Parlons lecture

Les Chroniques Lunaires de Marissa Meyer

Voilà une saga dont j’ai longtemps entendu parler avant de me lancer. J’avais peur d’être déçue, peur d’entamer une saga de quatre tomes (plus les Hors Serie) sans intérêt, que ce soit long, que j’ai envie d’abandonné en cours de route et d’avoir donc un sentiment d’inachevé. Mais, une saga Young Adult, SF, réécriture de contes, … bref tout un tas de points positifs qui titillaient ma curiosité quand même. C’est en mars que j’ai donc plongé dans le tome 1 qui, si il ne m’a pas rendu accro, m’a fortement donné envie de continuer. Ce que j’ai fait en ce mois de juin et ce fut la catastrophe … pour mon « temps libre ».

Les Chroniques lunaires débutent avec Cinder et je ne vous fais pas un dessin pour comprendre à quel conte il fait référence. Cinder habite Néo Beijing, elle est une cyborg, elle a une belle-mère exécrable, son seul ami est un robot du nom de Iko. Un jour, elle rencontre le prince Kai et sa vie va changer totalement. Elle va en découvrir plus sur elle, la reine Levana (la reine lunaire) et comprendre que ces choix pourraient changer sa vie mais aussi celles des habitants de la terre et de la Lune.
Le tome 2 se nomme Scarlet et là encore, pas besoin de trop se poser de question pour comprendre la référence au conte. Scarlet vit dans une ferme avec sa grand mère mais celle-ci a été enlevé et la police ne fait pas grand chose pour la retrouver. Scarlet mène donc l’enquête de son coté et son chemin va croiser celui de Loup puis celui de Cinder.
Pour les passionnés, on peut lire ici un petit ebook qui se nomme L’armée de la reine (tome 2.5 donc) et qui va nous parler un peu du parcours d’un des personnages de la saga.
Vient ensuite Cress. Alors, ça m’a paru moins évident mais je suis pas une spécialiste des contes. Mais si je vous parle d’une jeune fille enfermée dans une tour et dotée de très long cheveux, ça devrait vous aiguiller. Cress, elle, est enfermée dans un satellite, est super douée en informatique et elle aide l’équipage de Cinder (et défie donc prudemment la reine Levana) et ses espoirs d’être sauvée par un preux chevalier vont un jour se réaliser. Bon, le chevalier a un passé douteux, est un brin dragueur mais il a bon fond. Je crois.
Il y a un autre hors série qui se place ici. Bon, ça n’a pas grande importance dans la chronologie de l’histoire, on peut le lire ensuite. Il est concentré sur l’histoire de Levana.
La saga se termine avec Winter. La couverture du livre donne un bon indice sur son alter égo de conte. Au passage, cette couverture est juste magnifique, orgasmiquement magnifique. Voilà voilà. Winter est la belle-fille de Levana. Elle est un peu folle depuis qu’elle a décidé de ne plus utiliser ses pouvoirs lunaires (il faudrait que je vous explique cette histoire de pouvoir). Mais sous son comportement étrange, dont elle joue souvent je pense, se cache une jeune fille intelligente, gentille et courageuse qui n’a pas peur de défier Levana.

Ca c’était pour un petit résumé des différents tomes sans en dire trop, il y a pas mal d’éléments que je n’ai pas abordé mais c’est mieux de les découvrir au fil de la lecture. Ce serait dommage d’être spoilé. L’histoire prend donc place à la fois sur terre et sur la Lune. Il y a une guerre qui couve entre les deux peuples et Levana espère bien la gagner pour régner sur les deux communautés. Son plan est d’épouser Kai pour être dans un premier temps impératrice de l’alliance terrienne puis de l’assassiner pour régner seule.
Les terriens n’aiment pas les lunaires, ils ont peur de leur magnétisme. Les pouvoirs lunaires permettent de contrôler les personnes et de créer des illusions (Levana ne montre pas son vrai visage par exemple, on comprend pourquoi dans le tome qui lui est consacré). Tous les lunaires n’ont pas de pouvoirs. Ceux qui en sont dépourvus sont des coquilles. Cress en est une. Officiellement, ils sont tués. Mais la reine a d’autres projets pour eux.

C’est une saga qui m’a agréablement surprise. Je n’ai pas été accro dès Cinder. J’ai beaucoup aimé ce premier tome mais c’est en lisant Scarlet que j’ai concrètement plongé totalement dans l’histoire et que j’ai eu du mal à lâcher ma liseuse. Les pièces se mettent en place petit à petit, on voit que l’histoire est plus complexe qu’il n’y paraît, les destins croisés des personnages ont leur importance.
J’aime beaucoup l’univers créé par l’auteur (ou autrice, je sais qu’il y a débat sur le terme à employer), il est complexe, les personnages ont leurs passés, leurs faiblesses. On retrouve des éléments des contes mais pas tous, c’est même assez éloignés parfois. On retrouve cependant les personnes et je trouve assez malin la manière dont Marissa Meyer les emploie.
Le style est agréable, fluide, ça se lit tout seul. Ca reste du Young Adult, certains éléments paraitront trop simples pour des lecteurs aguerris mais je trouve malgré tout que c’est une saga de qualité, simple mais pas simpliste.

Après avoir fini Winter, je peux dire que ce sera une lecture coup de cœur de 2017. J’ai trouvé le tome 4 un peu long parfois, mais c’est surement dû à l’impatience que j’éprouvais à connaître le destin de nos héros. Même si, en fait, ça ne fait pas trop de doute.
Je me suis clairement attachée aux personnages. Peut-être un peu moins à Cinder et Kai, j’ai adoré Thorne pour le coté léger qu’il apporte, Loup pour le coté sombre, Winter parce qu’elle est complètement folle, mais gentiment folle. Et Iko, vraiment Iko et ses « je ne compute pas ». Une grosse touche humoristique dans la saga.

Une très bonne saga Young Adult donc, qui m’a fait passé d’excellents moments.

Etats d'âme

Est ce que c’est ça vivre?

Il y a peu, j’ai eu un repas de famille. Je suis jamais fana de ce type d’évènement mais là, c’était pas avec la partie la plus chiant de la famille donc j’y suis allée plutôt sereine. Ces personnes là ne font en générale pas chier, posent pas trop de questions. Bref. Sachant que je ne parlerais cela dit que peu, je me suis quand même fait une occupation de sécurité en chargeant ma lecture en cours sur mon téléphone (oui, j’ai pensé emmener ma liseuse mais je me suis dit que c’était abusé quand même).

Et j’ai lutté pour ne pas l’utiliser ce téléphone, beaucoup. Mais très vite, les conversations des gens ont tourné autour de leur taf ou de commérages sur machine qui est enceinte, truc qui bosse pas bien, … Bref, le genre de conversation qui m’insupporte.

Je veux dire, le taf est chiant ok. Donc une fois qu’on en est parti, autant ne plus en parler non ? Y’a des discussions plus intéressantes je crois ? Je sais pas moi, il me semble pourtant. Pourquoi s’amuser à cancaner sur untel ou unetelle ? Sérieux, on a pas assez de notre propre vie à gérer, faut aussi tout savoir en détail sur celle des voisins ?
Je n’ai pas écouter une bride de conversation sur des loisirs, ds passe-temps, des sorties. Ah, si, vaguement et très rapidement sur les vacances de quelques mais ce fut pour se plaindre aussi.

Passe-t-on constamment notre temps à raler ? C’est génétique ? Culturel ? Une croyance profonde que de toute façon la vie est pourrie et que rien ne peut la rendre un peu plus douce ?
J’aurais aimé avoir quelqu’un avec qui parler lecture ou musique ou autre chose de ce type (je ne suis pas cinéphile et plus trop série non plus, mais je m’adapte). Du coup, j’ai utilisé mon téléphone plus que je ne le pensais et j’ai lu un peu distraitement deux chapitres de mon ebook. Et j’ai regretté de ne pas avoir pris ma liseuse.

Les gens se plaignent du travail, attendent les vacances avec impatience. Une fois en vacances, ils s’ennuient et ne profitent pas non plus. Du coup, ils se disent « vivement la retraite » et y’a des retraités de peur de s’encrouter, qui préfèrent continuer à bosser. Pensent ils à profiter de la vie ? J’ai conscience qu’il faut de l’argent pour ça, mais on peut aussi se faire plaisir avec peur d’argent. On peut rêver de vacances à l’autre bout du monde, d’une ile paradisiaque tout ça mais si on sait qu’on ne peut pas se l’offrir, c’est générer de la frustration pour rien alors qu’il y a des petits actes du quotidien qui peuvent être de vrais instants d’évasion.

Il y a une vie en dehors du travail. Il y a la possibilité d’être un individu vu autrement que par la fonction professionnelle qu’il a. On a le droit de se voir autrement, d’autant plus quand on n’est pas passionné par le taf que l’on fait.
Non, les gens parlent boulot, cancanent sur les autres, parlent éventuellement d’un repas qu’ils ont fait mais comme ils y ont appris des ragots, on en revient vite à la même activité. C’est vraiment pas épanouissant.

Je me suis vraiment senti vilain petit canard à tenter de me couper de ce flot de paroles qui me paraissaient futiles, inutiles, superficielles. Je suis peut-être prétentieuse, je ne sais pas. Je ne suis pas cultivée pourtant, je ne fais pas grand chose mais je préférerais parler de bien des choses autres que le mois de grossesse de machine. Je me sentais finalement mieux au concert de musique classique il y a quelques semaines. J’étais habitée par la musique, je n’étais pas si seule que ça en fait. Mais ce type de repas me fait sentir seule et me fait me demander si je pourrais un jour avoir des compagnons de table qui me font passer une agréable soirée et oublier mon téléphone.

Etats d'âme

Je ne veux plus être transparente


Longtemps, je l’ai voulu, me fondre dans le décors, qu’on ne me remarque pas, qu’on ne me parle pas, qu’on ne me pose pas de questions (ça a la limite, pour celles qu’on me posent en général, je m’en passe). Je n’ai pas radicalement changé. Je n’ai pas l’habitude que l’attention soit sur moi et quand on s’intéresse un peu à ma personne, la question du boulot est la principale mise sur le tapis. On ne me sort de ma transparence pour le moment que pour les détails qui gênent en fait.

Mais je ne veux plus être transparente. Je veux qu’on me donne ma chance de montrer que je suis autre chose qu’une sans emploi, que je ne passe pas mes journées à glander sur le canapé devant des séries. Je veux qu’on me donne l’occasion de grandir, de murir, de ne plus être une ado gauche et sans intérêt (d’autant plus que je ne suis plus ado depuis longtemps). Non, je veux qu’on me laisse devenir une personne, un individu à part entière.

Je suis sure qu’il y a deux ou trois qualités qui se planquent sous la carcasse (notez l’évolution, il y a peu, j’aurais parié le contraire) et elles sont peut être pas liées au boulot, à une rémunération bref, à une personne bien intégrée dans la société mais elles sont là et elles sont moi. Alors oui, je suis probablement un peu différente de ce que la société attend de nous, je pense un peu différemment, je suis un brin idéaliste, rêveuse et « artiste » comme disait ma prof d’allemand au collège, mais c’est moi et ce n’est pas mauvais à 100%.

Je me suis reniée tellement longtemps, tellement coupé du monde que je ne sais pas qu’elles sont mes qualités. Les remarque-t-on au moins de temps à autre ? S’expriment elles ? Ou ne voit on de moi qu’une forme sans intérêt qui en plus de n’avoir rien à apporter socialement n’est pas jolie, n’a pas un beau corps ? Comment faire aimer ce que je suis quand c’est s dur d’aller au delà de l’apparence. Et comment réussir à faire assez confiance pour être moi face aux autres.

Je veux juste avoir une chance d’être bien, de vivre, de faire mes expériences et des bonnes expériences. J’ai envie de croire que la vie peut être bien, belle même. Je ne veux plus être transparente même si je ne veux pas pour autant que les gens m’emmerdent. Je veux qu’on me laisse faire du mieux que je peux avec les cartes que j’ai en main. Je joue mal c’est certains mais c’est ma partie. Je ne veux pas qu’on m’aide pour jouer comme le ferait quelqu’un d’autre mais je veux bien qu’on m’aide à trouver mon style et à tirer le meilleur partie de la main que j’ai.

Etats d'âme

Ces blessures qui ne guérissent pas

Ca ne paraît pas parce que ma vie n’est pas chamboulée mais j’ai pas mal progressé ces derniers temps je trouve (un peu d’auto-satisfaction, une fois par an, ça fait pas de mal!). Ca n’explose pas au regard extérieur mais il y a des changements subtils qui me font du bien. Cependant, il reste des choses que je ne sais comment travailler et il y a des blessures qui, je le sais, resteront ouvertes et il faudra apprendre à vivre.

Avec le « retour » de la musique dans ma vie de façon plus intense qu’il y a quelques années (mais pas encore au niveau de ce que c’était jusqu’à mes 22/23 ans), je crois que la plus grande des blessures qui se fait sentir et qui a toujours été là et qui sera surement toujours un gros poids dans ma vie, c’est de ne pas avoir pu faire un métier en rapport avec cette passion. Et ça pour le coup, c’est quand même carrément loupé, ce n’est pas à 36 ans qu’on entreprend une carrière musicale d’autant plus qu’on on n’y connait rien finalement en musique.

Ca sera un passe-temps mais ça ne sera jamais plus. Et je me rend compte que ça pèse vraiment dans ma manière de me définir dans un emploi car rien ne peut arriver à remplacer cette envie là, même si je sais que c’est désormais impossible de devenir musicienne ou même prof de chant/musique.
Ce n’est pas que je n’aurais pas voulu apprendre la musique dès mon plus jeune age mais mes parents n’avaient pas les moyens et on habitait trop loin de toute école de musique (c’est un peu un des refrain de mon enfance : c’est loin). Faire du sport c’est facile partout (ou presque) mais des activités culturelles, ça se révèle vraiment plus compliqué.

D’ailleurs la musique mais aussi l’écriture. C’est quelques chose que je n’ai jamais développé, jamais travailler. Ce n’était pas pris au sérieux. Du coup, je me demande si inconsciemment je n’ai pas bridé un peu le peu d’imagination que j’avais vaguement, ce qui fait que j’ai bien du mal à écrire une histoire désormais.
Le top, ça aurait été de pouvoir être auteur/compositeur. Et interprète, hum, j’en demande beaucoup. Lié musique et écriture.

Il y a d’autres blessures, plus personnelles encore et que je tairais (on ne peut pas tout dire sur un blog, même si c’est relativement anonyme) que je ne réussirais surement jamais à soigner et avec lesquelles je vais devoir apprendre à vivre. On en a tous, ce sont les risques de la vie.

Mais je m’interroge du coup depuis quelques jours sur la manière de dépasser ces manques, ces douleurs pour pouvoir avancer vers autres choses et vivre mieux. On va me dire d’aller voir un psy. Bof. J’ai vraiment pas envie. J’avance peut être plus lentement qu’avec un bon psy en travaillant sur moi toute seule mais tant pis.

Bref, comment vit on avec ces blessures qui ne guérissent jamais vraiment ? Comment avancer avec elles ?

Etats d'âme

Petit instant musical

Je suis en train d’écouter de la musique, et mon iPod me balance ce son. J’évite de l’écouter parce que je pourrais faire ça en boucle tellement je trouve que c’est un nuage de douceur. Et je finirais pas me dégouter et je ne veux pas être dégoutée de ce titre. Je suis amoureuse de l’accompagnement, de la mélodie, des paroles, de tout. Je suis amoureuse de l’Univers en entier quand j’écoute Hearts don’t break around here de Ed Sheeran et ce soir, j’ai envie de la partager.

edit : et ceci est mon 200ème message sur le blog. Un chouette 200ème selon moi ^^

Etats d'âme

Encore un petit pas de fait, bis

Bonjour à tous, ou bonsoir, selon l’heure à laquelle vous lirez ces lignes. J’ai repris volontairement le titre d’un billet précédent parce qu’on reste sur la même thématique. Oser sortir de sa zone de confort pour se faire plaisir ! J’ai réitéré hier soir et j’en suis très contente !

Au mois de mai, c’est Gauvain Sers que je suis allée voir en concert et c’était trop bien, il doit faire un showcase dans quelques semaines et je pense y aller. Hier soir, j’ai non seulement bousculé mes habitudes en sortant mais j’ai aussi découvert un autre style de musique. Enfin découvert, on va dire que ce n’est pas ce que j’écoute spontanément.

Je suis allée à un concert de musique classique. Ca a fait gentiment sourire mon entourage, les ignorants, ils ne savent pas ce qu’ils ont manqué ! J’ai sauté sur cette occasion pour me pousser à aller dans une autre salle de spectacle, une autre ville, un coin que je commence à connaître maintenant mais pas cette salle de spectacle (j’y suis allée une fois il y a plusieurs années et pas seule. Je ne conduisais pas).

La soirée s’est très bien passée. Le trajet pas de soucis ni à allée, ni au retour. Je me suis garée facilement. J’avais prévu de me garer sur le parking du supermarché qui est pas loin et en fait j’ai poussé la découverte jusqu’à trouver le parking de la salle de spectacle. Le tout sans aucun stress, ou presque. Il n’y avait pas trop de monde et je ne faisais pas trop tache avec mon jean, je n’étais pas la seule à être plutôt relax, même si d’autres se sont donnés la peine de s’habiller hyper classe.

J’étais contente de voir qu’à l’entrée de la salle, on nous distribuait un programme. Parce que bon, je suis pas très connaisseuse en musique classique, pas du tout même. Ca me permet de garder une trace de cette sortie et de savoir ce que j’ai écouté et apprécié. J’ai adoré Tchaikovski ! Je n’ai pas vu passer cette partie.

Encore une fois, j’ai remarqué à regret que je semblais être la seule à être … seule. Les gens étaient là en famille, entre amis, en couple surement. Moi, comme une naufragée, j’étais seule. J’avoue que c’est quelque chose que j’aimerais qui change mais je n’ai jamais vraiment su me faire des amis et des amis qui auraient des centres d’intérêt assez similaires aux mieux encore moins (comprendre qu’ils ne voudront pas me trainer en boite tous les week-end quoi).
En attendant et à défaut de voir cela changer, je tente d’oser seule.

Voilà donc encore un petit pas grand chose pour beaucoup mais un pas de plus pour moi.

Etats d'âme

Peut-on tout « soigner » ? Doit-on tout « soigner » ?

J’ai toujours été quelqu’un de réservée, voir timide (bon, timide je sais pas trop si je le suis encore, enfant oui, et probablement maladivement), plutôt quelqu’un de posé, un peu dans la lune, dans mon monde, à l’écart des autres, plus dans l’observation que dans l’action surtout dans des environnements qui me sont plus ou moins étrangers. Je suis plutôt fade, transparente, ce n’est pas moi que l’on va voir en premier dans une pièce, je ne pense pas me faire remarquer par mon comportement. Ni par ma grande beauté.

C’est quelque chose qui transparait forcément en entretien d’embauche et je ne sais pas pourquoi, parce que le fait ne doit pas être nouveau, on m’en a fait la remarque clairement que lors des derniers entretiens que j’ai eu. Ils étaient certes très accès accueil et ce n’est pas forcément ce qui me met le plus à l’aise. Donnez-moi une tache à faire sur PC, pas de soucis, accueillir des personnes toute une journée, je pense que je pourrais aller vers la folie sur du long terme.

Je crois que j’en avais parlé, mais j’ai eu un entretien d’embauche à Pole Emploi il y a peu. Et bien sur, comme je m’en doutais, il y a eu des retours de fait à mon conseiller et c’est pour cela qu’il m’avait calé un rendez-vous. Un petit débriefing d’après entretien quoi. Et on en est venu sur ce coté réservé mais aussi sur ma peur de conduire dans des endroits que je ne connais pas, en ville particulièrement (même si c’est pas limité à ça).

Il me conseille donc de voir mon médecin pour cette peur de conduire. Il me conseille aussi de travailler sur cette réserve que j’ai pour être plus à l’aise à l’accueil. J’avais eu la même remarque lors d’un entretien récent. Ca se travaille, il parait. Alors, j’ai certes déjà beaucoup évolué parce qu’il y a quelques années, aborder des inconnus, même pour un entretien d’embauche, c’était vraiment compliqué pour moi. J’ai pas mal progressé en conduite aussi puisque ces derniers mois j’ai quand même élargi mon périmètre de terrain connu.

Mais je me questionne : peut-on tout soigner ? Et surtout, doit-on tout soigner ? Est ce concrètement une tare d’être plutôt réservée, de préférer le silence au bruit de la foule, de se sentir vider par trop de contact. Je comprend bien que pour la société actuelle ce n’est pas un comportement « normal » mais au fond, même si l’homme est un animal social (paraît-il), doit-on tous être sur le même modèle d’ultra social/hystérico-dynamique.
Dans cette société où il faut être « mobile », est ce une tare de dire « non, moi je ne peux pas partir à l’aventure comme ça sereinement dans des lieux que je ne connais pas, seule, ça me panique ».

Doit-on voir un médecin pour si peu ? Oui, je trouve que c’est pour si peu. Des progrès j’en ai fait, je trouve. Je ne vois pas de psy pourtant. Je vais à mon rythme, il est lent, j’en suis désolée aussi pour cette société pressée. Parfois aussi j’aimerais que des choses changent plus vite dans ma vie. Mais je me modère en me disant que ce n’est pas le moment.

Je n’ai pas la vie normale d’une femme de mon age, je le conçois. Et je met tout un tas de relativité dans l’adjectif « normale ». Qu’est ce que c’est qu’être normale ? Est ce que parce que je suis pas comme on voudrait que je sois, je suis anormale ? Je suis moi. Point. Totalement imparfaite. En évolution, en recherche de moi. Du vrai moi, pas celui imposé par les diktats de la société, pas celle qu’il faudrait être pour être populaire, bien vu, « admirée ». Juste moi. Un moi qui se sent bien dans sa tête et dans son corps, un moi qui ose redéfinir les limites de sa zone de confort parce qu’elle le veut et pas parce qu’on lui impose (ce qui serait je pense voué à l’échec).