J’ai eu un rendez vous à Pole Emploi

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Après presque 2 ans sans se voir, PE s’est ennuyé de moi. Je me dois d’avouer que ce n’était absolument pas réciproque mais tant pis, vu qu’on a pas le choix, on se plie à la convocation. Je n’avais jamais vu ce conseiller, donc j’avais un peu peur. Il m’a gardé une heure ou preque, pour pas grand chose vous verrez mais bref.

Je suis arrivée avec tout mon bardât de preuve de recherches d’emploi (tableau récapitulatif, lettre de refus, …), mais on ne m’a rien demandé. Il m’a demandé comment je faisais pour rechercher un emploi (là, tu es tenté de dire que tu fais simplement bruler des cierges en implorant la pleine lune, bref), tenté de voir ce qui pouvait bloquer. Il m’a trouvé négative parce que je n’ai pas caché que le plus gros frein c’est l’expérience et que je pouvais faire à peu près tout ce que je veux (formation entre autre, on y reviendra) je passerais toujours après une candidate plus expérimentée. Pour moi ce n’est pas de la négativité mais de la lucidité.

Il m’a dit de mettre mon CV à jour sur leur site, m’a parlé des abonnement aux offres (oui Monsieur, le truc que je reçois tous les jours dans la nuit. C’est bon, j’y ai pensé toute seule), m’a dit que l’espace emploi de PE était très utile et plein de bons outils, re-bref.

Il m’a parlé de l’emploi store, que c’était un super outil aussi. Et là, j’ai pas pu m’empêcher de dire que j’y avais déjà un compte et que franchement le contenu est vraiment pas terrible. Mais si, faut que j’y retourne, ça a changé, évolué, c’est vraiment bien. Re-re-bref.

Il m’a dit que je devais élargir mes compétences pour ma recherche d’emploi, qu’on ne pouvait plus être juste secrétaire (en même temps pour le moment je ne me considère pas plus secrétaire que star internationale vu mon CV donc voilà). Là encore, re-re-re-bref, je n’avais pas besoin d’un rabachage d’une heure pour le savoir. C’est bien pour cela qu’en 2013 j’avais fait une formation au Greta.
Mais lui, ça lui suffit pas, donc il s’imagine que je vais de nouveau penser à me former, donc j’ai un atelier dans la semaine qui vient. « Vous former, un atout pour votre recherche d’emploi », ou quelque chose dans ce gout. Ouais, enfin, je me suis formée, ça n’a rien changé à ma life. Si ce n’est que remarquer que formée ou pas, je n’avais assez qu’aux mêmes jobs pas terrible sur le CV.
Du coup on a parlé du compte personnel de formation, je lui ai dit que je connaissais déjà, que c’est pas avec mes 4 pauvres heures que je vais faire quoi que ce soit. Mais bref, atelier quand même. Faut bien que eux aient du boulot.

On a parlé du concours. Faudrait que je le repasse. Oui, bien sur. Mais là, je me suis abstenue de lui dire qu’il était hors de question de faire plus de 60 km pour faire aller aux épreuves et que donc, vu qu’on est surement pas prêt de revoir un concours administratif organisé dans mon département, ben on a le temps d’avoir pas mal de réformes territoriales avant que j’en repasse un. Bref (je compte plus les « re »).

Il a re-insisté sur cette histoire d’élargir pour trouver un emploi. Et il a enfin gentiment, mine de rien comme ça, donner un indice sur ce que lui il envisageait plutôt par élargir : il a tenté de me vendre un emploi de caissière, que ce serait vachement bien pour bifurquer sur secrétaire après. Oui, oui, il a plein de secrétaire qui font caissière, ça prouve qu’elles sont rapides. Ouais, c’est surtout parce qu’elles ne trouvent pas de poste dans leur domaine, qu’elles ont un crédit ou deux sur le dos et quelques bouches à nourrir en plus de la leur. Parce que je ne suis pas sur que la rapidité à scanner les produits soit facilement transposable à la rapidité de frappe sur un clavier.

Bref, j’ai vu Pole Emploi, ça a servi à rien, je suis ressortie avec tant de papiers que ça doit représenter un arbres entier. Et en prime je me retrouve à devoir aller à un atelier à la con qui sera surement aussi inutile que cet entretien. Gaspillage de temps, d’essence et d’énergie.

Le concours, c’est loupé!

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1540-1 Voilà voilà, je le savais depuis le 28 juin vu que la liste des admis était sur le site du CDG mais j’attendais mes notes qui sont arrivées hier.

Avec une moyenne de 12,98 je ne suis pas admise au concours de peu puisqu’il fallait une moyenne de 13,28.

J’ai sans surprise foiré à l’oral avec un petit 9, coeff 3 ça fait mal.
Ce qui fait mal aussi et qui est honteux, c’est mon 9,25 en français, toujours coeff 3. J’ai honte de moi! J’ai très peu révisé donc j’aurais pu gagner des points assez facilement ici. J’ai surtout fait des exos sur le tableau numérique en fait et j’ai totalement délaissé le français (d’autant plus que les questions sur le complément d’objet direct ou conneries du genre ça m’a toujours fait royalement chier en fait).
J’ai eu 12 en bureautique ce qui me parait correct puisque, comme beaucoup de mes concurrentes, je n’ai pas pu finir l’épreuve en fait. Il m’a manqué 2 ou 3 questions pour tout faire. Et donc 6 ou 7 minutes de plus.
Ce fameux tableau numérique qui me faisait si peur n’était finalement pas si terrible, j’ai eu 17,75.
J’avais pris l’épreuve facultative d’anglais pour tenter de gagner quelques points. Donc si je pige tout, j’ai du avoir 19,75. On nous indique « point au dessus de 10 : 9,75 ».

J’ai tenté j’ai loupé, j’ai été soit très bonne soit très mauvaise selon les épreuves. C’était dans mon département, donc pas de frais de déplacements indécents, donc ça va.

Mais qu’est ce qui occupe mes journées?

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Un article en hommage à toutes les personnes qui pensent que lorsqu’on est au chômage, on s’ennuie et qu’on a rien d’autre à faire que se plier à leurs emplois du temps. Mais qu’est ce qui rempli la journée d’un chômeur ? Cédons nous à la croyance populaire qui veut qu’on s’installe toute la journée devant la télé avec un pack de bière et un paquet de chips en s’abrutissant de télé-réalité ? Ou qu’on passe nos allocations au PMU ? Séquence témoignage !

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Pour ma part, j’ai des journées assez remplies, souvent je ne fais pas tout ce que je voudrais (bon, le rangement du placard qui traine, c’est de la paresse, ok. Chut!). J’ai eu l’idée de cet article vers 12h30, je ne l’écris qu’à 23h45, je n’étais pas chez moi, ça arrive. Ce n’est pas souvent pourtant, donc aux yeux des autres, je passe donc mon temps à « m’emmerder » chez moi. C’est que je sors peu, je n’ai pas d’amis, des connaissances au plus (suis une asociale moi). Bon je sors de ma grotte parfois quand même hein, je ne fuis pas totalement la civilisation. Bref, oui, même en étant chez moi la majeure partie du temps, je sais m’occuper. Je m’ennuie parfois mais (scoop), ce n’est pas très grave.

Occupation numéro 1 : ben, chercher un emploi. Même si au bout de quelques années, l’ardeur n’est plus celle des premiers jours/semaines/mois, je cherche moins de nouvelles pistes mais je cherche encore un emploi, oui. Donc plusieurs fois par jour, je consulte les sites d’offres, je fais moins de candidatures spontanées actuellement, je pense reprendre en septembre. J’avais besoin d’un gros break et de toute façon, les entreprises du coin pouvaient surement retapisser au moins un mur avec les candidatures que j’ai envoyé ces dernières années.
Réfléchir à son (non) avenir, ça prend du temps. Ca ne paraît pas comme ça, mais pourtant ça occupe.

Occupation numéro 2 : je surfe ! Misère, oui, Internet est une activité chronophage et elle doit à elle seule occuper une bonne partie de mes journées. J’ai du mal à lâcher mon clavier, je passe d’un site à l’autre : mes sites chouchou, papoter sur les forum, consulter les réseaux sociaux, aller faire un tour du coté des infos (une infos entrainant vers une autre), … La toile, c’est le mal !!!!

Occupation numéro 3 : Lire. Au moment où je rédige cet article, la chute des géants m’attend sur ma table de chevet d’ailleurs. Mon rythme de lecture a chuté ces derniers temps (j’ai eu quelques mois où je pouvais m’enfiler 500 pages ou presque dans une journée) et je me demande si ce pavé écrit tout minuscule aura raison de moi ou si j’aurais le dessus (je suis en train de gagner, avec patience et obstination lol) mais j’aime toujours lire. J’ai quelques livres non lu qui attendent sur mes étagères et une wishlist que je tente de ne plus trop alimenter car une vie n’y suffirait pas sinon.
Lire est un moment d’évasion, je peux me laisser totalement emporter ailleurs par un bon livre, j’ai quasiment l’impression d’être dans l’histoire ( ça ce sont pour les livre qui font pas deux jours).

Occupation numéro 4 : La musique. Ah ! Ca c’est une grande revenante dans ma vie. On s’était un peu perdu de vu elle et moi, dépitée que nos destins ne puissent pas être plus liée que par une passion d’enfance. Mais elle a fait un grand retour dans ma vie et je me rend compte qu’elle est essentielle. J’ai pas une grande culture musicale (j’ai pas une grande culture tout court, c’est pas ce qu’on développe dans ma famille, malheureusement) mais j’aime écouter de la musique, j’aime chanter (moins qu’avant, par peur plus je pense) et faire le ménage en écoutant de la musique c’est quand même mieux. Du coup, j’écoute moins les infos. Pas grave.

Occupation numéro 5 : Apprendre. Et ça, ça devrait être au centre de nos vie selon moi car il y a tellement de choses à apprendre que je ne comprend même pas comment on peut ne rien trouver à faire. Et il y en a pour tous les gouts : manuels ou intellectuels, sportifs, artistes, ceux qui aiment le grand air, qui veulent bouger ou pas, qui veulent que ce soit utile au quotidien (jardiner, bricoler, coudre, …) ou purement récréatif.
J’ai eu ma période développement personnel. J’ai lu des livres, des sites et si je recherche moins de nouvelles infos, c’est parce que je pense que j’ai trouvé déjà de quoi bosser sur moi-même et qu’avant d’aller plus loin il faut évoluer. D’ailleurs cette phase de développement personnel, d’introspection a précédé le retour de la musique dans ma vie (ben à force de lire qu’il faut écouter l’enfant en soi, voilà ce qui arrive hein!) et probablement a engendré cette nouvelle envie : apprendre à jouer d’un instrument.
J’ai donc ressorti la guitare que j’ai eu en cadeau de Noël il y a bien 20 ans (bon, guitare, c’est pas un super truc hein, une Mundia en bois de cagette, une classique de taille ¾. Mais elle fait le job), j’ai rechercher des cours sur Internet et voilà j’apprend à gratouiller. C’est une calamité pour le moment mais je ne désespère pas.

Occupation numéro 6 : Les petits trucs du quotidien : le ménage, les courses, s’occuper des plantes, du chien, … Ca prend du temps mine de rien. J’ai repeint une fenêtre, ça a occupé une partie de mes deux journées de dimanche et lundi.
Bref, je détaille pas, on a presque le même genre de corvées à accomplir, vous savez que ça prend du temps, d’autant plus que c’est rarement super agréable à faire mais satisfaisant une fois fini.

Je crois avoir fait un tour de ce qui occupe majoritairement mes journées. Ca ne parait pas mais du coup, je ne m’ennuie pas trop (du tout). Et si jamais ça arrive quand même un peu, c’est qu’il me reste du temps pour rêver !

Je pourrais dire que j’ai tenté un concours

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Je crois l’avoir mentionné, même vaguement, je m’étais inscrite au concours d’adjoint administratif 1ère classe. Après les épreuves d’admissibilité en mars, que j’ai réussi visiblement, j’ai passé les épreuves de bureautique et l’épreuve facultative d’anglais il y a peu. Mercredi dernier, avait lieu le grand final : l’oral. C’est donc maintenant fini, ouf, et j’attend les résultats avec curiosité mais sans impatience. Pour le moment en tout cas.

Je suis soulagée que ce soit fini. Parce que si les épreuves écrites m’ont plutôt laissé sereine, il n’en fut pas de même pour l’oral. Ca reste un gros point faible pour moi de me présenter devant un jury, de parler de moi et d’avoir les idées assez claires pour répondre à des questions. Je dois avouer que j’étais en panique complète, les mains moites, le cerveau en compote et complètement incapable de fonctionner correctement. Cet oral fut une catastrophe. Le jury était sympa pourtant, assez distant mais pas méchant.

J’ai mal partout depuis quelques jours. Jeudi j’étais encore dans le stress de l’épreuve. Mais maintenant que la pression se relâche, je sens bien que les tensions ont laissé des traces. J’ai mal au dos particulièrement. J’ai mis au moins deux jours à revenir à un état plutôt normal mentalement, à me sortir de la purée de poids dans laquelle m’avait plongé le stress. Je vous raconte pas mon état mercredi matin, je ne suis pas sure que c’était ultra prudent de conduire dans cet état de stress.

Mais je l’ai fait. C’est pas le concours le plus dur qu’il existe, c’est pas un cat A, mais voilà, j’ai passé les épreuves d’admissibilité et j’ai fait de mon mieux pour le reste. Je pense que cette épreuve orale va m’avoir bien pénalisé, j’étais vraiment dans le flou (pour tout vous dire, j’ai eu du mal à répondre à des questions basiques sur le CCAS alors que c’est la structure qui m’intéresse le plus et que je connais les réponses mais bref, merci l’état de panique dans lequel j’étais). Mais je pourrais dire que j’ai tenté. J’en suis plutôt contente en fait. J’aurais pu être mieux préparée c’est sur, mais j’ai fait ce que j’ai pu.

Les résultats sont le 28 juin je crois, peut être le lendemain. J’espère qu’on aura nos notes, ça m’intéresse de savoir sur quelles épreuves j’ai pu avoir le plus de difficultés (en dehors de l’oral lol).

Maybe I’m invisible to the world

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ttt Voilà quelques jours que je pense à cet article sans me décider à prendre le stylo. Du coup, j’ai peur de ne pas trouver les mots et de ne pas savoir exprimer pleinement ce qui me trotte dans la tête mais les idées ont besoin de sortir. D’autant plus que ce matin, un événement en a remis une couche.

On en revient toujours au même : la place des personnes sans activité au sein de la société. Aujourd’hui, j’aurais envie de même distinguer les personnes sans activités génératrices d’emploi et cela afin de bien souligner que ne pas avoir de travail ne signifie pas qu’on est oisif devant un paquet de chips et une bière. Lorsqu’on n’a pas d’emploi, on fait des choses, de nombreuses personnes mènent certainement même des actions tout aussi importantes qu’une activité salariée.

Et si je me questionne, c’est parce que la société accorde bien peu de crédit finalement à ces activités non rémunérées. On s’intéresse à ce qui produit (paraît il) de la richesse, ce qui fait marcher l’économie. Mais s’intéresse-t-on aux activités utiles pour autant ? Quand vous êtes au chômage, on vous demande si vous avez trouvé un emploi mais on s’intéresse pas aux autres choses que vous faites et encore moins à la personne que vous êtes (pour le monde vous êtes la personne sans emploi, point).

Ce matin, on m’a encore demandé si j’avais trouvé un emploi. Devant ma réponse négative, est venue une question qui a le mérite d’être inédite (mais qui se cachait derrière d’autres réflexions) : mais tu ne t’ennuies pas ? Parce que dans la tête des gens, si vous n’avez pas d’emploi, vous êtes en déperdition totale. La plupart des personnes semblent s’ennuyer sans travail, en vacances.
Un peu plus mal lunée que d’habitude et lasse de ces questions qui ne font de moi qu’une chomeuse, je n’ai pas su garder un silence poli et j’ai signalé que le travail n’était pas la seule manière d’occuper ses journée et qu’il y avait de nombreuses activités à pratiquer pour remplir les journées. Bizarrement, ça n’a pas permis d’élargir la conversation qui aurait pu pourtant devenir intéressante.

Sommes-nous dénués d’intérêt dès qu’on aborde un sujet autre que le travail ou les galères de la vie ? Ne pouvons nous pas avoir une conversion sur un sujet plaisant ? Livres, musique, séries, couture, jardinage, … les activités ne manquent pas pourtant ! Dès que je tente de parler de ce type de choses, j’ai l’impression que la conversation se ferme. Pourquoi ?

Suis je une sale profiteuse qui ne passe pas son temps à se morfondre de l’absence d’emploi (désolée mais malgré quelques rechutes saisonnières, j’ai passé ce cap) et qui en plus tente de trouver du plaisir ailleurs que dans le boulot ?
Suis je une inadaptée qui pense que dans la vie on peut aussi essayer de trouver des petits plaisirs au quotidien et ne pas se morfondre H24 ?

Ma vie n’est pas intéressante, elle est même plutôt vide, mais j’ai envie de me faire plaisir quand je le peux et il y a de nombreuses manières d’y parvenir à moindre coût. J’ai envie de revendiquer le droit au bonheur, pour moi et pour les autres. Mais je sais que ce n’est qu’une utopie.

« Vous vous voyez où dans cinq ans? »

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Tout en ce moment me questionne sur l’avenir. Mon avenir (qui s’est perdu je ne sais où). Que faire, vers quoi, où aller ? Qu’est ce qui me plait vraiment ? Qui je suis ? Bref, la panoplie habituelle de questions toujours livrée sans réponses.

Il y a quelques semaines j’ai postulé à une offre pour un poste d’agent administratif en contrat aidé dans un établissement pour personnes âgées (bref, une maison de retraite quoi). Rien de bien excitant, passe encore pour le contrat aidé en administratif, mais j’avoue que les maison de retraites, c’est pas super mon kiffe. Mais on ne fait pas toujours (pas souvent, voir jamais) ce que l’ont veut et vu le peu d’offres auxquelles je peux postuler, ben on va pas chipoter sur le secteur d’activité.

J’ai été appelé pour passer un entretien. Donc je me prépare un peu, j’ai jamais été douée pour ça mais il faut bien se renseigner un peu sur l’endroit où on met les pieds. Même avec un bonne préparation, je ne serais jamais douée pour parler de moi, me vendre et mettre en avant des compétences que je n’ai pas. Manque d’expérience, manque de confiance, manque de beaucoup de choses.

J’arrive à l’entretien, accueillie par une jeune femme qui doit avoir à peine 25 ans qui me dirige vers un directeur qui paraît plus jeune qu’elle encore. Première déstabilisation : ce n’est déjà pas évident d’être jugée par une personne à la carrière bien remplie mais par un jeune qui semble tout juste sorti de l’école, c’est gênant. Je me suis imaginée son beau CV au parcours parfait, super diplôme, stages au top et à coté mon CV gruyère m’a encore fait plus honte que d’habitude.

La déstabilisation ne s’arrête pas là. Rien de méchant dans cette entretien, vraiment, le jeune homme fut charmant, souriant, encourageant même. C’est l’impression que j’ai eu en tout cas. Ce sont ses questions, sans malice je pense, qui m’ont déstabilisée. Pas parce que méchantes ou intrusives mais parce que finalement elles portaient su des choses essentielles auxquelles je ne sais pas répondre à l’heure actuelle.

Ca a commencé par : « Vous vous voyez où dans cinq ans ? ». J’avoue qu’on ne m’avait jamais posé la question et que dans le cadre d’un recrutement en CUI, je ne pensais pas la rencontrer. Même pour les rares entretien pour un poste en CDI que j’ai pu avoir, je n’ai jamais eu cette question. Que répondre dans le cadre d’un contrat aidé ? On sait que le contrat va duré un an, deux si on est chanceux et qu’il faudra laissé la place à quelqu’un d’autre ensuite. La question m’a parue bien mal placé dans ce contexte et j’ai eu du mal à y trouver une réponse intelligente pour faire comprendre cela. Il m’explique qu’il envisage de pérenniser le poste. Super, mais bon il n’en reste pas moins que pour le moment, on parle d’un contrat aidé et que son intention dans un an ou deux aura peut-être changé, donc voilà.

Ont découlé de cette première question une quantité d’autres, telle que si le milieu me plaisait (mon stage en clinique et mon remplacement en cabinet dentaire lui ont plu. A moi beaucoup moins mais bon), ce qui m’avait attiré pour postuler à ce poste, et tout un tas de choses de ce type sur ce que je veux, ce qui me plait et tout.

Je ne sais pas si ses questions découlent d’une vraie volonté de recruter la bonne personne, celle qui se plaira dans cet environnement de travail ou si c’est une méconnaissance du monde du travail, une mauvaise méthode de recrutement (encore trop « scolaire ») ou un peu de tout cela plus d’autres choses et si ma grande lassitude, mon pessimisme et mon manque de motivation qui m’ont empêché de trouver les réponses adéquates mais je l’ai trouvé naïf sur sa manière de percevoir la recherche de travail.

Déjà, le « où je me vois dans cinq ans ». Je ne me projette déjà pas trop dans le mois prochain alors dans cinq ans. La seule réponse qui me viendra spontanément serait : encore plus dans la merde qu’aujourd’hui mais je ne suis pas sure que ce soit indiqué en entretien. Croyez bien que j’aimerais avoir une confiance folle en l’avenir. Je vous assure qu’il y a de fugaces instants où je me prend à croire à des lendemains meilleurs. Mais ça ne dure pas.
Ensuite sur le « ce que je veux, ce qui me plait». Ben je ne le sais plus et si je cherche du boulot en fonction de ça, je risque de ne pas postuler énormément (déjà que c’est de pire en pire). Je cherche en administratif parce que ça me paraît moins pire que pas mal d’autres boulots. Ca ne me fait pas rêver outre mesure mais j’ai rangé mes rêves il y a longtemps même si en ce moment la petite fille que j’étais à décide de se repointer à la surface pour leur redonner un peu de souffle. Ca va être compliqué et douloureux de lui faire comprendre de nouveau que on, ce n’est pas possible et qu’il va falloir grandir un peu. Je lui dis de se taire depuis une bonne vingtaine d’année avec plus ou moins de succès et ça laisse quelque cicatrices qui se rouvrent parfois.
Si c’était si simple de trouver un emploi qui nous plait ça se saurait. De l’administratif en maison de retraite, ça ne me transporte pas de bonheur mais entre ça et un EVS par exemple, je sais ce que je choisirais.

Voilà, voilà. Un entretien qui m’aura donc replongé dans mes questionnements incessants et sans réponses. J’admet qu’il a pointé de choses avec beaucoup de justesse (mon manque de confiance en particulier, il a tenté de me rassurer et tout mais bon, le pauvre, je crois qu’à 35 ans je suis perdue à ce niveau là et sur de nombreux autres). Mais ça n’a pas fait avancer mon avenir tout ça, je n’ai pas trouvé de réponses et pas de pistes à explorer. Je ne sais toujours pas où je serais dans cinq ans.

Make it happen?

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Je reprend le stylo. La sensation de la mine qui court sur le papier m’a manqué mais je n’avais rien de nouveau à raconter. Je ne fourmille pas de sujet en ce moment (je ne me suis pas lancée sur la loi travail, que j’observe de loin parce que ça me fait un peu peur quand je m’en approche trop) et répéter les mêmes choses n’est agréable ni pour vous lecteurs (même si je ne suis pas sure d’en avoir encore) ni pour moi. Mais je déroge à la règle car je suis dans une de mes nombreuses phase « Que sont devenus nos rêves ? » et que j’ai envie de m’épancher -encore- sur le sujet.

Le questionnement n’est pas nouveau et je ne compte plus les articles du blog qui tournent autour de cette question existentielle. Que sont devenus nos rêves ? Nos idées ? Nos projets ? Pourquoi certains parviennent à suivre leur chemin et d’autres non ? Est ce uniquement une question de paresse, de ne pas travailler assez ? Peut on simplement se cacher derrière le manque de chance, d’opportunité, de contacts ou de soutien ? Sans nier que les cartes ne sont pas distribuer équitablement, pourquoi certains n’arrivent pas à construire la vie qui leur plait ?

Dans mon cas, le manque de talent est évident. La paresse aussi, et l’absence total d’esprit de débrouillardise. J’aimerais être créative, sur de moi, débrouillarde. Il me manque une bonne dose d’optimisme aussi. Je ne sais pas si c’est inné ou si cela vient de mon éducation, de mon environnement mais avant même de me lancer je pars du principe que je vais échouer.
J’aimerais savoir apprendre par moi-même aussi, seule, sans leçon. Je prend par exemple la musique : de nombreuses personnes apprennent à se débrouiller à la guitare seul, sans prof. J’en suis incapable. Et pourtant, j’aurais bien aimé savoir jouer de la guitare. Ca restera un rêve inassouvi.

Mais voilà, à 35 ans, je ressens l’urgence de bâtir quelque chose maintenant. Je me demande cependant si j’ai encore dans mes options d’aller vers un projet de vie qui me plait, voir qui me passionne. J’ai déjà l’impression de demander la lune (et toutes les étoiles de l’univers) quand je dis que je voudrais un métier que je ne déteste pas, alors l’aimer carrément, fiou ! De toute façon, je ne sais plus ce que je veux, ce que j’aime, ce qui me plairait. Je me suis perdue dans mes interdits et dans les interdits fixés par la société.

Je ne pense pourtant pas être la seule qui soit en quête de sens dans mon existence. J’ai au contraire l’impression que cette tendance à revenir vers des valeurs essentielles ne fait qu’augmenter. C’est peut être parce que je m’y intéresse (avec plus ou moins de sérieux) mais les blogs, web TV, livres autour du développement personnel et du bien-être sont de plus en plus nombreux et mêmes des chaines Youtube dont ce n’est pas le thème abordent des notions en lien avec ces sujets.

Alors, ma question du moment est : peut-on encore réaliser quelques rêves passé 30 ans ? Peut-on espérer se réaliser et vivre en harmonie avec ses valeurs ? Ou est-on condamné à prendre ce que la société veut bien nous accorder (et souvent le pire, pour celui qui le subit en tout cas) avec le sourire parce que c’est tout ce qu’on mérite ?