la retraite (encore plus proche pour elle si le gouvernement tient ses promesses), elle a peu d’espoir de retrouver un emploi et ayant potentiellement assez cotisé, elle préfère laisser sa place aux jeunes.

9h55, nous voilà une petite poignée de chômeurs à attendre sous le mauvais temps. Une conseillère arrive enfin. « Vous êtes là pour la prestation CAP ? », « non, Stratégie de recherche d’emploi ». Ça commence bien. On comprend assez vite que personne n’a préparé notre venue. Nous avons enfin accès à une salle assez petite ne contenant pas assez de chaises pour tous. Les locaux sont plutôt vieillot, mal entretenu, pas engageant.

La réunion commence vers 9h30 après que la conseillère ait trouvé les documents adéquats. Elle nous répète mi agacée mi gênée que ce n’est pas elle qui s’occupe normalement de cette prestation.

Nous aurons donc droit à une matinée assez décousue, faites d’un tour de table de présentation (auquel j’ai échappé), de conseils téléphonés et d’anecdotes bien inutiles.

Nous avons appris que le marché de l’emploi va mal (grosse révélation, faut l’avouer), qu’il ne faut pas espérer plus que le SMIC, qu’il faut élargir ses domaines et lieux de recherche, qu’il faut relancer, prendre le téléphone voir même se présenter directement et enfin que pour cibler les entreprises où postuler, on peut utiliser l’outil révolutionnaire qu’est l’annuaire.

Mal placée, je n’ai pas osé prendre des notes au court de la réunion, il y a surement des faits assez sympa que j’oublie donc. Deux échanges m’ont ce pendant marqué voir même choqué.

La première personne à se présenter fut un jeune homme qui recherche dans le domaine commercial. Pour une raison que j’ignore, il s’est senti obligé d’expliquer pourquoi il en était venu à demander une rupture à l’amiable avec son ancien employeur. Il nous a donc expliqué qu’avec les horaires intenables, il avait peu vu son fils pendant ces dernières années et que son couple était au bord du divorce. Privilégiant sa vie de famille, il a préféré donc fuir cet emploi toxique.

Il n’en fallu pas moins pour le voir sermonné par notre « hôtesse ». Nous avons eu droit à une longue tirade sur la valeur du CDI, sa rareté et l’absolue nécessité de s’y accrocher coûte que coûte lorsqu’on en décroche un. En gros, ce monsieur qui voulait reprendre une véritable place au sein de sa famille, redevenir un père et un mari, avait tout faux ! Aucune place pour l’humanité, l’importance d’une cellule familiale unie ou encore la liberté de chacun d’avoir ses propres priorités. Le discours m’a semblé quelque peu agressif et peu approprié, cette dame a sûrement oublié qu’elle se trouvait face à des adultes et a utilisé un procédé assez infantilisant.

L’autre fait qui a retenu mon attention, c’est que d’un coup, la dame s’est mis à faire une simulation d’entretien comme ça avec une jeune fille qui avait un entretien l’après midi même. Devant une dizaine de personnes qu’elle n’avait jamais vu avant, elle s’est vu bombardée de questions plus ou moins idiotes, certes possible en entretien, mais dont les réponses sont d’une évidence enfantine.

Déjà, la « mise en scène » me semblait peu adéquat : la jeune fille assise comme on l’était depuis le début de la matinée et cette dame debout de la même manière, pas de face à face mais plus une position dominant-dominé. Aller expliquer l’importance de s’asseoir bien face à son interlocuteur en le dominant de la sorte !

La jeune fille était mal à l’aise, de plus en plus stressée et cela se voyait. La conseillère a malgré tout insisté lourdement sur certaines questions, y allant de peu encourageant « oui, mais cette après midi, il ne faudra pas hésité, il ne faudra pas dire je ne sais pas ». C’est quand même assez évident, et si un entretien d’embauche est loin d’être agréable je pense que ça l’est quand même plus que d’être lancé à la vindicte populaire au cours d’une réunion d’information pour un atelier.

Je n’ai pu à ce moment me retenir et j’ai tenté d’expliquer à cette brave dame que la situation actuelle n’était pas comparable à un entretien d’embauche, que face à une dizaines d’étrangers c’est assez difficile de se sentir à l’aise et qu’en postulant en grande distribution, on savait pertinemment les éléments à mettre en avant lors de l’entretien : polyvalente, aucune contrainte face aux horaires décalées, disponibilité pour travailler week-end et jour fériés.

Bref, la mascarade a finalement pris fin et nous avons –oh ! Joie- eu le choix de poursuivre ou non la prestation. J’ai eu l’honneur d’être la première à signifier mon refus, étrangement, je ne fus pas la seule. Le nombre de six personnes requises pour la tenue de l’atelier ne fut pas atteint, loin de là.

Ce fut une belle démonstration de perte de temps, d’infantilisation et de mépris de notre intelligence. Ravie de ne pas avoir à subir cela, même 4 petits jours !

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